Le blog de Claude Lelievre

Bachotage et fraude: changer la forme des examens

Le principal syndicat des chefs d’établissement de l’enseignement secondaire ( le SNPDEN-UNSA )  a significativement donné pour titre à son communiqué du 9 juin : « L’évolution des techniques posera la question ».

Et il a conclu : « Si les personnels de direction, chefs de centre d’examen, sont résolus à lutter contre la fraude, si difficile que cela soit dans les conditions où ils se trouvent, le SNPDEN-UNSA souligne que l’évolution prévisible des techniques posera inexorablement la question de la forme des examens : il devient nécessaire de cesser de contourner constamment cette question ».

Comme quoi l’évolution des machines, en permettant certaines ‘’manipulations’’ nouvelles et rapides, pourrait être de nature à mettre en cause ce qu’il y a par trop de ‘’machinal’’ dans les examens. Serait-ce cela la ‘’ruse de la raison’’ ( technicienne ) ?

Toujours est-il qu’il convient de se souvenir que la forme de l’examen du baccalauréat a été depuis très longtemps contestée ( c’est même dans une certaine mesure son ‘’péché originel’’ ) alors que l’on ne sait pas très bien où l’on en est aujourd’hui à cet égard.

Ainsi, en mai 1880, Jules Ferry a tenté une réforme du baccalauréat ( qui concernait alors moins de 1% d’une classe d’âge ) en la justifiant en ces termes devant le Conseil supérieur de la fonction publique : « La question du baccalauréat se pose ainsi : arracher cet examen aux misères, aux écueils et aux mensonges de la préparation mnémonique et mécanique ». Quatre-vingt ans après,  ( et alors qu’on en était encore à moins de 10% d’une classe d’âge obtenant le bac ), il semble que l’on n’était toujours pas beaucoup plus avancé si l’on en juge par le rapport motivant le décret du 28 août 1959 relatif au baccalauréat ( général ) : « Il est normal qu’un examen de qualité incontestable sanctionne les études de l’enseignement du second degré. Mais il est anormal que ce même examen compromette les études dont il doit couronner le terme […]. Ces études, qui devraient être uniquement orientées vers l’acquisition de la culture générale, s’orientent de plus en plus vers le ‘’bachotage’’, c’est à dire l’acquisition hâtive, superficielle et indigeste d’un savoir encyclopédique ».

Un demi-siècle plus tard, après la ‘’massification’’ du secondaire, où en sommes-nous ? La fraude et ses nouvelles formes cybernétiques, va-t-elle être l’occasion de rouvrir le débat et de traiter la question ? A suivre…

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Commentaire (1)

  1. Bruno Devauchelle

    Pour compléter ce billet voici celui que j’ai mis en ligne ce matin :
    http://www.brunodevauchelle.com/blog/archives/867

    Cordialement

    Bruno Devauchelle

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