Le blog de Claude Lelievre

CAPES: quelques dessous des cartes

C’est du moins ce que l’on peut sans doute saisir dans le compte-rendu semi officiel d’une audience au ministère de l’éducation nationale à propos de la ‘’mastérisation’’. Et cela dans un contexte où un certain nombre de syndicats  ont déposé plusieurs recours au Conseil d’Etat contre la réforme de la formation des enseignants.

Ce compte-rendu relate de façon détaillée l’audience d’une délégation d’une UFR auprès du conseiller aux affaires pédagogiques au cabinet du ministre, et d’un inspecteur général, conseiller auprès du ministre, sur ce type de questions.

«  Ils ont insisté sur l’égalité de tous les candidats devant le concours, alors que la délégation faisait remarquer que les nouveaux candidats ne pourraient pas bénéficier d’une préparation pour la session 2011 dans notre UFR. Le conseiller auprès du ministre s’est étonné que nous ne puissions pas organiser une préparation puisque nous disposions de ‘’mai, juin, juillet, août, septembre et octobre, soit presque six mois’’ pour préparer les candidats ». La délégation a alors fait valoir que les charges de l’UFR ( examens de juin, session du CNED, etc ), l’occupation des locaux, et l’absence d’un financement prévu pour cette préparation rendaient impossible la mise en place d’une telle formation. Par ailleurs, le conseiller auprès du ministre « a précisé que le changement de calendrier avait pour objectif de libérer la période de printemps pour les stages ».

La seconde question de la délégation a porté sur « l’impossibilité de fabriquer des maquettes satisfaisantes, incluant à la fois recherche, stages et préparation au concours. Les conseillers ont répondu que « la mastérisation est le résultat d’un ‘’compromis’’ ayant abouti 1) à l’anticipation des épreuves 2 ) à la non professionnalisation et au maintien des épreuves disciplinaires. Le ministère n’envisage pas que les masters proposés soient des masters professionnels, mais des masters recherche ».

Le conseiller du ministre a souligné que « les stages sont facultatifs pendant le master ». Et il a indiqué que « les recteurs sont les ‘’employeurs’’ des néo-titulaires. Il leur incombera de gérer la situation ». Enfin, il a annoncé que «à la fin de la première année d’exercice, les lauréats passeront devant un jury qui examinera leur titularisation : cela devrait être précisé dans un arrêté à venir ».

On vient d’apprendre par ailleurs que plusieurs syndicats de la FSU ( dont le Snuipp et le Snes) ont déposé mardi dernier un recours en annulation assorti d’un référé-suspension contre la circulaire publiée le premier avril sur l’accueil , l’accompagnement et la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées lors de leur première année d’exercice. Le Snes a souligné que « la circulaire du premier avril ne mentionne pas les IUFM, alors que la loi Fillon de 2005 prévoit que la formation se fait à l’IUFM. Elle est donc illégale ».

De leur côté, mercredi dernier, la FCPE, Sud-éducation et Sauvons l’université ont conjointement déposé six requêtes en annulation assorties de référé-suspension contre cette circulaire du premier avril, ainsi que contre des arrêtés du 5 mai relatifs aux différents concours de recrutement ( professeur des écoles et Capes notamment ). A suivre avec la plus grande attention, car le Conseil d’Etat a confirmé que ces recours ou requêtes en annulation, dûment assortis de référé-suspension, avaient bien été déposés.

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