Le blog de Claude Lelievre

Bac pro en 3 ans: une nouvelle voie d’accès au supérieur?

C’est la conclusion ( provisoire et affirmée avec ‘’prudence’’ ) d’une enquête menée en octobre 2009 sur un ensemble de 465 élèves de seconde ‘’Bac Pro’’ en Loire-atlantique qui constituent un panel représentatif du public départemental.

Les deux auteurs de l’étude ( les sociologues Pierre-Yves Bernard et Vincent Trojer ) concluent leur article particulièrement intéressant qui vient de paraître dans les « Notes du CREN n°3 » en soutenant que « la concordance entre les résultats de l’enquête par questionnaire et ceux des entretiens menés avec les publics et les personnels de lycée professionnel à propos de la nouvelle attractivité du bac pro en trois ans autorise à envisager un déplacement significatif des flux d’orientation en sortie de scolarité obligatoire au profit de la filière professionnelle. Le lycée professionnel ne serait plus utilisé exclusivement comme filière de consolation pour les éclopés du collège unique, mais il serait aussi choisi par des publics majoritairement populaires en raison de contenus de formation correspondant mieux à leur rapport au savoir et dans l’optique d’une accession au baccalauréat et à différentes formes d’enseignement supérieur, principalement technologiques ».

Cette enquête s’avère importante car elle va dans un autre sens que la plupart des recherches qui jusqu’alors envisageaient l’orientation vers l’enseignement professionnel comme une orientation subie par des publics populaires. Comme ils le disent eux-mêmes : « notre enquête tendrait à nuancer ce propos en envisageant la possibilité d’un réappropriation stratégique de cette orientation par les mêmes publics populaires : la réforme les autoriserait à utiliser la filière professionnelle pour accéder plus facilement à l’enseignement supérieur technologique tout en valorisant leur propre forme de rapport au savoir, plus orientée vers une valorisation des savoirs et des savoir-faire techniques ou pratiques ».

Reste à confirmer cela par l’analyse des parcours réels qui auront lieu. Les deux sociologues en conviennent d’ailleurs sans façon : «  il reste à suivre cette première promotion d’élèves de bac pro en trois ans jusqu’au moment de leur orientation post-baccalauréat pour savoir si nous assistons bien aux prémices d’une transformation importante de l’organisation du second cycle du second degré qui modifierait significativement les processus d’orientation en fin de scolarité obligatoire et les voies d’accès à l’enseignement supérieur ».

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Commentaires (7)

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  2. Arts Appliqués Atterrés

    Bonjour, je ne comprends pas très bien : pourquoi publier cette étude en mai 2011 alors qu’elle date d’octobre 2009 à l’époque où la réforme balbutiait ? Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, les élèves de seconde d’alors terminent maintenant la première, un bilan plus en lien avec la réalité est aisément fait au quotidien par les collègues.
    Merci.

  3. Sophie

    Bac pro, voie d’accès à l’enseignement supérieur ??? Mais comme il n’y a eu aucune ouverte de filière technologiques type BTS ces dernières années (ce sont elles qui coûtent le plus cher), ce qui se passe c’est que je vois arriver des dizaines de bacheliers pro… affectés d’office par le rectorat, dans mon amphi de L1 de Sciences éco, avec math, modélisation éco et théorie… Ils ont 4 ou 5 au mieux de moyenne, sont en échec et deviennent (on peut le comprendre) perturbateurs d’un amphi de 350 totalement inadapté à leur profil. Mais il n’y a que les amphis qui ne coûtent pas cher…
    On prend les jeunes pour des imbéciles.

  4. Ben Degrate

    Je ne peux qu’approuver tout ce que je viens de lire ! Cordialement

  5. Marines

    merci, c’est bien

  6. Bénédicte Gendron

    Cher Pr. Claude Lelièvre et cher collègue

    Venant de participer hier à une journée adressée aux enseignants dans les filières bac pro portant sur le « comment mobiliser les jeunes de ses filières à travers des pédagogies actives pour oeuvrer à leur réussite », je me suis replongée dans mes anciens écrits et anciennes publications accessibles sur internet et je découvre votre blog… (un sympathique flash back d’années en arrière et de nos rencontres qd j’étais au CA de l’AECSE…) et découvre votre note très intéressante sur les bac pro et je partage les miennes et le travail de recherche et d’évaluation que j’avais effectué dans le cadre d’un contrat Leonardo sur les bac pro et leur accès à l’enseignement supérieur qui ont été publiés en 2005 et en 2009 suite entre autre à l’agora organisé en 2008 par le CEDFOP sur l’accès à l’enseignement supérieur des filières professionnelles.

    Ces travaux téléchargeables ont été publiés en 2009 sous le titre :
    « Gendron B, (2009), Le baccalauréat professionnel comme voie d’accès à l’enseignement supérieur ? European Journal of Vocational Training (Revue Européenne, Formation professionnelle),No 46 – 2009/1 p2-21 – No 46 – 2009/1 – ISSN1977-0219
    http://www.cedefop.europa.eu/etv/Upload/Information_resources/Bookshop/570/46_en_abstracts.html
    http://www.cedefop.europa.eu/etv/Upload/Information_resources/Bookshop/570/46_fr_Gendron.pdf

    Gendron B, (2005), Le baccalauréat professionnel français: espace de transition plurielle pour les Jeunes, Formation professionnelle, revue européenne, Septembre-Decembre, Vol. 2005/III, n°36, p. 36-50. ISSN 0378-5092

    Gendron B, (2005) “The French Vocational “Baccalauréat” Diploma: Space of a Plural Transition for the Youth”, European Journal of Vocational Training, September-December, Vol. 2005/III, n°36, p.33-46, (article traduit en 5 langues : français, allemands, portuguais, espagnol). http://www.cedefop.europa.eu/en/Files/36-FR.PDF

    Mes amitiés et au plaisir de vous revoir

    Bénédicte Gendron
    Pr Bénédicte Gendron
    Vice-présidente Université Montpellier 3
    déléguée à la formation professionnelle et aux relations avec le monde socio-économique

    E-mail : benedicte.gendron@univ-montp3.fr

    Tel : +33(0)4 67 14 22 87
    Mobile : +33(0)664 202 163
    Mobile : +33(0)678 214 887
    http://www.univ-montp3.fr

  7. Pierre-michel MARTINEZ

    Bonsoir,
    Veuillez excuser mon débordement d’égo, mais vos discussions viennent de dynamiser, chez moi, une auto-réflexion.
    Je me lance dans une autobiographie problématisante… allons bon, il est samedi soir, la lune est belle, vous excuserez sûrement cet accès soudain de romantisme.
    Ancien recalé des filières générales, j’ai également essuyé un refus dans les filières professionnelles, preuves d’une évaluation catastrophique en fin de collège.
    Effectivement, ayant redoublé l’ensemble de mes classes et ne dépassant pas les 4 de moyenne générale en 3ème, mon avenir scolaire s’annonçait épique. Disons que… parler de poursuite d’études pour moi à 16 ans, c’était partir en quête du Graal avec un bâton. Ça faisait rire mes professeurs…
    Refusé en BEP dans le public, je trouvais un CAP privé, une sorte de purgatoire pour âmes en peine, pour de pauvres êtres dont l’essence Parménidien découvert par les évaluations professorales, s’éloigné de trop de la vérité Aristotélicienne. Pauvre petit diablotin condamné à l’errance sociale, par un déterminisme Bourdieusien ou Métaphysique. De toute façon nous ne pouvions être capables, puisque nous étions coupables, nous avions faux, et cette vérité graduée ne s’approchant jamais du 10 sauveur, était là pour nous le prouver.
    A la fin du CAP et du BEP, je souhaitais avoir un baccalauréat, mais venant d’un établissement privé, les portes des établissements professionnels me furent fermées. Heureusement, des lycées n’arrivaient pas à faire le plein, j’eus la chance d’atterrir dans un internat, entre des jeunes engagés de la marine et des jeunes prisonniers en conditionnels. Compagnie fort agréable au vu de ma classe de CAP sortant tout droit d’un clip de RAP amateur.
    Arrivant à la fin du Baccalauréat, je souhaitais poursuivre des études, seulement trois difficultés se posaient devant moi, tel le chevalier Ni des Monty Python.
    Le premier : les compétences, étudiant le loup et l’agneau et les multiplications en terminale, il m’était difficile d’explorer efficacement notre belle culture. J’emboîtais donc le pas de l’échec en me dirigeant vers la bibliothèque, le second chevalier…
    Effectivement la partie « générale » de la bibliothèque, c’est-à-dire autre chose que les bandes dessinées, était interdite aux baccalauréats professionnels, je devais donc faire preuve d’astuce pour me procurer des livres.
    Le troisième chevalier fut inflexible, aucune école supérieure ne vit en moi un étudiant potentiel, je dus me résoudre à occuper les bancs de l’université. Une résolution, non par dégoût, mais plutôt par fascination, comment moi, diablotin, pouvait avoir 1 chance à l’UNIVERSITE…
    Comme l’explique à merveille Madame Sophie « dans mon amphi de L1 de Sciences éco, avec math, modélisation éco et théorie… Ils ont 4 ou 5 au mieux de moyenne, sont en échec et deviennent (on peut le comprendre) perturbateurs d’un amphi de 350 totalement inadapté à leur profil ». (Sophie, plus haut dans le blog).
    Alors, l’esprit taquin, je m’inscrivais à l’université de droit. (Moi, l’élève tordu)
    Ça m’a fait drôle, grand bougre, qui avais observé de loin les bons élèves depuis toujours avec cette idée simpliste que leurs vies étaient plus belles, je rentrais dans un univers inconnu, plein d’espoir, mais sans trop d’illusion.
    Par honte, je me faisais passer pour un titulaire d’un bac scientifique, moi qui avais eu à faire, des additions et des divisions au bac…
    Et voilà que l’impossible se produisit, j’eus ma première année de droit, malgré les 80% d’échec, avec une anecdote qui m’a laissé un léger sourire. A l’annonce des résultats, rempli de joie, j’errais dans les couloirs à la recherche d’un compagnon de bonne fortune, lorsque je croisais une jeune fille qui m’annonçait son échec en disant ces mots « oui, mais c’est normal, toi tu as un bac scientifique et moi littéraire », si elle avait su…
    Mes années d’études sont entrecoupées d’années de travail, ne me sentant pas de faire les deux en même temps…
    Ensuite j’eus un DEUG en économie (en droit, l’initiation à l’économie me plut)
    Ensuite ne sachant pas bien faire, je finis par enseigner…
    Puis j’obtins une Maîtrise en Sciences de l’éducation
    Puis une Maîtrise en Philosophie
    Puis un Master en évaluation
    Puis un Master en éducation et Formation
    Et aujourd’hui je tente de trouver une équipe, un sujet, un thème en lien avec ce qui me passionne, pour rentrer en Doctorat en Sciences de l’Education (d’ailleurs aussi pour cela qu’en fouillant dans les articles qui m’attirent, je me suis retrouvé ici)
    Veuillez excusez, la forme, le fond, et le romantisme, en somme le petit diablotin qui a su parsemer son écrit d’ignobles erreurs, mais dont ma singularité ne sait se passer…
    Alors, oui ! Le sujet : des bacs pro dans le supérieur… je sais pas… 
    Bien à vous
    Pierre-Michel

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