Retrouvailles !

Publie par christine-vaufrey le juin 11th, 2012 dans la categorie utilisation ressources numériques Tags: , , ,  •  2 Commentaires

Ouh là là, ça fait longtemps ! Tellement longtemps que si Maëlle ne nous avait pas envoyé un message aujourd’hui, j’aurais oublié que j’avais un blog chez Educpros !

Il faut dire que je m’étais lancée au début de cette année dans une entreprise qui s’est avérée beaucoup trop ambitieuse pour le temps que je comptais y consacrer. « Que je comptais y consacrer » : oui, il s’agit bien de cela, et non pas du temps que « j’ai » ou « je n’ai pas ». Le temps,  on ne l’a pas. On le prend.

Le temps, c’est comme les savoirs : on le construit, il ne nous est pas donné en bloc dans une petite boîte. Gérer son temps, c’est comme gérer ses apprentissages et ses activités d’enseignement : avant tout, une affaire de choix.

Alors, quand je lis que les enseignants n’utilisent pas les ressources mises à leur disposition par les musées parce qu' »ils n’ont pas le temps », je reste songeuse. Qui doit donner le temps, si ce n’est ceux qui décident de le prendre ? A qui doit-on demander l’autorisation pour prendre le temps ? Il est en accès libre, comme les ressources d’Internet.

Mais oui, je sais : la fonction d’enseignant comporte une multitude de tâches obligatoires. A commencer par le fait de se trouver à heures et jours fixes devant des élèves ou des étudiants. Mais pendant ce temps-là, justement, que fait-on ? Des chose que l’on a préparées auparavant, à un autre moment. Et c’est là que le choix intervient : vais-je faire comme d’habitude, utiliser les mêmes ressources, préparer les mêmes épreuves, interroger les élèves de la même façon, ou vais-je changer ? Cela va me prendre du temps, certes, mais enfin dormir, manger, partir en vacances, aller faire des courses, ça prend du temps aussi. Et je le fais. Le temps que j’y passe me réserve t-il des satisfactions, plus grandes que si je ne l’avais pas consommé ? Le temps est une monnaie d’échange.

Affronter un changement nécessite d’être tendu vers un but dont on sait qu’il sera profitable. Voilà à quoi sert la monnaie temps : à acheter un objet profitable. Alors, ne dites pas « J’ai pas le temps ». Dites « j’ai pas envie de changer » ou « Je ne suis pas sûre que ça m’apporte quelque chose, et à mes élèves non plus ». A partir de là, nous pourrons discuter. Dire « j’ai pas le temps », c’est refuser la discussion. Vous savez, c’est ce qu’on dit au jeune homme avec un T-shirt barré d’un gros logo qui vous aborde dans la rue : vous savez qu’il va vous proposer de donner des sous pour une cause quelconque. Vous n’avez pas envie de donner mais vous préférez lui dire « J’ai pas le temps ».

Alors, promis, je prends le temps d’écrire à peu près régulièrement sur ce blog.

A bientôt !

Le menuisier, le professeur et le documentaliste

Publie par christine-vaufrey le janvier 11th, 2012 dans la categorie apprendre, culture numérique, enseignement supérieur, utilisation ressources numériques Tags: , , , , , ,  •  1 Commentaire

Deuxième billet d’une série intitulée « Faites-le vous-même » : d’Ikea au Web 2.0

Premier billet : Ikea réinvente le meuble

Donc, c’était quoi un meuble, avant Ikea ?

Un meuble était en bois. De préférence, uniquement en bois : pas de clous, de vis, pas de pièces en plastique. Les seules pièces métalliques tolérées étaient les charnières, serrures et poignées, elles-mêmes réalisées dans les règles de l’art. A la place des clous et des vis, des chevilles de bois.

Un meuble était démontable. L’absence de colle et d’éléments externes permettait, sous réserve du savoir-faire correspondant, de démonter le meuble, notamment pour le réparer.

Un meuble était une pièce unique ou en tout petit nombre d’exemplaires, réalisée par un artisan expérimenté. Il fallait au novice plusieurs années d’apprentissage avant d’être autorisé à construire sa première armoire.

Un meuble était utilisé longtemps. Les jeunes mariés faisaient construire une ou deux armoires et les utilisaient toute leur vie. Années après années, ils héritaient des meubles de leurs parents.

Un meuble coûtait cher. Bien réalisé et bien entretenu, il prenait de la valeur avec le temps.

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Ikea réinvente le meuble

Publie par christine-vaufrey le janvier 6th, 2012 dans la categorie apprendre, culture numérique Tags: , , , , ,  •  2 Commentaires

Premier billet d’une série intitulée « Faites-le vous-même » : d’Ikea au Web 2.0

Dimanche dernier, j’ai réalisé une opération très banale : j’ai monté un meuble Ikea.

Opération très banale en effet, puisque les magasins Ikea, implantés dans 25 pays, ont accueilli en 2009 (le site de l’enseigne ne propose pas de chiffres plus récents) 590 millions de visiteurs, dont on peut parier qu’une bonne partie a joué dans les jours suivant la visite de la clé à 6 pans et de l’escargot, ce merveilleux escargot qui assure la rigidité du maintien des parois d’à peu près tous les meubles vendus chez Ikea.

590 millions de visiteurs. Le web 2.0 n’a donc pas le monopole des grands nombres.

Ce succès planétaire est du à Ingvar Kamprad qui a créé Ikea en 1943, à l’âge de 17 ans. Treize ans plus tard, il adopte définitivement les principes qui distingueront la marque de tous ses concurrents, à savoir le montage des meubles par les acheteurs et leur conditionnement en paquets plats, qui les rendent faciles à emporter dans une voiture standard.

Mais ce n’est pas de l’entreprise Ikea que je souhaite parler ici; c’est de l’expérience vécue par tout consommateur de produits Ikea.

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L’illusion de la pédagogie numérique

Publie par christine-vaufrey le novembre 30th, 2011 dans la categorie apprendre, utilisation ressources numériques Tags: , , , ,  •  21 Commentaires

Je lis avec quelques semaines de retard le texte de J.M. Fourgous publié dans Le Monde, intitulé « Oser la pédagogie numérique !« . Pour résumer, M. Fourgous y défend l’idée que le cours magistral n’est plus le mode idéal de transmission des savoirs, et qu’il faut passer à la pédagogie numérique pour intéresser à nouveau les élèves à l’apprentissage.

Ce raccourci me semble dangereux et trompeur.

D’une part, parce que je me demande bien ce qu’est « la pédagogie numérique ». Je connais « l’appareil photo numérique », « la télévision numérique », mais la « pédagogie numérique », franchement, je ne vois pas.  Bien entendu, on comprend que M. Fourgous s’appuie sur l’idée que la société tout entière s’est numérisée (ce qui est faux), et qu’en numérisant l’école, on la rapproche de la vraie vie. Mias cela ne suffit pas à créer une pédagogie. La pédagogie ne se définit pas par son outil, mais par l’activité cognitive et sociale qu’elle met en oeuvre dans la démarche d’apprentissage.

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L’âge de pierre

Publie par christine-vaufrey le novembre 4th, 2011 dans la categorie culture numérique Tags: , , ,  •  3 Commentaires

Il m’arrive de réaliser des interventions dans les universités publiques françaises (ailleurs aussi, mais c’est de celles-ci dont il est question dans ce billet). Interventions courtes, de quelques heures tout au plus, pour apporter un témoignage sur la veille numérique, l’évolution du e-learning, la cohérence pédagogique des dispositifs hybrides de formation, des choses comme ça.

Chaque intervention génère un dossier administratif. C’est comme ça, il n’y a pas de service centralisé qui permettrait aux intervenants de fournir une bonne fois pour toutes les renseignements exigés, et aux services administratifs des universités de disposer de ces renseignements au moment voulu, sans passer par des échanges de mails plus ou moins fluides.

Certaines universités envoient encore des dossiers papier à remplir. C’est comme ça, peut-être les agents vont-ils ensuite scanner ces dossiers, ou saisir à la main dans une base de données informatique les informations qui y sont consignées.

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Alors finalement, les Tice ne vont pas nous sauver ?

Publie par christine-vaufrey le septembre 23rd, 2011 dans la categorie apprendre, enseignement supérieur, utilisation ressources numériques Tags: , , ,  •  7 Commentaires

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais en ce moment, les Tice en prennent plein la tête (cette expression familière remplaçant celle à laquelle je pense mais que je n’oserai jamais écrire dans un blog hébergé par Educpros). Ou plutôt ce sont les évangélistes des Tice qui en prennent plein la tête (deuxième et dernière parenthèse : le substantif « évangéliste » nous venant tout droit des Etats-Unis, ce qui n’étonnera personne, compte-tenu du fait que nous en avons beaucoup moins qu’eux sur nos chaînes de radio et de télévision).

Il me semble que c’est Hubert Guillaud qui a réussi le plus beau feu d’artifice, avec son dernier article sur InternetActu, dans lequel il commente une étude américaine et ses répercussions dans la blogosphère éducative de ce pays. On dirait bien que Guillaud partage les conclusions de l’étude et de ses plus fins analystes, à savoir :

1- Qu’il ne faut pas accorder un crédit excessif aux marchands de technologies scolaires qui savent bien à qui vendre leurs trucs;

2- Que les Tice n’ont pas de pouvoir magique : il ne suffit pas d’inonder les profs et les élèves avec pour que les résultats de l’apprentissage en soit transfigurés; j’ajouterais qu’on peut dire exactement la même chose des livres : enfermez cinq étudiants dans cinq pièces différentes, chacun  avec une pile de manuels de médecine, Revenez trois mois plus tard : certains auront appris beaucoup de choses, d’autres seront passés à la console de jeux, et d’autre pleureront. Pourtant, ils auront tous eu les mêmes livres. MAIS si vous mettez les cinq étudiants ensemble avec les manuels, il y a une taux de probabilité raisonnable pour que tous aient appris quelque chose. Soit dit en passant.

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« Je suis sûr(e) d’avoir lu ce truc quelque part… »

Publie par christine-vaufrey le septembre 21st, 2011 dans la categorie culture numérique, Non classé, utilisation ressources numériques Tags: , , , , ,  •  Pas de commentaires

Ah là là, il y en a des pages, dans Internet. Tant de pages que, même en étant bien organisé, on finit par les perdre. Quand ce ne sont pas les pages elles-mêmes qui disparaissent, d’ailleurs. Avez-vous déjà tenté de retourner sur une page mise de côté deux ou trois ans plus tôt ? Elle a sans doute disparu.

Comment faire pour mettre de côté les ressources intéressantes trouvées sur Internet ? On peut bien sûr imprimer les pages. Et alors, on va les perdre dans son bureau plutôt que dans le web, et finir par les jeter à la corbeille.

Donc, restons dans notre navigateur. On peut utiliser les « favoris » et « signets » que nous proposent Firefox, Chrome, Safari, et celui-dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom, celui du grand Bill. Mais après quelques mois de collecte intensive, quel bazar ! Si l’on a pris le soin de faire des listes, c’est un peu mieux.

Evidemment, lorsqu’on ne travaille plus sur sa propre machine, lorsqu’on est un peu nomade, on n’a pas toujours ses signets ou favoris sous le mulot. Mieux vaut dans ce cas opter pour une solution de bookmarking en ligne.

Bookmarking, ça veut dire « action de poser un signet ». On comprend aisément pourquoi on préférera le terme anglais.

Le bookmarking en ligne, donc. Deux poids lourds dans cette catégorie : Delicious, et Diigo.

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Enseignants, qu’allez-vous montrer à vos étudiants cette année ?

Publie par christine-vaufrey le août 29th, 2011 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur, Formation enseignants Tags: , , , , ,  •  17 Commentaires

La rentrée approche, y compris dans les universités. Dans certaines facs, les étudiants de 1e année sont convoqués dès le 1er septembre, et bénéficieront avant le commencement officiel des enseignements de sessions de sensibilisation aux Tice. Quelques profs auront également cette chance, comme ceux de Lyon 1 par exemple, d’après ce que nous en dit le camarade Batier, du service Icap.

Qui oserait encore proposer des formations aux enseignants sur la confection des diaporamas, les fameux PowerPoint, comme s’il n’existait que ce logiciel pour projeter des diapos dans les amphis ? Tous les enseignants et formateurs devraient aujourd’hui avoir une micro-puce greffée dans leur poignet, qui ferait office à la fois de matériel et de logiciel, ça éviterait des dépenses d’équipement et le transport de matériel. Ceci, car le diaporama est devenu le nouveau bloc-note de l’enseignant ou du formateur, le support sur lequel il note l’essentiel de ce qu’il a à transmettre. Et c’est bien là le problème.

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De la célébrité, et de l’université

Publie par christine-vaufrey le juillet 4th, 2011 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur Tags: , , , , , ,  •  2 Commentaires

Je regardais l’autre soir un épisode de la série américaine Nurse Jackie ( série qui n’a pas, à ma connaissance, encore été diffusée sur une chaîne française mais que l’on trouve facilement en streaming sur Internet, sous-titrée en français), dans lequel on voit un médecin qui se réjouit d’être classé par une revue spécialisée parmi les 25 meilleurs médecins de Manhattan. Les spectateurs de la série comprennent immédiatement qu’i y a anguille sous roche, compte-tenu de la personnalité tourmentée de ce médecin hospitalier. Le secret de sa célébrité tient à deux choses : Twitter et un agent, chargé d’assurer la promotion du médecin auprès de tous ceux qui sont capables de le propulser dans les médias. On comprend donc que cet épisode de série fait pour distraire transmet, comme c’est souvent le cas aux USA, quelques messages réjouissants, dans le cas présent sur la tentation de la célébrité qui touche des gens qui devraient a priori être éloignés de cette préoccupation.

Quoi d’étonnant aux USA, où l’on voit le long des autoroutes d’immenses panneaux publicitaires vantant les mérites de telle clinique dentaire ou de chirurgie ? La santé s’y vend comme les régimes amaigrissants, les voitures… et les séries télévisées. Je me souviens notamment d’un panneau publicitaire pour une clinique pédiatrique sur lequel s’étalait la photo d’un chirurgien sortant de la salle d’opération (masque baissé, regard fatigué, sourire compassionnel, cheveux poivre-et-sel qui attestent de l’expérience…), le genre de type à qui vous confieriez votre gamin sans hésiter, quand bien même il ne serait pas malade.

Encore plus fort, si l’on en croit la série Nurse Jackie, les médecins ont donc la possibilité de prendre un agent, comme les professionnels du spectacle, pour travailler leur réputation et arracher des contrats. Beaucoup plus banal, notre jeune médecin un peu benêt de Nurse Jackie twitte à l’hôpital. Il twitte quand une infirmière lui emprunte un stylo, quand une autre le rabroue, mais aussi quand il établit un diagnostic de mucoviscidose. Le propos est évidemment humoristique mais fort bien tourné, notamment parce qu’il montre la surprise de tous ceux qui entourent le médecin twitter-addict, et qui pose les questions du respect de la vie privée d’une part, de l’éthique médicale d’autre part.

C’est américain et c’est de la fiction, bien sûr. Chez nous, cela ne risque pas d’arriver, évidemment.

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Je ne veux pas être accompagnée !

Publie par christine-vaufrey le juin 15th, 2011 dans la categorie culture numérique Tags: , , , ,  •  5 Commentaires

En France, on a la maladie de l’accompagnement. Et de l’accompagnement en cascade, en particulier. Tout le monde accompagne quelqu’un : le ministère accompagne les universités, qui accompagnent les profs, qui accompagnent les étudiants. Pour quoi faire, tout cet accompagnement ? Pour utiliser correctement les outils et ressources numériques. Oui, vous avez bien lu : tous ces petits sucres d’accompagnement qui tombent les uns sur les autres ont pour point d’arrivée : les étudiants. Marc Zuckerberg était étudiant lorsqu’il a créé Facebook. S’il avait été mieux accompagné à Harvard, il n’aurait pas créé cette compagnie, sans aucun doute, car il aurait eu une conscience aigüe des redoutables périls qui guettent les individus insouciants sur les réseaux sociaux.

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Le prof innovant est-il condamné à la solitude ?

Publie par christine-vaufrey le juin 1st, 2011 dans la categorie Formation enseignants Tags: , , , , , , ,  •  Pas de commentaires

Mercredi dernier (le 25 mai), j’ai eu le plaisir d’animer un #ClavEd consacré au thème suivant : Comment briser l’isolement des enseignants innovants ?

Un #ClavEd ? C’est quoi, ce nouveau truc, avec un dièse devant ?

Un #ClavEd, c’est une conversation dédiée à l’éducation, qui se tient chaque mercredi à 18 heures heure de France (12 heures heure du Québec) sur Twitter. Cette initiative est née au Québec mais a désormais dépassé ses frontières géographiques, puisqu’on y trouve nombre de participants français et d’autres pays francophones. Pour y participer, il suffit d’être inscrit sur Twitter, de suivre les messages de Christine Renaud qui twitte sur le compte @mvc_enseignants et de guetter le démarrage de la conversation… Comme j’ai déjà interrogé Christine pour le compte de Thot Cursus, je vous renvoie à cette interview, qui vous donnera tous les détails voulus sur la naissance de cette opération régulière et je me concentre désormais sur la plus récente édition du #ClavEd, celle de mercredi dernier. Lire la suite »

Comment accompagner les enseignants dans l’usage des outils numériques ?

Publie par christine-vaufrey le mai 12th, 2011 dans la categorie Formation enseignants Tags: , , , , ,  •  4 Commentaires

« Comment faire boire un cheval qui n’a pas soif ? » On attribue cette phrase à Célestin Freinet, qui a trouvé là une belle image pour évoquer la tâche du maître devant les élèves contraints d’aller à l’école alors même qu’ils n’expriment aucun besoin d’apprendre ce qui leur est enseigné. La réponse de Célestin Freinet à cette question, c’est l’Education nouvelle, le projet, la collaboration entre élèves, l’objectif concret qui donne du sens aux apprentissages.

Des « chevaux », il en existe de toutes sortes, dans le monde de l’éducation et de l’enseignement. Ainsi la phrase de Freinet m’est-elle revenue en mémoire en discutant avec les responsables pédagogiques d’une école de langues, qui désespéraient de voir certains enseignants utiliser les outils numériques qui leur semblaient, de manière si évidente, tellement profitables pour préparer et poursuivre les séquences d’apprentissage en présence.

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Universités et réseaux sociaux : vive Avignon !

Publie par christine-vaufrey le mai 4th, 2011 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur Tags: , , , , ,  •  1 Commentaire

Ce billet s’inscrit dans le cadre de la préparation de la conférence Educpros qui se tiendra jeudi 12 mai, et qui sera consacrée aux stratégies d’investissement des réseaux sociaux par les établissements d’enseignement supérieur.

Connaissez-vous l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse ? Ce n’est pas une « grosse » université, pas un monstre de l’enseignement supérieur, mais c’est un établissement qui a de très bonnes idées, notamment pour se faire connaître tout en se différenciant des établissements similaires.

Cette université donc, a eu l’excellente idée de confier une part importante de sa promotion sur les réseaux sociaux à ses étudiants. Ces derniers ont conçu, joué et réalisé des clips rigolos et néanmoins informatifs que l’on peut voir sur le site Choisir Avignon sur Daily Motion et sur YouTube.

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Combien d’années faut-il pour apprendre à lire ?

Publie par christine-vaufrey le avril 28th, 2011 dans la categorie apprendre, utilisation ressources numériques Tags: , , , , ,  •  Pas de commentaires

C’est la question que je me pose, de retour du Burundi. Dans ce pays en effet, la durée moyenne de la scolarité est de 2,7 ans, selon le PNUD. Le Burundi est l’un des pays les plus pauvres, économiquement et éducativement si vous me passez ce terme, du monde. Dans le classement mondial selon l’indice de développement humain du PNUD, il arrive même en-dessous de la Guinée-Bissau, pays où j’ai résidé pendant 3 ans et où je pensais avoir vu le pire en termes de non-développement.

On imagine donc que les enfants vont à l’école quand il n’y a vraiment rien à faire dans les champs (90 % de la population vivant de l’agriculture, survivant plutôt, puisque plus de 50 % de la population souffre de malnutrition), que les parents, vivant avec un revenu moyen de 200 dollars par an n’ont pas les moyens d’assurer la scolarité de leurs enfants. Qui, même s’ils ont fréquenté l’école quelques temps, en sortent le plus souvent sans savoir lire, écrire et compter.

Alors oui, combien faut-il d’années pour apprendre à lire ?

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Internet, révélateur photographique

Publie par christine-vaufrey le avril 16th, 2011 dans la categorie culture numérique Tags: , , , , , ,  •  Pas de commentaires

L’artiste suisse Corinne Vionnet a assemblé des centaines de photos prises par dans les hauts-lieux du tourisme mondial : l’Alhambra de Grenade, la place Tienanmen, le Taj Mahal, les pyramides de Gizeh, etc. Le résultat est assez étonnant. La photo finale de chaque lieu est un peu floue, mais à peine. Preuve que non seulement nous photographions tous la même chose, mais aussi de la même façon.

Je pars demain au Burundi, pour animer une session de formation de formateurs. Ne connaissant rien de ce pays, je cherche des photos sur Flickr. Et je me dis que décidément, nous prenons tous les mêmes photos. des paysages embrumés, blanchis par la lumière crue de l’équateur, cadrés très larges; beaucoup d’enfants, en groupes ou isolés; les inévitables photos humanitaires (ONGs et US Army, cette dernière admirablement Flickr pour adoucir son image); de l’adobe, des vélos, des gens qui transportent des choses bien trop grandes pour leur petite silhouette. Ces photos du Burundi ressemblent à toutes celles que les Blancs prennent en Afrique.

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Montrer ce que l’on sait faire

Publie par christine-vaufrey le avril 6th, 2011 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur Tags: , , , , ,  •  9 Commentaires

Internet est un miroir déformant, notamment pour le domaine de l’éducation.

De par mon activité éditoriale pour Thot Cursus, je suis attentivement les nouvelles en ligne relatives à l’éducation, par le biais des lettres d’information, des réseaux sociaux et des sites eux-mêmes, qu’ils soient institutionnels ou personnels. Or, pour ce qui est de l’enseignement supérieur, je constate qu’en-dehors des sites institutionnels des écoles et universités françaises qui sont essentiellement des sites vitrines, la majorité des contributions traitent de ce que ce secteur d’activité n’a pas, plutôt que de ce qu’il produit. Autrement dit, les acteurs éducatifs dans leur grande majorité préfèrent se plaindre (du manque de moyens, des défauts du numérique, des errances des politiques…) plutôt que valoriser ce qu’ils savent faire. Certains comptes sur Facebook par exemple sont de longues litanies de messages et de commentaires négatifs, qui contribuent certainement à l’ambiance dépressive qui caractérise les débats actuels sur l’éducation.

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Admirations numériques francophones

Publie par christine-vaufrey le mars 31st, 2011 dans la categorie culture numérique, enseignement supérieur, Formation enseignants, Non classé Tags: , , , , , , , , ,  •  7 Commentaires

Le champ des technologies éducatives est dominé par les Anglo-saxons, et les Américains en particulier. On ne compte plus les revues spécialisées, en ligne et gratuites, qui traitent de l’utilisation des technologies de l’éducation et de la communication dans l’enseignement élémentaire, secondaire et supérieur.

Mais il serait dommage, vraiment dommage, de passer à côté des auteurs francophones qui fournissent à tous les praticiens et chercheurs intéressés par la question des TIC en éducation des repères théoriques et pratiques solides.

Je me contenterai ici de citer ceux que j’admire profondément et dont chaque billet ou intervention me donne matière à réflexion.

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Le Mooc à deux voix et quatre mains (#cck11/6)

Publie par christine-vaufrey le mars 24th, 2011 dans la categorie apprendre Tags: , , , , , ,  •  2 Commentaires

La rédaction de cet article est née de l’idée de confronter deux expériences d’apprentissage à distance dans deux dispositifs de Massive Online Open Course (traduction : cours en ligne ouvert et massivement distribué) : le cours « Managing Election Campaigns » de la Peer 2 Peer University et le cours « Connectivism and Connective Knowledge 2011 » de Stephen Dowes et George Siemens, offert en partenariat avec l’Université de Manitoba. Ces deux cours ont en commun d’être délivrés exclusivement en anglais et d’accueillir une cohorte multiculturelle et multilingue d’apprenants. Le cours consacré à la gestion des campagnes électorales s’est étendu sur six semaines, celui sur le connectivisme s’achève prochainement et aura duré 12 semaines.

Les rédacteurs : Tété Enyon Guemadji-Gbedemah a suivi en 2010 le cours consacré à la gestion des campagnes électorales à la P2PUniversity. Christine Vaufrey suit actuellement celui qui traite du connectivisme.

Comme nous nous connaissons bien, travaillons ensemble pour Thot Cursus et partageons nombre de centres d’intérêt liés aux nouvelles modalités d’apprentissage, nous avons décidé d’écrire cet article à quatre mains.

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Le plagiat est-il une arme de destruction massive ?

Publie par christine-vaufrey le mars 11th, 2011 dans la categorie enseignement supérieur, utilisation ressources numériques Tags: , , , , , , ,  •  8 Commentaires

… Et, en tant que telle, va t-il déclencher une guerre, avant que l’on se rende compte de l’inanité du motif du déclenchement du conflit, ce dernier répondant à bien d’autres motifs ?

La guerre semble en effet bel et bien déclarée. Les universités lyonnaises utilisent le logiciel Compilatio qui détecte automatiquement les similitudes entre textes. Des acteurs publics (parfois même des personnes faisant carrière à l’université, comme le montre le cas récent de Louise Peltzer, présidente de l’université de Polynésie ou celui d’Ali Aït Abdelmalek, détaillé dans un billet de Pierre Dubois) tel un ministre allemand, un journaliste romancier français son accusés de plagiat dans leurs oeuvres. En Amérique du Nord, les cas de plagiat aboutissent régulièrement à des exclusions à vie des étudiants fautifs, voire à la déchéance de titre et de fonction d’enseignants universitaires eux aussi convaincus de plagiat.

Le plagiat semble donc bien miner la crédibilité des études universitaires et de la qualité des travaux qui y sont réalisés. Pour lutter contre ce fléau, Madame Pécresse propose (discrètement, sur une page Facebook) une « charte de déontologie sur le plagiat dans les thèses ». Si Madame Pécresse pense que cela va suffire à éradiquer le fléau et à éviter le conflit, nous pouvons lui dire aimablement qu’elle se trompe.

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Le socle commun, ou lorsque les racines sont plus hautes que l’arbre (cck11/5)

Publie par christine-vaufrey le mars 7th, 2011 dans la categorie apprendre Tags: , , , , ,  •  5 Commentaires

Au programme du MOOC sur le connectivisme la semaine dernière, la théorie de la complexité et l’approche systémique. Je me suis dit qu’il allait falloir s’accrocher, qu’avec des noms comme ça, les lectures allaient être vraiment difficiles. C’était vrai. Et encore plus vraie, la difficulté à mettre de l’ordre dans mes idées après ces nouveaux éclairages, ces coups de spot sur des objets dont je croyais avoir fait le tour.

De l’application de la théorie de la complexité au domaine éducatif, je retiens d’abord le rôle du leader, qui est de créer les conditions du changement sans décider de ce qui allait changer. Le changement est opéré par les agents, c’est à dire ceux qui ont le pouvoir d’agir et de transformer le système global, qui est donc auto-organisé.

A l’inverse, dans le système éducatif français, les leaders (inaccessibles à ceux qu’on appelle les acteurs éducatifs de base) décident des contenus des programmes, des horaires dans lesquels il faut étudier ces programmes, de ce qu’il faut impérativement retenir et savoir faire, à quel âge, dans quelle classe, etc. Cette volonté d’organisation centralisée, cette terreur de l’oubli, de l’imprévu, répond à l’ambition d’offrir la même éducation pour tous, et de limiter les risques d’inégalités dues aux performances différenciées des « agents » que sont les directeurs d’établissements et les profs (mais pas les élèves, j’y reviendrai).

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