Le blog de Claude Lelievre

Un développement démenti de l’EPS dans le Supérieur?

Fin octobre, le SNEP a adressé à la ministre de l’enseignement supérieur une lettre pour s’inquiéter du décalage entre une politique de développement affirmée et les moyens envisagés.

 

Le rapport paru le 20 mai 2009 sur « Le développement du sport à l’université » rédigé par le professeur Gérard Auneau et le sportif Stéphane Diagana a mis l’accent ( p.123 ) sur le fait que le « rapport Fabre, commandé par Lionel Jospin, alors ministre de l’Education nationale, n’avait jamais connu de suite », tout en considérant que le contexte actuel « semble différent : la volonté politique de trois ministres [ Valérie Pécresse, Roselyne Bachelot et Bernard Laporte ] s’est matérialisée, se confirme et se traduira par des décisions concrètes ».

 

Trois mois plus tard, le 15 juillet 2009, Valérie Pécresse ( ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ), lors de son intervention devant le Conseil national de l’enseignement supérieur s’est prononcée on ne peut plus explicitement : «Je sais que pour réussir, nos étudiants ont besoin non seulement de s’épanouir sur le plan intellectuel, mais également sur le plan personnel. C’est pourquoi je serai particulièrement attentive à cette question au cours de l’année qui s’ouvrira bientôt. Deux questions me tiennent à cœur. Tout d’abord la place du sport à l’université. Le professeur Gérard Auneau et Stéphane Diagana m’ont fait, il y a quelques mois, des propositions pour lui donner toute sa place dans nos établissements. Je souhaite que nous les suivions, en consacrant notamment un principe simple : tout étudiant de licence doit pouvoir choisir une pratique sportive comme enseignement optionnel ».

 

Dans ces conditions, on ne devrait pas s’étonner outre mesure de l’interpellation faite trois mois plus tard par le SNEP-FSU ( Syndicat national de l’éducation physique affilié à la FSU ) dans sa lettre adressée le 22 octobre à Valérie Pécresse.

Suite au projet de loi de finance 2010 qui est discutée dans les assemblées parlementaires, le SNEP s’inquiète d’abord de l’absence totale de financement identifiable sur le programme 231 ‘’Vie étudiante’’ concernant le développement du sport à l’université, et plus précisément de « l’absence de financement identifié pour les service universitaires ( et interuniversitaires ) d’activités physiques et sportives, contrairement au projet de loi de finance de 2009 où le montant identifié était de 4,3 millions d’euros ( somme identique depuis 18 ans ! ). Est-ce là la traduction concrète de vos discours depuis votre prise de fonction sur la nécessité de développer le sport à l’université comme moyen d’équilibre et de formation de l’étudiant ? »

 

Puis le SNEP se situe dans le prolongement du rapport de Gérard Auneau et Stéphane Diagana, ainsi que du discours de Valérie Pécresse au CNESER, pour que des développements de moyens afférents soient dûment ciblés : « Nous avons acté positivement vos propos concernant la volonté de développer le sport à l’université et dernièrement, par exemple, devant le CNESER du 15/07/09, sur la généralisation du sport optionnel dans le cursus de licence et sur le volonté de suivre le rapport et les sept propositions de la mission interministérielle Auneu-Diagana. Mais ne jamais traduire vous propos et propositions par des moyens spécifiques revient au final à décrédibiliser toujours davantage le sport dans la communauté universitaire. Ce sport à l’université que tous les rapports, depuis 1991, décrivent comme souffrant d’un manque de reconnaissance institutionnelle et d’un déficit de moyens, principaux obstacles à son développement ».

 

Et le SNEP de conclure par un constat et une proposition : « En parallèle de votre discours sur l’autonomie des universités, et dans le même temps, vous annoncez des politiques ciblées assorties de plans et moyens fléchés ( plan campus, « cordée réussite », …). Le SNEP vous demande donc un plan exceptionnel qui se traduise dans le projet de loi de finances 2010 à la fois en termes de crédits, de postes d’enseignants et d’investissements dans des équipements sportifs »

Attendons donc la suite. C’est en effet un dossier à suivre, de toute évidence, avec quelque curiosité.

Be Sociable, Share!

Commentaire (1)

  1. Olivier R

    D’accord évidemment, mais si on remplace « Pratique sportive » par « Pratique artistique » le sujet tient aussi bien. Et pourtant, la situation de la première est incomparablement meilleure que la situation de la seconde.

    Je crains que certains arguments soient plus ceux de défenseurs du sport que de défenseurs de l’épanouissement personnel. La position totalitariste qui consiste à dire que l’épanouissement ne peut passer que par le sport m’effraie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.