Le blog de Claude Lelievre

« La professionnalisation des masters conduisant aux métiers de l’enseignement au coeur de l’action des ministres »?

C’est en tout cas ( face au mécontentement suscité par la première année de la ‘’mise en place’’ de la réforme entreprise ) ce que dit leur communiqué de presse du 23 mai, qui précise que « Luc Chatel a salué le travail mené conjointement par l’université de Cergy-Pontoise-en –Yvelines, l’université de Versailles Saint-Quentin et le rectorat de l’Académie de Versailles pour élaborer un dispositif de masters en alternance qui réponde à la demande qu’il avait formulée de plus grande professionnalisation du contenu de la formation, en augmentant notamment les périodes de stages dans les écoles et les établissements scolaires ».

Mais c’est une toute autre partition qui est prévue pour la rentrée 2011 si on en juge notamment par le texte rendu public ce même 23 mai sur le site du ministère ( intitulé : « Les nouvelles conditions de recrutement des personnels enseignants et d’éducation » ).
On comprend mieux alors les réactions des principaux syndicats enseignants, aussi bien ceux qui sont proches l’un de l’autre sur les points fondamentaux d’une réforme radicale de la formation des enseignants à entreprendre ( le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, le SNUipp-FSU ) que ceux qui en sont foncièrement éloignés ( le SNES principalement, en compagnie du SNEP, du SNUEP, du SNPI et du SNUpden ) [ cf mon billet du 24 avril dernier ].

Selon le SNES et ses alliés ,« A quoi bon proposer ces masters ? Tout simplement parce que les deux ministres ne veulent absolument pas rouvrir le chantier de la formation des enseignants, contrairement aux annonces du Président de la République en janvier […]. Ils font au contraire le choix, à travers ce dispositif de ‘’masters en alternance’’, de précariser encore plus les étudiants qui se destinent à nos métiers, et paradoxalement, de réduire le niveau de recrutement » ( communiqué du 24 mai ).

Pour le SE-UNSA, « le dispositif présenté n’est qu’une pâle copie des masters de ce type proposés par l’Université dans d’autres domaines. La part du stage représentera au plus un cinquième de la formation. Une alternance digne de ce nom recouvrirait une toute autre réalité. Elle impliquerait que l’étudiant passe près de la moitié de son année en stage. Elle demanderait également un accompagnement du stagiaire pendant sa mise en situation. Encore une fois, la tentative d’habillage ne saurait masquer l’approche budgétaire de la mesure. En effet ce dispositif permettra aux recteurs de faire coup double. En premier lieu, ils pourront pallier la pénurie chronique de remplaçants. Dans le même temps, ils réaliseront de substantielles économies puisque les étudiants coûteront entre 10 et 50% de moins qu’un contractuel ou un remplaçant en titre ». ( communiqué du 24 mai ).

Le SGEN-CFDT s’inquiète tout particulièrement du « flou qui entoure la nature et la rémunération des stages qui seront proposés aux quelques centaines d’étudiants » ( qui pourraient ‘’bénéficier’’ de ces ‘’masters en alternance’’, sur des milliers d’étudiants qui se préparent à être enseignants ). « La sélection des candidats à ces masters en alternance s’annonce bien délicate. Ils devront concilier l’exercice du métier une partie de la semaine, la préparation d’un concours qui valorise peu cette expérience, et les exigences d’une formation universitaire devant conduire à l’obtention d’un master : il est malhonnête de laisser croire aux étudiants intéressés par cette possibilité de financer leurs études qu’ils n’y trouveraient que des avantages » ( communiqué du 25 mai )

Enfin, le SNUipp-FSU ( principal syndicat du primaire ) souligne même que les dispositions prévues pour la rentrée 2011, au lieu de tendre vers des améliorations ( comme le soutient le ministre ) vont accroître encore les difficultés dans l’enseignement primaire : « Contrairement à cette année pour le primaire, le dispositif plaçant les stagiaires en binôme dans la classe d’un maître formateur de septembre à la Toussaint ne sera pas reconduit. Tout juste bénéficieront-ils de cinq jours préparation avant la rentrée et d’un premier mois d’accompagnement dont les contours sont insuffisamment cadrés […]. Faute de directives claires, chaque inspecteur d’Académie déclinera à son gré et selon ses moyens l’organisation de l’année. Avec des remplaçants qui risquent de manquer très rapidement dans les écoles, pourront-ils garantir aux stagiaires leurs douze semaines de formation au cours de l’année ? »  ( communiqué du 23 mai ).

Be Sociable, Share!

Commentaire (1)

  1. Bricomac

    Le site est sympa, les articles aussi, du coup je met dans mes bookmarks 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.