Le blog de Claude Lelievre

Concours de recrutement de professeur des écoles

En examinant les résultats aux concours de la session 2009, et en les comparant à ceux des sessions antérieures, on peut  noter quelques évolutions majeures qui sont loin d’être anodines.

En 2009, 7905 postes ont été ouverts aux concours de recrutement de professeurs des écoles publiques contre 11909 en 2008. 46236 candidats se sont présentés en 2009 aux épreuves ( contre 49450 en 2008) : 16 326 ont été déclarés admissibles et 7728 ont été admis ( soit un taux de réussite globale – tous concours confondus – de 16,7%, contre 22,6% à la session précédente ).

Si l’on veut avoir une idée des chances de réussite au concours externe ( 41874 présentés et 6609 reçus à la session de 2009 ) et les comparer à celles qui ont existé à la session précédente, il y a eu en moyenne 1,6 candidats de plus par poste offert au concours externe par rapport à la session précédente : ce chiffre est  en effet passé de 4,9 en 2008 à 6,4 en 2009 ( le taux de réussite  passant de 21,1% à 15,8% soit une baisse de 5,3% ).

La baisse de réussite a été particulièrement sensible pour certains types de diplômés : en informatique ( -9,7% points ), sciences sociales, géographie ou biologie/géologie ( -6,6% ). Cette baisse a été légère pour d’autres : chimie ( -3,1 ), sciences économiques ( -2,4 ). Les diplômés de physique ont même eu une réussite très légèrement supérieure à celle enregistrée en 2008 ( +0,2 points ).

Le taux de réussite des candidats issus des IUFM a continué à être nettement plus élevé ( 25% ) que celui des candidats non issus des IUFM  ( 10% ) en cette session 2009, même si l’on constate une chute significative de ce taux de réussite qui passe d’environ 35% les 5 années précédentes ( à l’exception du pic de l’année2005 : 42% ) à 25 % en 2009 ( le taux de réussite des candidats non issus des IUFM passant d’environ 14% ces années là, à 10% en 2009 ).

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Commentaires (5)

  1. Pedro Cordoba

    Le dernier paragraphe de Claude Lelièvre est encore plus intéressant si l’on cite intégralement la « note d’information » du MEN :

    « L’efficacité de la préparation en IUFM diminue depuis 2005.

    L’avantage de la préparation en IUFM est de moins en moins net. Le taux de réussite des candidats issus de d’IUFM a perdu près de 17 points entre 2005 et 2009, passant de 41,6 % à 24,9 %, contre une perte de 3,5 points pour les autres. Dans certaines académies telles que Clermont-Ferrand, Limoges et la Guyane, l’écart entre le taux de réussite des candidats issus d’IUFM et celui des autres candidats a baissé de plus de 20 points entre 2005 et 2009. Dans l’académie de la Guyane, cet écart atteint même 29 points : le taux de réussite des étudiants ayant suivi une formation en IUFM a baissé de – 65 % contre une diminution de 23 % pour les autres candidats. En 2009, dans cette même académie, le taux de réussite des candidats sortant d’IUFM est inférieur à celui des autres candidats. »

    En réalité et si l’on considère les choses dans la longue durée, et pas seulement depuis 2005, l’efficacité des préparations IUFM n’a cessé de baisser depuis leur création (premier concours en 1991)sauf année exceptionnelle qui n’invalide pas la tendance générale. Il serait judicieux de se demander pourquoi et, une fois la réponse apportée, en déduire ce qui va se passer avec la mastérisation. Je suis prêt à parier que d’ici quelques années, la part des titulaires d’un vrai master augmentera nettement aux dépens de ceux qui auront un « master professionnel d’enseignement ».

  2. miastecko

    Nota : en mathématiques, et probablement dans les autres matières, la préparation au concours des étudiants inscrits en IUFM a lieu à l’Université, et est assurée par des enseignants issus de l’Université, non de l’IUFM (même si les IUFM ont souvent maintenant le statut d’école interne à l’université, les enseignants de l’IUFM assurent rarement plus de 10 à 15% de la préparation). Les résultats au concours sont donc à imputer à la formation reçue à l’université. L’IUFM intervient pour la formation professionnelle, essentiellement.

  3. Gramain

    Pour comparer la baisse des taux de réussite des candidats issus des IUFM ou non, ce n’est pas une différence qu’il faut faire, mais un quotient !
    Il se trouve que 10/14=25/35=0,714… et donc que la baisse de réussite des deux types de candidats est exactement la même : pour les deux catégories de candidats le taux de réussite a baissé de 29%. On ne peut donc pas conclure que l’efficacité de la formation donnée par les IUFM est en baisse…

    Il serait intéressant de comparer ce résultat à la baisse du nombre de postes ouverts au concours, tout en tenant compte du nombre des candidats. Le seul renseignement donné dans l’article de Caude Lelièvre à ce sujet est le suivant : entre 2008 et 2009 on passe de 4,9 candidat par poste à 6,4 candidat par poste, ce qui correspond à un espoir de réussite en baisse d’environ 23,5% (4,9/6,4 = 0,765…=1-0,234…).

  4. Pedro Cordoba

    Les deux intervenants antérieurs confondent taux de réussite et parts de marché. L’efficacité des formations IUFM est en baisse depuis le début parce que la part des candidats libres augmente. C’est aussi simple que cela et n’a strictement rien à voir avec la qualité de l’enseignement reçu que ce soit dans le cadre de l’IUFM ou de l’université. Mais les IUFM sont les seuls responsables de cet état de choses parce qu’ils présélectionnent les candidats, que cette présélection n’a fait qu’augmenter au fil des ans (surtout pour le professorat des écoles) et que, par suite, les non-sélectionnés vont grossir le flot croissant des candidats libres (en fait préparés dans des boites privées s’ils veulent avoir une chance de réussir).

  5. F. Gramain

    Je ne confonds rien ! puisque je ne parle pas de « parts de marché »…

    Pour une discussion claire, il faudrait donner une définition précise de l’efficacité de la préparation dispensée par les IUFM. J’ai utilisé pour cela la seule donnée à ma portée : le rapport des taux de réussite.
    D’autre part il est difficile de donner un avis général et national sur un concours régional. Les différents IUFM ne sont pas tous de même qualité en ce qui concerne la préparation au CRPE (et c’est normal!) et ils ne pratiquent pas tous une présélection à l’entrée (et cela depuis plusieurs années). Depuis cette année et la mastérisation, il n’y a plus de présélection.
    Pour toutes ces raisons il est me semble impossible d’avoir une conclusion aussi claire que : « L’efficacité de la préparation en IUFM diminue depuis 2005. »

    Mon intervention (de mathématicien) visait seulement à mettre en garde contre une utilisation erronée des pourcentages.

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