Retrouvailles !

Ouh là là, ça fait longtemps ! Tellement longtemps que si Maëlle ne nous avait pas envoyé un message aujourd’hui, j’aurais oublié que j’avais un blog chez Educpros !

Il faut dire que je m’étais lancée au début de cette année dans une entreprise qui s’est avérée beaucoup trop ambitieuse pour le temps que je comptais y consacrer. « Que je comptais y consacrer » : oui, il s’agit bien de cela, et non pas du temps que « j’ai » ou « je n’ai pas ». Le temps,  on ne l’a pas. On le prend.

Le temps, c’est comme les savoirs : on le construit, il ne nous est pas donné en bloc dans une petite boîte. Gérer son temps, c’est comme gérer ses apprentissages et ses activités d’enseignement : avant tout, une affaire de choix.

Alors, quand je lis que les enseignants n’utilisent pas les ressources mises à leur disposition par les musées parce qu' »ils n’ont pas le temps », je reste songeuse. Qui doit donner le temps, si ce n’est ceux qui décident de le prendre ? A qui doit-on demander l’autorisation pour prendre le temps ? Il est en accès libre, comme les ressources d’Internet.

Mais oui, je sais : la fonction d’enseignant comporte une multitude de tâches obligatoires. A commencer par le fait de se trouver à heures et jours fixes devant des élèves ou des étudiants. Mais pendant ce temps-là, justement, que fait-on ? Des chose que l’on a préparées auparavant, à un autre moment. Et c’est là que le choix intervient : vais-je faire comme d’habitude, utiliser les mêmes ressources, préparer les mêmes épreuves, interroger les élèves de la même façon, ou vais-je changer ? Cela va me prendre du temps, certes, mais enfin dormir, manger, partir en vacances, aller faire des courses, ça prend du temps aussi. Et je le fais. Le temps que j’y passe me réserve t-il des satisfactions, plus grandes que si je ne l’avais pas consommé ? Le temps est une monnaie d’échange.

Affronter un changement nécessite d’être tendu vers un but dont on sait qu’il sera profitable. Voilà à quoi sert la monnaie temps : à acheter un objet profitable. Alors, ne dites pas « J’ai pas le temps ». Dites « j’ai pas envie de changer » ou « Je ne suis pas sûre que ça m’apporte quelque chose, et à mes élèves non plus ». A partir de là, nous pourrons discuter. Dire « j’ai pas le temps », c’est refuser la discussion. Vous savez, c’est ce qu’on dit au jeune homme avec un T-shirt barré d’un gros logo qui vous aborde dans la rue : vous savez qu’il va vous proposer de donner des sous pour une cause quelconque. Vous n’avez pas envie de donner mais vous préférez lui dire « J’ai pas le temps ».

Alors, promis, je prends le temps d’écrire à peu près régulièrement sur ce blog.

A bientôt !

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Article du on lundi, juin 11th, 2012 at 19:24 dans la rubrique utilisation ressources numériques. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

2 commentaires “Retrouvailles !”

  1. Bruno Devauchelle dit:

    Se donner le temps, prendre le temps, hiérarchiser le temps. Et si cela relevait aussi d’une tendance à l’accélération dont parle si bien Hartmut Rosa.
    Illusion ou réalité du temps qui passe et que nous regardons parfois passer pour garder conscience qu’il existe, que nous existons ?

    Ce n’est pas tant le temps que la dispersion qui nous pose problème. Si nous sommes sensibles aux multiples sollicitations de la toile en particulier, alors nous risquons de ne pas avoir le temps de voir passer le temps.

    Prends ton temps Christine…

  2. lulu dit:

    Ne pas dire « Je n’ai pas le temps » mais « Dans mon emploi du temps, ce n’est pas ma priorité ».

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