Le blog de Claude Lelievre

Allemagne-France:différences d’accès au supérieur

Je ne saurais trop recommander la lecture d’un article qui analyse le rôle des ‘’filières’’ d’une part et des ‘’spécialités’’ d’autre part dans les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur en Allemagne de l’Ouest et en France. Cet article ( signé Marie Duru-Bellat, Annick Kieffer, David Reinier ) vient de paraître dans « Economie et Statistique » ( n° 433-434, 2010 ).

L’enseignement supérieur français se présente à grands traits sous une forme hiérarchisée entre trois filières inégales (  notamment par leur durée, l’intensité de la sélection à l’entrée, la plus  ou moins grande facilité de l’accès ultérieur à un emploi recherché ) : la filière professionnelle courte ( BTS, IUT, écoles paramédicales et sociales, etc ), l’université stricto sensu ( incluant les études médicales ) et les grandes écoles ( CPGE, écoles longues d’ingénieurs ou de commerce…). En Allemagne, à côté des universités générales, coexistent des Fachhochshulen ( des ‘’écoles supérieures spécialisées’’ correspondant approximativement aux STS-DUT et à nos écoles d’ingénieurs les moins recherchées ) et le système dual.

Selon l’étude menée « la distribution des choix se présente de manière différente en France et en Allemagne : l’accès à l’université est moins inégalitaire en France. Cela s’explique par l’existence de la filière des grandes écoles, dont la forte sélectivité sociale s’est encore accrue récemment. L’université y reste néanmoins plus sélective que les filières professionnelles. Outre Rhin, l’université est beaucoup plus sélective socialement que les deux grandes filières professionnelles, à égalité sur ce plan. L’Allemagne se distingue de la France par cette opposition entre l’université et ses alternatives professionnelles ».

Au terme de l’analyse de l’accès aux grandes’’ filières’’, les auteurs de l’étude font l’hypothèse que les inégalités sociales concernent en Allemagne davantage le choix de ‘’spécialité’’ d’étude qu’en France, dans la mesure où le système allemand est moins différencié et ne comporte pas de filières comparables. Cette hypothèse leur apparaît vérifiée par un certain nombre de croisements statistiques, et ils concluent que « en Allemagne, comme cela était attendu, les choix des spécialités apparaissent un peu plus marqués qu’en France par les inégalités sociales et culturelles ».

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Commentaire (1)

  1. Dubois

    Bonjour Claude et bonne année.
    Je n’ai pas encore lu cet article et je vais m’empresser de le lire dans un délai… raisonnable. Je vais tâcher d’aller contre un de mes a priori : celui de penser et de dire que les enquêtes comparatives internationales sur l’insertion professionnelle des diplômés du supérieur (enquêtes toutes choses étant égales par ailleurs, sauf une : l’organisation du système d’enseignement) ne sont pas possibles (il a forcément en effet d’autres choses qui sont inégales dont celle… de l’organisation du marché du travail !). A suivre.

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