Le blog de Claude Lelievre

Derniers billets

 »Réveillons-nous! Pour un monde plus juste ».

C’est le titre d’un livre qui est paru récemment chez  »L’Harmattan » et qui fait partie en fait d’une trilogie dont l’auteur principal est le sociologue Gabriel Langouët. Il a travaillé pour cet ouvrage avec Dominique Groux, professeure émérite en sciences de l’éducation et présidente de l’Association française d’éducation comparée. Dans son livre paru aussi chez L’Harmattan, en 2011, sous le titre « Les inégalités entre Etats et populations de la planète. Trop c’est trop! ») Gabriel Langouët s’était emparé, avec la rigueur qu’on lui connaît, de statistiques plus ou moins éparses concernant 182 pays pour scruter et ordonner les inégalités face à l’espérance de vie ou quant à l’accès aux biens indispensables à la vie ou à la survie (de la nourriture aux soins médicaux),et, bien sûr aussi, les inégalités quant à l’accès des jeunes et des adultes à l’éducation. Et il avait alors procédé à une mise à l’épreuve serrée (et finalement à une validation ) de l’Indice de Développement humain qui a été construit selon les orientations théoriques du prix Nobel Amartya Sen (sur trois composantes : le Produit intérieur brut par habitant, l’espérance de vie et le taux d’accès à l’instruction), en mesurant les effets séparés puis combinés des trois… Savoir plus >

Les mouvements lycéens existaient déjà sous Jules Ferry

A partir de la condamnation de certaines formes d »’action » qui peuvent être effectivement inacceptables, certains en viennent à s’en prendre à la légitimité même de l’existence d’organisations lycéennes en croyant sans doute que c’est l’effet d’un laxisme actuel post-soixante-huitard. Bien à tort! Par exemple, en réponse à un tweet de Luc Cédelle (journaliste au « Monde ») qui réagissait à juste titre à l’annonce d’un incendie dans un lycée lors d’une manifestation près de Toulouse : « un jour ou l’autre un drame peut advenir du fait de cette forme de  »lutte » qui rencontre une complaisance insensée », René Chiche (un dirigeant du syndicat d’enseignant nouveau venu « Action et Démocratie ») n’a pas hésité à tweeter : « ce qui est insensé, c’est d’encourager les lycéens à manifester au lieu d’étudier; ce qui est insensé et même ridicule, c’est de leur faire croire qu’il y a un syndicalisme lycéen« . Eh bien ce qui est d’abord frappant en l’occurrence, c’est l’absence (ridicule?) de recul historique de René Chiche Pages 34 et 35 de mon livre « Histoires vraies des violences à l’école » (paru chez Fayard en 2007): « Quelques mois avant la grande révolte du lycée Louis-le-Grand de janvier 1883, le premier congrès des lycéens du Sud de la… Savoir plus >

Castaner choisit Sarkozy plutôt que Bayrou. Court historique des policiers à l' »Ecole

Castaner vient de déclarer qu’il « n’exclut pas la présence physique de forces de l’ordre à l’école » ( »avec l’accord du chef d’établissement  » a-t-il précisé par la suite). Ce faisant il choisit la position de Sarkozy à laquelle s’opposait Bayrou dans une querelle historique passée (mais pas dépassée; et en un sens qui en dit long sur le tropisme gouvernemental actuel) Retour en arrière. La question de la violence à l’Ecole est très présente – et plus que jamais – durant la longue campagne de l’élection présidentielle de 2007. Dès février 2006, Nicolas Sarkozy s’empare de ce thème et le développe longuement en appelant à la ‘’mobilisation ». Et, comme il l’avait déjà fait dès janvier 2004, Nicolas Sarkozy appelle de façon réitérée à l’installation permanente de policiers dans les établissements qui en feraient la demande. François Bayrou se démarque très tôt de lui, dès la clôture du colloque sur l’éducation organisé par l’UDF le 11 mars 2006 : « retrouver un collège paisible, cela ne se fera pas avec des policiers dans les établissements scolaires, car si nous acceptons l’idée que la loi de l’école est la même que celle de la rue, alors l’école a perdu. Les valeurs de la rue, c’est… Savoir plus >

Banco Blanquer: pour de vrais états généraux de la sécurité à l’école!

On peut reprendre la tribune que j’avais publiée dans  »Le Monde » en vue des  »Etats généraux de la sécurité à l’école » organisés en avril 2010 par le ministre de l’Education nationale Luc Chatel ( et son DGESCO Jean-Michel Blanquer) Il faudrait une révolution copernicienne pour réussir les Etats généraux, par Claude Lelièvre LE MONDE | 02.04.2010 à 13h51 • Mis à jour le 02.04.2010 à 13h51.Enseignants et élèves sont confrontés à des situations de plus en plus tendues dans les établissements scolaires. Le ministère de l’éducation réunit les 7 et 8 avril des états généraux pour tenter de trouver des remèdes à ce fléau. « Pour que l’on ait de véritables Etats généraux de la sécurité à l’école, il faudrait sans doute que soient rédigés par tous les intéressés des « cahiers de doléances », et que l’on aboutisse à une « révolution copernicienne » dans le traitement du problème. La guerre, dit-on, est chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains des militaires ; il serait fâcheux de laisser les violences scolaires uniquement entre celles des experts. Il apparaît d’ailleurs que le premier d’entre eux, Eric Debarbieux, président du conseil scientifique installé par le ministre de l’éducation nationale, convient que les intéressés doivent… Savoir plus >

Gabriel Attal, secrétaire d’Etat. Un cadeau?

Ce jeune homme vient d’être nommé secrétaire d’Etat à  l’Education et à la Jeunesse auprès de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education et de la Jeunesse. Est-ce un cadeau pour lui et Blanquer? A voir! Gabiel Attal est né en 1989. Il a étudié à l’Ecole alsacienne, puis à Sciences Po de 2012 à 2017. Il a obtenu un master en affaires publiques et une licence de droit à l’université Assas. Il a été membre du PS de 2006 à 2016, membre du cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine de 2012 à 2017. Gabiel Attal a rejoint la » République en marche » à sa création, et il a été élu député en 2017 dans la dixième circonscription des Hauts de Seine. Gabriel Attal était membre de la Commission permanente des Affaires culturelles et Education. Il a écrit le rapport n’ 46 de la Commission concernant le  »projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants » qui commence ainsi: «  l’Assemblée nationale est aujourd’hui saisie d’un texte important, probablement fondateur, dans le sens où c’est la première fois que sont réellement tirées les conséquences d’un processus maintenant ancien, celui de la massification de l’enseignement supérieur et de… Savoir plus >

Blanquer: sans foi ni loi? Un tournis historique pour faire la loi.

Alors qu’il avait promis qu’il n’y aurait pas de loi »Blanquer », le ministre de l’Education nationale présentera un projet de loi le lundi 15 octobre devant le Conseil supérieur de l’Education. En l’occurrence, il est sans foi sinon sans loi, la sienne. Il ne veut pas faire simplement une loi, mais la loi; avec le moins de contrôle possible ( suppression du CNESCO). A son entrée au ministère de l’Education nationale, et alors que personne ne lui demandait rien à ce sujet, Jean-Michel Blanquer a fait une profession de foi très appuyée le 26 mai 2017: « il n’y aura pas de loi Blanquer, et j’en serai fier ». Une posture de distinction (par rapport à ses prédécesseurs) déjà quelque peu outrée, comme je l’avais noté dans un billet sur Mediapart en date du 29 mai 2017: « Au total, durant toute la cinquième République, seulement sept ministres de l’Education nationale ont donné leur nom à une loi scolaire . Sept sur les trente quatre qui se sont succédé ! Jean-Michel Blanquer  »surfe » (à bon compte!) sur l’idée (répandue, mais fausse) que chaque ministre de l’Education nationale n’a de cesse de donner son nom à une loi (alors que seulement un sur cinq l’a fait…)…. Savoir plus >

Zemmour, Meirieu et la  »modernité »

Zemmour a dévoilé sans le savoir ce qui était en jeu dans dans sa critique au vitriol de « La Riposte », le dernier ouvrage de Philippe Meirieu: la  »modernité ». Par delà le caractère ignoble de certaines de ses affirmations (contre-vérités péremptoires ou approximations pernicieuses à propos de la personne même de Philippe Meirieu et de son parcours) que l’on est tenté de traiter purement et simplement par le mépris, Eric Zemmour a montré que son opposition violente reposait sur un contresens historique et surtout allait à contre-sens de la  »modernité ». Et là , cela vaut le coup de s’y arrêter quelque temps. Dans son article paru dans le » Figaro » du 27 septembre dernier, Eric Zemmour n’est pas remonté assez loin dans le temps pour saisir les racines historiques du  »pédagogisme » et de  »son pape », Philippe Meirieu. Et pourtant ce n’est pas faute de lui avoir consacré le coeur de son article: « Mai 68 n’est pas à l’origine du pédagogisme mais son triomphe […] Le pédagogisme est, comme toute idéologie, dépendant des conditions historiques de sa naissance, en l’occurrence les années 1920, après la première Guerre mondiale: le pédagogisme sera donc pacifiste, humaniste, internationaliste, socialiste […]. Comme par hasard la mutation antiautoritaire… Savoir plus >

« L’Ecole ». Un ouvrage extra-ordinaire

C’est « un guide complet pour découvrir l’histoire et l’organisation du système éducatif »’. Et il tient ses promesses , ce qui est pourtant une gageure en moins de 200 pages et plus de 350  »entrées ». Cet ouvrage qui n’a pas d’équivalent a été rédigé par Philippe Simon (un instituteur devenu journaliste, spécialiste reconnu de l’éducation à la rédaction d’Ouest-France) et Clotilde Simon (conseillère principale d’éducation dans un lycée polyvalent de l’académie de Créteil). Il vient d’être publié aux Editions Eyrolles et il peut être d’un grand secours pour chacun (usager ou acteur de l’Ecole; ou même spécialiste de son histoire ou de son organisation sur tel ou tel point…). Cela tient d’abord à la myriade d’entrées qu’il propose (et qui donne une représentation rare et précieuse de l’extrême variété des questions et faits scolaires) . Cela tient aussi à des regroupements d’entrées qui sont rarement empruntés . Dans les douze  »chapitres » , par delà des regroupements plus classiques (tels que  »l’école primaire »,  »le collège »,  »le lycée », les  »études supérieures »), on peut citer par exemple  »la place des adultes dans l’école »,  »l’enfant à l’école »,  »gestion et évaluations »,  »les enjeux de l’école » ou » l’école face à ses difficultés ». On se doute, compte-tenu du… Savoir plus >

Les recteurs: vers la fin d’une histoire extraordinaire?

Faire coïncider le territoire de chaque académie avec une (grande) région et  »décréter » qu’il pourrait y avoir désormais 40 % de recteurs recrutés sans l’obligation d’être titulaire d’une habilitation à diriger des recherches ou de justifier d’expérience dans l’éducation signe la  »banalisation » de l’administration de l’Education nationale. Le projet de décret sur la nomination des recteurs qui vient d’être présenté au Conseil supérieur de l’éducation n’a recueilli aucun vote positif et et a obtenu 49 votes contre. Une rare unanimité négative, quasi-historique elle aussi…Mais il est présenté  ce mercredi 3 octobre au Conseil des ministres: passage en force et urgence ( pour qui)? A partir de Napoléon I, le territoire national a été divisé en académies (une par Cour d’appel ), à la tête desquelles ont été placés des recteurs. Il est remarquable que l’Empereur – qui a pourtant mis en place la forte présence des préfets dans les départements – ne veut pas que l’administration de l’Ecole relève de l’administration commune : les enseignants et les chefs d’établissements sont responsables devant une instance – l’académie et son recteur – qui n’a pas d’équivalent ( les régions n’existent pas encore, et les départements sont à un échelon inférieur ). Napoléon… Savoir plus >

Giordan et Dehaene: « Apprendre! »

  Deux ouvrages au même titre ( »Apprendre! ») sont parus à vingt ans d’intervalle. Et ce n’est nullement anecdotique. Le premier ouvrage est paru en 1998, il y a tout juste vingt ans. Il a été écrit par André Giordan , une figure historique de la mouvance dite  »pédago’‘. Plus précisément, André Giordan est agrégé en biologie, spécialiste de la physiologie des régulations et de la didactique des sciences. Il est surtout connu pour son nouveau modèle de l’apprendre, le modèle  »allostérique ». En 2015, il a publié aux éditions Librio un ouvrage qui a eu un grand succès de librairie:  »Apprendre à apprendre Le second ouvrage vient de paraître. Il a été écrit par Stanislas Dehaene, directeur de l’unité de neuroimagerie cognitive, unité mixte INSERM-CEA à NeuroSpin5 dans l’Essonne et professeur au Collège de France à la chaire de psychologie cognitive expérimentale4. Depuis janvier 2018, il préside le Conseil scientifique de l’Education nationale créé à l’iniative du ministre de l’EN Jean-Michel Blanquer (dont il est considéré comme un proche) . Ce conseil scientifique est censé éclairer les décisions du ministre concernant les apprentissages, et la pédagogie ad hoc à mettre en place. Sur son compte  »Facebook », Andé Giordan a réagi d’une… Savoir plus >