Le blog de Claude Lelievre

La fraude aux examens universitaires

Plus de 4400 fraudes aux examens de juin 2009 ont été dûment enregistrés en Grande Bretagne  contre 4100 en 2008, selon le « Dayly Mirror » du 3 février. En France, seulement  quelque 200 à 220 cas du même genre ont été recensés annuellement par le ministère de l’Education nationale ces cinq dernières années.

Le « Daily Mirror »  prend soin de préciser que le nombre de ces fraudes recensées en Grande Bretagne – vingt fois plus élevé qu’en France – ne concerne que 0,03 % des examens passés par les étudiants britanniques.
Mais il n’y a pas lieu de s’en réjouir trop vite pour autant, si on a clairement à l’esprit certaines pages du rapport de l’Inspection générale sur « L’évaluation des étudiants à l’université : point aveugle ou point d’appui ? » qui a été remis à la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse en juillet 2007.

Ce rapport indique noir sur blanc que « la mission d’inspection a constaté un écart important de perception du phénomène selon qu’elle interrogeait les professeurs et personnels administratifs ( qui la minimisaient ) ou les étudiants ( qui en faisaient une évocation inquiétante ) pour ce qui concerne la fraude traditionnelle aux examens ’’sur table’’. S’agissant de la fraude pas plagiat sur internet, l’appréciation des uns et des autres était à peu près inversée ».
Et le rapport souligne que « selon des enquêtes diverses effectuées depuis une décennie, il apparaît que les phénomènes de fraude en examens sont massifs à l’université : les étudiants interrogés vont jusqu’à estimer de 25 à 50 % la part des étudiants qui y recourent ».

Faut-il être préoccupé par cela ? La mission d’inspection « répond positivement, sans hésitation : en effet la question de l’authenticité des prestations des candidats, de leur honnêteté et de l’égalité des conditions de composition n’admet pas de discussion ; et il est d’autre part certain qu’à partir du moment où la concurrence entre les formations sera plus vive, où les diplômes universitaires seront plus recherchés, la fraude tendra à se développer, y compris sous ses nouvelles formes, et viendra saper une large partie des efforts de valorisation réalisés par les universités »

In fine le sous-titre de cette partie du rapport ( « les modalités traditionnelles des fraudes ne reçoivent pas de réponse plus adaptée que leurs formes les plus récentes » ) sonne comme une mise en garde, et même un appel. A-t-il été entendu ? Sera-t-il entendu ?

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Commentaires (7)

  1. Jean-Pierre Nioche

    Vous avez mille fois raison de rappeler ce problème. Mais il est clair que l’appel lancé dans ce rapport, il y a deux ans et demi, n’a pas été entendu. Strictement rien n’a été fait par le ministère. La question n’est même pas considérée comme un problème méritant examen par l’AERES. La CPU n’a pas réagi. Seules quelques universités ont pris quelques mesures (ex. Paris 2).
    Or l’extension de la fraude aux examens dans les universités françaises contribue à la dégradation de l’image de celles-ci, y compris auprès de leurs propres étudiants. Le pire est l’effet produit sur leur image internationale. Les étudiants anglo-saxons ou scandinaves sont particulièrement choqués par ces pratiques, qu’ils racontent ensuite dans leurs universités d’origine.
    Sur la lutte contre la fraude et particulièrement le plagiat, je signale la très intéressante initiative de Michèle Bergadaa, Professeur à l’Université de Genève (http://responsable.unige.ch/index.php?main=b-21-1).

  2. Marion Daniel

    Bonjour,

    L’ampleur de se phénomène doit en effet être pris en considération pour permettre aussi aux enseignants d’assurer un système d’évaluation plus juste.
    Notre société en réponse à cette problématique propose une solution capable de détecter les similitudes. Il s’agit d’un logiciel qui permet de comparer le contenu des travaux rendu par les élèves avec les sources présentes sur internet.
    Je vous propose d’aller consulter notre site:http://www.compilatio.net/fr/
    Si vous le souhaitez nous pouvons avoir un échange sur la manière dont nous pourrions proposer notre solution aux établissements scolaires.

  3. andré

    Mais cela a existé de tous temps!

  4. Marc

    ici aussi en Russie c’est pas mal non plus sur un journal le courrier de russie on décris les différent cas les plus courant et pourquoi des examen ne sont pas forcement la solution

  5. Marc

    http://www.lecourrierderussie.com/2011/06/30/russie-aussi-triche-encore/ voici le lien ou l’on peu lire c’est cas de triche assez halicinante

  6. Jeux de Mario

    Fraude, triche : il y a certes une réalité derrière ces mots.
    Cependant, les chiffres me semblent exagérés !

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