Le blog de Claude Lelievre

Vers des  »quotas » d’élèves en direction des classes préparatoires ?

C’est une proposition récente de François Hollande : « Dans tous les lycées de France, quels qu’ils soient, une part des élèves de terminale devront aller dans les classes préparatoires aux grandes écoles ».

Et François Hollande de préciser : « cela peut être de 5 à 6% des élèves qui iront en classe préparatoire. Pas de sélection, c’est l’établissement qui dit : voilà les 5 à 6 % qui, s’ils le veulent, pourront aller en classes préparatoires ».

C’est en fait la reprise d’une proposition de loi déjà faite par son principal porte-parole dans la campagne des présidentielles – Manuel Valls – dès 2005, dont l’exposé des motifs mettait en avant qu’elle « visait à permettre la diversité sociale » dans l’accès aux grandes écoles : « les meilleurs élèves de chaque lycée de France auraient ainsi un droit d’accès aux classes préparatoires, le ministère de l’Education nationale devant fixer chaque année le pourcentage des meilleurs élèves bénéficiaires de ce droit »

C’est ainsi que François Hollande précise petit à petit l’une de ses priorités ( « l’excellence en matière éducative » ), tout en réfutant le terme même de « quotas » ). Ce qui ne va pas sans dire, c’est le moins que l’on puisse remarquer.

Cette proposition de François Hollande doit sans doute être prise avant tout comme une mesure symbolique et significative, destinée aux élèves de milieux modestes, hors des grands lycées pour leur dire qu’ils ont le droit, s’ils le veulent et en ont les compétences,  d’aller en CPGE (  une façon de lutter contre une certaine auto censure des élèves, mais aussi des familles, voire des professeurs et des administrations de certains lycées).

Mais cette proposition ne saurait être prise ipso facto ( quand on saisit l’ensemble de la politique de François Hollande concernant les enseignements supérieurs et l’excellence en matière éducative )  comme l’affirmation que les CPGE/GE seraient la seule voie d’excellence et de réussite possible. La confiance créée devrait en effet orienter plus de jeunes de milieux modestes, de territoires oubliés vers l’enseignement supérieur, sous toutes ses composantes ( en particulier l’université qui, même dans des conditions difficiles comme actuellement, joue déjà un rôle majeur dans l’ouverture et l’ascension sociale ).

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Commentaire (1)

  1. SG

    Bonjour.

    Sans vouloir troller, ce type d’annonce me laisse perplexe…

    «5 à 6% des élèves de terminale auront un accès à une classe prépa». Soit.

    J’ai un peu de mal à voir ce que ça signifie précisément (en maths, en dirait que la quantification est peu claire; passons…), mais pour avoir les idées un peu plus claires sur la question, il faudrait que les lecteurs aient une idée «pas trop fausse» de l’accessibilité des classes prépas.

    N’étant pas très fort en généralités, je me comptenterai de donner des chiffres pour une filière que je connais assez bien : les MPSI/PCSI/PTSI… bref, les anciennes «maths sup».

    J’ai en tête plusieurs prépas qui acceptent des dossiers d’élèves de terminales situés jusqu’à la fin de la première moitié de la classe. Il est question ici de prépas ayant des résultats tout à fait honnorables (90% des entrants en sup auront en 2 ou 3 ans accès à des écoles d’ingénieurs), recrutant dans des lycées pas particulièrement «sélectionnés» (pour utiliser un mot vulgaire).

    La situation est bien entendu très hétérogène, en fonction des lycées et différents types de prépa. Mais sincèrement, je ne pense pas qu’il y ait à ce jour beaucoup de lycées dans lesquels les 10% de meilleurs élèves seraient refusés dans toute prépa.

    Je connais par contre des lycées dans lesquels, pour des raisons très largement idéologiques, les élèves sont découragés à aller en prépa. Il n’y a pas que la censure sociale ou la méconnaissance du système qui opère…

    PS : le «5 à 6% … pas de sélection» est quand même à hurler de rire. C’est un tel gros mot ?

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