Le blog de Claude Lelievre

Derniers billets

Au nom du bac. Mais quel(s) bac(s)?

Le mot baccalauréat serait issu de l’altération du latin médiéval baccalarius, « jeune homme qui aspire à devenir chevalier » et de la reprise de laureare « couronner de lauriers »,  les universitaires parant le front des nouveaux bacheliers de baies de lauriers. Le terme serait apparu au sein de l’Université de Paris au XIIIe siècle, pour désigner un premier grade universitaire avant la maîtrise es Arts ou les doctorats en droit, en théologie et en médecine. On retiendra de ces épisodes que le terme  »baccalauréat » relève initialement du domaine de la noblesse, de la distinction, des lauriers. Et aussi et surtout de l’université. Au début du XXème siècle, un sociologue, Edmond Goblot , traite du baccalauréat sous le titre significatif :’‘la barrière et le niveau. » ; et il affirme que le baccalauréat est un  »brevet de bourgeoisie », une distinction culturelle sociale. Cela n’empêche pas, bien au contraire, que le baccalauréat soit célèbre voire populaire, comme le montre ses désignations raccourcies et familières . A l’instar du certificat de fin d’études primaires (l’autre examen emblématique en France) désigné par le terme de  »certif », voire  »certoche » , le baccalauréat est désigné par le terme raccourci  »bac », voire  »bachot. ». C’est ce qui permet d’aborder un autre thème récurrent quand on… Savoir plus >

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Blanquer, ministre de l’hésitation nationale ? Une simplification du bac compliquée

A Jack Lang qui lui prédisait un  »Vietnam » en raison de son projet de réforme du lycée, Xavier Darcos avait répondu qu’il ne serait pas un  »ministre de l’hésitation nationale ». Dix ans après, cela va-t-il être le cas pour Jean-Michel Blanquer, en particulier pour le bac et le contrôle continu ? A priori, cela devait être clair et sans bavure. Et le 23 janvier dernier, j’écrivais sur  »’Médiapart «  le baccalauréat un nœud gordien à trancher ? Mais, pour accomplir cette tâche historique, il faudrait un Alexandre : Blanquer, ou Macron ? » En effet, Jean-Michel Blanquer (dans un livre) et Emmanuel Macron (dans ses déclarations de candidat à la présidence de la République) ont annoncé de longue date une solution de principe  »tranchante »  : « quatre épreuves terminales », et le reste en « contrôle continu ». Les tenants de ce type de proposition (ainsi que ses adversaires) ont toujours compris  »contrôle continu » dans le sens qu’il a dans l’une des propositions faites par la mission Mathiot. C’est d’ailleurs l’un des trois scénarios proposés : les matières autres que celles figurant dans les cinq épreuves terminales (à savoir les épreuves terminales anticipées de français dès la première ; les deux épreuves sur les deux disciplines choisies en  »majeure » au… Savoir plus >

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Macron : un  »gallo-romain », pas un  »Gaulois »

Face aux populismes qui jouent la carte  »identitaire » des  »irréductibles Gaulois » repliés sur eux-mêmes, Emmanuel Macron a mis en avant lors de son discours en Corse le  »monde méditerranéen » , comme passé et avenir communs. Ce faisant, Emmanuel Macron a repris à nouveaux frais la thèse qui a été développée par Ernest Lavisse (et ses épigones) à partir des débuts de l’Ecole républicaine de la troisième République dans les manuels d’histoire de l’enseignement primaire. On peut la retrouver , dans toute sa  »pureté » ( et sa  »simplicité ») dans les deux premières leçons du manuel d’ « Histoire de France » de Lavisse destiné au cours élémentaire « Autrefois notre pays s’appelait la Gaule. Vous voyez en haut et à droite de la page un Gaulois. Il a les cheveux très longs. Son manteau est fait d’une peau de bête. Si vous rencontriez un homme comme celui-là dans la rue, vous croiriez que c’est un sauvage. Le garçon va suivre son père à la chasse. Il n’ira pas à l’école pour une bonne raison : c’est qu’il n’y a pas d’école en Gaule. Vous, vous ne voudriez pas être ignorants comme ces petits-là » «Vous voyez maintenant une ville gauloise. Vous devez être étonné de voir une… Savoir plus >

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Le fléau de l’Ecole: les parents?

Le 31 janvier, les députées Aurore Bergé et Béatrice Descamps ont sévèrement interpellé les enseignants devant la commission de la Culture et de l’Education de l’Assemblée nationale à partir de leur enquête sur le devenir des recommandations du rapport de 2014 à propos des relations entre l’école et les parents  .Les enseignants ont été accusés de  »diaboliser » les parents, d’écrire des   »remarques désobligeantes voire stigmatisantes dans les bulletins » . Et les deux députées ont mis en garde: « les familles ne peuvent plus être considérées comme suspectes et le temps de la Convention.a vécu » . Eh bien , elles n’y sont pas allées de main-morte ! Il est vrai que, contrairement à une idée répandue, les rapports entre les enseignants et les parents ont de longue date été loin d’être idylliques. Quelques exemples historiques, parmi bien d’autres possibles. « Les parents, ce fléau des écoles, sont convaincus du tort des maîtres. L’enfant indocile répond effrontément aux réprimandes que son maître lui adresse ; et s’il subit une punition ce n’est qu’en menaçant son maître et quelquefois en l’injuriant. Ses parents le soutiennent. Quand le maître, pour mettre une digue à tant d’insubordination veut sévir, l’enfant indocile lui répond fièrement : » je ne veux pas être puni, je… Savoir plus >

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Réforme du lycée et du bac: bis repetita et peau de chagrin?

 En lisant les conclusions de la mission dirigée par Pierre Mathiot, on peut se demander si le processus de réduction en peau de chagrin que l’on a connu lors de la réforme du lycée engagée il y a une dizaine d’années n’a pas d’ores et déjà recommencé. Et pour les mêmes raisons. Nicolas Sarkozy, président de la République nouvellement élu, proclame qu’il faudrait un lycée « où chacun pourrait, selon ses goûts, ses compétences et sans référence à une norme préétablie, construire un parcours qui lui ressemble ». Son ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, annonce en mai 2008 qu’il s’agit de bâtir « le lycée à la carte ». En juillet, il précise que l’emploi du temps des élèves serait composé de modules semestriels d’une cinquantaine d’heures dans l’esprit de ce qui se pratique à l’université. Mais les enseignants des diverses disciplines stabilisées dans les différentes filières s’inquiètent quant à la place (désormais non assurée) que leurs disciplines occuperont dans le nouveau dispositif. Et cela dans un contexte où l’annonce du non-remplacement d’un poste sur deux de fonctionnaires partant à la retraite induit une défiance a priori. D’autant que le chef de l’Etat avait indiqué en avril 2008 que ce n’est pas la… Savoir plus >

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« Apprendre à apprendre ! », le nouveau défi de Blanquer et Dehaene

  C’est ce qui a été mis en avant lors de la conférence de presse du 11 janvier tenue par Stanislas Dehaene (le président du Conseil scientifique nouvellement créé) en présence du ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer. Et c’est l’un des cinq axes choisis pour le travail du Conseil scientifique : « la métacognition, plus simplement  »apprendre à apprendre » : il est intéressant pour les enfants de se comprendre soi-même, de comprendre comment ils apprennent, de maîtriser les stratégies d’apprentissage ». Le mot d’ordre « apprendre à apprendre » a une longue histoire  qui est loin d’être tranquille. Au contraire, il a été l’objet de furieuses controverses. Le choix de cet axe de travail, et en particulier celui de l’expression « apprendre à apprendre » revendiquée explicitement et publiquement, n’a donc rien d’anodin. Il est même, à certains égards, de l’ordre du  »défi ». « Apprendre à apprendre »  est un mot d’ordre pédagogique qui n’est nullement apparu dans le cadre de la mouvance pédagogique de l’Education nouvelle comme on le croit souvent, et encore moins dans le cadre de  »mai 68 » ou du début des années 1980 (des erreurs historiques qui ne sont pas pour rien dans la vivacité des controverses). Mais elles ont pu être partagées voire propagées, entre… Savoir plus >

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Conseil des sages de la laïcité :  »en même temps », ce serait grotesque.

Si l’on en juge par les noms qui circulent avant la réunion de présentation du « Conseil des sages de la laïcité »  qui aura lieu ce lundi 8 janvier, il serait pour le moins incongru (voire grotesque) que certaines des personnalités évoquées siègent ensemble,  »en même temps » comme on dit si bien en ce moment. Par exemple (et ce n’est pas le seul exemple possible..), comment comprendre que Laurent Bouvet puisse envisager (sans renier ses propres professions de foi en faveur d’une stricte et intangible séparation d’avec le religieux quand il s’agit de laïcité) de siéger avec Ghaleb Bencheikh ou Rémi Blague (eux aussi, semble-t-il, nominés, et en tant que représentants experts de telle ou telle confession religieuse) ? Ghaleb Bencheikh, islamologue, théologien, philosophe, est animateur de l’émission radiophonique “Questions d’islam” sur France Culture ; et, depuis l’an 2000, de l’émission Islam sur France 2 . Rémi Brague est un philosophe catholique (spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive) membre depuis 2009 de l’Académie catholique de France, qui intervient volontiers sur  »Radio Courtoisie ». Laurent Bouvet est co-fondateur du  »Printemps républicain » (association créée en 2016 avec le préfet Gilles Clavreul). Professeur de science politique à l’université Versailles-Saint-Quentin (Yvelines), il est le théoricien de « l’insécurité… Savoir plus >

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En attendant Mathiot : quid des 9 propositions du 15 janvier 2009 d’un collectif de 19 organisations ?

On devrait connaître au cours du mois de janvier les conclusions de la mission dévolue à Pierre Mathiot sur les réformes du lycée et du baccalauréat. Dans un contexte du même type (à savoir une mission « d’analyse, de compréhension, d’écoute et de proposition » sur la réforme du lycée confiée à Richard Descoings début janvier 2009 par Nicolas Sarkozy), un collectif de 19 organisations avait rendu publiques le 15 janvier 2009 neuf propositions pour réformer le lycée. Ce collectif regroupait notamment des syndicats d’enseignants (SE-Unsa, Sgen-CFDT), des syndicats lycéens ou étudiants (UNL, Unef, Confédération étudiante), des associations éducatives (Ligue de l’Enseignement), des mouvements pédagogiques (Crap-Cahiers pédagogiques) et des associations d’élus (Association des Régions de France). « 1) L’organisation du lycée est modulaire : modules communs et modules d’exploration en seconde ; modules communs et modules de spécialisation progressive en cycle terminal. 2) Les voies générales et technologiques sont fusionnées. 3) Les modalités de la certification terminale (baccalauréat) tiennent compte de cette nouvelle organisation : les modules sont capitalisés après validation en cours de formation. En plus de cette capitalisation, le baccalauréat fait l’objet d’un nombre réduit d’épreuves terminales et d’une épreuve intégrée représentative du parcours de l’élève. 4) Les modules sont définis… Savoir plus >

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La grande tradition républicaine du libre choix des manuels mise en cause par Blanquer

A la suite des résultats de l’enquête internationale  »PIRLS » sur la lecture, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’il y aurait dans un avenir proche des « recommandations pour choisir entre des manuels qui ne se valent pas tous », en affirmant tout de go que « la liberté pédagogique n’est pas l’anarchie pédagogique » et que la « liberté éditoriale ne doit pas être une anarchie éditoriale ». Bigre ! Cela annoncerait-il le retour à des pratiques qui ont eu cours sous la Restauration ou durant les deux Empires ? En tout cas, il convient de prendre la mesure de la rupture qui s’opérerait avec la grande tradition républicaine, pièces à conviction historiques à l’appui. Le 6 novembre 1879, le Directeur de l’Enseignement primaire Ferdinand Buisson (dans une note adressée au nouveau ministre de l’Instruction publique Jules Ferry) indique qu’ « il y aurait de graves inconvénients à imposer aux maîtres leurs instruments d’enseignement » et qu’ « il n’y en a aucun à leur laisser librement indiquer ce qu’ils préfèrent ». En conséquence, le ministre de l’Instruction publique Jules Ferry signe le 16 juin 1880 un arrêté qui fait largement appel au concours des enseignants. « Art 1 : Il est dressé chaque année et dans chaque département une liste des… Savoir plus >

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Blanquer et la maladie imaginaire

Le ministre de l’Education nationale (  »l’inspecteur gadget » selon  »Marianne ») s’avère incorrigible en brandissant  son épouvantail à moineaux : la méthode globale. Qu’est-ce qui pourrait le guérir : une parodie méritée, le ridicule ? Blanquette.- Je vais de ville en ville, de province en province, pour chercher d’illustres matières à ma capacité, pour trouver des maladies dignes de m’occuper, capables d’exercer les grands et beaux secrets que j’ai trouvés. Je dédaigne de m’amuser à ce menu fatras de maladies ordinaires, à ces bagatelles de fiévrottes, à ces vapeurs, et à ces migraines. Je veux des maladies d’importance, de bonnes fièvres continues, avec des transports au cerveau, c’est là que je me plais, c’est là que je triomphe ; et je voudrais, Monsieur, que vous eussiez toutes les maladies que je viens de dire pour vous montrer l’excellence de mes remèdes, et l’envie que j’aurais de vous rendre service. Professeur des écoles Arguant- Je vous suis obligé, Monsieur, des bontés que vous avez pour moi. Blanquette.- Donnez-moi votre pouls. Ahy, je vous ferai bien aller comme vous devez. Hoy, ce pouls-là fait l’impertinent ; je vois bien que vous ne me connaissez pas encore. Quelle est votre grande référence ? Professeur des écoles Arguant.- Monsieur Roland Goigoux…. Savoir plus >

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