Métissons nos compétences (pour faire des MOOCs !)

13829448705_1249fb37f1« Le numérique n’est pas une affaire de geek », ça vous dit quelque chose ? J’ai lu cette phrase dans le rapport du dernier baromètre Inria – Sofres sur Les Français et le Numérique. Le numérique, c’est l’affaire de nous tous, car nous l’utilisons au quotidien, il prolonge notre vie dans l’espace immatériel.

L’éducation sur support numérique est-elle uniquement une affaire de profs ? Ca y est, vous me voyez venir. Je vais encore parler de mes obsessions du moment, les MOOCs, le faire plutôt que le dire, tout ça. Vous avez raison.

Je suis inscrite au MOOC sur l’utilisation des réseaux sociaux proposé par Rue89 formation. Rue89, c’est un site de presse, pas une école ou une université. Mais je suppose que c’est déjà un organisme de formation. Quoi qu’il en soit, son MOOC se distingue de la production ambiante par un aspect surtout : la qualité des vidéos. Sophie Caillat qui assure la narration (et apparemment qui est aussi la conceptrice principale de ce MOOC) parle très bien. Elle lit sur prompteur et donc, nous regarde droit dans les yeux. Elle fait des pauses aux moments importants. Elle utilise un lexique riche, qui empêche de s’endormir. Ses mains bougent. Sa silhouette incrustée se déplace dans la page.

À l’écran, la présentatrice alterne avec des interviews d’autres personnes, filmées ailleurs, et de brèves démonstrations d’utilisation d’outils en ligne.

À la fin de chaque vidéo (elles sont un peu longues quand elles dépassent 10-12 mn mais comme elles sont de bonne qualité, ça passe bien), des écrans de texte reprennent les points importants à retenir.

Preuve que nous sommes bien dans les médias et pas sur un site éducatif : il y a de la pub dans les vidéos. Avant, après, et même pendant. La vidéo 1 de la séquence 2 est à ce niveau insupportable : Sophie Caillat est coupée 3 fois par une pub pour les lingettes dépoussiérantes. Sans doute parce que c’est une femme qui parle ? Ou parce que ceux qui regardent le MOOC en pleine journée sont plutôt des ménagères qui font une pause pendant leur séance de ménage ?

Ceci mis à part, je le répète, les vidéos sont excellentes, 100 coudées au-dessus de celles que l’on voit d’ordinaire dans les MOOCs, ces dernières méritant d’être converties en podcasts audios, pour qu’au moins on puisse écouter son cours dans le bus (l’image n’y ayant pas vraiment de valeur ajoutée). D’ailleurs, il me semble probable, et même ardemment désiré, que France Culture se mettent aux MOOCs, surtout depuis qu’existe le canal dédié aux étudiants… Non ?

Le MOOC de Rue89 reste classiquement académique, bien qu’il ait l’ambition de former à des savoir-faire. On parle des choses, on ne les fait pas. Des activités, des ateliers, des échanges de pratiques auraient été les bienvenus.

Et là, je me dis que nous avons des choses à faire ensemble, journalistes, enseignants, ingénieurs de formation bons connaisseurs des LMS (plateformes de formation en ligne). Nous avons des compétences métissables plutôt que complémentaires, l’émulation collective et la diversité de nos univers nous conduisant très certainement à imaginer puis créer des produits de formation nouveaux, séduisants, bien construits, interactifs… en nette progression par rapport à ceux qui existent actuellement. Certes, chaque professionnel dans sa catégorie peut élargir son champ de compétences. Mais il serait plus efficace et plus rapide de nous associer. Philippe Couve flirte déjà avec cette idée dans l’un de ses derniers billets. Je me fixe comme objectif d’être de cette nouvelle étape de l’aventure.

Et vous, ça vous tente ?

Photo : Dominik, Flickr, licence CC – BY – SA

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Article du on Mercredi, avril 30th, 2014 at 19:05 dans la rubrique conception de cours, culture numérique, MOOC. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

7 commentaires “Métissons nos compétences (pour faire des MOOCs !)”

  1. MOOC Francophone dit:

    C’est une évidence ;-)L’écosystème des MOOC doit se construire avec une pluralité d’acteurs en intégrant un environnement extérieur à l’enseignement. Deux raisons à cela:

    – Les solutions viennent le plus souvent d’un regard neuf qui permet d’explorer d’autres façons de penser. Jusqu’à présent, c’est plus le processus de réflexion en interne, qui a été privilégié au détriment de la pensée créative et d’une réelle connexion avec les attentes des apprenants.

    – Les MOOC font appel à une multitude de compétences qui ne sont pas encore présentes dans le milieu de l’enseignement et de la formation. Certaines composantes des MOOC permettront sûrement de créer des métiers qui n’existent pas encore. Il est donc indispensable que les universités, grandes écoles et entreprises coopérent dans un partage de connaissance.

    La problématique est de trouver comment amener des professionnels qui se considèrent comme des concurrents, à comprendre que la coopération est devenue une nécessité stratégique pour eux. Bref, une dimension psychologique et affective autour de l’éternel rapport entre savoir et pouvoir, qu’il va falloir résoudre…

    Quant à faire partie de cette nouvelle aventure, je pense avoir déjà ouvert la porte depuis quelques mois déjà ;-) mais il semble que nous sommes encore un peu isolés dans ce nouvel « incubateur »…

    Donc OUI! pour des actions concrètes et pas un nouveau concept… et encore OUI! pour un nouveau souffle et pas un courant d’air !

  2. Métissons nos compétences (pour f... dit:

    […]   […]

  3. Métissons nos compétences (pour f... dit:

    […] « Le numérique n’est pas une affaire de geek », ça vous dit quelque chose ? J’ai lu cette phrase dans le rapport du dernier baromètre Inria – Sofres sur Les Français et le Numérique. Le numérique, c’est l’affaire de nous tous, car nous l’utilisons au quotidien, il prolonge notre vie dans l’espace immatériel.L’éducation sur support numérique est-elle uniquement une affaire de profs ? Ca y est, vous me voyez venir. Je vais encore parler de mes obsessions du moment, les MOOCs, le faire plutôt que le dire, tout ça. Vous avez raison.  […]

  4. Métissons nos compétences (pour f... dit:

    […] « Le numérique n’est pas une affaire de geek », ça vous dit quelque chose ? J’ai lu cette phrase dans le rapport du dernier baromètre Inria – Sofres sur Les Français et le Numérique.  […]

  5. Le blog de Christine Vaufrey » Blog Archi... dit:

    […]   […]

  6. Philippe Couve dit:

    Les MOOC constituent à mon sens un dispositif hybride. L’ingénierie pédagogique est indispensable pour en assurer la structure et la progression. Le savoir-faire des médias doit s’y ajouter pour tenter d’attirer puis de retenir un public non-captif. L’exemple du MOOC de Rue89 —auquel j’ai le plaisir de collaborer— montre ce que vous relevez, Christine: une mise en forme plus « alléchante » ne peut pas nuire à des productions qui s’adressent à un public large (et parfois hétérogène). Dans ce domaine, les collaborations entre experts des contenus pédagogiques et professionnels de médias me semblent être naturelles.

  7. Rochane dit:

    J’adhère complètement à cette façon de pensée et je pense même que les chaines de télévision devraient s’intéresser à ce phénomène des Moocs. Elles pourront toucher une cible plus large que celle des sites Web ou des plateformes pédagogiques.
    Je rêve peut être, mais un vote lancé par TF1 sur une compétence acquise dans un Mooc à la place d’une banalité œuvrerait certainement pour l’apprentissage tout au long de la vie.Vive le métissage sous toutes ses formes :)

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