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	<title>Le blog de Christine Vaufrey</title>
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	<description>Le temps des TICE</description>
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		<title>Non, le e-learning n&#8217;est pas né en 2011 !</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 15:11:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[MOOC]]></category>
		<category><![CDATA[e-learning]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 15 mai dernier, on pouvait lire dans Les Echos un article intitulé &#171;&#160;Les universités américaines pionnières de l&#8217;enseignement en ligne&#160;&#187;. Un pionnier désignant l&#8217;individu qui, le premier, réalise quelque chose, je m&#8217;attendais à lire un historique de la formation à distance. C&#8217;est effectivement le cas&#8230; mais le problème, c&#8217;est que l&#8217;article nous laisse croire [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 15 mai dernier, on pouvait lire dans Les Echos un article intitulé &laquo;&nbsp;<a href="http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202756500269-les-universites-americaines-pionnieres-de-l-education-en-ligne-566439.php" target="_blank">Les universités américaines pionnières de l&rsquo;enseignement en lign</a>e&nbsp;&raquo;. Un pionnier désignant l&rsquo;individu qui, le premier, réalise quelque chose, je m&rsquo;attendais à lire un historique de la formation à distance.</p>
<p>C&rsquo;est effectivement le cas&#8230; mais le problème, c&rsquo;est que l&rsquo;article nous laisse croire que la formation en ligne est née avec Coursera, en 2011, donc. Avant, il n&rsquo;y a avait rien que les classes traditionnelles : &laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;éducation n&rsquo;a guère changé depuis cinq cents ans : le savoir se transmet essentiellement en classe, par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;un professeur, d&rsquo;un tableau noir et de livres. A voir le débat qui est en train d&rsquo;enflammer l&rsquo;Amérique sur l&rsquo;éducation en ligne, Internet pourrait néanmoins rapidement changer la donne</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Quel dommage que le journaliste ayant commis cet article n&rsquo;ait pas eu connaissance de l&rsquo;infographie ci-dessous, qui lui aurait donné un minimum de recul par rapport au sujet qu&rsquo;il prétendait traiter !</p>
<p><span id="more-375"></span><br />
<a href="http://www.distancelearning.com/resources/the-evolution-of-distance-learning-infographic/"><img alt="The Evolution of Distance Learning" src="http://www.distancelearning.com/wp-content/uploads/2013/04/distance-learning-evolution-infographic.jpg" width="500" height="3604" border="0" /></a><br />
Created by: <a href="http://www.distancelearning.com/">www.DistanceLearning.com</a><br />
Un journaliste doit effectuer un minimum de recherches avant d&rsquo;aborder un sujet dans son article, il me semble que c&rsquo;est une règle communément admise. Si Massimo Prandi, auteur de l&rsquo;article évoqué, avait été un simple citoyen et que sa réflexion sur la formation en ligne n&rsquo;avait pas été partagée avec les milliers de lecteurs des Echos, on aurait pu lui pardonner sa bourde, tant il est vrai que la formation à distance, puis la formation en ligne, ont longtemps peiné à se faire reconnaître dans le paysage de l&rsquo;éducation et de la formation.</p>
<p>Si vous concevez ou animez des cours en ligne dans votre établissement, vous devez être familier de ce genre de réflexions : &laquo;&nbsp;<em>ouais, c&rsquo;est pas mal ton truc mais franchement, ça vaut pas un bon cours en amphi, non ?</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>Comment tu fais pour enseigner à distance : tu te filmes et les gens ils te regardent sur leur ordinateur, c&rsquo;est ça ?</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>Mon boulot, c&rsquo;est de faire cours, pas de bricoler avec des ordinateurs !</em>&laquo;&nbsp;; et un petit dernier pour la route &laquo;&nbsp;<em>Mes cours sur Internet, jamais ! Je veux pas que n&rsquo;importe quel abruti me les pique et dise ensuite que c&rsquo;est le siens !</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Pour résumer, disons que la formation à distance a longtemps été considérée par une part non négligeable d&rsquo;enseignants, d&rsquo;administrateurs et d&rsquo;apprenants potentiels comme un sous-produit universitaire, distribuant des diplômes au rabais, faite pour des pauvres gens qui n&rsquo;ont pas la chance de pouvoir fréquenter nos merveilleux campus. Et pendant des années, il a fallu argumenter et se justifier en présentant les dispositifs d&rsquo;accompagnement des étudiants, des scénarios pédagogiques, les espaces de classe virtuelle et des résultats aux examens plus qu&rsquo;honorables, équivalents sinon meilleurs à ceux qui étaient obtenus dans les classes en présence. Et malgré tout ça, nous avions le sentiment persistant d&rsquo;être pris dans des sables mouvants et que plus on avait d&rsquo;inscrits, moins on nous prenait au sérieux.</p>
<p>Alors, il n&rsquo;est pas vraiment étonnant que pour de nombreuses personnes, la formation en ligne soit née en 2011, avec les MOOCs des grandes universités américaines. Dans ces universités d&rsquo;ailleurs, ce sont des enseignants plutôt rétifs au e-learning qui se sont les premiers enthousiasmés pour les MOOCs, comme le signale une très intéressante enquête réalisée par <a href="http://chronicle.com/article/The-Professors-Behind-the-MOOC/137905/#id=overview" target="_blank">The Chronicle of Higher Education</a> . Les MOOCs des universités américaines séduisent parce qu&rsquo;ils ne remettent pas en cause la pédagogie universitaire la plus classique : l&rsquo;enseignant et son savoir sont au centre, les étudiants en périphérie. Ils séduisent également car tout le monde peut y accéder, sans condition de diplôme, de fortune ou de localisation. Ils apparaissent donc comme les nouveaux ambassadeurs de la mission civilisatrice américaine, chargée par le pouvoir divin de répandre la lumière sur le monde.  Et surtout, ils séduisent parce qu&rsquo;ils sont gratuits : n&rsquo;oublions pas que près de la moitié des inscrits dans un MOOC vivent aux Etats-Unis, pays où le coût d&rsquo;une année études supérieures dépasse aisément le montant d&rsquo;un salaire modeste (25 000 dollars par an, soit 1000 dollars par semaine de cours, n&rsquo;est pas rare), et où la dette étudiante dépasse les 1000 milliards de dollars.</p>
<p>Clairement, la vogue des MOOCs ne tient pas essentiellement à leur pédagogie : en ce domaine, il y en a d&rsquo;excellents comme d&rsquo;exécrables. Elle ne tient pas non plus à l&rsquo;usage des technologies numériques : la formation en ligne existe depuis 1976 (regardez l&rsquo;infographie !). Elle tient au <em>story telling</em>, à l&rsquo;histoire dans laquelle ces produits sont intégrés, une histoire d&rsquo;excellence, de générosité et d&rsquo;amélioration de l&rsquo;humanité. C&rsquo;est un discours extrêmement fréquent aux Etats-Unis : on ne compte plus le nombre de produits et d&rsquo;applications qui vont &laquo;&nbsp;changer le monde&nbsp;&raquo; ou le sauver. Ce discours est le produit d&rsquo;un pays qui se réinvente en permanence, au risque de redécouvrir la roue plusieurs fois par siècle. Ceci étant dit, il faut rétablir la vérité : le discours élevé à la gloire des MOOCs ne doit surtout pas faire oublier l&rsquo;expertise accumulée par les praticiens de la formation en ligne classique, ni les dizaines de millions de personnes qui, depuis plus de 30 ans maintenant, apprennent, interagissent et obtiennent des diplômes par le biais du e-learning.</p>
<p>Voici une ressource en français sur l&rsquo;histoire de la formation à distance :</p>
<p>Peraya Daniel : <a href="http://tecfa.unige.ch/tecfa/maltt/cofor-1/textes/peraya03.pdf" target="_blank">De la correspondance au campus virtuel. Formation à distance et dispositifs médiatiques</a>. (pdf)</p>
<p>En 2012-2013 le Gehfa a organisé un cycle de séminaires sur &laquo;&nbsp;<a href="http://www.gehfa.com/6_Hisfora/hisfora%2035A2.pdf" target="_blank">La langue histoire inachevée de la formation à distance (1840 &#8211; 2012)</a>&laquo;&nbsp;. Rien n&rsquo;est en ligne. Espérons que le dépôt sur <a href="http://www.uoh.fr/front/accueil" target="_blank">le site de l&rsquo;UOH</a> ne prenne pas deux ans ou plus&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>5 ans dans ma fac&#8230; et puis, plus rien ?</title>
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		<pubDate>Sat, 04 May 2013 18:23:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[crédits]]></category>
		<category><![CDATA[e-learning]]></category>
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		<description><![CDATA[À l&#8217;heure où l&#8217;on vérifie les effets de la mondialisation dans à peu près tous les aspects de notre vie, il est étonnant de constater à quel point les études supérieures demeurent territorialisées. Telle une moule accrochée à son rocher, l&#8217;étudiant dispose d&#8217;un environnement d&#8217;études solide mais restreint, qui est censé le nourrir jusqu&#8217;à l&#8217;obtention [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_366" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2013/05/04/5-ans-dans-ma-fac-et-puis-plus-rien/small__3039685811/" rel="attachment wp-att-366"><img class="size-medium wp-image-366" alt="En route !" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2013/05/small__3039685811-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">En route !</p></div>
<p>À l&rsquo;heure où l&rsquo;on vérifie les effets de la mondialisation dans à peu près tous les aspects de notre vie, il est étonnant de constater à quel point les études supérieures demeurent territorialisées. Telle une moule accrochée à son rocher, l&rsquo;étudiant dispose d&rsquo;un environnement d&rsquo;études solide mais restreint, qui est censé le nourrir jusqu&rsquo;à l&rsquo;obtention de son diplôme. Certes, il y a bien Erasmus; programme européen de mobilité étudiante qui a fêté en 2012 son 25eme anniversaire. Mais ceux qui ont eu la chance de passer quelques mois dans <a href="http://www.youtube.com/watch?v=CCs6AzLeNQI">l&rsquo;Auberge espagnole</a> sont beaucoup moins nombreux que ceux qui n&rsquo;ont pas bougé de chez eux&#8230; Soit parce que les places sont rares et chères dans leurs filières, soit parce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient tout simplement pas envie de bouger. Au total, ce sont 3 millions d&rsquo;étudiants seulement qui auront profité de ce programme en 25 ans&#8230; <a href="http://www.lacomeuropeenne.fr/2012/02/23/generation-erasmus-comment-feter-les-25-ans-du-programme-de-mobilite-des-etudiants/" target="_blank">soit 2,2 % des étudiants européens</a>.</p>
<p><span id="more-365"></span> Pourtant, les avis sont unanimes pour louer les bienfaits de ce programme et ses impacts sur les étudiants : cursus universitaires plus variés, ouverture d&rsquo;esprit, sensibilité interculturelle prédisposant à travailler à l&rsquo;international, etc. On ne s&rsquo;étonnera donc pas que la Ligue des Universités de Recherche Européennes (LERU) recommande vivement d&rsquo;inscrire la mobilité de manière structurelle dans les cursus universitaires (voir cet article : <a href="http://www.universityworldnews.com/article.php?story=20130502130124770" target="_blank">Big change in student mobility needed, says LERU</a>). Ce qui signifie, en clair, que le souhait de mobilité de l&rsquo;étudiant ne serait plus l&rsquo;unique option; les cursus comprendraient, <em>de manière obligatoire</em>, des semestres dans une ou même des universités étrangères. Les représentants de la LERU ne sous-estiment pas les difficultés que devront affronter les responsables universitaires, pour maîtriser la circulation des étudiants entre les différents établissements. Déjà aujourd&rsquo;hui, la gestion du programme Erasmus requiert une bureaucratie affolante, qui mobilise plusieurs personnes à temps plein dans chaque établissement. Mais si chaque étudiant européen devait passer deux ou trois semestres dans un établissement étranger, imaginez le bazar au niveau de l&rsquo;harmonisation des droits d&rsquo;inscriptions, la synchronisation des calendriers universitaires, l&rsquo;alignement des crédits, la mise en place des équivalences entre diplômes, la gestion des locations des chambres en cité universitaire&#8230; &#8230; Ah, j&rsquo;en vois déjà qui se mettent l&rsquo;oreiller sur la tête et qui s&rsquo;empressent de se rendormir. Pourtant, il faudra bien en passer par là, si l&rsquo;on veut que le temps des études ouvre l&rsquo;étudiant aux opportunités, plutôt qu&rsquo;il ne l&rsquo;enferme dans une spécialité&#8230;</p>
<p>Cette mobilité pourrait prendre également d&rsquo;autres dimensions :<br />
- Sans bouger de chez soi l&rsquo;étudiant pourrait suivre des cours à distance dans plusieurs universités européennes (ou même françaises !), ce qui lui permettrait de personnaliser le contenu de son diplôme et éviterait de multiplier les cursus complets -mais parfois fort peu fréquentés, surtout au niveau Master, dans chaque université. L&rsquo;investissement réclamé par la création de cours en ligne de qualité pourrait être vite compensé par les économies nées de la suppression des cours en présence ne rassemblant pas plus de 15 étudiants, par exemple.</p>
<p>- L&rsquo;étudiant pourrait aussi faire alterner les semestres de cours et les semestres de travail. On ne dira jamais à quel point le fait d&rsquo;aller travailler puis de revenir à la fac change radicalement l&rsquo;opinion que l&rsquo;on a de ses études et de leur valeur. Là encore, la formation en ligne apparaît comme une solution particulièrement souple et bien adaptée aux jeunes qui pourraient reprendre leurs études là où ils les avaient laissées mais à distance, sans devoir se reloger à proximité de l&rsquo;université, parfois en conservant un emploi à temps partiel, etc. Anant Agarwal, le président d&rsquo;EdX, la plateforme de MOOC du MIT et de Harvard, pense d&rsquo;ailleurs que ce schéma d&rsquo;alternance entre travail et emploi va se généraliser, et l&rsquo;a affirmé lors de la conférence SXSWedu http://www.youtube.com/watch?v=IzhgRPp9yrY , organisée à Austin, Texas, en mars 2013. NOn seulement à cause du coût des études qui ne risque pas de baisser aux Etats-Unis, mais aussi et surtout parce qu&rsquo;il voit venir le jour où le fait d&rsquo;étudier ne sera plus réservé aux trois ou cinq années précédant l&rsquo;entrée dans le monde du travail, mais devra pouvoir être mobilisé à chaque fois que cela sera nécessaire.</p>
<p>En d&rsquo;autres termes, les études <em>hic et nunc</em> vivent peut-être leurs derniers jours (ou plutôt, leur dernière décade; soyons réalistes). Allez voir comment on apprend ailleurs, être à la fois &laquo;&nbsp;ici&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;là-bas&nbsp;&raquo; grâce aux cours en ligne, être alternativement en emploi et aux études et ce, aussi longtemps qu&rsquo;on le souhaite : autant de perspectives stimulantes, qui pourraient changer radicalement le visage des études supérieures, des étudiants et des établissements d&rsquo;enseignement.</p>
<p>photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/dyamasaki/3039685811/">space_monkey</a> via <a href="http://photopin.com">photopin</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/">cc</a></p>
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		<title>L&#8217;évaluation automatique ? Quelle horreur ! (Quoique&#8230;)</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 11:37:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[apprendre]]></category>
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		<description><![CDATA[Comment faire pour évaluer les travaux de plusieurs milliers d&#8217;étudiants à la fois ? Voilà la question qui se pose quotidiennement aux instigateurs de MOOCs (voir le billet de Matthieu, doctorant à l&#8217;ENS, si vous ne savez toujours pas ce que signifie cet acronyme). Mais pas à eux seulement : en première année de fac [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2013/04/27/levaluation-automatique-quelle-horreur-quoique/exam/" rel="attachment wp-att-359"><img class="alignleft size-medium wp-image-359" alt="Quiz" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2013/04/quiz-300x205.jpg" width="300" height="205" /></a>Comment faire pour évaluer les travaux de plusieurs milliers d&rsquo;étudiants à la fois ? Voilà la question qui se pose quotidiennement aux instigateurs de MOOCs (voir <a href="http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel/2013/04/26/un-mooc-kesako/" target="_blank">le billet de Matthieu</a>, doctorant à l&rsquo;ENS, si vous ne savez toujours pas ce que signifie cet acronyme). Mais pas à eux seulement : en première année de fac de médecine par exemple, on est habitué à des cohortes de plusieurs milliers d&rsquo;étudiants; par exemple, plus de 5 000 étudiants de première année à la fac de médecine de Lyon 1. La masse n&rsquo;est donc pas exclusivement réservée aux cours tout en ligne; certains cours en présence doivent hélas composer avec cette donnée cruciale, et il y a bien longtemps que les enseignants de Médecine ont mis au point des outils leur permettant d&rsquo;évaluer rapidement les travaux de leurs étudiants.</p>
<p>La réponse la plus courante à ce problème s&rsquo;appelle le Quiz. Et même, le quiz à correction automatique. Les LMS (Learning Management Systems) disposent tous d&rsquo;une application intégrée permettant de confectionner des exercices, et notamment les fameux questionnaires à choix multiples. Sur la <a href="http://spiralconnect.univ-lyon1.fr/" target="_blank">plateforme Spiral</a>, conçue et utilisée à Lyon 1 et qui va bientôt fusionner avec <a href="http://www.claroline.net/" target="_blank">Claroline</a>, près de la moitié des objets (plus d&rsquo;un million, quand même) déposés par les enseignants toutes disciplines confondues sont des QCM ! Ils sont utiles aux enseignants bien sûr, mais ils permettent surtout aux étudiants de première année d&rsquo;auto-évaluer régulièrement leurs connaissances, sachant que ces QCM reprennent la forme exacte des épreuves de sélection imposées en fin de première année. Dans ce cas précis, il y a donc coïncidence de forme (et de nature de questions) entre les épreuves intermédiaires et les épreuves finales d&rsquo;évaluation.</p>
<p><span id="more-357"></span>Ce qui n&rsquo;est pas toujours le cas, bien entendu. Néanmoins, il ne faudrait pas mépriser les applications de création d&rsquo;exercices auto-correctifs sous prétexte que vous demandez surtout des devoirs plus complexes à vos étudiants lors des évaluations finales. Car il y a plusieurs types d&rsquo;exercices auto-correctifs, qui permettent de travailler une large gamme d&rsquo;apprentissages, de la simple mémorisation à l&rsquo;évaluation, si l&rsquo;on se réfère à <a style="font-size: 13px;line-height: 19px" href="http://parlonsfls.wordpress.com/2011/08/03/la-taxonomie-de-bloom-2/">la taxonomie des objectifs de Bloom</a>. Il revient alors à l&rsquo;enseignant de concevoir ses questions de manière adaptée à ce qu&rsquo;il souhaite évaluer. <a style="font-size: 13px;line-height: 19px" href="http://fr.slideshare.net/fgeorges/evaluer-diagnostiquer-rguler?ref=http://donnezdusens.fr/comment-vous-auto-evaluer-lorsque-vous-apprenez/" target="_blank">Un diaporama tout à fait pertinent</a>, réalisé par des chercheurs du Labset (université de Liège ) montre qu&rsquo;on peut avec ces exercices évaluer des compétences de niveau supérieur à la mémorisation, en élaborant des tâches complexes. Ce n&rsquo;est donc pas parce que la majorité des enseignants utilisent les exercices auto-correctifs pour vérifier uniquement la mémorisation, qu&rsquo;on est obligé de ne faire que cela !</p>
<p>Mais un pas supplémentaire vient d&rsquo;être franchi par les concepteurs de <a href="/www.edx.org">la plateforme de MOOC edX</a> animée par le MIT et l&rsquo;université de Harvard, et sur la quelle on trouve actuellement une quinzaine d&rsquo;autres universités, qui viennent d&rsquo;annoncer la création d&rsquo;un logiciel de correction automatique des questionnaires à réponses cortes et des essais. oui, des essais, des devoirs, des dissertations, des analyses critiques, bref, des écrits académiques. <a href="http://www.lepoint.fr/insolite/le-logiciel-qui-corrige-les-copies-a-la-place-des-profs-26-04-2013-1660533_48.php" target="_blank">C&rsquo;est Le Point</a> qui a annoncé la nouvelle en France le 26 avril, dans sa rubrique &laquo;&nbsp;Insolites&nbsp;&raquo; (on ne rit pas). Le logiciel ne fonctionne pas seul : c&rsquo;est un système intelligent qui &laquo;&nbsp;cale&nbsp;&raquo; ses critères et sa grille d&rsquo;évaluation sur les données entrées par l&rsquo;enseignant, ce dernier devant pour cela corriger à la main une centaine de copies avant de passer le relai à son assistant électronique. Donc, un enseignant qui donne le même devoir à plusieurs groupes d&rsquo;étudiants (ça existe, ça ?) pourra corriger à la main pour un groupe, entrer les données et faire corriger tous les autres groupes par l&rsquo;application électronique et ce, aussi longtemps qu&rsquo;il ne modifie pas ses exigences. J&rsquo;en connais qui vont être drôlement contents.</p>
<p>Anant Agarwal, le président d&rsquo;EdX, estime que ce logiciel va rendre de fiers services non seulement aux enseignants, mais aussi et surtout aux étudiants, qui disposeront ainsi d&rsquo;une correction immédiate de leurs travaux.  Il souligne que la rapidité des retours sur les travaux évalués est considérée par de nombreux étudiants comme une aide importante à l&rsquo;apprentissage. On conçoit en effet que des notes rendues plusieurs mois après la réalisation du travail et remises le plus souvent sans aucun commentaire, réduisent notablement la valeur formative de l&rsquo;évaluation. Et pourtant, c&rsquo;est bien de cette manière que les choses se passent encore souvent, tout simplement parce que l&rsquo;enseignant, même aidé de quelques assistants, n&rsquo;a pas le temps nécessaire pour corriger les devoirs en un temps raisonnable.</p>
<p>Ceci n&rsquo;empêche évidement pas des groupes d&rsquo;enseignants et d&rsquo;étudiants de se former pour protester contre l&rsquo;application créée par edX. Mais leur voix sera très certainement minoritaire. Ceci, pour trois raisons :</p>
<p>- Le logiciel va être distribué gratuitement dans les universités ayant déposé leurs MOOCs sur edX, puis plus largement. Au fur et à mesure des retours faits sur les usages, il sera amélioré (suivant en cela la règle absolue en usage dans le monde numérique : Publier tôt &#8211; Mettre à jour souvent). Il va donc devenir de plus en plus performant, adapté à un nombre croissant d&rsquo;usages.</p>
<p>- La question de l&rsquo;évaluation de grands groupes d&rsquo;étudiants n&rsquo;est pas réservée aux seuls MOOCs. Comme nous l&rsquo;avons vu plus haut, il y a longtemps que les facultés qui accueillent des milliers d&rsquo;étudiants de même niveau utilisent les outils électroniques pour évaluer les étudiants et les aider à s&rsquo;évaluer. De nombreux enseignants, qu&rsquo;ils pratiquent ou non les MOOCs, vont donc être intéressés par cette nouvelle application. Du côté des MOOCs, l&rsquo;affaire est entendue, car on sait que Coursera et Udacity (deux autres plateformes de MOOCs) sont aussi en train de mettre au point leurs propres applications de correction automatique (voir <a href="http://www.nytimes.com/2013/04/05/science/new-test-for-computers-grading-essays-at-college-level.html?pagewanted=all&amp;_r=2&amp;">cet article du New York Times</a>).</p>
<p>- Statistiquement parlant, la pertinence de l&rsquo;évaluation réalisée par le logiciel n&rsquo;est pas moins bonne que celle qui est réalisée par un correcteur humain, selon les dires d&rsquo;Anant Agarwal. Pas moins mauvaise non plus, remarque finement le rédacteur de l&rsquo;article du Point. Certes, mais il ne faut pas s&rsquo;arrêter à ce constat gratuit, et plutôt s&rsquo;interroger sur ce qu&rsquo;on évalue par rapport à ce que l&rsquo;étudiant apprend. L&rsquo;évaluation formelle, et l&rsquo;évaluation terminale en particulier, a t-elle pour fonction d&rsquo;évaluer l&rsquo;ensemble des apprentissages réalisés, et le peut-elle ? N&rsquo;y a t-il pas d&rsquo;autres formes d&rsquo;interaction avec l&rsquo;étudiant ou de productions pour mettre cela en valeur ? Est-ce toujours et systématiquement à l&rsquo;enseignant d&rsquo;évaluer les apprentissages réalisés et les compétences acquises ?</p>
<p>En fin de compte, l&rsquo;arrivée de cette nouvelle application d&rsquo;évaluation automatique des travaux académiques provoque, comme à chaque fois que la technologie semble se substituer à l&rsquo;humain, une réflexion salutaire sur le sens et la valeur de la fonction qu&rsquo;elle va remplir. L&rsquo;évaluation est un sujet complexe, qui divise les acteurs éducatifs sur tous ses aspects sauf sur un seul : les dispositifs actuels ne sont pas satisfaisants. Si l&rsquo;application informatique permet au moins de faire progresser le débat sur ce sujet, ce sera déjà une victoire.<br />
photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/albertogp123/5843577306/">albertogp123</a> via <a href="http://photopin.com">photopin</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/">cc</a></p>
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		<title>Les apprentis-sorciers</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Feb 2013 12:18:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[conception de cours]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
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		<category><![CDATA[échec]]></category>
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		<category><![CDATA[MOOC]]></category>
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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, mercredi 6 février, c&#8217;est le &#171;&#160;Digital Learning Day&#160;&#187;, la &#171;&#160;journée de l&#8217;apprentissage en ligne&#160;&#187;. Si vous n&#8217;en avez jamais entendu parler, ne vous en faites pas, et ne vous dites pas que décidément, vous êtes complètement dépassé : cette journée ne concerne que les Etats-Unis; elle a été créée par une association (un lobby, [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2013/02/alchimie.jpg"><img class="alignleft  wp-image-346" alt="alchimie" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2013/02/alchimie.jpg" width="369" height="237" /></a>Aujourd&rsquo;hui, mercredi 6 février, c&rsquo;est le &laquo;&nbsp;Digital Learning Day&nbsp;&raquo;, la &laquo;&nbsp;journée de l&rsquo;apprentissage en ligne&nbsp;&raquo;. Si vous n&rsquo;en avez jamais entendu parler, ne vous en faites pas, et ne vous dites pas que décidément, vous êtes complètement dépassé : cette journée ne concerne que les Etats-Unis; elle a été créée par une association (un lobby, plutôt) basé à Washington, qui vise à promouvoir l&rsquo;e-learning auprès des membres du gouvernement, du sénat et de la chambre des représentants.</p>
<p>Je baigne dans l&rsquo;e-learning, les Tice, et je n&rsquo;avais jamais entendu parler de ce Digital Learning Day avant de lire <a href="http://www.washingtonpost.com/blogs/answer-sheet/wp/2013/02/05/how-online-class-about-online-learning-failed-miserably/" target="_blank">cet article publié dans le Washington Post</a> d&rsquo;hier, intitulé &laquo;&nbsp;How online class about online learning failed miserably&nbsp;&raquo;. Autrement dit : &laquo;&nbsp;Comment un cours en ligne traitant de l&rsquo;apprentissage en ligne a lamentablement échoué&nbsp;&raquo;. L&rsquo;article relate la mésaventure des promoteurs d&rsquo;un cours délivré sur la célèbre plateforme de Moocs Coursera, qui traitait effectivement de la conception de cours en ligne, en garantissant aux participants qu&rsquo;après 8 semaines de cours, ils seraient capables de bâtir leur propre cours en ligne. Conséquemment 40 000 personnes s&rsquo;y sont inscrites. Eh oui, ça se passe comme ça <del>chez McDonald</del> aux Etats-Unis, quand vous promettez quelque chose d&rsquo;appétissant, tout le monde se précipite, sans perdre de temps à examiner votre pedigree, si on peut suivre le cours sur son temps de travail, si les frais éventuels seront remboursés, si on risque d&rsquo;y croiser des gens connus, toutes choses auxquelles personne ne pense, jamais, nulle part.</p>
<p><span id="more-345"></span>Eh bien, aujourd&rsquo;hui ces 40 000 personnes se retrouvent dans la nature, car le cours a fermé après une semaine seulement. Manifestement, l&rsquo;enseignante responsable a été débordée par l&rsquo;affluence, avait mal choisi ses outils (une feuille de calcul unique sur Google Doc pour 40 000 personnes, alors que l&rsquo;application autorise 50 contributeurs simultanés), pris de mauvaises décisions quant à la formation des groupes de travail et fourni des ressources documentaires calamiteuses, en l&rsquo;occurrence des diaporamas remplis de listes à puces, ce genre de diaporamas que plus personne ne fait, jamais, nulle part.</p>
<p>Parmi ces 40 000 personnes, il y avait bien sûr des internautes très au point en matière de diffusion de nouvelles sur les réseaux sociaux, et le buzz a enflé pendant tout le week end dernier, pour assassiner médiatiquement la malheureuse enseignante, et épingler Coursera par la même occasion. Brûler ce que l&rsquo;on a adoré quelques jours plus tôt reste le sport favori de bon nombre d&rsquo;Internautes, les participants déçus estimant de plus avoir été trompés sur la marchandise et avoir subi un dommage irréparable. Les pros du e-learning et du Mooc y sont allés de leur commentaire plein de mansuétude, car ils  savent bien que ça peut arriver à n&rsquo;importe qui, et que ceux qui n&rsquo;hésitent pas à clouer les Moocs au pilori oublient un peu vite que des cours en présence peuvent eux aussi être calamiteux, poussant des centaines d&rsquo;étudiants à se planquer dans leur chambre et à attendre que les quelques volontaires désignés pour la semaine déposent leurs notes dans une Dropbox quelconque pour en faire profiter tout le monde.</p>
<p>De cette mésaventure, je tire trois leçons qui, j&rsquo;espère, seront entendues :</p>
<p>- Ne s&rsquo;improvise pas enseignant en ligne qui veut;</p>
<p>- Ne s&rsquo;improvise pas concepteur et animateur de Mooc qui veut;</p>
<p>- La médiatisation indispensable au recrutement des participants à un Mooc devient un cauchemar lorsque le cours ne fonctionne pas, ou s&rsquo;avère seulement moins intéressant que ce qui avait été espéré.</p>
<p>Les projets de Moocs fleurissent en France, de toutes parts, depuis que nous avons ouvert le bal francophone avec ITyPA. Je me bornerai à rappeler qu&rsquo;il nous a fallu 4 mois de travail soutenu pour créer ITyPA; que notre complémentarité, en termes disciplinaires et de savoir-faire, s&rsquo;est avérée essentielle; que l&rsquo;animation du cours pendant sa diffusion nous a demandé l&rsquo;équivalent d&rsquo;un temps plein (réparti entre nous quatre); que nous avons repéré plusieurs points qui doivent sérieusement être améliorés et qu&rsquo;actuellement nous travaillons dur pour cela, quand les activités de restitution de notre expérience et notre activité habituelle nous en laissent le temps.</p>
<p>Beaucoup d&rsquo;entre nous continueront de faire des erreurs, dans la conception de Moocs. Sachons du moins tirer profit de nos expériences respectives ou communes, et ne pas pêcher par excès de confiance, pour éviter le désastre.</p>
<p>photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/ception/1935293760/">Brian Hathcock</a> via <a href="http://photopin.com">photopin</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/">cc</a></p>
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		<title>MOOCs francophones : ça commence !</title>
		<link>http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2013/01/16/moocs-francophones-ca-commence/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Jan 2013 12:05:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[français]]></category>
		<category><![CDATA[grandes écoles]]></category>
		<category><![CDATA[ingénieurs]]></category>
		<category><![CDATA[MOOC]]></category>
		<category><![CDATA[Télécom Bretagne]]></category>

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		<description><![CDATA[Michel Briand, directeur adjoint en charge de la formation à Telecom Bretagne, suit de très près l&#8217;actualité des MOOCs. Il a d&#8217;ailleurs ouvert une page de wiki sur Intercoop , où il recueille patiemment et de manière très organisée les informations sur le sujet , et les MOOCs francophones en particulier. N&#8217;hésitez pas à alimenter [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2013/01/cinema.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-340" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2013/01/cinema.jpg" alt="" width="300" height="157" /></a>Michel Briand, directeur adjoint en charge de la formation à Telecom Bretagne, suit de très près l&rsquo;actualité des MOOCs. Il a d&rsquo;ailleurs <a href="http://www.intercoop.info/index.php/Autour_des_MOOC" target="_blank">ouvert une page de wiki sur Intercoop</a> , où il recueille patiemment et de manière très organisée les informations sur le sujet , et les MOOCs francophones en particulier. N&rsquo;hésitez pas à alimenter cette page si vous avez des références supplémentaires.</p>
<p>Quelle est l&rsquo;information la plus récente sur cette page ? La naissance d&rsquo;un nouveau MOOC en français ! Il s&rsquo;agit de <strong>l&rsquo;ABC de la gestion de projet</strong>, cours de 4 semaines animé par Rémi Bachelet. Rémi n&rsquo;en est pas à son coup d&rsquo;essai : son cours est en ligne et en accès libre depuis longtemps, et il a suivi intégralement le MOOC ITyPA avant de proposer le sien. Rémi a donc mis toutes les chances de son côté pour réussir et nous le félicitons d&rsquo;être passé si vite à l&rsquo;action, en signalant au passage que parmi les très nombreux enseignants et ingénieurs pédagogiques qui se sont inscrits à ITyPA, bien peu sont allés jusqu&rsquo;au bout de la démarche. Rémi Bachelet a donc une vraie longueur d&rsquo;avance, comme ceux qui ont adopté la même attitude que lui.</p>
<p><span id="more-336"></span></p>
<p>L&rsquo;ABC de la gestion de projet dispose d&rsquo;un atout qui attirera de nombreux apprenants et limitera la déperdition en cours de route : c&rsquo;est un cours certifié par l&rsquo;école centrale de Lille, à laquelle appartient Rémi Bachelet.</p>
<p>L&rsquo;ABC de la gestion de projet : <a href="http://gestiondeprojet.pm/mooc-gestion-de-projet/" target="_blank">http://gestiondeprojet.pm/mooc-gestion-de-projet/</a></p>
<p>Les grandes écoles semblent décidément très intéressées par les MOOCs et plus réactives que les universités. Rappelons que 3 des 4 co-animateurs d&rsquo;ITyPA travaillent dans une grande école d&rsquo;ingénieurs (Télécom Bretagne pour Jean-Marie Gilliot, Centrale Nantes pour Anne-Céline Grolleau et Morgan Magnin). Rémi Bachelet enseigne à  Centrale Lille. Et deux autres grandes écoles francophones viennent s&rsquo;ajouter à ce début de liste : Grenoble Ecole de Management et l&rsquo;EPFL (Lausanne, Suisse).</p>
<p>Mais revenons un moment sur Télécom Bretagne : cette école va ouvrir au printemps tout proche un MOOC sur le sujet des réseaux mobiles. L&rsquo;annonce officielle sera bientôt publiée sur le site de l&rsquo;école.</p>
<p>Jean-François Fiorina, directeur de grenoble Ecole de Management <a href="http://blog.educpros.fr/fiorina/" target="_blank">que les habitués d&rsquo;Educpros connaissent bien</a>, a fait part à plusieurs reprises de son intérêt pour les MOOCs. L&rsquo;AEF a récemment transmis une dépêche annonçant que l&rsquo;école allait très prochainement en proposer. À quand des informations plus précises ?</p>
<p>L&rsquo;EPFL enfin, célèbre école d&rsquo;ingénieurs de Lausanne, est d&rsquo;ores et déjà présente sur <a href="https://www.coursera.org/epfl" target="_blank">la plateforme Coursera</a> et propose 4 MOOCs, dont un en français : <a href="https://www.coursera.org/course/java-fr" target="_blank">Introduction à la Programmation orientée Objet</a>. Deux cours en anglais distribués par l&rsquo;EPFL démarrent en février prochain. La date de démarrage du cours en français n&rsquo;est pas encore précisée.</p>
<p>L&rsquo;enjeu semble vraiment être de taille pour l&rsquo;EPFL. On lit <a href="http://www.rts.ch/info/regions/vaud/4454666-le-president-de-l-epfl-va-prendre-un-conge-sabbatique.html" target="_blank">sur le site de l&rsquo;école</a> que son président, Patrick Aebisher, va prendre un congé sabbatique et se rendre en Afrique pour évaluer les besoins pouvant être comblés par des MOOCs en français. Il s&rsquo;est beaucoup dit en effet que le MIT allait traduire ses cours offerts gratuitement en ligne en une bonne vingtaine de langues, dont le français. On imagine aisément les dégâts qu&rsquo;une telle opération produirait sur les établissements francophones, et P. Aebisher a entièrement raison de se rapprocher des acteurs les plus en demande à ce niveau.</p>
<p>Tout cela est extrêmement stimulant et montre que les écoles disposant d&rsquo;une certaine autonomie sont les premières à se lancer dans la course aux MOOCs. Le <em>business model</em> afférent est encore peu lisible, mais les expérimentations réalisées par les universités américaines vont très certainement profiter aux acteurs francophones. La voie de la certification payante semble déjà privilégiée; il est peu probable que cette source de revenus suffise à couvrir les coûts de conception et d&rsquo;animation des MOOCs. Il y a donc encore beaucoup d&rsquo;acteurs à inviter à la table des MOOCs, et beaucoup d&rsquo;imagination à déployer pour consolider ce nouveau modèle d&rsquo;accès aux savoirs.</p>
<p>En tout état de cause, mes collègues et moi-même sommes très fiers que l&rsquo;expérimentation d&rsquo;ITyPA ait contribué à ouvrir la porte aux MOOCs en français.</p>
<p>photo credit: <a href="http://www.flickr.com/photos/electrospray/1678267645/">when i was a bird</a> via <a href="http://photopin.com">photopin</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/">cc</a></p>
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		<title>D&#8217;un service public à l&#8217;autre</title>
		<link>http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2012/12/03/dun-service-public-a-lautre/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Dec 2012 18:15:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous vivons une époque formidable. Les Ministres se rendent compte qu&#8217;il y a un problème, hop, ils se mettent au boulot et prennent des mesures radicales. On aime ça. Par exemple, je lis dans le Figaro un article qui traite des résultats des Assises de l&#8217;enseignement supérieur et de la recherche (j&#8217;ai bien du oublier [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_331" class="wp-caption alignleft" style="width: 358px"><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/12/gelules.jpg"><img class="size-full wp-image-331" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/12/gelules.jpg" alt="50 % des traitements ayant échoué..." width="348" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">50 % des traitements ayant échoué...</p></div>
<p>Nous vivons une époque formidable. Les Ministres se rendent compte qu&rsquo;il y a un problème, hop, ils se mettent au boulot et prennent des mesures radicales. On aime ça.</p>
<p>Par exemple, je lis dans le Figaro un article qui traite des résultats des Assises de l&rsquo;enseignement supérieur et de la recherche (j&rsquo;ai bien du oublier quelques mots dans ce long intitulé, mais vous voyez de quoi je parle). L&rsquo;article s&rsquo;intitule &laquo;&nbsp;<a href="http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/vers-une-licence-plus-generaliste-a-l-universite-586/" target="_blank">Vers une licence plus généraliste à l&rsquo;université</a>&laquo;&nbsp;. Déjà, je pars mal, car en lisant le titre je croyais qu&rsquo;il y avait eu de fortes décisions sur les licences juridiques attachées aux documents produits par les universités, qu&rsquo;il allait être plus facile de les diffuser, de les réutiliser, voire de les transformer.  Ça, c&rsquo;est parce que je ne suis pas universitaire, le mot &laquo;&nbsp;licence&nbsp;&raquo; n&rsquo;a pas le même sens pour les lecteurs du Figaro que pour moi, je devrais élargir mon champ sémantique. Surtout que j&rsquo;ai un fils à l&rsquo;université, en première année, ce qui lui permet d&rsquo;affirmer, tout faraud, &laquo;&nbsp;je suis en licence&nbsp;&raquo; alors que voici 6 mois encore, il devait aller chez le surveillant quand il avait 10 minutes de retard à l&rsquo;entrée en cours et sur ses bulletins trimestriels était écrit &laquo;&nbsp;peut mieux faire&nbsp;&raquo;. Bref.<span id="more-329"></span></p>
<p>Dans l&rsquo;article du Figaro, disais-je, je lis : &laquo;&nbsp;<span>Avec plus de 50 % d’échec en première année, la réussite des étudiants figurait parmi les trois grands thèmes des Assises etc.&nbsp;&raquo; (Etc, c&rsquo;est moi qui rajoute, vous voyez de quoi il parle, le journaliste). Ils sont rusés, les organisateurs des Assises. ils ne disent pas &laquo;&nbsp;<em>l&rsquo;échec</em> des étudiants figurent parmi les trois etc.&nbsp;&raquo;, ils préfèrent parle de <em>la réussite</em> des étudiants. C&rsquo;est le verre à moitié plein. Mais tout le monde sait que l&rsquo;autre moitié est vide.</span></p>
<p>Et là, je me dis : imaginons qu&rsquo;au lieu de parler de l&rsquo;enseignement supérieur, on parle de l&rsquo;hôpital. Ca donnerait &laquo;&nbsp;Avec 50 % d&rsquo;échec des traitements, la santé des malades figurait parmi les trois grands thèmes des Assises pour la santé publique et le bonheur universel etc.&nbsp;&raquo; Vous imaginez ça, 50 % d&rsquo;échec des traitements ? Vous croyez qu&rsquo;on aurait attendu les Assises du médicament et de l&rsquo;intraveineuse pour réagir ?</p>
<p>Heureusement, Vincent Berger montre que les acteurs clés des Assises etc. ont les choses bien en main : &laquo;&nbsp;Une réforme de la licence nous semble nécessaire&nbsp;&raquo;, dit-il. Ah ben oui, avec 50 % d&rsquo;échec en première année depuis, allez, une bonne dizaine d&rsquo;année, on comprend qu&rsquo;une réforme soit nécessaire. On se demande même pourquoi on a attendu si longtemps. C&rsquo;est sans doute parce qu&rsquo;il fallait prendre une orientation &laquo;&nbsp;progressive&nbsp;&raquo;, à l&rsquo;image de celle qui est souhaitée pour les étudiants. Car ceux-ci ont parfois &laquo;&nbsp;<span>consacré beaucoup de temps avant de trouver leur voie&nbsp;&raquo;, nous dit le même V. Berger. C&rsquo;est ce qui justifie la &laquo;&nbsp;progressivité&nbsp;&raquo; de l&rsquo;orientation. Ben oui, parce que celui ou celle qui a mis 3, 5 ou 8 ans avant de trouver finalement la licence qui lui convient, il a besoin d&rsquo;une orientation &laquo;&nbsp;progressive&nbsp;&raquo;. Comprenne qui pourra.</span></p>
<p>Remplaçons la licence par un médicament. Je met 3, 5 ou 8 ans avant de trouver le bon médicament, j&rsquo;ai donc besoin d&rsquo;un traitement progressif. Euh non parce que là, je suis sans doute déjà morte. Heureusement, se tromper de licence, ça n&rsquo;a jamais tué personne. Pas plus que le ridicule, d&rsquo;ailleurs.</p>
<p>photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/sparktography/389824828/">sparktography</a> via <a href="http://photopin.com">photopin</a> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/">cc</a></p>
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		<title>Mooc : le big bang</title>
		<link>http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2012/10/11/mooc-le-big-bang/</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Oct 2012 11:36:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Formation enseignants]]></category>
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		<category><![CDATA[utilisation ressources numériques]]></category>
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		<description><![CDATA[Il est extrêmement difficile d&#8217;avoir une vision générale de l&#8217;état de la formation à distance dans les établissements d&#8217;enseignement supérieur français. Elle existe dans de nombreux établissements, mais sous différentes formes et dans des proportions différentes, relativement à la formation en présence qui reste évidemment la modalité de formation massivement privilégiée.  J&#8217;ai entendu dire, voici [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/10/bigbang.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-323" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/10/bigbang.jpg" alt="" width="311" height="311" /></a>Il est extrêmement difficile d&rsquo;avoir une vision générale de l&rsquo;état de la formation à distance dans les établissements d&rsquo;enseignement supérieur français. Elle existe dans de nombreux établissements, mais sous différentes formes et dans des proportions différentes, relativement à la formation en présence qui reste évidemment la modalité de formation massivement privilégiée.  J&rsquo;ai entendu dire, voici déjà longtemps, que la Mission numérique de la Direction générale our l&rsquo;enseignement supérieur et l&rsquo;insertion professionnelle souhaitait commander une étude à ce sujet. Mais je n&rsquo;ai vu aucune publication sur ce thème. Peut-être que je cherche mal.</p>
<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, on ne peut qu&rsquo;être frappé de la relative discrétion des établissements français en matière de formation à distance, surtout face à leurs homologues anglo-saxons. Les universités nord-américaines (USA et Canada) proposent systématiquement des cours à distance. Certaines universités (TELUQ au Québec, Université de Phoenix Arizona) sont même spécialisées dans le domaine. Au Royaume-Uni, on ne présente plus l&rsquo;Open University, acteur majeur du e-learning. Nombre d&rsquo;universités britanniques ont par ailleurs rejoint Coursera, la plateforme de cours en accès libre et gratuit créée par un enseignant de Stanford.</p>
<p><span id="more-320"></span></p>
<p>Face à <a href="https://www.coursera.org/" target="_blank">Coursera</a>, <a href="http://www.udemy.com/" target="_blank">Udemy</a>, EdX&#8230; en France, nous avons les <a href="http://www.universites-numeriques.fr/" target="_blank">UNT</a>. C&rsquo;est un début. D&rsquo;autres établissements (regroupement <a href="http://www.paristech.fr/index.php/fre/Diffusion-des-Savoirs/Productions-des-ecoles-ParisTech/Libres-Savoirs" target="_blank">ParisTech</a> par exemple) mettent également à disposition des centaines de cours en ligne. Mais force est de constater :</p>
<p>- Qu&rsquo;il s&rsquo;agit surtout d&rsquo;<em>espaces de dépôt de ressources d&rsquo;apprentissage</em>, plus que d&rsquo;espaces de formation, ce qui passe par l&rsquo;élaboration de parcours organisés où alternent contenus, activités et temps d&rsquo;(auto)évaluation;</p>
<p>- Que ces ressources s&rsquo;adressent essentiellement <em>aux étudiants en cursus</em>, et pas à un public plus large; ceci, même si les étudiants eux-mêmes utilisent finalement assez peu les ressources.</p>
<p>Dans ce paysage assez brouillon est apparu récemment un tout petit objet volant non identifié, <a href="http://itypa.mooc.fr/" target="_blank">le Mooc ITYPA</a>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un cours ouvert, en accès libre et gratuit, distribué à distance. Il a été conçu et est animé par quatre professionnels de l&rsquo;éducation et de la formation, sans rattachement institutionnel. J&rsquo;ai l&rsquo;honneur et le plaisir de faire partie de cette petite équipe d&rsquo;animation.</p>
<p>Ce cours rassemble actuellement plus de 1000 inscrits. Et au vu du nombre d&rsquo;ingénieurs pédagogiques et enseignants universitaires qui figurent parmi ces participants, on comprend que le Mooc commence à intéresser les acteurs de l&rsquo;enseignement supérieur.</p>
<p>D&rsquo;ailleurs, deux écoles d&rsquo;ingénieurs, <a href="http://www.ec-nantes.fr/" target="_blank">Centrale Nantes</a> et <a href="http://www.telecom-bretagne.eu/" target="_blank">Télécom Bretagn</a>e, où travaillent mes trois collègues animateurs d&rsquo;ITYPA, ont déjà intégré le cours à leur offre de cours optionnels, en lui attribuant 2 UCTS. Une quarantaine d&rsquo;étudiants y sont inscrits.</p>
<p>D&rsquo;aucuns disent que les Moocs vont tout emporter sur leur passage, que les universités vont devoir s&rsquo;y mettre pour enfin s&rsquo;inscrire dans le paysage profondément modifié par Internet de l&rsquo;apprentissage tout au long de la vie.</p>
<p>Personnellement, je n&rsquo;ai pas d&rsquo;avis étayé sur la question, n&rsquo;appartenant pas à l&rsquo;université mais au monde de la formation professionnelle. Il me semble malgré tout que les établissements d&rsquo;enseignement supérieur disposent de structures très solides, voire trop solides, pour effectuer la révolution suivante : <em>intégrer le monde dans lequel se trouve les apprenants, plutôt que de chercher à les intégrer à leur propre univers</em>.</p>
<p>La nouveauté du Mooc tient moins à son mode de distribution et encore moins aux disciplines auxquelles il pourrait se preêter, qu&rsquo;au changement radical d&rsquo;attitude qu&rsquo;il implique chez les enseignants.</p>
<p>Et là, c&rsquo;est le big bang.</p>
<p>Contrairement à ce que l&rsquo;on pense parfois, dans un Mooc l&rsquo;enseignant peut parfaitement conserver sa position d&rsquo;expert, à l&rsquo;égal de celle qui est la sienne dans un cours en présence ou dans de la formation à distance traditionnelle. Nous avons choisi de ne pas nous positionner avant tout comme experts dans ITYPA, nous n&rsquo;animons pas un cours sur nos domaines d&rsquo;expertise académique. Mais ce serait tout à fait possible, et il n&rsquo;est pas exclu que nous le fassions à l&rsquo;avenir. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la position prise dans les dispositifs tels que Coursera et EdX évoqués plus haut : un enseignant expert met son cours à disposition du plus grand nombre et évalue les apprentissages des apprenants.</p>
<p>Le changement fondamental de rôle est ailleurs : dans l&rsquo;accompagnement des apprenants. Un Mooc encourage l&rsquo;autonomie des apprenants. On dit souvent que l&rsquo;autonomie ne doit pas être considérée comme un pré-requis de la formation en ligne, qu&rsquo;elle se construit pas à pas au fil du cours. D&rsquo;où l&rsquo;existence de dispositifs d&rsquo;accompagnement, voire d&rsquo;<em>encadrement</em> très présents, qui se matérialisent par la présence d&rsquo;un important volume de consignes, l&rsquo;existences de tâches obligatoires en grand nombre, des lectures obligatoires, le tracking des apprenants sur les plateformes (fermées) pour évaluer le temps qu&rsquo;il consacre à ses apprentissages, un tutorat proactif, etc.</p>
<p>Avec le Mooc ITYPA, nous avons adopté les postulats suivants :</p>
<p>- Si les participants s&rsquo;inscrivent dans ce cours, c&rsquo;est qu&rsquo;il disposent déjà d&rsquo;une certaine autonomie leur permettant de prendre en charge leurs apprentissages : ils ont décidé librement de s&rsquo;inscrire à un cours qui leur permettra de construire ou consolider leur environnement personnel d&rsquo;apprentissage. En d&rsquo;autres termes, ce sont des adultes libres de leurs décisions, qui ont identifié un besoin de formation et veulent le satisfaire.</p>
<p>- Les compétences permettant de diriger soi-même ses apprentissages (en se fixant des objectifs, en établissant une méthode de travail, en formant des groupes de pairs&#8230;) vont se construire au fil du cours, non pas essentiellement via des instructions fournies par les animateurs, mais surtout par l&rsquo;intermédiaire des interactions entre apprenants.</p>
<p>S&rsquo;efforcer de traduire ces postulats dans un parcours de formation, et donc par le biais de l&rsquo;ingénierie pédagogique, est extrêmement déstabilisant.</p>
<p>Brutalement, il faut abandonner tous ses réflexes de formateur instructeur, qui cherche à contrôler l&rsquo;activité des apprenants. Mais ceci n&rsquo;est pas le plus difficile, et un bon bout de chemin a déjà été fait par de nombreux enseignants et formateurs dans ce domaine, qui les conduit à redéfinir leur rôle auprès des apprenants, moins instructeur et plus facilitateur.</p>
<p>Il faut aussi savoir résister aux demandes des apprenants eux-mêmes, dont une proportion importante réclame de l&rsquo;encadrement. Et à, c&rsquo;est vraiment difficile, car nous avons tous été formés dans le même moule, apprenants et enseignants : l&rsquo;apprenant reçoit, l&rsquo;enseignant donne. Pas nécessairement du contenu (il y en a tant en ligne qu&rsquo;il suffit de savoir le sélectionner), mais de la méthodologie d&rsquo;apprentissage, des rétroactions sur les productions, une direction générale.</p>
<p>Il me semble que pour les enseignants, la principale difficulté du Mooc se trouve là : dans la création d&rsquo;un nouveau savoir-faire professionnel, équidistant de la directivité traditionnelle et du laisser-faire absolu. Chacun devra inventer pour lui-même. Mais ceux qui sont tentés par l&rsquo;aventure pourront très certainement s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;expérience des précurseurs, je pense notamment à la formation professionnelle d&rsquo;adultes et à l&rsquo;éducation populaire, pour ce qui est du domaine français. Ce ne sera sans doute pas suffisant, et il faudra aller puiser dans les ressources internationales, du côté par exemple de Paulo Freire au Brésil ou de Sugata Mitra en Inde puis en Grande-Bretagne.</p>
<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;innovation pédagogique. Dans ce domaine, les frontières nationales et culturelles ne comptent pas autant qu&rsquo;on serait tenté de le penser. On ne sait jamais d&rsquo;où viendra la bonne idée. Un espace immense nous est ouvert, accessible à tous par le biais d&rsquo;Internet. Il reste à créer des espaces de mutualisation des bonnes pratiques pour tous ceux qui sont intéressés par l&rsquo;aventure.</p>
<p><em>Photo : <strong><a id="yui_3_5_1_3_1349955090537_1316" href="http://www.flickr.com/photos/nasamarshall/">NASA&rsquo;s Marshall Space Flight Center</a></strong> , <a href="http://www.flickr.com/photos/nasamarshall/4941688795/" target="_blank">Flickr</a>, <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/deed.fr" target="_blank">licence CC</a></em></p>
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		<title>Faire ses cours(es) en ligne</title>
		<link>http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2012/09/15/faire-ses-courses-en-ligne/</link>
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		<pubDate>Sat, 15 Sep 2012 13:57:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[utilisation ressources numériques]]></category>
		<category><![CDATA[#ITyPA]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[cours-gratuit]]></category>
		<category><![CDATA[MOOC]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;offre de cours en ligne, en accès libre et gratuit, augmente sans cesse. Les universités américaines se déchaînent sur le sujet et proposent des offres toujours plus riches, alléchantes et prestigieuses. la majorité des cours ainsi offerts sont gratuits. Seules les certifications sont payantes. Face à ce déferlement, que font les francophones ? Ils s&#8217;y [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;offre de cours en ligne, en accès libre et gratuit, augmente sans cesse. Les universités américaines se déchaînent sur le sujet et proposent des offres toujours plus riches, alléchantes et prestigieuses. la majorité des cours ainsi offerts sont gratuits. Seules les certifications sont payantes.</p>
<p>Face à ce déferlement, que font les francophones ?</p>
<p>Ils s&rsquo;y mettent.</p>
<p>J&rsquo;aurai le plaisir d&rsquo;animer avec trois collègues enseignants en écoles d&rsquo;ingénieur le premier (à notre connaissance) MOOC francophone à partir du 4 octobre. Déjà, plus de 200 personnes s&rsquo;y sont inscrites. N&rsquo;hésitez pas à vous rendre sur <a href="http://mooc.fr/lneap/" target="_blank">le site du cours &laquo;&nbsp;Internet, tout y est pour apprendre&nbsp;&raquo;</a>, à vous y inscrire et à diffuser l&rsquo;adresse autour de vous.</p>
<p>Vous imaginez la fébrilité qui règne dans l&rsquo;équipe à quelques semaines du lancement de ce cours au format pour le moins original&#8230;</p>
<p>Pour voir les choses avec le recul nécessaire à ma survie intellectuelle, j&rsquo;ai imaginé le jour où on pourrait acheter des MOOCs à côté des draps de bain, des livres et des pantalons, dans une seule et même boutique&#8230;</p>
<p>Cliquez sur l&rsquo;image pour l&rsquo;agrandir</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/09/capture-de28099ecran-2012-09-15-a-155230.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-316" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/09/capture-de28099ecran-2012-09-15-a-155230.png" alt="" width="500" height="354" /></a></p>
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		<title>L&#8217;humiliation de l&#8217;inattention</title>
		<link>http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2012/08/27/lhumiliation-de-linattention/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Aug 2012 16:02:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[inattention ennui passivité activité interaction humiliation]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans quelques jours, quelques semaines tout au plus, tous les enseignants retrouveront leurs classes et leurs amphis. Se reproduira alors la situation canonique du prof face au groupe d&#8217;élèves ou d&#8217;étudiants, le premier devant intéresser les seconds pendant une durée variant entre 50 minutes et 3 heures, à peu près. Beaucoup de ces enseignants seront [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans quelques jours, quelques semaines tout au plus, tous les enseignants retrouveront leurs classes et leurs amphis. Se reproduira alors la situation canonique du prof face au groupe d&rsquo;élèves ou d&rsquo;étudiants, le premier devant intéresser les seconds pendant une durée variant entre 50 minutes et 3 heures, à peu près.</p>
<p>Beaucoup de ces enseignants seront alors confrontés à la plus banale des humiliations rencontrées dans leur métier, celle de ne pas pas être écoutés par leur auditoire. Pour certains, cette situation se reproduit jour après jour. Des classes bruyantes ou trop silencieuses manifestent clairement le désintérêt de leurs membres pour la parole professorale.</p>
<p>C&rsquo;est la manifestation de l&rsquo;inattention, bien plus que l&rsquo;inattention elle-même, qui est humiliante : vous ne m&rsquo;intéressez pas et je vous le fait savoir. Ce faisant, je vous touche, je vous juge, je vous humilie.</p>
<p>Les manifestations de l&rsquo;inattention des élèves et des étudiants sont multiples : à côté du chambard scolaire, on voit le silence (aucun réponse aux questions du prof), les bâillements -et même le profond sommeil, les gribouillages sur la feuilles, les bavardages et autres conversations en aparté, la tâche hors de propos (par exemple, finir le travail à rendre pour le cours suivant), et l&rsquo;utilisation intensive des appareils numériques.</p>
<p>Nombre d&rsquo;enseignants sont en effet heurtés par le fait que de nombreux jeunes qui sont censés participer à leur cours préfèrent consulter leur page Facebook, regarder des vidéos en ligne, relever leurs emails. Autant de manifestations silencieuses de l&rsquo;inattention et du désintérêt pour le cours. Ces enseignants interdisent volontiers l&rsquo;usage des ordinateurs portables en classe, peu enclins à penser qu&rsquo;un jeune qui tape frénétiquement sur son clavier pendant le cours cherche des informations complémentaires sur le sujet lui permettant ensuite de nourrir une conversation passionnante avec son enseignant. Exit les portables, donc. Mais contre les téléphones, les enseignants ne peuvent pas faire grand chose. Et un téléphone aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est surtout un instrument qui permet d&rsquo;alimenter la vraie vie des utilisateurs, celle qu&rsquo;ils mettent en scène en ligne.</p>
<p>L&rsquo;enseignant doit-il alors se résoudre à sa dose d&rsquo;humiliation quotidienne devant un auditoire inattentif ? Pas nécessairement. Il peut réagir et reconquérir l&rsquo;attention de son public.</p>
<p>De quelles façons ?</p>
<p>D&rsquo;abord, en admettant qu&rsquo;aucun contenu n&rsquo;est intéressant en lui-même. C&rsquo;est lui ou elle, l&rsquo;enseignant-e, qui doit être intéressant-e. Et donc, se mettre un minimum en scène. Chaque cours est une performance. L&rsquo;attention ne grandit pas sur le sol dur des contenus intellectuels, mais dans l&rsquo;atmosphère iodée de la rencontre d&rsquo;un individu (ou d&rsquo;un groupe) avec un autre. L&rsquo;attention, c&rsquo;est de l&rsquo;excitation et de l&rsquo;interaction. Et cette interaction se nourrit de signes qui parlent aux sens et aux sentiments bien plus qu&rsquo;à l&rsquo;esprit. Faites rire, surprenez, parlez fort et clair, investissez l&rsquo;espace, faites des manipulation, donnez des exemples, citez des anecdotes !</p>
<p>Qui dit interaction dit &#8230;&nbsp;&raquo;action&nbsp;&raquo; des deux parties. On devrait considérer la passivité de l&rsquo;étudiant en cours comme un signal d&rsquo;alarme, bien plus que comme une norme. Admettre la passivité de l&rsquo;étudiant, c&rsquo;est déjà admettre que l&rsquo;on a échoué à enseigner.</p>
<p>Attention : un étudiant immobile et silencieux n&rsquo;est pas nécessairement passif ! La lumière dans les yeux, la qualité du silence, la prise de note rapide, sont des manifestations d&rsquo;activité intellectuelle intense. Si vos étudiants sont comme ça, ne changez rien ! Vous êtes en phase avec eux, ils répondent 5/5 à ce que vous attendez d&rsquo;eux.</p>
<p>La passivité, c&rsquo;est l&rsquo;absence d&rsquo;activité physique ou intellectuelle, le refus d&rsquo;échanger, de s&rsquo;emparer de vos propos, l&rsquo;absence de questions à la fin du cours ou de la séquence du développement. Et si vos propos endorment votre auditoire, il vous faut changer de stratégie : faites travailler vos étudiants en groupes, ouvrez-leur des espaces de discussion, même brefs, avec leur voisin (oui, ça marche même dans un amphi de 400 places) après chaque point de votre cours, posez des questions, laissez-les présenter une synthèse d&rsquo;une ou plusieurs séances devant l&rsquo;amphi&#8230; bref, laissez-leur de la place ! Il y aura <em>toujours</em> assez de temps et d&rsquo;espace pour le contenu, ne craignez rien.</p>
<p>Et puis, si vous avez identifié les outils numériques comme vos pires ennemis, transformez-vous en karatekas : utilisez leur force pour les neutraliser. Si vous avez le wifi dans votre classe (oui, je sais, tout le monde ne l&rsquo;a pas, et les smartphone n&rsquo;en ont pas besoin !), ouvrez un <em>back channel</em> sur <a href="http://www.tice-education.fr/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=557:framapad-un-editeur-de-texte-collaboratif-en-lignelibre&amp;catid=73:ent&amp;Itemid=247" target="_blank">Framapad</a>, par exemple ou même sur Twitter, pour que vos étudiants aient la possibilité de commenter en direct le contenu du cours ou de partager les résultats de la recherche en ligne que vous leur aurez donnée à effectuer. Utilisez les <a href="http://cte.ulb.ac.be/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=115&amp;Itemid=109" target="_blank">boîtiers de vote</a> pour recueillir leurs avis et représentations. Encore plus simplement, fouillez parmi les conférences en ligne dans lesquelles d&rsquo;extraordinaires orateurs parlent précisément d&rsquo;un sujet que vous traitez ce jour-là. Ne vous en faites pas, les étudiants seront beaucoup plus enclins à vous remercier d&rsquo;avoir mis à leur disposition ce matériau exceptionnel quà vous faire payer le fait d&rsquo;être moins bon en public que ce prof star&#8230;</p>
<p>Tout cela, rappelons-le, ne vise qu&rsquo;à éviter aux enseignants la triste situation qui consiste à parler devant un auditoire qui s&rsquo;en moque éperdument. Ce ne sont que quelques pistes d&rsquo;aménagement des cours. Pour une matière bien mieux organisée, voyez notamment le travail d&rsquo;Amaury Daele sur son blog, et en particulier <a href="http://pedagogieuniversitaire.wordpress.com/2011/11/04/enseigner-a-un-grand-groupe/" target="_blank">ce billet sur l&rsquo;enseignement aux grands groupes</a>.</p>
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		<item>
		<title>Qui est habilité à dispenser de la formation ?</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jun 2012 09:43:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[formation continue]]></category>
		<category><![CDATA[JEL]]></category>
		<category><![CDATA[organismes experts]]></category>
		<category><![CDATA[universités]]></category>

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		<description><![CDATA[Demain jeudi 28 juin, je vais animer un atelier aux Journées du e-learning de Lyon, organisées par l&#8217;université Lyon 3 et ses partenaires. Quatre témoins de pratiques &#171;&#160;améliorées&#160;&#187; de formation et d&#8217;apprentissage vont se succéder pour un débat avec la salle. Moi, je ne dirai pas grand chose, car je considère que j&#8217;ai dit tout [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Demain jeudi 28 juin, je vais animer un atelier aux <a href="http://www.journees-elearning.com/index.php?option=com_content&amp;view=frontpage&amp;Itemid=1" target="_blank">Journées du e-learning de Lyon</a>, organisées par l&rsquo;université Lyon 3 et ses partenaires. Quatre témoins de pratiques &laquo;&nbsp;améliorées&nbsp;&raquo; de formation et d&rsquo;apprentissage vont se succéder pour un débat avec la salle. Moi, je ne dirai pas grand chose, car je considère que j&rsquo;ai dit tout ce que j&rsquo;ai à dire (pour le moment) sur le sujet, dans le livre blanc <a href="http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/18446/livre-blanc-apprentissage-augmente/" target="_blank">L&rsquo;apprentissage augmenté</a> que j&rsquo;ai coordonné pour Thot, à partir des articles publiés sur le site depuis quelques années.</p>
<p>Tout, sauf une chose, que je partage ici.</p>
<p>Je ne suis plus étudiante depuis longtemps. Etudiante, au sens de &laquo;&nbsp;inscrite dans un cursus de cours dans une université ou tout autre établissement d&rsquo;enseignement&nbsp;&raquo;. J&rsquo;ai certes suivi un parcours de M2 à l&rsquo;université Paul Valéry voici quelques années, bien après la fin de ma formation initiale, mais je ne souhaite pas renouveler l&rsquo;expérience. Non que cette année ait été mauvaise; au contraire, elle m&rsquo;a permis de consolider un choix de réorientation professionnelle et de lui donner une légitimité, grâce au diplôme obtenu.</p>
<p>Maintenant, je n&rsquo;ai plus besoin de diplômes supplémentaires. En revanche, j&rsquo;ai toujours besoin et envie d&rsquo;apprendre, non seulement par le biais de l&rsquo;auto-formation libre qui est en quelque sorte inhérente à notre condition humaine, mais aussi en étant accompagnée, orientée, par des professionnels qui ont mis en place pour tous ceux qui le souhaitent et donc pour moi aussi, des parcours d&rsquo;apprentissage. Si ces parcours sont accessibles à distance, c&rsquo;est encore mieux et c&rsquo;est même capital, dans la mesure où je peux m&rsquo;y inscrire sans considération de lieu et d&rsquo;emploi du temps, à charge pour moi de prendre mes responsabilités et de m&rsquo;organiser pour étudier dans des conditions correctes.</p>
<p>Au moment d&rsquo;effectuer un choix de cours / parcours, je me trouve face à une profusion d&rsquo;offres toutes plus intéressantes les unes que les autres.</p>
<p>J&rsquo;élimine d&rsquo;emblée :</p>
<p>- Les cours très chers (la majorité des cours dispensés par l&rsquo;Open University britannique par exemple, qui m&rsquo;intéressent pourtant énormément mais dont le prix dépasse largement ce que je suis prête à débourser, dans la mesure où je prends en charge la totalité des coûts de ma formation);</p>
<p>- Les cours dispensés dans les langues que je ne comprends pas et dans lesquelles je ne peux pas m&rsquo;exprimer à l&rsquo;écrit, car je souhaite participer activement aux échanges entre pairs sur forums et autres supports numériques. Ce qui me laisse quand même avec un choix important de cours en français, anglais et espagnol.</p>
<p>- Les cours sur des sujets sans doute intéressants, mais pas directement liés à mes préoccupations professionnelles ou privées. Ca semble évident, mais il me semble que la première chose à faire quand on projette de suivre un nouveau parcours de formation, c&rsquo;est de se mettre bien au clair sur ce qu&rsquo;on veut apprendre et pourquoi.</p>
<p>- Les cours &laquo;&nbsp;tout papier en ligne&nbsp;&raquo;. Ras le bol des pdf de 100 pages à lire. Je sélectionne les cours bien médiatisés, avec de nombreuses activités à réaliser, et notamment des activités de communication. Sinon, je sens que je vais décrocher au bout de quelques semaines.</p>
<p>Après quelques recherches, facilitées par le fait que je connais bien le paysage du e-learning, je sélectionne quelques cours en ajoutant de nouveaux critères :</p>
<p>- Combien de temps dure le cours ? Je ne veux pas dépasser un trimestre, car mon planning est déjà chargé.</p>
<p>- Est-il à entrées libres ? Je préfère les parcours dans lesquels on peut entrer à tout moment, ce qui permet de concilier l&rsquo;étude avec les impératifs professionnels.</p>
<p>- Combien y a t-il d&rsquo;inscrits à ce cours, en moyenne ? Je préfère les cours à forte assistance, qui enrichissent considérablement les échanges.</p>
<p>- Combien de temps les ressources sont-elles accessibles après le cours ? J&rsquo;ai déjà vérifié qu&rsquo;il était intéressant de se rafraîchir la mémoire en consultant les ressources plusieurs semaines après la fin du cours, surtout si on est conduit à utiliser directement les apports dans sa propre activité.</p>
<p>- Et enfin, qui dispense le cours ?</p>
<p>Et là, je vais beaucoup plus volontiers vers des organisations reconnues dans les domaines qui m&rsquo;intéressent que vers les universités et les autres établissements d&rsquo;enseignement. Ceci, parce que je me situe dans une perspective de formation continue, ce qui implique que je dois pouvoir utiliser directement et rapidement (adieu donc, la thèse de doctorat&#8230;) les acquis du cours et construire les compétences qui vont avec. Je ne souhaite pas &laquo;&nbsp;apprendre à parler de&nbsp;&raquo;, mais &laquo;&nbsp;faire&nbsp;&raquo;, y compris lorsque ce &laquo;&nbsp;faire&nbsp;&raquo; désigne des opérations intellectuelles (analyse, synthèse, évaluation, création de contenus écrits&#8230;).</p>
<p>Idéalement, je souhaite donc m&rsquo;inscrire dans des parcours proposés par des organismes professionnels travaillant éventuellement avec des établissements de formation, plutôt que l&rsquo;inverse. En histoire de l&rsquo;art, je préfère un cours proposé par un musée à un cours proposé par une université. En politiques et pratiques d&rsquo;aide au développement, je préfère un cours dispensé par une ONG internationale ou une agence intergouvernementale, du type Nations unies. En stratégies de refondation de l&rsquo;enseignement supérieur&#8230; je préfère une université.</p>
<p>Le développement d&rsquo;offres de cours dans des institutions dont l&rsquo;éducation n&rsquo;est pas le coeur de métier me semble donc parfaitement pertinent. A condition bien entendu que ces institutions se soient dotées, en interne ou en externe, de l&rsquo;indispensable compétence pédagogique qui est ou devrait être la valeur ajoutée d&rsquo;un établissement d&rsquo;enseignement. Ce qui est souvent le cas.</p>
<p>L&rsquo;éducation redevient un domaine ouvert. Tout organisme expert peut désormais proposer des cours dans son champ d&rsquo;expertise, si il sait comment le scénariser, accompagner les apprenants, bâtir des activités et des évaluations pertinentes. La seule chose qu&rsquo;il ne peut actuellement pas faire s&rsquo;il n&rsquo;est pas déclaré organisme de formation ou d&rsquo;établissement éducatif, c&rsquo;est de délivrer des certifications et des diplômes. Mais les partenariats avec des universités et  <a href="http://tipes.wordpress.com/2012/06/19/opportunite-les-badges-ouverts-pourquoi-comment/" target="_blank">la montée en puissance du dispositif de badges</a> permettent de surmonter cette limite et de satisfaire ceux qui ont besoin d&rsquo;un diplôme ou de crédits.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;hostilité particulière contre les universités. Elles conservent un rôle indispensable en formation initiale et lors de la reprise d&rsquo;études. Simplement, en formation continue ciblée, qui est une chose bien différente, elles soutiennent difficilement la comparaison avec les organismes professionnels experts. Je sais que je ne vais pas me faire que des amis en disant cela. Mais j&rsquo;aimerais que les universités renforcent leur crédibilité sur ce créneau, qui constitue manifestement une opportunité de développement pour elles. En développant les partenariats avec les organismes professionnels et les entreprises, et en invitant encore plus largement leurs collaborateurs à dispenser des cours (s&rsquo;ils acceptent de se former à la pédagogie, évidemment). En acceptant de ne pas être considérées comme des experts de contenus sur à peu près tout, et donc de ne pas offrir de cours sur des sujets qu&rsquo;elles n&rsquo;ont jamais pratiqués. Et donc, en admettant que l&rsquo;activité d&rsquo;enseignement puisse être partagée entre de nombreux acteurs, les universités et organismes de formation <a href="http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/17646/certification-des-parcours-apprentissage-libres-une/" target="_blank">se réservant pour le moment la prérogative de certifier et diplômer les parcours libres</a>.</p>
<p>Voici les cours que j&rsquo;ai sélectionnés, et entre lesquels il me faudra établir des priorités si je ne veux pas redevenir une étudiante à plein-temps pendant quelques mois :</p>
<p>- <a href="http://www.moma.org/learn/courses/online#self" target="_blank">Un cours d&rsquo;histoire de l&rsquo;art</a> dispensé par le MoMA;</p>
<p>- <a href="http://mymande.org/elearning" target="_blank">Un cours d&rsquo;évaluation des actions de développement</a> dispensé par l&rsquo;Unicef et de nombreux partenaires;</p>
<p>- <a href="http://edfuture.net/" target="_blank">Un cours sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;enseignement supérieur</a> dispensé par un consortium universitaire nord-américain.</p>
<p>Ah zut, aucun de ces cours n&rsquo;est offert par un établissement / consortium d&rsquo;établissements francophone.</p>
<p>Doit-on vraiment s&rsquo;en étonner ?</p>
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		<title>Retrouvailles !</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jun 2012 17:24:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ouh là là, ça fait longtemps ! Tellement longtemps que si Maëlle ne nous avait pas envoyé un message aujourd&#8217;hui, j&#8217;aurais oublié que j&#8217;avais un blog chez Educpros ! Il faut dire que je m&#8217;étais lancée au début de cette année dans une entreprise qui s&#8217;est avérée beaucoup trop ambitieuse pour le temps que je [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ouh là là, ça fait longtemps ! Tellement longtemps que si Maëlle ne nous avait pas envoyé un message aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;aurais oublié que j&rsquo;avais un blog chez Educpros !</p>
<p>Il faut dire que je m&rsquo;étais lancée au début de cette année dans une entreprise qui s&rsquo;est avérée beaucoup trop ambitieuse pour le temps que je comptais y consacrer. &laquo;&nbsp;Que je comptais y consacrer&nbsp;&raquo; : oui, il s&rsquo;agit bien de cela, et non pas du temps que &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;je n&rsquo;ai pas&nbsp;&raquo;. Le temps,  on ne l&rsquo;a pas. On le prend.</p>
<p>Le temps, c&rsquo;est comme les savoirs : on le construit, il ne nous est pas donné en bloc dans une petite boîte. Gérer son temps, c&rsquo;est comme gérer ses apprentissages et ses activités d&rsquo;enseignement : avant tout, une affaire de choix.</p>
<p>Alors, quand je lis <a href="http://www.infobourg.com/2012/05/30/musees-en-ligne-enseignants/" target="_blank">que les enseignants n&rsquo;utilisent pas les ressources mises à leur disposition par les musées</a> parce qu&rsquo;&nbsp;&raquo;ils n&rsquo;ont pas le temps&nbsp;&raquo;, je reste songeuse. Qui doit donner le temps, si ce n&rsquo;est ceux qui décident de le prendre ? A qui doit-on demander l&rsquo;autorisation pour prendre le temps ? Il est en accès libre, comme les ressources d&rsquo;Internet.</p>
<p>Mais oui, je sais : la fonction d&rsquo;enseignant comporte une multitude de tâches obligatoires. A commencer par le fait de se trouver à heures et jours fixes devant des élèves ou des étudiants. Mais pendant ce temps-là, justement, que fait-on ? Des chose que l&rsquo;on a préparées auparavant, à un autre moment. Et c&rsquo;est là que le choix intervient : vais-je faire comme d&rsquo;habitude, utiliser les mêmes ressources, préparer les mêmes épreuves, interroger les élèves de la même façon, ou vais-je changer ? Cela va me prendre du temps, certes, mais enfin dormir, manger, partir en vacances, aller faire des courses, ça prend du temps aussi. Et je le fais. Le temps que j&rsquo;y passe me réserve t-il des satisfactions, plus grandes que si je ne l&rsquo;avais pas consommé ? Le temps est une monnaie d&rsquo;échange.</p>
<p>Affronter un changement nécessite d&rsquo;être tendu vers un but dont on sait qu&rsquo;il sera profitable. Voilà à quoi sert la monnaie temps : à acheter un objet profitable. Alors, ne dites pas &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai pas le temps&nbsp;&raquo;. Dites &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai pas envie de changer&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Je ne suis pas sûre que ça m&rsquo;apporte quelque chose, et à mes élèves non plus&nbsp;&raquo;. A partir de là, nous pourrons discuter. Dire &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai pas le temps&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est refuser la discussion. Vous savez, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on dit au jeune homme avec un T-shirt barré d&rsquo;un gros logo qui vous aborde dans la rue : vous savez qu&rsquo;il va vous proposer de donner des sous pour une cause quelconque. Vous n&rsquo;avez pas envie de donner mais vous préférez lui dire &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai pas le temps&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Alors, promis, je prends le temps d&rsquo;écrire à peu près régulièrement sur ce blog.</p>
<p>A bientôt !</p>
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		<title>Le menuisier, le professeur et le documentaliste</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 22:38:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
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		<category><![CDATA[artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[documentaliste]]></category>
		<category><![CDATA[enseignant]]></category>
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		<category><![CDATA[menuisier]]></category>
		<category><![CDATA[recherche documentaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Deuxième billet d&#8217;une série intitulée &#171;&#160;Faites-le vous-même&#160;&#187; : d&#8217;Ikea au Web 2.0 Premier billet : Ikea réinvente le meuble Donc, c&#8217;était quoi un meuble, avant Ikea ? Un meuble était en bois. De préférence, uniquement en bois : pas de clous, de vis, pas de pièces en plastique. Les seules pièces métalliques tolérées étaient les [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Deuxième billet d&rsquo;une série intitulée <em>&laquo;&nbsp;Faites-le vous-même&nbsp;&raquo; : d&rsquo;Ikea au Web 2.0</em></h3>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2012/01/06/ikea-reinvente-le-meuble/" target="_blank">Premier billet : Ikea réinvente le meuble</a></p>
<p>Donc, c&rsquo;était quoi un meuble, avant Ikea ?</p>
<p>Un meuble était en bois. De préférence, uniquement en bois : pas de clous, de vis, pas de pièces en plastique. Les seules pièces métalliques tolérées étaient les charnières, serrures et poignées, elles-mêmes réalisées dans les règles de l&rsquo;art. A la place des clous et des vis, des chevilles de bois.</p>
<p>Un meuble était démontable. L&rsquo;absence de colle et d&rsquo;éléments externes permettait, sous réserve du savoir-faire correspondant, de démonter le meuble, notamment pour le réparer.</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/menuisier2.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-298" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/menuisier2.jpg" alt="" width="259" height="174" /></a>Un meuble était une pièce unique ou en tout petit nombre d&rsquo;exemplaires, réalisée par un artisan expérimenté. Il fallait au novice plusieurs années d&rsquo;apprentissage avant d&rsquo;être autorisé à construire sa première armoire.</p>
<p>Un meuble était utilisé longtemps. Les jeunes mariés faisaient construire une ou deux armoires et les utilisaient toute leur vie. Années après années, ils héritaient des meubles de leurs parents.</p>
<p>Un meuble coûtait cher. Bien réalisé et bien entretenu, il prenait de la valeur avec le temps.</p>
<p><span id="more-290"></span></p>
<p>Bien entendu, nous ne sommes pas passés brutalement de la production artisanale de pièces uniques à la production industrielle en très grandes séries de meubles en kit. Entre ces deux époques, on a vu naître la production industrielle de meubles &laquo;&nbsp;prêts à l&rsquo;emploi&nbsp;&raquo;, de plus en plus standardisés, en séries de plus en plus grandes, fabriqués de plus en plus loin. Aux menuisiers se sont substitués les ouvriers du meuble. Des enseignes de plus ou moins grand prestige ont développé des &laquo;&nbsp;collections&nbsp;&raquo; d&rsquo;ameublement, comme les collections de vêtements.</p>
<p>Ces trois modes de production : artisanale, industrielle de meubles finis et industrielle de meubles en kit, existent toujours en parallèle. Le consommateur a le choix. Mais Ikea est néanmoins le plus gros marchand de meubles du monde.</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/1326233996_cup_tea_hot.png"><img class="size-medium wp-image-295 alignleft" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/1326233996_cup_tea_hot.png" alt="" width="128" height="128" /></a>Mais enfin, quand est-ce qu&rsquo;elle nous parle du Web 2.0, bougonnez-vous en remuant la cuillère dans votre thé. Ne bougonnez plus, le moment est arrivé.</p>
<h3>L&rsquo;artisanat, modèle de production de la recherche documentaire</h3>
<p>L&rsquo;artisanat du meuble est un modèle de production qui a beaucoup à voir avec la recherche documentaire telle qu&rsquo;elle se pratique encore dans la majorité des universités.</p>
<p>L&rsquo;étudiant engagé dans un travail de recherche s&rsquo;appuie sur deux professionnels :</p>
<p>- l&rsquo;enseignant, qui lui indique les ouvrages à lire, évalue les ressources, attire son attention sur les subtiles différences de position entre les auteurs, etc.</p>
<p>- le documentaliste, maître de la bibliothèque, qui indique à l&rsquo;étudiant où trouver les ouvrages, l&rsquo;initie à la classification, lui signale les nouveautés ou les ouvrages rares, etc.</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/bibliotheque1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-293" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/bibliotheque1.jpg" alt="" width="259" height="175" /></a>L&rsquo;étudiant dispose également d&rsquo;un outil fabuleux pour mener sa recherche  : la bibliothèque universitaire. Là, il est assuré de trouver tous les ouvrages importants dans sa discipline, et de pouvoir les consulter dans le silence des salles de lecture.</p>
<p>Ce travail est lent. Un savoir-faire s&rsquo;élabore au fil du temps, tout comme une connaissance de plus en plus approfondie de la littérature sur le sujet qu&rsquo;il s&rsquo;est choisi. L&rsquo;étudiant devient un puits de science et finalement, apporte sa modeste pierre à l&rsquo;édifice des savoirs.</p>
<p>Dans cette situation, l&rsquo;étudiant, l&rsquo;enseignant et le documentaliste se comportent comme des artisans. Chaque travail documentaire d&rsquo;une certaine ampleur est unique. Il faut des années avant de parvenir à l&rsquo;effectuer dans les règles de l&rsquo;art. Mais ses bénéfices sont durables; tout comme le sont les ouvrages de référence, périodiquement complétés par de plus récents dans une chapine ininterrompue de production de la connaissance.</p>
<p>Et Internet vint bouleverser cette activité fondatrice de la recherche scientifique, tout comme Ikea vint bouleverser l&rsquo;activité de production et de vente de meubles.</p>
<h3>La connaissance en kit</h3>
<p>L&rsquo;étudiant est toujours là, mais il est pressé. Il ne reconnaît plus la légitimité des professionnels censés l&rsquo;accompagner dans sa recherche. Au point même de confondre parfois le documentaliste avec un gardien de bibliothèque, et de ne pas savoir qu&rsquo;il peut lui demander de l&rsquo;aide quand il ne sait où chercher (ce qui arrive fréquemment). L&rsquo;enseignant est un appui parmi d&rsquo;autre. Lui aussi a perdu de son prestige. Sa voix est mise en concurrence avec celle de tous les braillards qui vocifèrent sur la toile.</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/nagano-cg01.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-294" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/nagano-cg01.jpg" alt="" width="259" height="175" /></a>La bibliothèque universitaire est remplacée par l&rsquo;espace infini, incontrôlable, de la toile. Pas de classification, pas de rayonnages, pas de salles de lecture : tout est déposé pêle-mêle par on ne sait qui, par tous ceux qui estiment avoir le droit de dire ce qu&rsquo;ils pensent sur à peu près tous les sujets. Parfois, l&rsquo;étudiant tombe sur des espaces mieux organisés. Et il s&rsquo;émerveille de pouvoir travailler avec les ressources de la bibliothèque de Washington alors qu&rsquo;il fait ses études à Berlin, à Romorantin ou à Lyon.</p>
<p>En parcourant la toile, l&rsquo;étudiant découvre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas seul et que beaucoup de ses semblables sont prêts à partager ce qu&rsquo;ils savent avec lui. Des milliers de pages de synthèse sont ainsi mises à sa disposition, gratuitement, ou pour quelques euros. Pourquoi alors s&rsquo;embêter à lire les sources ?</p>
<p>Il y a fort à parier que l&rsquo;étudiant, ayant touché sa première paye, ira chez Ikea pour s&rsquo;offrir un meuble de cuisine, une table et des chaises, un bureau avec tablette pour poser son ordinateur. Pas une bibliothèque Billy, il n&rsquo;a pratiquement plus de livres.</p>
<p>La production artisanale de la recherche documentaire, requérant le concours de professionnels aguerris et un long apprentissage, a été remplacée par une construction personnelle et autonome à partir d&rsquo;éléments en kit, qu&rsquo;on doit pouvoir réussir du premier coup. Vraiment ?</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/puzzle.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-296" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/puzzle.jpg" alt="" width="259" height="175" /></a>Pas si sûr. Car il manque un élément capital à notre étudiant : le plan de montage de sa recherche.</p>
<p>Internet est livré sans mode d&rsquo;emploi. Et le &laquo;&nbsp;Faites-le vous-même&nbsp;&raquo; ici trouve ses limites : plagiat involontaire, erreurs flagrantes d&rsquo;attribution de textes ou d&rsquo;idées, états de l&rsquo;art lacunaires&#8230; témoignent de la difficulté pour l&rsquo;étudiant à construire sa recherche en pleine autonomie.</p>
<p>La situation est donc largement perfectible. Néanmoins, il ne faut pas espérer revenir à un ordre ancien. Qui, aujourd&rsquo;hui, souhaite encore traîner l&rsquo;armoire de sa grand&rsquo;tante d&rsquo;appartement en appartement, d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre du pays ? Qui, aujourd&rsquo;hui, est prêt à lire des dizaines d&rsquo;ouvrages pour finalement produire une synthèse qui existe certainement déjà dans un recoin du web ?</p>
<p>Les métiers d&rsquo;étudiant, d&rsquo;enseignant et de documentaliste ont profondément évolué dans leur forme et leur sens depuis la généralisation de l&rsquo;accès aux ressources numériques. Le bouleversement est d&rsquo;aussi grande ampleur que celui qu&rsquo;Ikea avait imposé à la chaîne de production du meuble, et au rôle de l&rsquo;acheteur.</p>
<p>Le bouleversement des métiers, ce sera le sujet de notre troisième billet.</p>
<p>Photos</p>
<p>1 : <a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fotothek_df_roe-neg_0006530_022_Zwei_Mitarbeiter_begutachten_eine_K%C3%BCchenanrichte.jpg" target="_blank">Wikimedia Commons</a></p>
<p>2 : <a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bibliotecaestantes.jpg" target="_blank">Wikimedia Commons</a></p>
<p>3 : <a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Nagano-cg01.jpg" target="_blank">Wikimedia Commons</a></p>
<p>4 : <a href="http://www.flickr.com/photos/chiotsrun/6575905329/" target="_blank">Suzy Morris, Flickr</a></p>
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		<title>Ikea réinvente le meuble</title>
		<link>http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2012/01/06/ikea-reinvente-le-meuble/</link>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 21:21:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
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		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
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		<category><![CDATA[faites-le vous-même]]></category>
		<category><![CDATA[Ikea]]></category>
		<category><![CDATA[innovation]]></category>
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		<description><![CDATA[Premier billet d&#8217;une série intitulée « Faites-le vous-même » : d&#8217;Ikea au Web 2.0 Dimanche dernier, j&#8217;ai réalisé une opération très banale : j&#8217;ai monté un meuble Ikea. Opération très banale en effet, puisque les magasins Ikea, implantés dans 25 pays, ont accueilli en 2009 (le site de l&#8217;enseigne ne propose pas de chiffres plus récents) 590 [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Premier billet d&rsquo;une série intitulée <em>« Faites-le vous-même » : d&rsquo;Ikea au Web 2.0</em></h3>
<p>Dimanche dernier, j&rsquo;ai réalisé une opération très banale : j&rsquo;ai monté un meuble Ikea.</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/caisson-tiroirs.png"><img class="alignright size-medium wp-image-280" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/caisson-tiroirs-225x300.png" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p>Opération très banale en effet, puisque les magasins Ikea, implantés dans 25 pays, ont accueilli en 2009 (<a href="http://www.ikea.com/ms/fr_FR/about_ikea/facts_and_figures/index.html" target="_blank">le site de l&rsquo;enseigne</a> ne propose pas de chiffres plus récents) 590 millions de visiteurs, dont on peut parier qu&rsquo;une bonne partie a joué dans les jours suivant la visite de la clé à 6 pans et de l&rsquo;escargot, ce merveilleux escargot qui assure la rigidité du maintien des parois d&rsquo;à peu près tous les meubles vendus chez Ikea.</p>
<p>590 millions de visiteurs. Le web 2.0 n&rsquo;a donc pas le monopole des grands nombres.</p>
<p>Ce succès planétaire est du à Ingvar Kamprad qui a créé Ikea en 1943, à l&rsquo;âge de 17 ans. Treize ans plus tard, il adopte définitivement les principes qui distingueront la marque de tous ses concurrents, à savoir le montage des meubles par les acheteurs et leur conditionnement en paquets plats, qui les rendent faciles à emporter dans une voiture standard.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;entreprise Ikea que je souhaite parler ici; c&rsquo;est de l&rsquo;expérience vécue par tout consommateur de produits Ikea.</p>
<p><span id="more-270"></span></p>
<h3>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un meuble Ikea ?</h3>
<p>La plupart des meubles Ikea (sauf les canapés) doivent donc être emportés et montés par celui qui les a achetés.</p>
<p>Un meuble se présente en un ou plusieurs paquets plats. Le plus souvent, il s&rsquo;agit de plusieurs paquets, car la combinaison des modules est une autre des grandes forces d&rsquo;Ikea : à partir d&rsquo;éléments standardisés, l&rsquo;acheteur réalise sa propre combinaison et dispose ainsi d&rsquo;une pièce ou d&rsquo;un ensemble original, qui ne ressemble pas à celui / celle de son voisin. Ce sont les cuisines qui possèdent le plus grand potentiel de combinaisons : l&rsquo;acheteur a le choix entre des dizaines de caissons de taille différentes, qu&rsquo;il agrémentera de tiroirs, d&rsquo;étagères, de portes (élément essentiel à la personnalisation), de poignées, de plans de travail et même d&rsquo;appareils électro-ménagers pour élaborer sa propre combinaison. La logique est la même pour les autres pièces de l&rsquo;habitation : salle de bains, salon, chambre à coucher, chambre d&rsquo;enfant, bureau, espaces de stockage tels que les buanderies et les garages.</p>
<p>Ikea propose donc des milliers de références combinables à l&rsquo;infini. La majeure partie de ces éléments est accessible dans un entrepôt en libre-service, où l&rsquo;on voit des centaines d&rsquo;acheteurs, chaque jour et surtout le samedi, déambuler lentement en poussant des chariots remplis de paquets de différentes tailles.</p>
<p>Lorsque l&rsquo;on ouvre l&rsquo;un des paquets, que voit-on ? Des planches d&rsquo;aggloméré (l&rsquo;utilisation du panneau de particule constituant dès 1968 une autre des originalités d&rsquo;Ikea), des feuilles d&rsquo;isorel et des sachets plastiques remplis d&rsquo;éléments de serrage et de vissage.</p>
<p>Toutes les planches sont des parallélépipèdes aux angles nets, sans aucune découpe. Seules les armoires et bibliothèques peuvent être agrémentées d&rsquo;un linteau en bois découpé. Les planches sont pré-percées de trous dans lesquels viendront se placer les vis et les fameux escargots (voir ci-dessous, 4e objet de la première ligne).</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/outils-ikea.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-272" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/outils-ikea.png" alt="" width="216" height="290" /></a>Ikea fournit également les clés de serrage, clés à 6 pans de différentes tailles. On peut donc pratiquement monter un meuble sans avoir d&rsquo;outils chez soi, à l&rsquo;exception d&rsquo;un marteau (pour enfoncer les pieds, les vis en plastique&#8230;) et un tournevis cruciforme.</p>
<p>En plus de tout cela, on trouve dans le paquet plat un élément essentiel : le plan de montage du meuble. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un fascicule illustré, sans texte, ce qui le rend utilisable dans le monde entier. Les différentes étapes du montage y sont détaillées, avec des effets de zoom sur les parties et éléments importants.</p>
<h3>Zéro apprentissage</h3>
<p>La préparation des différentes parties du meuble, la profusion d&rsquo;éléments extérieurs tels que les vis et les escargots et surtout le plan font que le montage est accessible à la majorité d&rsquo;entre nous, sans aucun apprentissage.</p>
<p>En effet, il est essentiel de pouvoir réussir à monter son meuble du premier coup : d&rsquo;une part parce que nous n&rsquo;allons pas en acheter deux en imaginant qu&rsquo;on va rater le premier, et d&rsquo;autre part parce que les meubles Ikea ne se démontent pas. L&rsquo;aggloméré supporte en effet très mal le dévissage et de nombreux éléments sont enfoncés à coups de marteau, il est quasiment impossible de les extraire.</p>
<p>Donc, si l&rsquo;on suit le manuel, si l&rsquo;on respecte scrupuleusement les consignes, si l&rsquo;on est un minimum méthodique, on doit réussir.</p>
<p>En réalité, ce n&rsquo;est pas tout à fait aussi simple. Certaines opérations, telles que l&rsquo;équilibrage des portes de meubles de rangement par exemple, sont assez délicates à réaliser et le résultat est rarement complètement satisfaisant, surtout si on a plusieurs portes à monter. De plus, les grands ensembles comme les cuisines requièrent un important temps de travail, souvent plusieurs journées. Et toute irrégularité du sol ou des murs demandera des adaptations des éléments standards, qui ne sont pas à la portée du premier venu.</p>
<p>Malgré tout, il s&rsquo;agit de difficultés marginales, qui ne remettent pas en cause le principe fondamental du montage des meubles Ikea : tout le monde doit pouvoir le faire, du premier coup. Et si le résultat n&rsquo;est pas absolument satisfaisant, on s&rsquo;en contentera pourtant, trop content d&rsquo;être arrivé au bout et impatient d&rsquo;utiliser le nouveau meuble.</p>
<p>Apporter son meuble en pièce détachées chez soi, le construire soi-même : Ikea a totalement réinventé la notion-même de meuble. Pour le plus grand bonheur de la population mondiale, puisqu&rsquo;Ikea est actuellement le plus gros vendeur de meubles&#8230; du monde.</p>
<p>Mais au fait, un meuble, c&rsquo;était quoi avant Ikea ? C&rsquo;est ce que nous verrons <a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2012/01/11/le-menuisier-le-professeur-et-le-documentaliste/" target="_blank">dans le prochain billet</a>.</p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/ikea2.jpg"><img class="size-medium wp-image-277 alignnone" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/ikea2.jpg" alt="" width="295" height="276" /></a></p>
<p>Photo : <a href="http://alltelleringet.com/portfolio/personal/" target="_blank">Erik Johansson</a> (photographe suédois, comme il se doit).</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;illusion de la pédagogie numérique</title>
		<link>http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2011/11/30/lillusion-de-la-pedagogie-numerique/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 10:35:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[utilisation ressources numériques]]></category>
		<category><![CDATA[Fourgous]]></category>
		<category><![CDATA[illusion technologique]]></category>
		<category><![CDATA[numérique]]></category>
		<category><![CDATA[outil magique]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je lis avec quelques semaines de retard le texte de J.M. Fourgous publié dans Le Monde, intitulé &#171;&#160;Oser la pédagogie numérique !&#171;&#160;. Pour résumer, M. Fourgous y défend l&#8217;idée que le cours magistral n&#8217;est plus le mode idéal de transmission des savoirs, et qu&#8217;il faut passer à la pédagogie numérique pour intéresser à nouveau les [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/magicien1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-288" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/magicien1.jpg" alt="" width="231" height="300" /></a>Je lis avec quelques semaines de retard le texte de J.M. Fourgous publié dans Le Monde, intitulé &laquo;&nbsp;<a href="http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2011/10/12/oser-la-pedagogie-numerique_1585876_3232.html" target="_blank">Oser la pédagogie numérique !</a>&laquo;&nbsp;. Pour résumer, M. Fourgous y défend l&rsquo;idée que le cours magistral n&rsquo;est plus le mode idéal de transmission des savoirs, et qu&rsquo;il faut passer à la pédagogie numérique pour intéresser à nouveau les élèves à l&rsquo;apprentissage.</p>
<p>Ce raccourci me semble dangereux et trompeur.</p>
<p>D&rsquo;une part, parce que je me demande bien ce qu&rsquo;est &laquo;&nbsp;la pédagogie numérique&nbsp;&raquo;. Je connais &laquo;&nbsp;l&rsquo;appareil photo numérique&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;la télévision numérique&nbsp;&raquo;, mais la &laquo;&nbsp;pédagogie numérique&nbsp;&raquo;, franchement, je ne vois pas.  Bien entendu, on comprend que M. Fourgous s&rsquo;appuie sur l&rsquo;idée que la société tout entière s&rsquo;est numérisée (ce qui est faux), et qu&rsquo;en numérisant l&rsquo;école, on la rapproche de la vraie vie. Mias cela ne suffit pas à créer une pédagogie. La pédagogie ne se définit pas par son outil, mais par l&rsquo;activité cognitive et sociale qu&rsquo;elle met en oeuvre dans la démarche d&rsquo;apprentissage.</p>
<p><span id="more-263"></span></p>
<p>D&rsquo;autre part, M. Fourgous laisse entendre qu&rsquo;en dehors de la &laquo;&nbsp;pédagogie numérique&nbsp;&raquo;, point de salut. Aucune autre alternative au cours magistral. Quelle erreur ! Il y a bien longtemps que les enseignants font alterner des séquences de cours magistral avec d&rsquo;autres méthodes d&rsquo;animation de classe. Et, Monsieur Fourgous, sachez que les élèves n&rsquo;aiment pas <em>non plus</em> ces autres façons de construire les savoirs. Que les coller devant un écran en leur faisant miroiter la possibilité de cliquer eux-mêmes sur les bonnes réponses à l&rsquo;exercice, déclenchant alors une petite salve d&rsquo;applaudissements enregistrés, va les amuser 5 minutes et qu&rsquo;ensuite l&rsquo;enseignant devra à nouveau trouver de nouvelles idées pour faire grandir leur motivation.</p>
<p>Ce n&rsquo;est évidemment pas &laquo;&nbsp;le numérique&nbsp;&raquo; (les tablettes, les téléphones intelligents&#8230;) qui rend possible la construction des connaissances. C&rsquo;est l&rsquo;intention pédagogique de l&rsquo;enseignant, qui éventuellement utilise les Tice comme outils facilitant l&rsquo;atteinte des objectifs d&rsquo;apprentissage. Les méta-analyses des recherches sur l&rsquo;impact des Tice sur les résultats des élèves et étudiants sont unanimes sur le sujet. D&rsquo;ailleurs, M. Fourgous s&rsquo;y réfère&#8230; sans en tirer les conséquences.</p>
<p>Et là, on sait déjà ce qui marche : le travail de groupe, l&rsquo;approche par résolution de problème, l&rsquo;autonomie des apprenants dans leur organisation. Dans ce contexte, l&rsquo;usage des Tice (<em>un certain</em> usage des Tice, intensif, débordant du cadre spatio-temporel de la classe) devient extrêmement pertinent, car elles permettent aux apprenants de mener leurs recherches, de travailler ensemble, de produire des contenus&#8230; bien plus aisément qu&rsquo;avec un papier, un crayon et une bibliothèque. Cette approche est expérimentée aux Etats-Unis, au Canada, et dans les établissements pilotes français, ces établissements qui restent &laquo;&nbsp;expérimentaux&nbsp;&raquo; après 20 ou 30 ans de fonctionnement.</p>
<p>Le grand danger de la promotion de la &laquo;&nbsp;pédagogie numérique&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est de laisser croire qu&rsquo;il suffit de mettre un ordinateur devant les gamins et qu&rsquo;on n&rsquo;aura pas besoin de changer quoi que ce soit d&rsquo;autre dans sa façon de faire. Une large part des cours en ligne et des produits pédagogiques que l&rsquo;on trouve sur la toile relèvent d&rsquo;une approche transmissive : ce n&rsquo;est pas l&rsquo;apprenant qui fait (ou alors, de toutes petites choses), c&rsquo;est le prof, ou la machine. Est-ce cela que nous voulons ?</p>
<p>Je recommande à tous ceux qui ne supportent plus l&rsquo;expression &laquo;&nbsp;pédagogie numérique&nbsp;&raquo; de lire le texte suivant : <a class=" externe" title="S’ouvre dans une nouvelle fenêtre." href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/analyse-des-recherches-sur-les-tice/" target="_blank">Analyse des recherches sur les TICE</a><span>, qui reprend le texte intégral d&rsquo;une étude de Guy Béliveau &laquo;&nbsp;Impact de l&rsquo;usage des TICE au collégial&nbsp;&raquo; (Canada). Site PhiloTR, août 2011.</span></p>
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		<title>L&#8217;âge de pierre</title>
		<link>http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2011/11/04/lage-de-pierre/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 13:22:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[administration]]></category>
		<category><![CDATA[justificatifs]]></category>
		<category><![CDATA[service public]]></category>
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		<description><![CDATA[Il m&#8217;arrive de réaliser des interventions dans les universités publiques françaises (ailleurs aussi, mais c&#8217;est de celles-ci dont il est question dans ce billet). Interventions courtes, de quelques heures tout au plus, pour apporter un témoignage sur la veille numérique, l&#8217;évolution du e-learning, la cohérence pédagogique des dispositifs hybrides de formation, des choses comme ça. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2011/11/age-de-pierre2.jpg"><img class="size-medium wp-image-259 alignleft" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2011/11/age-de-pierre2.jpg" alt="" width="211" height="278" /></a>Il m&rsquo;arrive de réaliser des interventions dans les universités publiques françaises (ailleurs aussi, mais c&rsquo;est de celles-ci dont il est question dans ce billet). Interventions courtes, de quelques heures tout au plus, pour apporter un témoignage sur la veille numérique, l&rsquo;évolution du e-learning, la cohérence pédagogique des dispositifs hybrides de formation, des choses comme ça.</p>
<p>Chaque intervention génère un dossier administratif. C&rsquo;est comme ça, il n&rsquo;y a pas de service centralisé qui permettrait aux intervenants de fournir une bonne fois pour toutes les renseignements exigés, et aux services administratifs des universités de disposer de ces renseignements au moment voulu, sans passer par des échanges de mails plus ou moins fluides.</p>
<p>Certaines universités envoient encore des dossiers papier à remplir. C&rsquo;est comme ça, peut-être les agents vont-ils ensuite scanner ces dossiers, ou saisir à la main dans une base de données informatique les informations qui y sont consignées.</p>
<p><span id="more-256"></span></p>
<p>Quelques-unes, parmi les universités appartenant à la catégorie mentionnée ci-dessus, demandent un très grand nombre de renseignements et de pièces justificatives, sans aucune mesure avec la taille de l&rsquo;intervention réalisée. L&rsquo;une d&rsquo;entre elle m&rsquo;a réclamé mes trois derniers avis d&rsquo;imposition&#8230; pour une intervention de trois heures. Ceci, afin de vérifier que je disposais bien des revenus nécessaires à ma survie, que je ne dépendrai pas des somptueux émoluments quelle compte me verser. J&rsquo;imagine. Alors, si je réalisais 10 heures d&rsquo;intervention, on me demanderait mes 10 derniers avis d&rsquo;imposition ?</p>
<p>Et là, fini les &laquo;&nbsp;c&rsquo;est comme ça&nbsp;&raquo;. Il faut que les universités modernisent leur administration. J&rsquo;ironise souvent sur la piètre utilisation des technologies numériques dans les salles de classe et les amphis. Mais à côté des bureaux de certaines universités, c&rsquo;est carrément la Silicon Valley ! Le must de la vie numérique et de la fluidité !</p>
<p>On comprend alors que la mise en place des ENT (environnements numériques de travail) pose problème. Si le fichier pdf en guise de support de cours proposé aux étudiants apparaît désormais comme un objet archaïque, il est infiniment moderne par rapport aux dossiers papiers et à la multitude de pièces administratives qu&rsquo;il faut remplir lorsqu&rsquo;on est étudiant ou intervenant.</p>
<p>Les universités n&rsquo;ont pas encore effectué leur révolution numérique. Leur administration encore moins que leur pédagogie.</p>
<p>Le fier gaillard qui illustre cet article a été photographié au Musée de l&rsquo;homme de San Diego par Mary Harrsh, qui a placé sa photo sous licence <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr" target="_blank">Creative Commons</a>.</p>
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		<title>Alors finalement, les Tice ne vont pas nous sauver ?</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 12:48:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[utilisation ressources numériques]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[illusion technologique]]></category>
		<category><![CDATA[InternetActu]]></category>
		<category><![CDATA[TICE]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne sais pas si vous avez remarqué mais en ce moment, les Tice en prennent plein la tête (cette expression familière remplaçant celle à laquelle je pense mais que je n&#8217;oserai jamais écrire dans un blog hébergé par Educpros). Ou plutôt ce sont les évangélistes des Tice qui en prennent plein la tête (deuxième [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/1065_businessman_crying_after_his_computer_crashed.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-285" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2012/01/1065_businessman_crying_after_his_computer_crashed.jpg" alt="" width="268" height="300" /></a>Je ne sais pas si vous avez remarqué mais en ce moment, les Tice en prennent plein la tête (cette expression familière remplaçant celle à laquelle je pense mais que je n&rsquo;oserai jamais écrire dans un blog hébergé par Educpros). Ou plutôt ce sont les évangélistes des Tice qui en prennent plein la tête (deuxième et dernière parenthèse : le substantif &laquo;&nbsp;évangéliste&nbsp;&raquo; nous venant tout droit des Etats-Unis, ce qui n&rsquo;étonnera personne, compte-tenu du fait que nous en avons beaucoup moins qu&rsquo;eux sur nos chaînes de radio et de télévision).</p>
<p>Il me semble que c&rsquo;est Hubert Guillaud qui a réussi le plus beau feu d&rsquo;artifice, avec <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/21/dans-la-salle-de-classe-du-futur-les-resultats-ne-progressent-pas/" target="_blank">son dernier article sur InternetActu</a>, dans lequel il commente une étude américaine et ses répercussions dans la blogosphère éducative de ce pays. On dirait bien que Guillaud partage les conclusions de l&rsquo;étude et de ses plus fins analystes, à savoir :</p>
<p>1- Qu&rsquo;il ne faut pas accorder un crédit excessif aux marchands de technologies scolaires qui savent bien à qui vendre leurs trucs;</p>
<p>2- Que les Tice n&rsquo;ont pas de pouvoir magique : il ne suffit pas d&rsquo;inonder les profs et les élèves avec pour que les résultats de l&rsquo;apprentissage en soit transfigurés; j&rsquo;ajouterais qu&rsquo;on peut dire exactement la même chose des livres : enfermez cinq étudiants dans cinq pièces différentes, chacun  avec une pile de manuels de médecine, Revenez trois mois plus tard : certains auront appris beaucoup de choses, d&rsquo;autres seront passés à la console de jeux, et d&rsquo;autre pleureront. Pourtant, ils auront tous eu les mêmes livres. MAIS si vous mettez les cinq étudiants ensemble avec les manuels, il y a une taux de probabilité raisonnable pour que tous aient appris quelque chose. Soit dit en passant.</p>
<p><span id="more-253"></span></p>
<p>3- Que les tests d&rsquo;évaluation des élèves américains sont totalement obsolètes et ne mesurent plus grand chose d&rsquo;intéressant. Pour vous en convaincre tout en vous distrayant, regardez la saison 4 de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_%C3%A9coute" target="_blank">The Wire</a> (&laquo;&nbsp;Sur Ecoute&nbsp;&raquo; en français), entièrement consacrée à l&rsquo;école américaine : on y voit un prof de maths enseigner à ses élèves puis, le moment venu, interrompre les apprentissages pour se concentrer sur l&rsquo;entraînement aux tests.</p>
<p>4- Qu&rsquo;il faut former les profs à l&rsquo;utilisation des Tice -aaaaaaah bon?-, non seulement à manipuler un TBN ou un vidéo-projecteur, mais aussi à savoir <em>pourquoi</em> ils pourraient utiliser cet outil, à formaliser leur intention pédagogique.</p>
<p>5- Que certains élèves sont plus habiles que d&rsquo;autres à mettre les Tice au service de leurs apprentissages, que c&rsquo;est là la nouvelle fracture numérique qui, dans nos pays développés, ne passe plus guère par l&rsquo;équipement mais par les habiletés d&rsquo;usage.</p>
<p>C&rsquo;est très bien qu&rsquo;Hubert Guillaud écrive un tel article dans une publication qui est lue hors des cénacles éducatifs. Ca va faire avancer les choses, c&rsquo;est à dire que ça va rabattre le caquet aux marchands et à leurs représentants de commerce qui, parfois gratuitement -mais pas trop souvent, ne soyez pas naïf- vantent dans les colloques les plus sérieux les mérites &laquo;&nbsp;éducatifs&nbsp;&raquo; de telle tablette ou de tel smartphone.</p>
<p>Dans le même temps, je sens comme un frémissement du côté de la pédagogie universitaire. La question du plagiat par exemple, n&rsquo;est plus uniquement traitée sous l&rsquo;angle de la riposte technologique mais commence à générer des interrogations sur les modalités d&rsquo;évaluation. Nombre d&rsquo;enseignants en effet astiquent le bâton avec lequel ils vont se faire battre lorsqu&rsquo;il demandent un &laquo;&nbsp;résultat&nbsp;&raquo; aux étudiants sans s&rsquo;être préoccupé du <em>processus</em> d&rsquo;acquisition des connaissances. Dans ce cas, ils vont clairement se faire avoir par les étudiants les plus habiles avec les ordinateurs. Et ils vont accuser à la fois le manque d&rsquo;éthique des étudiants et les ordinateurs, Internet, tante Simone, j&rsquo;en passe et des meilleures. C&rsquo;est en train de changer. On réfléchit. On ose dire que le prof de fac doit, aussi, être un pédagogue. Bientôt, on dira même qu&rsquo;il doit être un andragogue, c&rsquo;est à dire un spécialiste de la formation des adultes, l&rsquo;âge de nos étudiants croissant et avec lui, leur maturité, leurs responsabilités et leurs intérêts dans le monde.</p>
<p>Alors non, les Tice ne vont pas nous sauver. C&rsquo;est, encore et toujours, à nous de savoir comment les utiliser, dans la perspective éducative qui est la nôtre. A les ignorer, nous prendrions un grand risque : qu&rsquo;elles soient utilisées <em>contre les enseignants et l&rsquo;apprentissage</em>, plutôt qu&rsquo;en leur faveur.</p>
<p>PS : ce billet est né d&rsquo;une discussion avec Emilie Bouvrand sur Google +</p>
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		<title>&#171;&#160;Je suis sûr(e) d&#8217;avoir lu ce truc quelque part&#8230;&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Sep 2011 18:30:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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		<category><![CDATA[cloud computing]]></category>
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		<description><![CDATA[Ah là là, il y en a des pages, dans Internet. Tant de pages que, même en étant bien organisé, on finit par les perdre. Quand ce ne sont pas les pages elles-mêmes qui disparaissent, d&#8217;ailleurs. Avez-vous déjà tenté de retourner sur une page mise de côté deux ou trois ans plus tôt ? Elle [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2011/09/bazar1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-248" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2011/09/bazar1.jpg" alt="" width="256" height="254" /></a>Ah là là, il y en a des pages, dans Internet. Tant de pages que, même en étant bien organisé, on finit par les perdre. Quand ce ne sont pas les pages elles-mêmes qui disparaissent, d&rsquo;ailleurs. Avez-vous déjà tenté de retourner sur une page mise de côté deux ou trois ans plus tôt ? Elle a sans doute disparu.</p>
<p>Comment faire pour mettre de côté les ressources intéressantes trouvées sur Internet ? On peut bien sûr imprimer les pages. Et alors, on va les perdre dans son bureau plutôt que dans le web, et finir par les jeter à la corbeille.</p>
<p>Donc, restons dans notre navigateur. On peut utiliser les &laquo;&nbsp;favoris&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;signets&nbsp;&raquo; que nous proposent Firefox, Chrome, Safari, et celui-dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom, celui du grand Bill. Mais après quelques mois de collecte intensive, quel bazar ! Si l&rsquo;on a pris le soin de faire des listes, c&rsquo;est un peu mieux.</p>
<p>Evidemment, lorsqu&rsquo;on ne travaille plus sur sa propre machine, lorsqu&rsquo;on est un peu nomade, on n&rsquo;a pas toujours ses signets ou favoris sous le mulot. Mieux vaut dans ce cas opter pour une solution de bookmarking en ligne.</p>
<p>Bookmarking, ça veut dire &laquo;&nbsp;action de poser un signet&nbsp;&raquo;. On comprend aisément pourquoi on préférera le terme anglais.</p>
<p>Le bookmarking en ligne, donc. Deux poids lourds dans cette catégorie : <a href="http://www.delicious.com/" target="_blank">Delicious</a>, et <a href="http://www.diigo.com/index" target="_blank">Diigo</a>.</p>
<p><span id="more-241"></span></p>
<p>Dans les deux cas, vous vous rendez sur la page d&rsquo;accueil de l&rsquo;outil, vous ouvre un compte, vous installez le petit <em>plug-in</em> (extension) qui rend l&rsquo;application directement accessible depuis le menu de votre navigateur, et ça y est, vous pouvez commencer à utiliser l&rsquo;outil.</p>
<p>Lorsque vous voulez marquer une page, vous cliquez sur la petite icône de l&rsquo;application, et l&rsquo;adresse de votre page ainsi que son titre se placent automatiquement dans une sorte de mini-notice. Il vous reste à ajouter des mots-clés et éventuellement une description de la ressource et hop, vous pouvez sauvegarder.</p>
<p>Pour aller dans votre bibliothèque de signets, il vous suffit d&rsquo;aller sur le site de l&rsquo;application choisie, d&rsquo;entrer vos identifiants, et voilà. Tout est en ligne, vous pouvez y accéder depuis n&rsquo;importe quelle machine connectée à internet.</p>
<p>Mais il y a encore mieux : si vous voulez trouver des ressources sur un sujet qui vous intéresse, vous aurez tout intérêt à laisser de coté le moteur de recherche généraliste et à effectuer votre recherche directement dans delicious ou diigo. Vous aurez alors accès à tous les bookmarks publics de la communauté d&rsquo;utilisateurs. Bonnes trouvailles garanties&#8230; à condition d&rsquo;avoir posé les bons mots-clés. De la même façon, c&rsquo;est la pertinence des mots-clés que vous posez sur vos propres signets qui en feront la valeur. Nous consacrerons un billet entier à la question des mots-clés, car il y a des manques flagrants chez les utilisateurs de ce côté-là.</p>
<p>Encore mieux : vous pouvez suivre (follow) les utilisateurs que vous estimez les plus pertinents dans le domaine qui vous intéresse. Vous pourrez ainsi voir tous leurs bookmarks, au fil de leur arrivée.</p>
<p>Toujours mieux : dans Diigo, vous pouvez rejoindre des groupes. Des groupes spécialisés dans votre domaine. Vous êtes alors assuré de découvrir de nombreuses ressources en un temps record. Du moins, si le groupe est grand. Si vous n&rsquo;êtes que deux, ça ira moins vite.</p>
<p>Par exemple, si vous vous intéressez à la guitare, vous pouvez effectuer une recherche avec le mot-clé <a href="http://www.diigo.com/search/community?q=guitar" target="_blank">guitar</a> ou guitare (l&rsquo;anglais étant la lingua franca de ces applications, il est intéressant d&rsquo;effectuer sa recherche dans cette langue), et ensuite voir ce que propose le groupe &laquo;&nbsp;<a href="http://groups.diigo.com/group/musicmakers" target="_blank">musicmakers&rsquo; secrets</a>&nbsp;&raquo; qui compte 186 membres et 512 ressources recensées, à l&rsquo;heure où je vous écrit. Si vous êtes enseignant de sciences, vous pourrez rejoindre les 458 membres du groupe &laquo;&nbsp;<a href="http://groups.diigo.com/group/science-teachers" target="_blank">science teachers</a>&nbsp;&raquo; et découvrir leurs 1800 ressources.</p>
<p>Le principe de la mutualisation des ressources fonctionne à plein dans les groupes, même si une minorité de membres poste effectivement des signets. Autre point intéressant, il est possible de commenter les resources. ce qui s&rsquo;avère très intéressant dans un groupe très ciblé ou de taille restreinte, quand l&rsquo;outil est utilisé à des fins de recherche.</p>
<p>Et enfin, Diigo permet de faire des listes thématiques. Car il vaut mieux avoir posé des petits cailloux pour retrouver son chemin dans les milliers de signets qui s&rsquo;accumuleront dans votre bibliothèques dès que vous aurez pris l&rsquo;habitude d&rsquo;y déposer systématiquement les références des ressources dignes d&rsquo;intérêt. Ces listes peuvent être publiques ou privées. Vous pouvez par exemple avoir une bibliothèque publique et quelques listes privées.</p>
<p>Vous l&rsquo;aurez compris, je suis une utilisatrice très régulière de Diigo. <a href="http://www.diigo.com/user/cvaufrey" target="_blank">Ma bibliothèque</a> est publique et compte de nombreuses listes qui le sont tout autant. J&rsquo;ai par exemple créé une liste avec les ressources que j&rsquo;ai mentionnées dans mes billets de blog (elle n&rsquo;est pas encore complète, mais j&rsquo;effectue le recensement des ressources des billets les plus récents vers les plus anciens). Elle s&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;<a href="http://www.diigo.com/list/cvaufrey/le-temps-des-tice-_-blog-educpros" target="_blank">Le temps des Tice &#8211; Blog Educpro</a>&laquo;&nbsp;. Vous êtes bien entendu conviés à la consulter.</p>
<p>Et vous, utilisez-vous Delicious ou Diigo ? Pourquoi avez-vous choisi l&rsquo;un ou l&rsquo;autre outil ? En connaissez-vous d&rsquo;autres ? J&rsquo;ai hâte de lire vos commentaires !</p>
<p>Illustration : <a href="http://www.flickr.com/photos/striatic/729822/" target="_blank">striatic</a> &#8211; Flickr &#8211; <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr" target="_blank">licence CC-BY-2.0</a></p>
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		<title>Enseignants, qu&#8217;allez-vous montrer à vos étudiants cette année ?</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Aug 2011 11:35:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[Formation enseignants]]></category>
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		<category><![CDATA[PowerPoint]]></category>
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		<description><![CDATA[La rentrée approche, y compris dans les universités. Dans certaines facs, les étudiants de 1e année sont convoqués dès le 1er septembre, et bénéficieront avant le commencement officiel des enseignements de sessions de sensibilisation aux Tice. Quelques profs auront également cette chance, comme ceux de Lyon 1 par exemple, d&#8217;après ce que nous en dit [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La rentrée approche, y compris dans les universités. Dans certaines facs, les étudiants de 1e année sont convoqués dès le 1er septembre, et bénéficieront avant le commencement officiel des enseignements de sessions de sensibilisation aux Tice. Quelques profs auront également cette chance, comme ceux de Lyon 1 par exemple, <a href="http://formations-icap.univ-lyon1.fr/" target="_blank">d&rsquo;après ce que nous en dit le camarade Batier</a>, du service Icap.</p>
<p>Qui oserait encore proposer des formations aux enseignants sur la confection des diaporamas, les fameux PowerPoint, comme s&rsquo;il n&rsquo;existait que ce logiciel pour projeter des diapos dans les amphis ? Tous les enseignants et formateurs devraient aujourd&rsquo;hui avoir une micro-puce greffée dans leur poignet, qui ferait office à la fois de matériel et de logiciel, ça éviterait des dépenses d&rsquo;équipement et le transport de matériel. Ceci, car le diaporama est devenu le nouveau bloc-note de l&rsquo;enseignant ou du formateur, le support sur lequel il note l&rsquo;essentiel de ce qu&rsquo;il a à transmettre. Et c&rsquo;est bien là le problème.</p>
<p><span id="more-232"></span></p>
<p><a href="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2011/08/diapo-jourde.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-236" src="http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/files/2011/08/diapo-jourde.png" alt="" width="227" height="172" /></a>Car un diaporama est fait pour soutenir le propos de l&rsquo;enseignant, pas pour s&rsquo;y substituer. Remarquez, ça pourrait être intéressant : le prof lancerait son diaporama en mode &laquo;&nbsp;automatique&nbsp;&raquo;, il le sonoriserait, et il irait boire un café en attendant la fin. Je parie qu&rsquo;il serait rejoint par de nombreux étudiants.</p>
<p>Petite suggestion : pour renouveler vos diaporamas de photos de vos vacances, substituez une description écrite sur grand écran à vos images. Vous aurez un franc succès, car vous ressemblerez alors aux conférenciers les plus sérieux.</p>
<p>L&rsquo;absurdité du propos précédent montre à quel point l&rsquo;on se fourvoie en remplissant ses diapos de texte. L&rsquo;écran, c&rsquo;est fait pour projeter des objets visuels. Les mots en font partie, éventuellement, à condition d&rsquo;être traités comme des objets visuels. Malheureusement, nombre de diaporamas projetés dans le cadre de l&rsquo;enseignement ou de la formation ressemblent encore trop à des livres debout : du texte, dense, serré, qui déborde même parfois du cadre de la page. L&rsquo;étudiant est alors écartelé entre deux opérations mentales consommatrices de concentration : écouter son prof, ou lire ce qui est affiché à l&rsquo;écran. Souvent, on lui offre même un troisième support de communication : la photocopie des diapos ! Et il paraît que les étudiants ne savent plus se concentrer ? &#8230;</p>
<p>Pensons donc plutôt en termes de complémentarité. Et soyons clairs : le message principal, c&rsquo;est le prof qui le transmet, en parlant. Le support visuel n&rsquo;est là que pour accompagner le discours, focaliser l&rsquo;attention des étudiants, rythmer et structurer la présentation grâce à des images, des mots et des chiffres clés. Le support visuel est une aide puissante à la mémorisation, non parce qu&rsquo;on est censé retenir tout le texte qui y est écrit, mais parce que les images constituent des points d&rsquo;appui, des pense-bête qui permettront d&rsquo;amorcer le travail de mémorisation du discours principal, qui est oral.</p>
<p>Illustration : voyez <a href="http://www.slideshare.net/Relief/les-i-gnrations-et-le-elittratie" target="_blank">ce diaporama de François Guité</a>, enseignant d&rsquo;anglais au Québec, sur la i-génération. On constate une nette prédominance de l&rsquo;image sur le texte, ce dernier n&rsquo;étant présent que sous forme de citations. Du discours de Guité, point. Mais on peut lui faire confiance pour ne pas se contenter de quelques citations. J&rsquo;aurais aimé être dans la salle.</p>
<p>Oui mais, trop facile, Guité utilise les outils numériques pour parler du numérique, rien à voir avec ce que je dois transmettre à mes étudiants, je m&rsquo;occupe de choses abstraites, je ne peux pas les illustrer&#8230;</p>
<p>OK. Autre exemple : le cours de philosophie de François Jourde consacré à la morale et <a href="http://www.slideshare.net/Jourde/la-morale-selon-kant-cours-philosophie-2010-jourde" target="_blank">dans ce diaporama, à la pensée de Kant</a>. Là, c&rsquo;est du lourd, du compliqué, de l&rsquo;abstrait. Peu de faits, beaucoup de concepts. Et pourtant, ça marche.</p>
<p>Un point commun à ces deux exemples : les diaporamas ne tiennent pas debout tout seuls. ils ne peuvent être utilisés sans l&rsquo;enseignant qui va avec. Et c&rsquo;est précisément ce qui fait leur qualité. Loin de simplifier une pensée (les fameuses listes à puces qui hiérarchisent artificiellement le propos, les énoncés court qui le simplifient&#8230;), ils l&rsquo;enrichissent en mobilisant l&rsquo;oeil et le sens esthétique de l&rsquo;étudiant, en complément (et seulement en complément) de son intelligence et de sa capacité de concentration.</p>
<p>Ces diaporamas éminemment visuels comportent un défaut majeur : ils ne peuvent servir de pense-bête à l&rsquo;enseignant. Ce dernier n&rsquo;a plus la possibilité de lire ses diapos. Doit-il alors apprendre par coeur son texte, pour ne pas avoir l&rsquo;air ballot en lisant ses notes ? Point du tout. L&rsquo;enseignant astucieux sait utiliser les outils du présentateur sur son logiciel préféré de création de diaporama. Sur l&rsquo;écran de son ordinateur s&rsquo;affichent deux fenêtres : ce que voient les étudiants d&rsquo;une part, et le texte qu&rsquo;il a préparé d&rsquo;autre part, invisible pour l&rsquo;auditoire. C&rsquo;est magique.</p>
<p>Ces propos n&rsquo;ont rien d&rsquo;original. Je travaille sur le sujet depuis plusieurs années, et d&rsquo;autres bien plus experts que moi m&rsquo;ont précédée. Mais il n&rsquo;empêche qu&rsquo;à la première séance de travail collectif avec mes collègues formateurs, nous allons remettre la question sur le tapis : &laquo;&nbsp;tu crois que&#8230; ces diapos&#8230; tout ce texte&#8230; Qu&rsquo;est-ce que tu dirais de le remplacer par ces images ?&nbsp;&raquo; Jusqu&rsquo;au jour où nous aurons le plaisir de participer ensemble à un atelier de formation sur les diaporamas ou même, pourquoi pas, à un <a href="http://www.pechakuchaparis.com/" target="_blank">Pecha Kucha</a>. Tiens, créer des compétitions universitaires de Pecha Kucha, en voilà une bonne idée. Qui est partant ?</p>
<p>Illustration : capture d&rsquo;écran d&rsquo;un <a href="http://www.slideshare.net/Jourde/philo-pol-antique-aristote?src=related_normal&amp;rel=5407197" target="_blank">diaporama de François Jourde</a>, consacré à la philosophie politique antique. Lorsque le mot devient objet graphique.</p>
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		<title>De la célébrité, et de l&#8217;université</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jul 2011 10:45:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
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		<description><![CDATA[Je regardais l&#8217;autre soir un épisode de la série américaine Nurse Jackie ( série qui n&#8217;a pas, à ma connaissance, encore été diffusée sur une chaîne française mais que l&#8217;on trouve facilement en streaming sur Internet, sous-titrée en français), dans lequel on voit un médecin qui se réjouit d&#8217;être classé par une revue spécialisée parmi [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Je regardais l&rsquo;autre soir un épisode de la série américaine <em><a href="http://www.serieslive.com/serie/nurse-jackie/1933/" target="_blank">Nurse Jackie</a></em> ( série qui n&rsquo;a pas, à ma connaissance, encore été diffusée sur une chaîne française mais que l&rsquo;on trouve facilement en streaming sur Internet, sous-titrée en français), dans lequel on voit un médecin qui se réjouit d&rsquo;être classé par une revue spécialisée parmi les 25 meilleurs médecins de Manhattan. Les spectateurs de la série comprennent immédiatement qu&rsquo;i y a anguille sous roche, compte-tenu de la personnalité tourmentée de ce médecin hospitalier. Le secret de sa célébrité tient à deux choses : Twitter et un agent, chargé d&rsquo;assurer la promotion du médecin auprès de tous ceux qui sont capables de le propulser dans les médias. On comprend donc que cet épisode de série fait pour distraire transmet, comme c&rsquo;est souvent le cas aux USA, quelques messages réjouissants, dans le cas présent sur la tentation de la célébrité qui touche des gens qui devraient a priori être éloignés de cette préoccupation.</p>
<p>Quoi d&rsquo;étonnant aux USA, où l&rsquo;on voit le long des autoroutes d&rsquo;immenses panneaux publicitaires vantant les mérites de telle clinique dentaire ou de chirurgie ? La santé s&rsquo;y vend comme les régimes amaigrissants, les voitures&#8230; et les séries télévisées. Je me souviens notamment d&rsquo;un panneau publicitaire pour une clinique pédiatrique sur lequel s&rsquo;étalait la photo d&rsquo;un chirurgien sortant de la salle d&rsquo;opération (masque baissé, regard fatigué, sourire compassionnel, cheveux poivre-et-sel qui attestent de l&rsquo;expérience&#8230;), le genre de type à qui vous confieriez votre gamin sans hésiter, quand bien même il ne serait pas malade.</p>
<p>Encore plus fort, si l&rsquo;on en croit la série <em>Nurse Jackie</em>, les médecins ont donc la possibilité de prendre un agent, comme les professionnels du spectacle, pour travailler leur réputation et arracher des contrats. Beaucoup plus banal, notre jeune médecin un peu benêt de <em>Nurse Jackie</em> twitte à l&rsquo;hôpital. Il twitte quand une infirmière lui emprunte un stylo, quand une autre le rabroue, mais aussi quand il établit un diagnostic de mucoviscidose. Le propos est évidemment humoristique mais fort bien tourné, notamment parce qu&rsquo;il montre la surprise de tous ceux qui entourent le médecin <em>twitter-addict</em>, et qui pose les questions du respect de la vie privée d&rsquo;une part, de l&rsquo;éthique médicale d&rsquo;autre part.</p>
<p>C&rsquo;est américain et c&rsquo;est de la fiction, bien sûr. Chez nous, cela ne risque pas d&rsquo;arriver, évidemment.</p>
<p><span id="more-226"></span></p>
<h2>De la reconnaissance de l&rsquo;expertise&#8230;</h2>
<p>Mais les médias sont les médias, et ils appliquent tous la règle qui veut que le public comprenne beaucoup mieux une situation complexe quand il peut la rapporter à un cas individuel ou quand c&rsquo;est un &laquo;&nbsp;expert&nbsp;&raquo; reconnu qui la lui explique. Les experts envahissent les plateaux télévisés, les radios et les colonnes des journaux. Et là, les universitaires sont fortement sollicités. Au plus fort des mouvements de protestation en Tunisie et en Egypte, la star s&rsquo;appelait <a href="http://www.sciencespo.fr/node/7301" target="_blank">Gilles Kepel</a>, professeur à Sciences-Po Paris. A l&rsquo;occasion de l&rsquo;affaire DSK, les rouages de la justice américaine sont démontés par <a href="http://deysine.com/" target="_blank">Anne Deysine</a>, professeur à Paris X. Sur <a href="http://www.mille-watts.com/comcampus/" target="_blank">ComCampus</a>, le blog de l&rsquo;agence Campus Communication, on trouve l&rsquo;analyse de cette célébrité suivie de quelques conseils aux universités qui souhaiteraient, par l&rsquo;intermédiaire de leurs chercheurs stars, élargir leur notoriété. Gilles Kepel comme Anne Deysine ont leur page Facebook mais, à notre connaissance, pas de compte Twitter (à moins qu&rsquo;ils ne twittent sous pseudo). Sur Facebook, ils ne font pas preuve d&rsquo;une activité forcenée. Sans doute ont-ils d&rsquo;autres chats à fouetter en ces périodes de fort sollicitation médiatique et, d&rsquo;une manière plus générale, n&rsquo;ont pas besoin des réseaux sociaux pour établir leur autorité qui se base bel et bien sur des savoirs scientifiques incontestables plus que sur des savoirs narratifs, ou ensuite seulement sur ces derniers.</p>
<h2>&#8230; À la tentation de la célébrité rapide</h2>
<p>C&rsquo;est Jean-François Lyotard qui a le premier utilisé ces deux expressions dans son ouvrage <a href="http://www.leseditionsdeminuit.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=2180" target="_blank">La condition postmoderne &#8211; Rapport sur le savoir</a>, publié en 1979. Ces termes ont fait florès et ont notamment été repris par <a href="http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-sociales-psychologie/le-plagiat-a-lere-dinternet.html" target="_blank">Daniel Peraya</a> qui y voit une clé de compréhension fondamentale du plagiat étudiant, les étudiants étant immergés dans le savoir narratif à l&rsquo;oeuvre sur le web, bâti à coup de citations (plus ou moins avouées), de reprises, de commentaires sur des productions antérieures, etc. <a href="http://responsable.unige.ch/index.php" target="_blank">Michèle Bergadaà</a>, qui a fait de la lutte contre le plagiat universitaire son cheval de bataille depuis une dizaine d&rsquo;années, va plus loin et affirme que ce savoir narratif fait également des ravages chez certains enseignants universitaires, qui succombent eux aussi à la tentation de la reprise qui ne s&rsquo;affiche pas comme telle, tentés par l&rsquo;accession rapide à une célébrité d&rsquo;ordinaire réservée (mais jamais assurée) à ceux qui ont fait la preuve de leur contribution essentielle à l&rsquo;avancée des connaissances. M. Bergadaà accuse le mouvement de &laquo;&nbsp;peopolisation&nbsp;&raquo; à l&rsquo;oeuvre dans tous les milieux, qui attire les individus comme la lumière attire les papillons de nuit.</p>
<h2>Deux discours complémentaires, qui ne peuvent pas se substituer l&rsquo;un à l&rsquo;autre</h2>
<p>Il ne faudrait pourtant pas jeter le bébé avec l&rsquo;eau du bain et critiquer toute présence des enseignants universitaires dans les médias traditionnels ou dans les médias numériques. Certes, les formats imposés par le web et encore plus par les médias audio-visuels, dans lesquels il s&rsquo;agit d&rsquo;expliquer en quelques minutes des situations méritant des heures et des heures d&rsquo;analyse, ne favorise pas l&rsquo;expression d&rsquo;une pensée complexe; certes, savoir que X ou Y sort de sa voiture et se rend au colloque machin, ou qu&rsquo;il a beaucoup apprécié le carpaccio de saumon servi au buffet ne fera pas avancer la connaissance mondiale. Mais les billets de blogs publiés par des enseignants-chercheurs, que ces derniers aient déjà accédé à la notoriété ou pas, fait bel et bien avancer la réflexion commune sur des sujets susceptibles d&rsquo;intéresser un public très large. Que l&rsquo;on pense par exemple à l&rsquo;activité de publication numérique d&rsquo;<a href="http://www.bodyspacesociety.eu/" target="_blank">Antonio Casilli</a> sur les réseaux sociaux, d&rsquo;<a href="http://culturevisuelle.org/icones/" target="_blank">André Gunthert</a> sur l&rsquo;analyse des images, ou dans un genre très différent, des chercheurs de l&rsquo;Inria sur le blog <a href="http://interstices.info/jcms/jalios_5127/accueil" target="_blank">Interstices</a> consacré à la vulgarisation de la recherche informatique.</p>
<p>Ces publications relèvent évidemment du savoir narratif, et pas du savoir scientifique. Tant mieux ! Que des chercheurs acceptent de mettre à disposition du public une partie de leurs connaissances et de leurs analyses va dans le bon sens. L&rsquo;essentiel étant de ne pas confondre les deux catégories, de ne pas sacrifier la construction du savoir scientifique sur l&rsquo;autel du savoir narratif qui conduit, avec plus de chances que le premier, à la célébrité.</p>
<p>Le médecin de la série <em>Nurse Jackie</em> a fabriqué sa célébrité, en cédant aux outils et mécanismes propres à lui assurer cette dernière sans l&rsquo;indispensable expertise qui la légitimerait. Parions que cela finira par lui jouer des tours (je n&rsquo;ai pas encore vu tous les épisodes de la saison 2&#8230;) et admettons que cette démonstration créée dans le cadre d&rsquo;une fiction distrayante nous parle, aussi, de la réalité médiatique dans laquelle nous sommes tous immergés.</p>
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		<title>Je ne veux pas être accompagnée !</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jun 2011 18:13:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christine-vaufrey</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[accompagnement]]></category>
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		<category><![CDATA[éducation numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Hadopi]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>

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		<description><![CDATA[En France, on a la maladie de l&#8217;accompagnement. Et de l&#8217;accompagnement en cascade, en particulier. Tout le monde accompagne quelqu&#8217;un : le ministère accompagne les universités, qui accompagnent les profs, qui accompagnent les étudiants. Pour quoi faire, tout cet accompagnement ? Pour utiliser correctement les outils et ressources numériques. Oui, vous avez bien lu : [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En France, on a la maladie de l&rsquo;accompagnement. Et de l&rsquo;accompagnement en cascade, en particulier. Tout le monde accompagne quelqu&rsquo;un : le ministère accompagne les universités, qui accompagnent les profs, qui accompagnent les étudiants. Pour quoi faire, tout cet accompagnement ? Pour utiliser correctement les outils et ressources numériques. Oui, vous avez bien lu : tous ces petits sucres d&rsquo;accompagnement qui tombent les uns sur les autres ont pour point d&rsquo;arrivée : les étudiants. Marc Zuckerberg était étudiant lorsqu&rsquo;il a créé Facebook. S&rsquo;il avait été mieux accompagné à Harvard, il n&rsquo;aurait pas créé cette compagnie, sans aucun doute, car il aurait eu une conscience aigüe des redoutables périls qui guettent les individus insouciants sur les réseaux sociaux.</p>
<p><span id="more-212"></span></p>
<p>Il y en a d&rsquo;autres qui ont d&rsquo;encore plus grandes ambitions, en matière d&rsquo;accompagnement dans la jungle numérique : ce sont les gens d&rsquo;Hadopi. Déjà <a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/2053;campagne-de-pub-hadopi-une-pur-arnaque.html" target="_blank">la campagne de pub</a> qui a commencé en début de semaine fait s&rsquo;étrangler de rire, ou bondir, au choix : dire qu&rsquo;Hadopi existe pour protéger la création artistique de demain, c&rsquo;est gonflé. Quel artiste demain osera dire qu&rsquo;il s&rsquo;est fait accompagner par Hadopi, que c&rsquo;est grâce à Hadopi qu&rsquo;il a pu produire son pilote d&rsquo;émission télévisée ou sa maquette musicale ? Savez-vous où et comment naissent les créations audio-visuelles de nos jours ? En plus, à la radio chez Pascale Clark il y avait un député qui avait soutenu la loi Hadopi et qui expliquait qu&rsquo;Hadopi, ce n&rsquo;est pas du tout fait pour cirer les pompes des grosses compagnies de films ou de musique qui possèdent la moitié ou les trois-quarts de la production mondiale, pas du tout. c&rsquo;est fait pour <em>accompagner</em> l&rsquo;internaute qui télécharge illégalement car &laquo;&nbsp;il ne sait pas qu&rsquo;il peut le faire légalement&nbsp;&raquo;. Alors, n&rsquo;est-ce pas les gens d&rsquo;Hadopi vont lui montrer, vont le diriger vers les compagnies qui attendent, la main ouverte, que les petits flics de la toile fassent leur boulot.</p>
<p>Personnellement, j&rsquo;ai envie qu&rsquo;on me fiche la paix. Qu&rsquo;on me laisse prendre mes responsabilités sur la toile, pour tout ce qui touche à mon identité numérique, à ce que je télécharge -ou pas, et où. J&rsquo;ai également envie de partager ce que je sais faire avec d&rsquo;autres, et de demander à ceux-là de m&rsquo;aider quand je ne sais pas. Parce que &laquo;&nbsp;l&rsquo;accompagnement&nbsp;&raquo;, en matière d&rsquo;éducation numérique, c&rsquo;est un mélange de pression morale et de flicage. C&rsquo;est aussi une manifestation d&rsquo;arrogance de la part de ceux qui estiment que puisqu&rsquo;ils sont &laquo;&nbsp;plus haut&nbsp;&raquo; que nous, ils sont meilleurs.</p>
<p>Excusez ce ton moins policé qu&rsquo;à l&rsquo;ordinaire, mais avec les enfants qui révisent le bac à la maison, les pubs d&rsquo;Hadopi et les articles sur le marché de l&rsquo;angoisse scolaire, je craque un peu.</p>
<p>Heureusement, il ya le nouveau blog d&rsquo;Educpros sur <a href="http://blog.educpros.fr/educ-chine/" target="_blank">l&rsquo;éducation en Chine</a>, et ça change un peu <img src='http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Et à part ça, vous, vous aimez être &laquo;&nbsp;accompagné&nbsp;&raquo; par vos institutions ?</p>
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