Le blog de Claude Lelievre

La place du CPE en question?

Le syndicat SGEN-CFDT vient d’envoyer une lettre au ministère de l’Education en s’inquiétant du fait que, sur le site internet du ministère, il est indiqué que les conseillers principaux d’éducation sont « membres de l’équipe de direction » ( dans la rubrique ’’système éducatif’’, sous-rubrique’’ les niveaux et établissements d’enseignement’’, items ‘’lycée’’ et collège’’ ).

« Nous vous rappelons [ est-il dit dans cette lettre adressée au directeur général de la DGESCO ] que le corps des conseillers principaux d’éducation est régi par les décrets 70-738 du 12 août 1970, 89-730 du 11 octobre 1989 et 2002-1134 du 5 septembre 2002, et par la circulaire 82-182 du 28 octobre 1982. Aucun de ces textes, ni de façon directe, ni de façon indirecte, ne définit les conseillers principaux d’éducation comme membres de l’équipe de direction, ni même ne les y rattache ».

On peut d’ailleurs noter qu’il est généralement admis que la circulaire  du 28 octobre 1982 ( dans le cadre de l’alternance politique de 1981 et d’un front syndical actif sur cette question ) a permis les clarifications jugées nécessaires en redéfinissant clairement les spécificités du métier et en situant du même coup tout aussi clairement les CPE hors des équipes de direction.

La fin de la lettre adressée au ministère par le SGEN-CFDT sonne donc comme une mise en garde : « Nous espérons qu’il s’agit d’une erreur et non d’une volonté de redéfinir unilatéralement et de façon masquée les missions des conseillers principaux ». Et le SGEN-CFDT demande qu’ « une correction immédiate soit apportée sur le site internet du MEN afin qu’aucun quiproquo ne soit possible dans les établissements sur les missions attendues de ces personnels »
On attend la suite.

PS: pour poursuivre la réflexion ( et la discussion ), lire les commentaires ci-dessous.

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Commentaires (15)

  1. Olivier Le Deuff

    Les cpe sont en train d’être phagocités. Il s’agit aussi de prendre de plus en plus pied sur le terrain pédagogique pour la direction qui veut également contrôler les professeurs-documentalistes pourtant titulaires d’un capes.
    L’objectif étant de contrôler tout le monde au sein du Learning Center rebaptisé 3C. Ce serait bien si vous pouviez dénoncer cette tentative d’intrusion qui est en train de se profiler.

    J’en parle notamment ici :
    http://www.guidedesegares.info/2012/04/24/pour-en-finir-avec-le-learning-center-e01-lintrusion-administrative-dans-la-pedagogie-pour-casser-les-disciplines-au-profit-dune-autre-logique-disciplinaire/

  2. Chapron Françoise

    ce que Olivier Le Deuff souligne
    se passe de la même façon pour les professeurs documentalistes pour qui la même IGEN EVS essaie de modifier les missions sans avoir avoir pu précédemment , faute de consensus avec les personnels concernés,réussi à imposer un « aggiornamento à sa façon » aux textes en vigueur

    la fusion envisagée dans un « espace vie scolaire repensé » des activités et responsabilités des CPE et Profs docs en est le témoin (cf EDUSCOL le C.C.C, Centre de culture et de connaissance )

    Or tant qu’un nouveau texte réglementaire ne parait pas (même s’il y a des textes publiés -avis de l’IGEN sur les CPE de 2006, Pacifi (parcours de formation « modèle » en info documentation cf Eduscol),la mention sans texte de référence dans les circulaires de rentrée de nouvelles missions pour les uns et les autres)n’abroge pas les circulaires qui restent en vigueur et donc celle du 13 mars 1986 signée notamment d’Yvon Robert pour les professeurs documentalistes

    Cette politique sournoise et à bas bruit s’apparente aux discours performatifs ,qui en disant les choses les font exister )
    chacun doit résister syndicats et associations et on ne peut que souhaiter lors d’Assises nationales sur l’éducation annoncées pour l’automne
    faire entendre des voix qui ne sont pas que corporatives, argument facile, mais qui se donnent des finalités et des objectifs liés aux besoins des élèves dans cette nouvelle « société du savoir », à leur formation culturelle, professionnelle et civique, en gardant à l’esprit les valeurs humanistes d’éducation et de formation intellectuelle qui sont celles de l’émancipation, de la liberté et de la responsabilité fondant l’école républicaine

    des liens qui témoignent de notre résistance sur un blog bien connu des professionnels

    http://lestroiscouronnes.esmeree.fr/table-ronde/bas-les-masques-ou-comment-on-tente-de-reprofiler-une-profession-sans-decision-reglementaire

    lestroiscouronnes.esmeree.fr – December 13, 2011 2:12 PM
    Souci de l’élève et didactique – Table Ronde – Les Trois Couronnes – Didactique de l’Information Documentation – Pascal Duplessis

    la vie scolaire est en première ligne car moins définie que le statut des profs disciplinaires (bien que nous ayons un CAPES en documentation )

    Ceci s’expérimente en attendant des évolutions( sans doute nécessaires sur certains points) sur les professeurs de discipline. Mais les imposer sans négociations même par moments difficiles avec les personnels ne peut fonder une réforme nécessaire mais accompagnée par les acteurs eux mêmes si on veut qu’elle réussisse
    Sans concertation ,ni contreparties symboliques , financières et surtout en matière de formation sérieuse et cadre global de réflexion sur les missions de l’école on ne peut attendre une vraie réforme
    nous savons les craintes et les pesanteurs ,les moyens réduits mais
    cela ne passe pas toujours par des moyens énormes mais aussi par de la dignité et de la considération réaffirmées pour les personnels et leur travail
    on a vu ce que le ministère a pratiqué pendant 5 ans en la matière et les effets qu’on avait prévus

    la confiance sera difficile à reconquérir

    mais aux responsables de conduire un changement acceptable et respectueux des bouleversements pas toujours simples humainement non plus mais sans accord « gagnant/ gagnant « pour tous décideurs et acteurs et des échéanciers tenus pour étaler les efforts, on n’ira pas loin !

  3. Chapron Françoise

    et ça continue
    les COP sont aussi en « reconversion  » ….
    l’entreprise de reprofilage des professions est bien en route
    le passage en force est de mise jusqu’au bout

    Pour info

    Orientation : Manoeuvres honteuses !

    http://www.snes.edu/Orientation-Manoeuvres-honteuses.html

  4. Jean-Pierre VERAN

    L’hostilité de principe à l’intégration des conseillers principaux d’éducation est une constante de certaines organisations syndicales et corporatives des CPE. Leur récente prise de position ne saurait donc surprendre, elle constitue un rappel de leur vigilance sur cette question.
    On peut en revanche s’étonner du discret accueil réservé à la publication en novembre dernier, par les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, d’un Répertoire des métiers (REME), présenté comme un outil de communication, une aide au processus de recrutement, un appui pour la définition des parcours professionnels, et un support aux démarches de mobilité professionnelle.
    Les deux premières fiches-métiers de ce répertoire sont en effet consacrée à celui d’enseignant (où le professeur-documentaliste est explicitement nommé) et à celui de responsable des activités éducatives (correspondant à l’emploi de conseiller principal d’éducation).
    La comparaison de ces deux fiches ne devrait pas manquer de retenir l’attention des CPE.
    Ainsi, par exemple, il semble que la connaissance des « enjeux du système éducatif » soit principale pour les enseignants, mais pas pour les responsables des activités éducatives, à qui suffirait la connaissance de son organisation. De même, si on ne peut que se féliciter que soit attendues des enseignants « curiosité intellectuelle » et « capacité d’adaptation », on peut d’étonner que ces mêmes compétences ne soient pas attendues des responsables d’activités éducatives.
    Il est vrai que l’élaboration du REME nous est présentée comme résultant d’une recherche de consensus. « La description des emplois-type a été faite dans le cadre de groupes de travail associant les différents types d’acteurs concernés :
    • cadres et acteurs R.H. disposant d’une bonne connaissance de l’emploi-type à décrire
    • agents exerçant l’emploi-type
    • experts désignés par les organisations représentatives du personnel
    • représentants d’association professionnelle
    Des réunions ont été organisées avec les organisations représentatives du personnel. »
    On comprend encore mieux cet accueil discret réservé au REME en y trouvant un côté rassurant pour ceux qui redoutent l’assimilation des CPE dans les équipes de direction. Les personnels de direction y sont en effet rattachés à la famille professionnelle du « management, pilotage et contrôle », alors qu’enseignants, responsables des activités éducatives et… inspecteurs appartiennent à celle intitulée « éducation et formation tout au long de la vie ».

  5. Hennuyer Jean Pierre

    Je vous laisse juges de ces propos nuancés
    « L’hostilité de principe à l’intégration des conseillers principaux d’éducation est une constante de certaines organisations syndicales et corporatives des CPE. »
    Je ne tiendrai pas d’autres propos discourtois sur les positions de l’IG EVS concernant et les CPE et les professeurs documentalistes…

  6. bernard-desclaux

    Dans un modèle de l’organisation bureaucratique autoritaire, qui caractérise sans doute encore notre système scolaire, je peux comprendre les oppositions à incorporer différents acteurs dans une « équipe de direction ». Cela en fait renforcerait de leur point de vue l’autorité du chef d’établissement sur eux.

    Mais peut-on concevoir une autre organisation, notamment des établissements, qui supposera de faire vivre l’autonomie pédagogique ? Dans ce cas, le « chef » ne pourra pas se trouver dans une situation d' »universel sachant ». Les décisions d’orientation de l’établissement devront se prendre de manière éclairée, et éclairée par tous, et en particulier par ceux qui jusque là sont considérés comme des experts de leurs domaine.

  7. Chapron Françoise

    je pense que malheureusement les protestations de concertation faites par le Ministère sont bien légères (litote). Il est assez insupportable de voir les décideurs faire passer les représentants des personnels (élus comme les syndicats ou reconnus -en principe – comme les associations pédagogiques et /ou professionnelles ) pour des psychorigides ringards et responsables des blocages de réforme de l’institution.

    certes les stratégies et les cultures sont différentes et peuvent constituer sur certains points des freins ou au contraire des points d’utopie pour rénover dans d’autres cas. Mais on ne peut faire semblant de mener des concertations cherchant le consensus depuis notamment 2007 quand on voit la pratique mise en oeuvre depuis 5 ans. C’est une imposture intellectuelle.

    A chaque dossier, ajoutés les uns aux autres sans avoir le temps du recul d’une contextualisation plus globale et distanciée, et à d’autres dossiers connexes , la technique du ministère est de faire du « blitz krieg » en essayant de passer en force ses décisions, selon des logiques dictées avant tout par la politique de la RGPP.
    Ajoutons y une démarche de marchandisation ou de management très « libéral » au sens économique et financier
    qui se soucie peu des finalités de la pédagogie et des valeurs qui fondent(aient?) jusque là le service public d’éducation.
    chacune des catégories d’acteurs y est confrontée , éventuellement mise en affrontement avec les autres.

    Plus qu’à des conservatismes(qui existent certes ) et « corporatismes  » ringards (qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage!) qui sont dénoncés par l’institution , (en Documentation nous sommes aux premières loges pour le vivre ), ces oppositions des acteurs sont surtout dues à l’esprit et à la méthode employés, voire à des logiques politiques qui détournent le terme « contribuer à la réussite des élèves »,slogan tous terrains, dans lequel manifestement on ne met pas le même contenu.
    Pierre Merle a dit (Le Monde du 6/10/11) qu’on assistait à une entreprise de « corruption des mots  » (en droite ligne d’une stratégie globale qui s’illustre en ce moment cyniquement ).

    Beaucoup de collègues seraient prêts à « bouger » ou à aider les autres à « bouger »(c’est aussi le rôle aussi de corps intermédiaires et « experts » qui gênent tant, cf demain !).
    Mais il faudrait qu’ils sentent une honnêteté dans la volonté de réforme , un souci de l’humain (pour tous les acteurs, élèves compris), une volonté de transparence pour vraiment affronter les problèmes ou lieu de les déguiser ou des les travestir .Nous sommes tous conscients des difficultés de tous ordres qui assaillent l’éducation , -et les autres secteurs- et conscients qu’on ne peut tout obtenir et tout de suite!

    Mais le mépris des adultes et des élèves manifesté par nos ministères de tutelle(rien n’étant plus important que les coupes budgétaires ),indignent et désespèrent beaucoup de personnels qui essaient de tenir sur le terrain et de soutenir les élèves les plus faibles.

    Quant aux marchés fructueux à faire notamment dans le domaine du numérique , devenu un « veau d’or » bien commode pour certains intérêts, il fait dire des énormités à des gens qu’on pensait nantis de bon sens, d’une culture et de valeurs de service public en lien avec leur statut et leur responsabilités.

    Espérons qu’un autre esprit pourra souffler bientôt.
    Et il ne faudra pas jouer à « cache cache »
    avec un secteur épuisé par une telle politique alors que sa mission fondamentale est celle avant tout de « faire grandir » et s’intégrer les « petits d’hommes  » dans un société en mutation. dans une Ecole repositionnée sur des bases actualisées mais tenant le cap de principes éthiques et équitables pour son fonctionnement et ses finalités

    Pierre Mendès France disait « c’est à la manière dont elle traite les faibles et les pauvres que la Droite s’illustre et que la Gauche se reconnait  »

    la citation est ancienne souhaitons qu’elle reprenne son actualité car au delà des problèmes catégoriels, c’est cela qui doit inspirer le service public d’éducation, non ?

  8. Jean-Pierre VERAN

    Une coupe malencontreuse a rendu incompréhensible la première phrase de mon commentaire de ce matin. Je voulais écrire :
    « L’hostilité de principe à l’intégration des conseillers principaux d’éducation aux équipes de direction est une constante de certaines organisations syndicales et corporatives des CPE. »
    je prie les lecteurs de m’en excuser, qui ont justement trouvé cette phrase incomplète dépourvue de toute nuance.

  9. cpe

    Les CPE doivent être intégré dans l’équipe de direction à défaut d’une reconnaissance par la création d’une agrégation comme évolution !

  10. cpe

    Les CPE sont des cadre A sans etre des profs !!! notre circulaire de 82 et le decret de 89 nous entraînent dans l’équipe de direction surtout en lycee et LP alors arrêtons avec cette position pour ou contre ! Pourquoi ne pas vouloir intégrer l’équipe de direction y a t ils des arguments (salaire? Temps de travail ?, …..)?

  11. cpe@cpe.fr

    je souhaiterai connaître votre position quant à la création d’une agrégation d’éducation pour les CPE (cadre A) qui contrairement aux professeurs certifiés ne disposent que d’un accès à la hors classe pour une minorité d’entre nous. Agrégation réclamée par de nombreux syndicats (SNES-FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT, CGT-EDUC, SUD EDUCATION et le SNPDEN) depuis plus de 20 ans !

    En effet, les certifiés disposent contrairement aux CPE, d’avoir la possibilité de passer le concours de l’agrégation (externe et interne) voir même par liste d’aptitude d’y être promu. Par ailleurs, les certifiés disposent d’un accès à la hors classe à hauteur de 7% contre 5% pour les CPE. De plus, les certifiés disposent d’un droit aux heures supplémentaires, les CPE NON !

    Pourquoi autant de différence, les CPE sont-il DES CADRE A de seconde zone ?!

    La seule perspective de déboucher étant de passer le concours de personnels de direction.

    En tant que cpe, j’aime mon métier et je souhaiterai que l’on puisse améliorer et approfondir nos domaines d’expertises professionnelles et être enfin reconnu (professionnellement et financièrement pour le travail fourni auprès des équipes de direction). Un certifié souhaitant augmenter son salaire et ses connaîssances dispose de l’agrégation et peut ainsi continuer à exercer le même métier toute sa carrière les CPE non pourquoi?

    Quand sera réécrite notre circulaire de mission de 1982 trop floue, allons-nous être enfin reconnu via cette agrégation qui devient urgente ou allons nous devenir des adjoints de vie scoalire (soit des personnels de direction par intégration) ???

  12. Hub

    Le SGEN-CFDT, la CGT-EDUC et SUD EDUCATION, ne seraient-ce qu’eux, ne réclament PAS une agrégation éducation.

    Il faut être attentifs aux informations que l’on « colporte » !

  13. cpe

    alors que propose ces trois syndicats pour les cpe ???

  14. cheekie

    Pour information !!!je ne suis pas CPE mais je suis scandalisé par ça :
    http://candidat.pole-emploi.fr/candidat/rechercheoffres/detail/009DRWH

  15. cpe@cpe.fr

    le ministère travail actuellement avec les syndicats sur les perspectives de carrières et la création d’un équivalent d’agrégation pour les CPE voir la création d’une classe exceptionnelle après la hors classe, il faut croiser les doigts pour que ça marche et que l’on nous positionne dans l’équipe de direction en tant que chef de service vie scolaire !

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