Le blog de Claude Lelievre

Des professeurs de « droite décomplexée » à l’Ecole?

Une professeure de français en région parisienne – Véronique Bouzou – vient de créer l’association « Profs de droite et fiers de l’être », car il ne serait pas facile actuellement de se dire de droite dans le milieu enseignant.

Auteure de plusieurs livres aux titres significatifs ( « Ces profs qu’on assassine« , « Manuel de survie à l’usage d’un prof de banlieue » ), Véronique Bouzou affirme avoir reçu « un nombre impressionnant de témoignages de profs victimes d’ostracisme lorsqu’ils se disent de droite« . Après avoir appelé à voter pour Nicolas Sarkozy aux dernières élections, Véronique Bouzou déclare vouloir « défendre ces professeurs qui n’ont jamais le droit à la parole« .

Si l’on en juge par les intentions de vote au second tour de la dernière élection présidentielle telles qu’elles sont apparues à la mi-février dernier dans un sondage commandité par « Le Monde » et effectué par l’IFOP sur un échantillon de 712 personnes représentatif du personnel enseignant du premier et du second degré, on peut d’abord noter que la distribution des intentions de vote était très différente dans l’enseignement public et dans l’enseignement privé : 17% pour Nicolas Sarkozy dans le ‘’public’’, 46% dans le ‘’privé’’, et au total de 21%.
Au deuxième tour des présidentielles de 2002, Nicolas Sarkozy aurait obtenu presque le double ( 38% ) face à Ségolène Royal, si l’on en juge par un sondage de février 2002 ( un autre sondage de mars 2002 indiquant que les intentions de vote étaient de 34% pour Nicolas Sarkozy dans le public, et de 58% dans le privé ) .
En remontant encore plus avant ( et en faisant l’impasse du deuxième tour de 2002 qui a opposé Jacques Chirac à  Jean-Marie Le Pen ), on peut constater que Jacques Chirac aurait obtenu 33% des voix lors de son duel au deuxième tour des présidentielles avec Lionel Jospin si l’on en juge d’après un sondage ad hoc auprès des enseignants.

Peut-on aller jusqu’à dire que la dégradation du vote à droite dans les milieux enseignants ces derniers temps aboutirait à une sorte d’ostracisme ? Difficile à soutenir a priori . En tout cas Emmanuel Protin , un dirigeant du SNALC ( syndicat de professeurs généralement considéré «  à droite » par les enseignants, mais qui se dit « apolitique » ) interrogé comme « expert »  de ce type de questions par l’AFP, estime qu’il y a bien « une part de tabou », mais que « ce n’est pas une obsession dans la salle des profs : on est plus préoccupé par le niveau qui baisse ».

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