Le blog de Claude Lelievre

Un « 4 août » de l’accès au corps des personnels de direction

Le ‘’privilège’’ de l’accès à ce corps était jusqu’alors l’apanage des enseignants et des personnels éducatifs dans la mouvance de l’Education nationale. Désormais, il est ouvert aux fonctionnaires issus d’autres ministères par voie de concours et aux ressortissants de la communauté européenne.

« Les personnels de direction participent à l’encadrement du système éducatif et aux actions éducatives. A ce titre, ils occupent principalement, en qualité de chef d’établissement ou chef d’établissement adjoint, des emplois de direction des établissements mentionnées à l’article L.421-1 » du Code de l’éducation. La titularisation est décidée par le recteur après consultation de la commission paritaire académique.

Jusqu’alors, on était dans la ligne ouverte par Napoléon I, reposant sur l’idée qu’il fallait que soit en place ( pour l’Ecole ) non seulement une administration publique mais une corporation publique. C’est pourquoi le dispositif des grades et l’accès aux différents postes avaient été aménagés de façon à ce que l’on puisse faire carrière, à ce qu’il y ait corps et esprit de corps. Comme l’avait dit lui-même Napoléon, « il y aurait un corps enseignant si tous les proviseurs, censeurs et professeurs de l’Empire avaient un ou plusieurs chefs, comme les Jésuites avaient un général et des provinciaux ; si l’on ne pouvait être proviseur ou censeur qu’après avoir été professeur […] ; le corps enseignant étant un, l’esprit qui l’animerait serait nécessairement un ; et sous ce rapport, le nouveau corps enseignant l’emporterait de beaucoup sur les anciennes corporations ».

La première brèche dans ce dispositif a été effectué par Lionel Jospin lorsqu’il était ministre de l’Education nationale : il a été alors admis que des « administrateurs civils » pouvaient devenir inspecteurs d’académie ( la réciproque- en principe – pouvant être pratiquée ). Cela a fonctionné jusqu’ici à dose ‘’homéopathique’’ .
Depuis leur institution par Napoléon I – il y a plus de deux siècles – les recteurs devaient être issus du corps enseignant . Le 20 juillet 2011, l’ancien ministre de l’Education nationale Luc Chatel a décidé que jusqu’à 20% des postes de recteur seraient désormais ouverts aux secrétaires généraux de l’ Education nationale ou aux directeurs d’administration centrale. Et le premier d’entre eux, Philippe-Pierre Cabourdin ( un ex-directeur de la protection judiciaire de la jeunesse ) a été nommé à Reims en septembre 2011.
Avec le décret du « 4 août » 2012, on passe à un cran supérieur ( et sans doute à une vitesse supérieure ) dans l’éloignement vis à vis de ce qui a été depuis Napoléon I l’une des règles de base de la ‘’gouvernance’’ ( comme l’on dit maintenant ) de ‘’l’Ecole à la française’’.

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