Bouleversements dans l’Univers de la Formation continue, un cataclysme peut en cacher un autre !

 

 

Vous croyez sans doute qu’il s’agit essentiellement des problèmes liés à la réforme de la formation professionnelle en France …comme s’efforce de le dire Jean Wemaëre, patron de Demos et de la FFP, ou que l’arrivée des Universités dans cette activité va bouleverser cet univers. Pas sûr. Pour ce deuxième point cela prendra du temps, la culture et les organisations n’y sont pas.

Certes les préoccupations liées à la réforme sont bien présentes et la perte de 15% de l’activité chez certains prestataires est une dure réalité qui ne sera pas compensée sur 2015, et qui perdurera, car les acteurs concernés par la réforme reconnaissent n’être ni prêts ni informés (RH et responsables de formation) cf Etude Fidal Le Figaro du 13 avril..

Les politiques ne sont pas mobilisés car personne ne descendra dans la rue sur ce sujet. Les syndicats de tout bord, ne se mobiliseront pas plus sur le sujet, et encore moins les étudiants.

Les perdants seront les OPCA, mais qui va pleurer des bureaucraties de gestion de réglementation, et les prestataires, surtout les entreprises de formation, et certainement les salariés dont les demandes ne seront pas servies, et l’employabilité affectée.

Les gagnants seront les acteurs de la formation professionnelle du secteur public (AFPA, Universités) qui seront  les récipiendaires des sommes collectées par les Régions. Ils seront présents dans les CREFOP contrairement aux acteurs privés qui en sont exclus. Le gouvernement aura réussi le tour de passe-passe pour récupérer des fonds pour financer des acteurs publics dont la performance économique n’est pas toujours exemplaire.

Le plus dur reste à faire. Il s’agit de faire changer de posture les RH et les responsables de formation dans les entreprises, pour qu’ils deviennent enfin au service de leurs clients internes (individus et Business Unit), et qu’ils se qualifient sur le plan de la compréhension stratégique de leur entreprise. On passe, en effet, d’un marché régulé et assisté par le 1% (pratiquement une taxe) à un marché compétitif et concurrentiel. Les responsables de formation ne seront plus des administratifs de la loi sur la formation négociant avec des OPCA, mais des prestataires internes qualifiés au service des besoins réels de l’entreprise. Cela va demander une paire d’années si leur DRH les aide.

Mais sans doute les plus grands changements ne sont pas là.

Les grands opérateurs média comme Bertelsmann, ou de grand réseaux (Linked In) sont en train de faire des investissements massifs ($1,5Mds) dans la formation distancielle ou non, digitalisée ou non.

D’autres acteurs, ceux que l’on appelle les  « pure players » comme Skill Soft interviennent déjà.

Le gros de ce que l’on appelle « l’ inter-entreprise », souvent sous la forme  traditionnelle de catalogues, va se retrouver sur des portails internet accessibles à tous, sur tous les champs et dans presque toutes les langues communes. C’est ce que l’on appelle la commoditisation. Les nouvelles technologies rendent ces prestations aujourd’hui accessibles sur les portables (M-learning). Les formules d’accès sont dites Freemium, soit gratuites pour les premières sessions, et payantes après notamment si accès à un diplôme ou une certification. La formation devient multicanal, et la granulométrie s’adapte au media utilisé.

Ces commodités accessibles par tous et partout, à un coût abordable, et tout le temps, vont impacter les opérateurs classiques qui vont se trouver en impasse concurrentielle avec des produits/services devenus obsolètes sur de nombreux aspects.

Ils devront repenser leur offre, car à terme, comme le démontre Amazon quotidiennement, ceci change la situation concurrentielle. Les facteurs de succès, maîtrise des contenus, maîtrise de la technologie, maîtrise du marché US (le plus rentable) ne sont pas accessibles à tous, les barrières à l’entrée sont élevées.

 

Alors que faire ? Il est temps de penser différenciation, niche, nouvelles expertises et services à valeur ajoutée, service de proximité…

Il faut repenser le business model pour les opérateurs nationaux. Cela devient urgent.

Entrepreneurs in academia à vos copies ! Bon courage et buona fortuna !

 

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