Six organisations de jeunesse se réunissent à Poitiers pour repenser la démocratie

FOREJE (c) Christophe ParisC’est la rentrée, reprenons les bonnes habitudes !

Dans le cadre de ma CIFRE, j’ai participé au FOREJE, le Forum Européen des Jeunes Engagés, qui a eu lieu à Poitiers les 27 et 28 août.

À l’initiative de six organisations de jeunes ou de jeunesse, l’AFEV, Animafac, Unis-Cité, les Petits Débrouillards, l’ANACEJ et Graines de France, ces deux journées d’échanges avaient pour fil rouge la démocratie.

Le FOREJE a donné lieu à des propositions sur des sujets aussi variés que l’engagement, l’Europe, les politiques de jeunesse, les liens avec l’Université, le service civique, etc. Il a regroupé près de 1000 bénévoles, volontaires et salariés du secteur associatif issus des quatre coins de France mais aussi d’Europe. Le contexte politique n’a évidemment pas joué en notre faveur car l’intérêt médiatique s’est porté essentiellement sur le remaniement gouvernemental, et pourtant il y en a des choses à dire !

Tout d’abord, d’un point de vue sociologique, il est toujours intéressant de voir échanger des jeunes issus de mondes très différents : des étudiants et des non étudiants, des urbains et des ruraux, des Français et des Européens. Cela nous rappelle une chose fondamentale : la jeunesse n’est pas unique, bien au contraire. Et par conséquent, la façon de vivre cette étape de la vie est très différente d’une personne à l’autre.

UN SYSTÈME QU’IL DEVIENT URGENT DE MODERNISER

D’un point de vue politique, cela pose aussi des questions. Nous savons qu’il est très difficile pour une organisation de jeunesse non représentative (qui ne se présente pas aux élections) de voir ses propositions être relayées dans l’espace public, la sphère publique, et plus encore de les voir appliquées. A six, c’est un petit peu différent, voire beaucoup. Je ne suis pas encore en mesure de vous donner les propositions précises qui sont ressorties de ces deux journées de travail car le comité de pilotage de l’événement ne s’est pas encore réuni pour faire le bilan.

Pour ce qui est du système éducatif, le constat est sans appel : il est trop rigide et laisse peu de place à l’éducation non formelle et à ceux qui la portent, à savoir les associations. Si ce constat n’est pas nouveau, il n’en est pas moins juste : le climat qui accompagne la rentrée scolaire nous le montre bien. Les élèves et leurs parents sont angoissés tandis que les anciens élèves sont soulagés à l’idée d’en avoir fini avec ce qui accompagne la rentrée scolaire : l’achat des fournitures, la peur de ne pas être avec ses amis, d’avoir des profs trop stricts, de ne pas réussir à passer en classe supérieure, de ne pas y arriver, de rater sa vie quoi. Je caricature un peu, mais finalement pas tant que ça, car si nous savons aujourd’hui qu’il existe toujours des moyens de s’en sortir, ce n’est pas nécessairement le cas de ces enfants ou adolescents qui n’ont finalement connu que l’école et ses rituels parfois joyeux mais souvent stressants.

Si on parle du système démocratique, le constat n’est pas réjouissant non plus et la question qui se pose après ces deux jours de débat est la suivante : doit-on en finir avec la démocratie représentative au profit d’une démocratie davantage participative ?

Personnellement, je ne suis pas convaincue que la démocratie représentative soit morte mais il est clair qu’elle est en phase critique. Le désintérêt des jeunes et des moins jeunes pour la politique traditionnelle est net, ce modèle ne convient plus. Nos représentants politiques nous semblent trop éloignés, en décalage avec le quotidien de la population. L’idée de déléguer sa parole pendant plusieurs années sans jamais être consulté entre temps est loin d’être une solution suffisante.

UNE DÉMOCRATIE A LA CROISÉE DU PARTICIPATIF ET DU REPRÉSENTATIF

Lors du FOREJE, nous avons entendu le récit d’un adjoint au Maire de Poitiers, un jeune élu qui nous a raconté son engagement à l’AFEV lorsqu’il était étudiant. Sa mission au sein de l’AFEV lui a donné goût à l’engagement, a ouvert son champ de curiosité vis-à-vis des instances démocratiques et l’a incité à s’engager en politique, même s’il s’agit d’une politique plus traditionnelle. Cet exemple montre qu’il existe toujours un lien entre ces différentes formes d’engagement, que ce lien implique une défiance des jeunes ou bien une vision complémentaire.

La complémentarité entre démocratie participative et démocratie représentative est bel et bien réelle, il existe de nombreuses initiatives qui le démontrent. Prenons l’exemple de la Fabrique Citoyenne portée par Animafac. Il s’agit d’une démarche de démocratie participative qui visait à porter la parole des jeunes durant la campagne présidentielle de 2012. Les propositions formulées par les 40 jeunes participants ont été présentées aux représentants des grands partis politiques lors du Forum national des initiatives jeunes le 17 mars 2012, à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle.

On peut aussi évoquer une initiative finnoise cette fois, Ruuti qui cible essentiellement les 13 et 20 ans. Ruuti propose aux jeunes finnois de participer à la vie politique en faisant des contributions sur des sujets variés, en mettant en lien différentes associations. Chaque année, 20 jeunes sont choisis afin de centraliser et de faire remonter les propositions des jeunes aux élus.

Ces exemples nous montrent qu’il ne s’agit pas d’opposer ou de substituer une forme d’engagement à une autre ni d’opposer la démocratie représentative à la démocratie participative. Ces données sont actuellement difficilement quantifiables. Nous y verrons sans doute plus clair à la fin de la thèse, en tous cas, nous l’espérons.

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