Non, le e-learning n’est pas né en 2011 !

Publie par christine-vaufrey le mai 16th, 2013 dans la categorie MOOC Tags: , , ,  •  3 Commentaires

Le 15 mai dernier, on pouvait lire dans Les Echos un article intitulé « Les universités américaines pionnières de l’enseignement en ligne ». Un pionnier désignant l’individu qui, le premier, réalise quelque chose, je m’attendais à lire un historique de la formation à distance.

C’est effectivement le cas… mais le problème, c’est que l’article nous laisse croire que la formation en ligne est née avec Coursera, en 2011, donc. Avant, il n’y a avait rien que les classes traditionnelles : « L’éducation n’a guère changé depuis cinq cents ans : le savoir se transmet essentiellement en classe, par l’intermédiaire d’un professeur, d’un tableau noir et de livres. A voir le débat qui est en train d’enflammer l’Amérique sur l’éducation en ligne, Internet pourrait néanmoins rapidement changer la donne« .

Quel dommage que le journaliste ayant commis cet article n’ait pas eu connaissance de l’infographie ci-dessous, qui lui aurait donné un minimum de recul par rapport au sujet qu’il prétendait traiter !

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5 ans dans ma fac… et puis, plus rien ?

Publie par christine-vaufrey le mai 4th, 2013 dans la categorie enseignement supérieur Tags: , , , , ,  •  3 Commentaires

En route !

En route !

À l’heure où l’on vérifie les effets de la mondialisation dans à peu près tous les aspects de notre vie, il est étonnant de constater à quel point les études supérieures demeurent territorialisées. Telle une moule accrochée à son rocher, l’étudiant dispose d’un environnement d’études solide mais restreint, qui est censé le nourrir jusqu’à l’obtention de son diplôme. Certes, il y a bien Erasmus; programme européen de mobilité étudiante qui a fêté en 2012 son 25eme anniversaire. Mais ceux qui ont eu la chance de passer quelques mois dans l’Auberge espagnole sont beaucoup moins nombreux que ceux qui n’ont pas bougé de chez eux… Soit parce que les places sont rares et chères dans leurs filières, soit parce qu’ils n’avaient tout simplement pas envie de bouger. Au total, ce sont 3 millions d’étudiants seulement qui auront profité de ce programme en 25 ans… soit 2,2 % des étudiants européens.

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L’évaluation automatique ? Quelle horreur ! (Quoique…)

Publie par christine-vaufrey le avril 27th, 2013 dans la categorie apprendre, enseignement supérieur, MOOC, utilisation ressources numériques Tags: , , , , ,  •  11 Commentaires

QuizComment faire pour évaluer les travaux de plusieurs milliers d’étudiants à la fois ? Voilà la question qui se pose quotidiennement aux instigateurs de MOOCs (voir le billet de Matthieu, doctorant à l’ENS, si vous ne savez toujours pas ce que signifie cet acronyme). Mais pas à eux seulement : en première année de fac de médecine par exemple, on est habitué à des cohortes de plusieurs milliers d’étudiants; par exemple, plus de 5 000 étudiants de première année à la fac de médecine de Lyon 1. La masse n’est donc pas exclusivement réservée aux cours tout en ligne; certains cours en présence doivent hélas composer avec cette donnée cruciale, et il y a bien longtemps que les enseignants de Médecine ont mis au point des outils leur permettant d’évaluer rapidement les travaux de leurs étudiants.

La réponse la plus courante à ce problème s’appelle le Quiz. Et même, le quiz à correction automatique. Les LMS (Learning Management Systems) disposent tous d’une application intégrée permettant de confectionner des exercices, et notamment les fameux questionnaires à choix multiples. Sur la plateforme Spiral, conçue et utilisée à Lyon 1 et qui va bientôt fusionner avec Claroline, près de la moitié des objets (plus d’un million, quand même) déposés par les enseignants toutes disciplines confondues sont des QCM ! Ils sont utiles aux enseignants bien sûr, mais ils permettent surtout aux étudiants de première année d’auto-évaluer régulièrement leurs connaissances, sachant que ces QCM reprennent la forme exacte des épreuves de sélection imposées en fin de première année. Dans ce cas précis, il y a donc coïncidence de forme (et de nature de questions) entre les épreuves intermédiaires et les épreuves finales d’évaluation.

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Les apprentis-sorciers

Publie par christine-vaufrey le février 6th, 2013 dans la categorie conception de cours, enseignement supérieur Tags: , , , ,  •  4 Commentaires

alchimieAujourd’hui, mercredi 6 février, c’est le « Digital Learning Day », la « journée de l’apprentissage en ligne ». Si vous n’en avez jamais entendu parler, ne vous en faites pas, et ne vous dites pas que décidément, vous êtes complètement dépassé : cette journée ne concerne que les Etats-Unis; elle a été créée par une association (un lobby, plutôt) basé à Washington, qui vise à promouvoir l’e-learning auprès des membres du gouvernement, du sénat et de la chambre des représentants.

Je baigne dans l’e-learning, les Tice, et je n’avais jamais entendu parler de ce Digital Learning Day avant de lire cet article publié dans le Washington Post d’hier, intitulé « How online class about online learning failed miserably ». Autrement dit : « Comment un cours en ligne traitant de l’apprentissage en ligne a lamentablement échoué ». L’article relate la mésaventure des promoteurs d’un cours délivré sur la célèbre plateforme de Moocs Coursera, qui traitait effectivement de la conception de cours en ligne, en garantissant aux participants qu’après 8 semaines de cours, ils seraient capables de bâtir leur propre cours en ligne. Conséquemment 40 000 personnes s’y sont inscrites. Eh oui, ça se passe comme ça chez McDonald aux Etats-Unis, quand vous promettez quelque chose d’appétissant, tout le monde se précipite, sans perdre de temps à examiner votre pedigree, si on peut suivre le cours sur son temps de travail, si les frais éventuels seront remboursés, si on risque d’y croiser des gens connus, toutes choses auxquelles personne ne pense, jamais, nulle part.

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MOOCs francophones : ça commence !

Publie par christine-vaufrey le janvier 16th, 2013 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur Tags: , , , ,  •  1 Commentaire

Michel Briand, directeur adjoint en charge de la formation à Telecom Bretagne, suit de très près l’actualité des MOOCs. Il a d’ailleurs ouvert une page de wiki sur Intercoop , où il recueille patiemment et de manière très organisée les informations sur le sujet , et les MOOCs francophones en particulier. N’hésitez pas à alimenter cette page si vous avez des références supplémentaires.

Quelle est l’information la plus récente sur cette page ? La naissance d’un nouveau MOOC en français ! Il s’agit de l’ABC de la gestion de projet, cours de 4 semaines animé par Rémi Bachelet. Rémi n’en est pas à son coup d’essai : son cours est en ligne et en accès libre depuis longtemps, et il a suivi intégralement le MOOC ITyPA avant de proposer le sien. Rémi a donc mis toutes les chances de son côté pour réussir et nous le félicitons d’être passé si vite à l’action, en signalant au passage que parmi les très nombreux enseignants et ingénieurs pédagogiques qui se sont inscrits à ITyPA, bien peu sont allés jusqu’au bout de la démarche. Rémi Bachelet a donc une vraie longueur d’avance, comme ceux qui ont adopté la même attitude que lui.

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D’un service public à l’autre

Publie par christine-vaufrey le décembre 3rd, 2012 dans la categorie enseignement supérieur Tags: , , , , , ,  •  Pas de commentaires

50 % des traitements ayant échoué...

50 % des traitements ayant échoué...

Nous vivons une époque formidable. Les Ministres se rendent compte qu’il y a un problème, hop, ils se mettent au boulot et prennent des mesures radicales. On aime ça.

Par exemple, je lis dans le Figaro un article qui traite des résultats des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche (j’ai bien du oublier quelques mots dans ce long intitulé, mais vous voyez de quoi je parle). L’article s’intitule « Vers une licence plus généraliste à l’université« . Déjà, je pars mal, car en lisant le titre je croyais qu’il y avait eu de fortes décisions sur les licences juridiques attachées aux documents produits par les universités, qu’il allait être plus facile de les diffuser, de les réutiliser, voire de les transformer.  Ça, c’est parce que je ne suis pas universitaire, le mot « licence » n’a pas le même sens pour les lecteurs du Figaro que pour moi, je devrais élargir mon champ sémantique. Surtout que j’ai un fils à l’université, en première année, ce qui lui permet d’affirmer, tout faraud, « je suis en licence » alors que voici 6 mois encore, il devait aller chez le surveillant quand il avait 10 minutes de retard à l’entrée en cours et sur ses bulletins trimestriels était écrit « peut mieux faire ». Bref. Lire la suite »

Mooc : le big bang

Publie par christine-vaufrey le octobre 11th, 2012 dans la categorie culture numérique, Formation enseignants, Non classé, utilisation ressources numériques Tags: , , , , ,  •  7 Commentaires

Il est extrêmement difficile d’avoir une vision générale de l’état de la formation à distance dans les établissements d’enseignement supérieur français. Elle existe dans de nombreux établissements, mais sous différentes formes et dans des proportions différentes, relativement à la formation en présence qui reste évidemment la modalité de formation massivement privilégiée.  J’ai entendu dire, voici déjà longtemps, que la Mission numérique de la Direction générale our l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle souhaitait commander une étude à ce sujet. Mais je n’ai vu aucune publication sur ce thème. Peut-être que je cherche mal.

Quoi qu’il en soit, on ne peut qu’être frappé de la relative discrétion des établissements français en matière de formation à distance, surtout face à leurs homologues anglo-saxons. Les universités nord-américaines (USA et Canada) proposent systématiquement des cours à distance. Certaines universités (TELUQ au Québec, Université de Phoenix Arizona) sont même spécialisées dans le domaine. Au Royaume-Uni, on ne présente plus l’Open University, acteur majeur du e-learning. Nombre d’universités britanniques ont par ailleurs rejoint Coursera, la plateforme de cours en accès libre et gratuit créée par un enseignant de Stanford.

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Faire ses cours(es) en ligne

Publie par christine-vaufrey le septembre 15th, 2012 dans la categorie apprendre, culture numérique, utilisation ressources numériques Tags: , , ,  •  3 Commentaires

L’offre de cours en ligne, en accès libre et gratuit, augmente sans cesse. Les universités américaines se déchaînent sur le sujet et proposent des offres toujours plus riches, alléchantes et prestigieuses. la majorité des cours ainsi offerts sont gratuits. Seules les certifications sont payantes.

Face à ce déferlement, que font les francophones ?

Ils s’y mettent.

J’aurai le plaisir d’animer avec trois collègues enseignants en écoles d’ingénieur le premier (à notre connaissance) MOOC francophone à partir du 4 octobre. Déjà, plus de 200 personnes s’y sont inscrites. N’hésitez pas à vous rendre sur le site du cours « Internet, tout y est pour apprendre », à vous y inscrire et à diffuser l’adresse autour de vous.

Vous imaginez la fébrilité qui règne dans l’équipe à quelques semaines du lancement de ce cours au format pour le moins original…

Pour voir les choses avec le recul nécessaire à ma survie intellectuelle, j’ai imaginé le jour où on pourrait acheter des MOOCs à côté des draps de bain, des livres et des pantalons, dans une seule et même boutique…

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

L’humiliation de l’inattention

Publie par christine-vaufrey le août 27th, 2012 dans la categorie enseignement supérieur Tags:  •  11 Commentaires

Dans quelques jours, quelques semaines tout au plus, tous les enseignants retrouveront leurs classes et leurs amphis. Se reproduira alors la situation canonique du prof face au groupe d’élèves ou d’étudiants, le premier devant intéresser les seconds pendant une durée variant entre 50 minutes et 3 heures, à peu près.

Beaucoup de ces enseignants seront alors confrontés à la plus banale des humiliations rencontrées dans leur métier, celle de ne pas pas être écoutés par leur auditoire. Pour certains, cette situation se reproduit jour après jour. Des classes bruyantes ou trop silencieuses manifestent clairement le désintérêt de leurs membres pour la parole professorale.

C’est la manifestation de l’inattention, bien plus que l’inattention elle-même, qui est humiliante : vous ne m’intéressez pas et je vous le fait savoir. Ce faisant, je vous touche, je vous juge, je vous humilie.

Les manifestations de l’inattention des élèves et des étudiants sont multiples : à côté du chambard scolaire, on voit le silence (aucun réponse aux questions du prof), les bâillements -et même le profond sommeil, les gribouillages sur la feuilles, les bavardages et autres conversations en aparté, la tâche hors de propos (par exemple, finir le travail à rendre pour le cours suivant), et l’utilisation intensive des appareils numériques.

Nombre d’enseignants sont en effet heurtés par le fait que de nombreux jeunes qui sont censés participer à leur cours préfèrent consulter leur page Facebook, regarder des vidéos en ligne, relever leurs emails. Autant de manifestations silencieuses de l’inattention et du désintérêt pour le cours. Ces enseignants interdisent volontiers l’usage des ordinateurs portables en classe, peu enclins à penser qu’un jeune qui tape frénétiquement sur son clavier pendant le cours cherche des informations complémentaires sur le sujet lui permettant ensuite de nourrir une conversation passionnante avec son enseignant. Exit les portables, donc. Mais contre les téléphones, les enseignants ne peuvent pas faire grand chose. Et un téléphone aujourd’hui, c’est surtout un instrument qui permet d’alimenter la vraie vie des utilisateurs, celle qu’ils mettent en scène en ligne.

L’enseignant doit-il alors se résoudre à sa dose d’humiliation quotidienne devant un auditoire inattentif ? Pas nécessairement. Il peut réagir et reconquérir l’attention de son public.

De quelles façons ?

D’abord, en admettant qu’aucun contenu n’est intéressant en lui-même. C’est lui ou elle, l’enseignant-e, qui doit être intéressant-e. Et donc, se mettre un minimum en scène. Chaque cours est une performance. L’attention ne grandit pas sur le sol dur des contenus intellectuels, mais dans l’atmosphère iodée de la rencontre d’un individu (ou d’un groupe) avec un autre. L’attention, c’est de l’excitation et de l’interaction. Et cette interaction se nourrit de signes qui parlent aux sens et aux sentiments bien plus qu’à l’esprit. Faites rire, surprenez, parlez fort et clair, investissez l’espace, faites des manipulation, donnez des exemples, citez des anecdotes !

Qui dit interaction dit … »action » des deux parties. On devrait considérer la passivité de l’étudiant en cours comme un signal d’alarme, bien plus que comme une norme. Admettre la passivité de l’étudiant, c’est déjà admettre que l’on a échoué à enseigner.

Attention : un étudiant immobile et silencieux n’est pas nécessairement passif ! La lumière dans les yeux, la qualité du silence, la prise de note rapide, sont des manifestations d’activité intellectuelle intense. Si vos étudiants sont comme ça, ne changez rien ! Vous êtes en phase avec eux, ils répondent 5/5 à ce que vous attendez d’eux.

La passivité, c’est l’absence d’activité physique ou intellectuelle, le refus d’échanger, de s’emparer de vos propos, l’absence de questions à la fin du cours ou de la séquence du développement. Et si vos propos endorment votre auditoire, il vous faut changer de stratégie : faites travailler vos étudiants en groupes, ouvrez-leur des espaces de discussion, même brefs, avec leur voisin (oui, ça marche même dans un amphi de 400 places) après chaque point de votre cours, posez des questions, laissez-les présenter une synthèse d’une ou plusieurs séances devant l’amphi… bref, laissez-leur de la place ! Il y aura toujours assez de temps et d’espace pour le contenu, ne craignez rien.

Et puis, si vous avez identifié les outils numériques comme vos pires ennemis, transformez-vous en karatekas : utilisez leur force pour les neutraliser. Si vous avez le wifi dans votre classe (oui, je sais, tout le monde ne l’a pas, et les smartphone n’en ont pas besoin !), ouvrez un back channel sur Framapad, par exemple ou même sur Twitter, pour que vos étudiants aient la possibilité de commenter en direct le contenu du cours ou de partager les résultats de la recherche en ligne que vous leur aurez donnée à effectuer. Utilisez les boîtiers de vote pour recueillir leurs avis et représentations. Encore plus simplement, fouillez parmi les conférences en ligne dans lesquelles d’extraordinaires orateurs parlent précisément d’un sujet que vous traitez ce jour-là. Ne vous en faites pas, les étudiants seront beaucoup plus enclins à vous remercier d’avoir mis à leur disposition ce matériau exceptionnel quà vous faire payer le fait d’être moins bon en public que ce prof star…

Tout cela, rappelons-le, ne vise qu’à éviter aux enseignants la triste situation qui consiste à parler devant un auditoire qui s’en moque éperdument. Ce ne sont que quelques pistes d’aménagement des cours. Pour une matière bien mieux organisée, voyez notamment le travail d’Amaury Daele sur son blog, et en particulier ce billet sur l’enseignement aux grands groupes.

Qui est habilité à dispenser de la formation ?

Publie par christine-vaufrey le juin 27th, 2012 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur Tags: , , , ,  •  1 Commentaire

Demain jeudi 28 juin, je vais animer un atelier aux Journées du e-learning de Lyon, organisées par l’université Lyon 3 et ses partenaires. Quatre témoins de pratiques « améliorées » de formation et d’apprentissage vont se succéder pour un débat avec la salle. Moi, je ne dirai pas grand chose, car je considère que j’ai dit tout ce que j’ai à dire (pour le moment) sur le sujet, dans le livre blanc L’apprentissage augmenté que j’ai coordonné pour Thot, à partir des articles publiés sur le site depuis quelques années.

Tout, sauf une chose, que je partage ici.

Je ne suis plus étudiante depuis longtemps. Etudiante, au sens de « inscrite dans un cursus de cours dans une université ou tout autre établissement d’enseignement ». J’ai certes suivi un parcours de M2 à l’université Paul Valéry voici quelques années, bien après la fin de ma formation initiale, mais je ne souhaite pas renouveler l’expérience. Non que cette année ait été mauvaise; au contraire, elle m’a permis de consolider un choix de réorientation professionnelle et de lui donner une légitimité, grâce au diplôme obtenu.

Maintenant, je n’ai plus besoin de diplômes supplémentaires. En revanche, j’ai toujours besoin et envie d’apprendre, non seulement par le biais de l’auto-formation libre qui est en quelque sorte inhérente à notre condition humaine, mais aussi en étant accompagnée, orientée, par des professionnels qui ont mis en place pour tous ceux qui le souhaitent et donc pour moi aussi, des parcours d’apprentissage. Si ces parcours sont accessibles à distance, c’est encore mieux et c’est même capital, dans la mesure où je peux m’y inscrire sans considération de lieu et d’emploi du temps, à charge pour moi de prendre mes responsabilités et de m’organiser pour étudier dans des conditions correctes.

Au moment d’effectuer un choix de cours / parcours, je me trouve face à une profusion d’offres toutes plus intéressantes les unes que les autres.

J’élimine d’emblée :

- Les cours très chers (la majorité des cours dispensés par l’Open University britannique par exemple, qui m’intéressent pourtant énormément mais dont le prix dépasse largement ce que je suis prête à débourser, dans la mesure où je prends en charge la totalité des coûts de ma formation);

- Les cours dispensés dans les langues que je ne comprends pas et dans lesquelles je ne peux pas m’exprimer à l’écrit, car je souhaite participer activement aux échanges entre pairs sur forums et autres supports numériques. Ce qui me laisse quand même avec un choix important de cours en français, anglais et espagnol.

- Les cours sur des sujets sans doute intéressants, mais pas directement liés à mes préoccupations professionnelles ou privées. Ca semble évident, mais il me semble que la première chose à faire quand on projette de suivre un nouveau parcours de formation, c’est de se mettre bien au clair sur ce qu’on veut apprendre et pourquoi.

- Les cours « tout papier en ligne ». Ras le bol des pdf de 100 pages à lire. Je sélectionne les cours bien médiatisés, avec de nombreuses activités à réaliser, et notamment des activités de communication. Sinon, je sens que je vais décrocher au bout de quelques semaines.

Après quelques recherches, facilitées par le fait que je connais bien le paysage du e-learning, je sélectionne quelques cours en ajoutant de nouveaux critères :

- Combien de temps dure le cours ? Je ne veux pas dépasser un trimestre, car mon planning est déjà chargé.

- Est-il à entrées libres ? Je préfère les parcours dans lesquels on peut entrer à tout moment, ce qui permet de concilier l’étude avec les impératifs professionnels.

- Combien y a t-il d’inscrits à ce cours, en moyenne ? Je préfère les cours à forte assistance, qui enrichissent considérablement les échanges.

- Combien de temps les ressources sont-elles accessibles après le cours ? J’ai déjà vérifié qu’il était intéressant de se rafraîchir la mémoire en consultant les ressources plusieurs semaines après la fin du cours, surtout si on est conduit à utiliser directement les apports dans sa propre activité.

- Et enfin, qui dispense le cours ?

Et là, je vais beaucoup plus volontiers vers des organisations reconnues dans les domaines qui m’intéressent que vers les universités et les autres établissements d’enseignement. Ceci, parce que je me situe dans une perspective de formation continue, ce qui implique que je dois pouvoir utiliser directement et rapidement (adieu donc, la thèse de doctorat…) les acquis du cours et construire les compétences qui vont avec. Je ne souhaite pas « apprendre à parler de », mais « faire », y compris lorsque ce « faire » désigne des opérations intellectuelles (analyse, synthèse, évaluation, création de contenus écrits…).

Idéalement, je souhaite donc m’inscrire dans des parcours proposés par des organismes professionnels travaillant éventuellement avec des établissements de formation, plutôt que l’inverse. En histoire de l’art, je préfère un cours proposé par un musée à un cours proposé par une université. En politiques et pratiques d’aide au développement, je préfère un cours dispensé par une ONG internationale ou une agence intergouvernementale, du type Nations unies. En stratégies de refondation de l’enseignement supérieur… je préfère une université.

Le développement d’offres de cours dans des institutions dont l’éducation n’est pas le coeur de métier me semble donc parfaitement pertinent. A condition bien entendu que ces institutions se soient dotées, en interne ou en externe, de l’indispensable compétence pédagogique qui est ou devrait être la valeur ajoutée d’un établissement d’enseignement. Ce qui est souvent le cas.

L’éducation redevient un domaine ouvert. Tout organisme expert peut désormais proposer des cours dans son champ d’expertise, si il sait comment le scénariser, accompagner les apprenants, bâtir des activités et des évaluations pertinentes. La seule chose qu’il ne peut actuellement pas faire s’il n’est pas déclaré organisme de formation ou d’établissement éducatif, c’est de délivrer des certifications et des diplômes. Mais les partenariats avec des universités et  la montée en puissance du dispositif de badges permettent de surmonter cette limite et de satisfaire ceux qui ont besoin d’un diplôme ou de crédits.

Je n’ai pas d’hostilité particulière contre les universités. Elles conservent un rôle indispensable en formation initiale et lors de la reprise d’études. Simplement, en formation continue ciblée, qui est une chose bien différente, elles soutiennent difficilement la comparaison avec les organismes professionnels experts. Je sais que je ne vais pas me faire que des amis en disant cela. Mais j’aimerais que les universités renforcent leur crédibilité sur ce créneau, qui constitue manifestement une opportunité de développement pour elles. En développant les partenariats avec les organismes professionnels et les entreprises, et en invitant encore plus largement leurs collaborateurs à dispenser des cours (s’ils acceptent de se former à la pédagogie, évidemment). En acceptant de ne pas être considérées comme des experts de contenus sur à peu près tout, et donc de ne pas offrir de cours sur des sujets qu’elles n’ont jamais pratiqués. Et donc, en admettant que l’activité d’enseignement puisse être partagée entre de nombreux acteurs, les universités et organismes de formation se réservant pour le moment la prérogative de certifier et diplômer les parcours libres.

Voici les cours que j’ai sélectionnés, et entre lesquels il me faudra établir des priorités si je ne veux pas redevenir une étudiante à plein-temps pendant quelques mois :

- Un cours d’histoire de l’art dispensé par le MoMA;

- Un cours d’évaluation des actions de développement dispensé par l’Unicef et de nombreux partenaires;

- Un cours sur l’avenir de l’enseignement supérieur dispensé par un consortium universitaire nord-américain.

Ah zut, aucun de ces cours n’est offert par un établissement / consortium d’établissements francophone.

Doit-on vraiment s’en étonner ?

Retrouvailles !

Publie par christine-vaufrey le juin 11th, 2012 dans la categorie utilisation ressources numériques Tags: , , ,  •  2 Commentaires

Ouh là là, ça fait longtemps ! Tellement longtemps que si Maëlle ne nous avait pas envoyé un message aujourd’hui, j’aurais oublié que j’avais un blog chez Educpros !

Il faut dire que je m’étais lancée au début de cette année dans une entreprise qui s’est avérée beaucoup trop ambitieuse pour le temps que je comptais y consacrer. « Que je comptais y consacrer » : oui, il s’agit bien de cela, et non pas du temps que « j’ai » ou « je n’ai pas ». Le temps,  on ne l’a pas. On le prend.

Le temps, c’est comme les savoirs : on le construit, il ne nous est pas donné en bloc dans une petite boîte. Gérer son temps, c’est comme gérer ses apprentissages et ses activités d’enseignement : avant tout, une affaire de choix.

Alors, quand je lis que les enseignants n’utilisent pas les ressources mises à leur disposition par les musées parce qu’ »ils n’ont pas le temps », je reste songeuse. Qui doit donner le temps, si ce n’est ceux qui décident de le prendre ? A qui doit-on demander l’autorisation pour prendre le temps ? Il est en accès libre, comme les ressources d’Internet.

Mais oui, je sais : la fonction d’enseignant comporte une multitude de tâches obligatoires. A commencer par le fait de se trouver à heures et jours fixes devant des élèves ou des étudiants. Mais pendant ce temps-là, justement, que fait-on ? Des chose que l’on a préparées auparavant, à un autre moment. Et c’est là que le choix intervient : vais-je faire comme d’habitude, utiliser les mêmes ressources, préparer les mêmes épreuves, interroger les élèves de la même façon, ou vais-je changer ? Cela va me prendre du temps, certes, mais enfin dormir, manger, partir en vacances, aller faire des courses, ça prend du temps aussi. Et je le fais. Le temps que j’y passe me réserve t-il des satisfactions, plus grandes que si je ne l’avais pas consommé ? Le temps est une monnaie d’échange.

Affronter un changement nécessite d’être tendu vers un but dont on sait qu’il sera profitable. Voilà à quoi sert la monnaie temps : à acheter un objet profitable. Alors, ne dites pas « J’ai pas le temps ». Dites « j’ai pas envie de changer » ou « Je ne suis pas sûre que ça m’apporte quelque chose, et à mes élèves non plus ». A partir de là, nous pourrons discuter. Dire « j’ai pas le temps », c’est refuser la discussion. Vous savez, c’est ce qu’on dit au jeune homme avec un T-shirt barré d’un gros logo qui vous aborde dans la rue : vous savez qu’il va vous proposer de donner des sous pour une cause quelconque. Vous n’avez pas envie de donner mais vous préférez lui dire « J’ai pas le temps ».

Alors, promis, je prends le temps d’écrire à peu près régulièrement sur ce blog.

A bientôt !

Le menuisier, le professeur et le documentaliste

Publie par christine-vaufrey le janvier 11th, 2012 dans la categorie apprendre, culture numérique, enseignement supérieur, utilisation ressources numériques Tags: , , , , , ,  •  Pas de commentaires

Deuxième billet d’une série intitulée « Faites-le vous-même » : d’Ikea au Web 2.0

Premier billet : Ikea réinvente le meuble

Donc, c’était quoi un meuble, avant Ikea ?

Un meuble était en bois. De préférence, uniquement en bois : pas de clous, de vis, pas de pièces en plastique. Les seules pièces métalliques tolérées étaient les charnières, serrures et poignées, elles-mêmes réalisées dans les règles de l’art. A la place des clous et des vis, des chevilles de bois.

Un meuble était démontable. L’absence de colle et d’éléments externes permettait, sous réserve du savoir-faire correspondant, de démonter le meuble, notamment pour le réparer.

Un meuble était une pièce unique ou en tout petit nombre d’exemplaires, réalisée par un artisan expérimenté. Il fallait au novice plusieurs années d’apprentissage avant d’être autorisé à construire sa première armoire.

Un meuble était utilisé longtemps. Les jeunes mariés faisaient construire une ou deux armoires et les utilisaient toute leur vie. Années après années, ils héritaient des meubles de leurs parents.

Un meuble coûtait cher. Bien réalisé et bien entretenu, il prenait de la valeur avec le temps.

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Ikea réinvente le meuble

Publie par christine-vaufrey le janvier 6th, 2012 dans la categorie apprendre, culture numérique Tags: , , , , ,  •  2 Commentaires

Premier billet d’une série intitulée « Faites-le vous-même » : d’Ikea au Web 2.0

Dimanche dernier, j’ai réalisé une opération très banale : j’ai monté un meuble Ikea.

Opération très banale en effet, puisque les magasins Ikea, implantés dans 25 pays, ont accueilli en 2009 (le site de l’enseigne ne propose pas de chiffres plus récents) 590 millions de visiteurs, dont on peut parier qu’une bonne partie a joué dans les jours suivant la visite de la clé à 6 pans et de l’escargot, ce merveilleux escargot qui assure la rigidité du maintien des parois d’à peu près tous les meubles vendus chez Ikea.

590 millions de visiteurs. Le web 2.0 n’a donc pas le monopole des grands nombres.

Ce succès planétaire est du à Ingvar Kamprad qui a créé Ikea en 1943, à l’âge de 17 ans. Treize ans plus tard, il adopte définitivement les principes qui distingueront la marque de tous ses concurrents, à savoir le montage des meubles par les acheteurs et leur conditionnement en paquets plats, qui les rendent faciles à emporter dans une voiture standard.

Mais ce n’est pas de l’entreprise Ikea que je souhaite parler ici; c’est de l’expérience vécue par tout consommateur de produits Ikea.

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L’illusion de la pédagogie numérique

Publie par christine-vaufrey le novembre 30th, 2011 dans la categorie apprendre, utilisation ressources numériques Tags: , , , ,  •  17 Commentaires

Je lis avec quelques semaines de retard le texte de J.M. Fourgous publié dans Le Monde, intitulé « Oser la pédagogie numérique !« . Pour résumer, M. Fourgous y défend l’idée que le cours magistral n’est plus le mode idéal de transmission des savoirs, et qu’il faut passer à la pédagogie numérique pour intéresser à nouveau les élèves à l’apprentissage.

Ce raccourci me semble dangereux et trompeur.

D’une part, parce que je me demande bien ce qu’est « la pédagogie numérique ». Je connais « l’appareil photo numérique », « la télévision numérique », mais la « pédagogie numérique », franchement, je ne vois pas.  Bien entendu, on comprend que M. Fourgous s’appuie sur l’idée que la société tout entière s’est numérisée (ce qui est faux), et qu’en numérisant l’école, on la rapproche de la vraie vie. Mias cela ne suffit pas à créer une pédagogie. La pédagogie ne se définit pas par son outil, mais par l’activité cognitive et sociale qu’elle met en oeuvre dans la démarche d’apprentissage.

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L’âge de pierre

Publie par christine-vaufrey le novembre 4th, 2011 dans la categorie culture numérique Tags: , , ,  •  3 Commentaires

Il m’arrive de réaliser des interventions dans les universités publiques françaises (ailleurs aussi, mais c’est de celles-ci dont il est question dans ce billet). Interventions courtes, de quelques heures tout au plus, pour apporter un témoignage sur la veille numérique, l’évolution du e-learning, la cohérence pédagogique des dispositifs hybrides de formation, des choses comme ça.

Chaque intervention génère un dossier administratif. C’est comme ça, il n’y a pas de service centralisé qui permettrait aux intervenants de fournir une bonne fois pour toutes les renseignements exigés, et aux services administratifs des universités de disposer de ces renseignements au moment voulu, sans passer par des échanges de mails plus ou moins fluides.

Certaines universités envoient encore des dossiers papier à remplir. C’est comme ça, peut-être les agents vont-ils ensuite scanner ces dossiers, ou saisir à la main dans une base de données informatique les informations qui y sont consignées.

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Alors finalement, les Tice ne vont pas nous sauver ?

Publie par christine-vaufrey le septembre 23rd, 2011 dans la categorie apprendre, enseignement supérieur, utilisation ressources numériques Tags: , , ,  •  7 Commentaires

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais en ce moment, les Tice en prennent plein la tête (cette expression familière remplaçant celle à laquelle je pense mais que je n’oserai jamais écrire dans un blog hébergé par Educpros). Ou plutôt ce sont les évangélistes des Tice qui en prennent plein la tête (deuxième et dernière parenthèse : le substantif « évangéliste » nous venant tout droit des Etats-Unis, ce qui n’étonnera personne, compte-tenu du fait que nous en avons beaucoup moins qu’eux sur nos chaînes de radio et de télévision).

Il me semble que c’est Hubert Guillaud qui a réussi le plus beau feu d’artifice, avec son dernier article sur InternetActu, dans lequel il commente une étude américaine et ses répercussions dans la blogosphère éducative de ce pays. On dirait bien que Guillaud partage les conclusions de l’étude et de ses plus fins analystes, à savoir :

1- Qu’il ne faut pas accorder un crédit excessif aux marchands de technologies scolaires qui savent bien à qui vendre leurs trucs;

2- Que les Tice n’ont pas de pouvoir magique : il ne suffit pas d’inonder les profs et les élèves avec pour que les résultats de l’apprentissage en soit transfigurés; j’ajouterais qu’on peut dire exactement la même chose des livres : enfermez cinq étudiants dans cinq pièces différentes, chacun  avec une pile de manuels de médecine, Revenez trois mois plus tard : certains auront appris beaucoup de choses, d’autres seront passés à la console de jeux, et d’autre pleureront. Pourtant, ils auront tous eu les mêmes livres. MAIS si vous mettez les cinq étudiants ensemble avec les manuels, il y a une taux de probabilité raisonnable pour que tous aient appris quelque chose. Soit dit en passant.

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« Je suis sûr(e) d’avoir lu ce truc quelque part… »

Publie par christine-vaufrey le septembre 21st, 2011 dans la categorie culture numérique, Non classé, utilisation ressources numériques Tags: , , , , ,  •  Pas de commentaires

Ah là là, il y en a des pages, dans Internet. Tant de pages que, même en étant bien organisé, on finit par les perdre. Quand ce ne sont pas les pages elles-mêmes qui disparaissent, d’ailleurs. Avez-vous déjà tenté de retourner sur une page mise de côté deux ou trois ans plus tôt ? Elle a sans doute disparu.

Comment faire pour mettre de côté les ressources intéressantes trouvées sur Internet ? On peut bien sûr imprimer les pages. Et alors, on va les perdre dans son bureau plutôt que dans le web, et finir par les jeter à la corbeille.

Donc, restons dans notre navigateur. On peut utiliser les « favoris » et « signets » que nous proposent Firefox, Chrome, Safari, et celui-dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom, celui du grand Bill. Mais après quelques mois de collecte intensive, quel bazar ! Si l’on a pris le soin de faire des listes, c’est un peu mieux.

Evidemment, lorsqu’on ne travaille plus sur sa propre machine, lorsqu’on est un peu nomade, on n’a pas toujours ses signets ou favoris sous le mulot. Mieux vaut dans ce cas opter pour une solution de bookmarking en ligne.

Bookmarking, ça veut dire « action de poser un signet ». On comprend aisément pourquoi on préférera le terme anglais.

Le bookmarking en ligne, donc. Deux poids lourds dans cette catégorie : Delicious, et Diigo.

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Enseignants, qu’allez-vous montrer à vos étudiants cette année ?

Publie par christine-vaufrey le août 29th, 2011 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur, Formation enseignants Tags: , , , , ,  •  17 Commentaires

La rentrée approche, y compris dans les universités. Dans certaines facs, les étudiants de 1e année sont convoqués dès le 1er septembre, et bénéficieront avant le commencement officiel des enseignements de sessions de sensibilisation aux Tice. Quelques profs auront également cette chance, comme ceux de Lyon 1 par exemple, d’après ce que nous en dit le camarade Batier, du service Icap.

Qui oserait encore proposer des formations aux enseignants sur la confection des diaporamas, les fameux PowerPoint, comme s’il n’existait que ce logiciel pour projeter des diapos dans les amphis ? Tous les enseignants et formateurs devraient aujourd’hui avoir une micro-puce greffée dans leur poignet, qui ferait office à la fois de matériel et de logiciel, ça éviterait des dépenses d’équipement et le transport de matériel. Ceci, car le diaporama est devenu le nouveau bloc-note de l’enseignant ou du formateur, le support sur lequel il note l’essentiel de ce qu’il a à transmettre. Et c’est bien là le problème.

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De la célébrité, et de l’université

Publie par christine-vaufrey le juillet 4th, 2011 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur Tags: , , , , , ,  •  2 Commentaires

Je regardais l’autre soir un épisode de la série américaine Nurse Jackie ( série qui n’a pas, à ma connaissance, encore été diffusée sur une chaîne française mais que l’on trouve facilement en streaming sur Internet, sous-titrée en français), dans lequel on voit un médecin qui se réjouit d’être classé par une revue spécialisée parmi les 25 meilleurs médecins de Manhattan. Les spectateurs de la série comprennent immédiatement qu’i y a anguille sous roche, compte-tenu de la personnalité tourmentée de ce médecin hospitalier. Le secret de sa célébrité tient à deux choses : Twitter et un agent, chargé d’assurer la promotion du médecin auprès de tous ceux qui sont capables de le propulser dans les médias. On comprend donc que cet épisode de série fait pour distraire transmet, comme c’est souvent le cas aux USA, quelques messages réjouissants, dans le cas présent sur la tentation de la célébrité qui touche des gens qui devraient a priori être éloignés de cette préoccupation.

Quoi d’étonnant aux USA, où l’on voit le long des autoroutes d’immenses panneaux publicitaires vantant les mérites de telle clinique dentaire ou de chirurgie ? La santé s’y vend comme les régimes amaigrissants, les voitures… et les séries télévisées. Je me souviens notamment d’un panneau publicitaire pour une clinique pédiatrique sur lequel s’étalait la photo d’un chirurgien sortant de la salle d’opération (masque baissé, regard fatigué, sourire compassionnel, cheveux poivre-et-sel qui attestent de l’expérience…), le genre de type à qui vous confieriez votre gamin sans hésiter, quand bien même il ne serait pas malade.

Encore plus fort, si l’on en croit la série Nurse Jackie, les médecins ont donc la possibilité de prendre un agent, comme les professionnels du spectacle, pour travailler leur réputation et arracher des contrats. Beaucoup plus banal, notre jeune médecin un peu benêt de Nurse Jackie twitte à l’hôpital. Il twitte quand une infirmière lui emprunte un stylo, quand une autre le rabroue, mais aussi quand il établit un diagnostic de mucoviscidose. Le propos est évidemment humoristique mais fort bien tourné, notamment parce qu’il montre la surprise de tous ceux qui entourent le médecin twitter-addict, et qui pose les questions du respect de la vie privée d’une part, de l’éthique médicale d’autre part.

C’est américain et c’est de la fiction, bien sûr. Chez nous, cela ne risque pas d’arriver, évidemment.

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Je ne veux pas être accompagnée !

Publie par christine-vaufrey le juin 15th, 2011 dans la categorie culture numérique Tags: , , , ,  •  5 Commentaires

En France, on a la maladie de l’accompagnement. Et de l’accompagnement en cascade, en particulier. Tout le monde accompagne quelqu’un : le ministère accompagne les universités, qui accompagnent les profs, qui accompagnent les étudiants. Pour quoi faire, tout cet accompagnement ? Pour utiliser correctement les outils et ressources numériques. Oui, vous avez bien lu : tous ces petits sucres d’accompagnement qui tombent les uns sur les autres ont pour point d’arrivée : les étudiants. Marc Zuckerberg était étudiant lorsqu’il a créé Facebook. S’il avait été mieux accompagné à Harvard, il n’aurait pas créé cette compagnie, sans aucun doute, car il aurait eu une conscience aigüe des redoutables périls qui guettent les individus insouciants sur les réseaux sociaux.

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