Le blog de Claude Lelievre

Hollande: des recrutements et des dispositifs d’urgence pour la rentrée

Les concours de recrutement de professeurs et de CPE  ( au nombre de postes limités comme on le sait ) sont déjà déterminés voire terminés , et il n’est pas possible de revenir dessus. Mais pour éviter une « rentrée extrêmement difficile » François Hollande a déclaré qu’il créerait, s’il était élu « 4000 postes de personnels contractuels pris sur les emplois d’avenir déjà annoncés ».

« Si nous n’intervenons pas avec du personnel contractuel, pas enseignant, de l’ordre de l’accompagnement de l’encadrement, la rentrée sera extrêmement  difficile ; d’où ma proposition
» a-t-il précisé.
Mercredi dernier, dans son discours à Rennes, il avait déjà annoncé qu’il recruterait «  à défaut de professeurs à ce stade puisqu’il n’y aura pas de concours, 2000 assistants d’éducation ».

Par ailleurs l’équipe de Vincent Peillon ( chargé de l’éducation dans l’équipe de campagne de François Hollande ) a déclaré pouvoir prévoir trois heures de formation par semaine ( en décharge ) pour les professeurs stagiaires nouvellement recrutés : « Budgétairement, cela tient ».

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Commentaire (1)

  1. Rémi Boyer pour Aide aux Profs

    Aide aux Profs réalise progressivement le bilan de 6 années d’existence, qui coïncident avec la période du quinquennat qui s’achève, et qui nous aura permis d’être les témoins de la lente dégradation du moral des enseignants, poussés dans 9 cas sur 10 vers une reconversion, par résignation personnelle, faute de pouvoir cautionner un système de gestion qui ne les respecte pas, et qui ne tient pas toutes les promesses qu’il édicte:
    – manque d’argent pour autoriser les départs en disponibilité ou les demandes de temps partiel, notamment pour les profs des écoles, pour cette rentrée 2012, tellement les effectifs ont été saignés;
    – manque de points aux barèmes des titulaires de postes fixes ou de postes en TZR pour obtenir leur mutation, puisque ceux victimes d’une mesure de carte scolaire obtiennent 1500 points, soit 150 ans d’ancienneté en poste fixe…et ceux qui ont réussi à tenir 5 ans sans tomber malades dans les établissements les plus pénibles (affublés de sigles masquant les réalités du terrain, pourquoi ne pas appeler un chat un chat ?) se voient attribuer l’équivalent de 40 ans d’ancienneté d’un poste fixe « normal », ça devient n’importe quoi;
    – manque de postes pour arriver à proposer de réelles secondes carrières, un dossier en souffrance depuis 2003, déjà 9 ans sans efficacité à ce niveau, le législateur qui a eu cette idée a dû s’en laver les mains depuis !
    – quasi impossibilité de partir en cours d’année scolaire pour occuper un autre poste ailleurs, même si l’on y est recruté, ce qui fait du métier d’enseignant une prison, puisque l’on maintient dans ce métier coûte que coûte même les plus démotivés, tant qu’ils arrivent encore, physiquement, à faire face à une classe…c’est la politique du pire, c’est ne pas respecter les élèves dans leur soif d’apprentissage, et c’est briser leur optimisme, dans une société qui est aux antipodes de cet état d’esprit;
    – manque d’anticipation, surtout, de la part d’un système qui n’a pas su relier Bac+5 et perte d’attractivité de cette profession, puisque, à niveau égal de formation, il devient nettement plus intéressant, pour les étudiants, de s’orienter vers des métiers plus rémunérateurs, tout aussi intéressants, et où leur santé psychologique sera préservée sur le court comme sur le long terme. Le MEN a toutefois fait aveu d’échec avec un récent BOEN proposant aux fonctionnaires des autres ministères de devenir enseignants avec une licence…

    Alors recruter pour la rentrée…mais recruter qui ? Pourquoi passer systématiquement par un recrutement externe, alors que tant d’enseignants, déjà expérimentés, rêvent d’une seconde carrière, en diminuant leurs heures d’enseignement au profit d’autres activités, en prenant la règle d’une heure d’enseignement = 2h30 à 3h d’activités hors enseignement ? Il y a là une piste…inexploitée, et envisageable, tandis que d’autres cherchent à faire plus d’heures, pour compenser la hausse des prix de l’immobilier, des prix de l’énergie, des prix alimentaires. Il faut aller plus dans la précision en matière de GRH de proximité, et c’est au niveau du chef d’établissement que cela peut se dérouler, en quittant l’idée d’un horaire statutaire (les décrets de 1950 sont d’un autre temps) qui ne serait constitué que d’heures devant une classe, en entrant dans un autre schéma, sans pour autant faire travailler les enseignants 35h in situ, car là, le métier aura complètement perdu de son attractivité.
    Aide aux Profs espère qu’un jour, ceux qui agissent au plus haut de l’EN comprendront qu’attractivité du métier et seconde carrière sont intimement liés, car rien n’est pire qu’un métier dont on ne peut pas, dès le départ, identifier les perspectives de mobilité, à l’interne comme à l’externe.
    Si 90% des idées développées depuis 6 ans par notre dispositif ont été mises en oeuvre en matière de seconde carrière par l’EN depuis la rentrée 2009, c’est que notre position avant-gardiste sur la question n’était pas si nulle que ça…et que les idées que nous formulons actuellement méritent attention, car nous sommes toujours dans une démarche d’anticipation, et pas d’une gestion de l’instant, de la pénurie annuelle.

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