Le blog de Claude Lelievre

CAPES de Lettres classiques ( suite )

A la suite du vote d’une motion par le jury du CAPES de Lettres classiques contre les nouvelles modalités du concours, sa vice-présidente a fait l’objet d’un rappel à l’ordre par le ministère de l’Education nationale au nom même de l’une des nouvelles épreuves du CAPES ( » Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable  » ).

Le jury du Capes de Lettres classiques a adopté le 31 janvier une motion ( 29 pour, 1 abstention, 6 non-participations au vote ) dans laquelle il a notamment déclaré que  » le jury ne peut accepter de voir les deux épreuves actuelles de version ( latine et grecque ) fondues en une seule épreuve ‘’fourre-tout’’, dont personne ne peut raisonnablement prétendre qu’elle permettra de vérifier conjointement les aptitudes du candidat en version latine, en version grecque et en explication de texte latin ou grec. La solution adoptée pour maintenir le grec et le latin à l’écrit étant à la fois peu sérieuse et d’une invraisemblable complication, le jury demande instamment, au nom de la sauvegarde des humanités, la restauration de trois épreuves écrites et de trois épreuves orales pour le Capes externe de Lettres classiques « .

 

La  » Coordination nationale des associations régionales des enseignants de langues anciennes « , vient de publier un communiqué de presse au titre éloquent (  » Mise au pas des fonctionnaires  » ) et d’une teneur très significative.

 

 » Le 28 décembre 2009, le ministre de l’Education nationale a signé une série d’arrêtés fixant les nouvelles modalités d’organisation des concours de recrutements d’enseignants, introduisant une réduction drastique du nombre d’épreuves, mais créant dans tous les concours externes, quelles que soient la nature du concours et la discipline, une nouvelle épreuve orale identique intitulée  » Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable « . A quoi sert-elle ? peut-on se demander.

La réponse a été fournie incidemment par le ministère lorsque le jury du CAPES de Lettres classiques a voté en janvier dernier une motion protestant, en des termes très modérés, contre la suppression de plusieurs épreuves de ce concours, ce qu’il jugeait néfaste à la qualité de la formation des futurs enseignants. La vice–présidente du jury, Professeur d’université, a été immédiatement convoquée au ministère, où on lui a fait savoir qu’elle n’avait pas à exprimer son opinion sur les modalités du concours, et encore moins à les contester, une telle attitude étant incompatible avec sa fonction. On lui a signifié qu’une nouvelle déclaration semblable de sa part serait considérée comme une demande d’être relevée de ses fonctions.

Evoquant cette affaire dans un autre cadre, un conseiller du ministre a blâmé la démarche du jury du CAPES de Lettres classiques comme  » non correcte  » et  » ne correspondant pas à l’éthique du fonctionnaire « , et s’est félicité de l’introduction dans tous les concours de la nouvelle épreuve  »  Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable « .

Devant cette manœuvre visant à réduire au silence une fonctionnaire qui a commis le crime de manifester son désaccord avec une réforme également rejetée, par ailleurs, par la majeure partie de la profession, de nombreux soutiens ont été apportés à la vice-présidente de ce jury ( cf le site

http://www.fabula.org/actualites/article36332.php

).

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