Le blog de Claude Lelievre

BTS: une avancée et/ou un piège? ( 2 )

Alors que l’on estime généralement que les STS sont à leur façon des filières sélectives ( on y entre après sélection sur dossier ),  Sophie Orange  ( l‘auteure de la thèse sur « L’autre supérieur ; aspirations et sens des limites des étudiants de BTS » ) considère que si l’on en juge par son enquête, on se trouve en réalité le plus souvent face à une sélection certes, mais aux caractéristiques paradoxales.

Elle soutient en premier lieu qu’il n’y a pas rupture avec le lycée et que les enseignants présentent le plus souvent le moment du choix  comme très peu exceptionnel.
Lors des comités de sélection auxquels elle a eu l’occasion d’assister, il lui est apparu que les enseignants ont tendance à privilégier le critère du choix de la proximité par rapport à celui de la supériorité académique. « On va retenir les candidats les plus proches géographiquement ,dit-elle, ceux dont on est sûr qu’ils seront bien présents. Par exemple à Poitiers on pourra refuser les candidats de La Rochelle parce qu’il y a 3 villes avec des STS entre les deux villes ».

Elle soutient aussi que les enseignants chargés de la sélection des candidats ont tendance à privilégier les candidats qu’ils jugent les plus adaptés à la ‘’forme scolaire’’  ( même au détriment des purs résultats scolaires ) , le soupçon d’ ’’absentéisme’’ s’avérant en particulier très ‘’classant’’ : « comme les STS n’auront pas les meilleurs élèves, leurs enseignants essaient d’avoir ceux qui viennent en cours ».

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Commentaires (5)

  1. Michel

    Je ne sais pas si les termes utilisés sont appropriés. Si dans certains filières les jeunes s’y retrouvent, c’est parce que la formation en question est appréciable à leurs yeux pour pouvoir s’insérer tôt dans la vie active. la thèse évoquée est contestable car le niveau des BTS tertiaire est parfois plus élevé que celui des IUT: la qualité des dissertations et de la synthèse de documents correspond à celle du niveau des concours des enseignants de second degré. je recommande à la chercheuse en question d’aller enseigner les BTS pour un moment et puis de faire de même en IUT. Et à ce moment là on pourra avoir une discussion sérieuse sur la question. Et puis ne cherchons pas à formater tous les étudiants de la même manière. certains diplomé du BTS intègrent parfois des études longues après leur passage dans la vie de l’entreprise. Et ils sont parfois ingénieurs, docteurs, voir créateurs d’entreprises.

  2. François Vatin

    J’ai posé à Sophie Orange une question à laquelle elle n’a pas pu me répondre: quelle est la composition, en termes de mentions au baccalauréat, des bacheliers professionnels entrant en BTS en comparaison de ceux entrant en licence universitaire ?

    J’ai tout lieu de penser que la composition de ceux entrant en BTS est « meilleure » que celle de ceux entrant à l’université. Autrement dit que les équipes pédagogiques et les chefs d’établissement des lycées professionnels agissent, vis-à-vis des BTS, mutatis mutandis, comme ceux des lycées généraux vis-à-vis des classes préparatoires: ils conservent leurs « meilleurs éléments » pour les protéger de « la fac », dernier recours.

    Si mon hypothèse est fausse, qu’on me le démontre. Si elle est vraie, elle tempère sérieusement l’analyse de Sophie Orange et surtout les conclusions qu’elle en tire pour affirmer que l’université n’est pas une filière de relégation. Selon elle en effet, les bacheliers professionnels « dominés » seraient relégués dans les BTS qui les accueillent en effet largement. Mais que penser de ceux qui sont refusés en BTS et se retrouvent à l’université où ils échouent à 95 % ? Seraient-ils moins « dominés » que les autres ?

  3. amelie

    en même temps, un bts ou un dut ou une licence professionnelle ont été crée pour former des techniciens supérieurs et des professions intermédiaires et non des cadres à bac +5. D’ailleurs, leur taux d’emploi dépasse largement le taux d’emploi des diplômés de l’université. Comme quoi, tout le monde ne peut pas faire bac +5 et devenir cadre. D’ailleurs même le pays le plus « égalitaire » du monde -la Suède- a un système parallèle à l’université.

  4. François Vatin

    Bien sûr. Il n’est pas question d’amener 50 % d’une classe d’âge au master. Est-il d’ailleurs fondé de l’amener à la licence conformément à la doctrine gouvernementale actuelle ? Qui financera cette prolongation massive de la scolarité ? Va-t-on généraliser le prêt étudiant quand on entend réduire le poids de la dette ?

    Le problème que je pose est autre. Il est de savoir pourquoi, en France, on oriente les élèves les plus à-mêmes de faire des études supérieures longues vers les filières courtes et, réciproquement, les élèves les moins à-mêmes de faire des études supérieures longues vers les filières longues.

    Dans les deux deux cas,c’est un gâchis. De plus en plus souvent, les premiers prolongent leurs études (plus des trois quart des titulaires de DUT, moins pour les BTS), alors que leur formation n’était pas conçue pour cela. Les seconds échouent massivement à l’université et on feint de s’en étonner.

    Tous les experts connaissent la perversion de ce système depuis 30 ans. Le problème ne pourrait être résolu que par l’introduction d’une sélection à l’entrée des universités, comme il y en a une à l’entrée des IUT ou des STS. On ne le fait pas parce que l’on craint le coût politique d’une telle réforme. Résultat, la situation s’aggrave et le système risque de ne bientôt plus être réformable.

  5. Casquette OBEY

    J’ai tout lieu de penser que la composition de ceux entrant en BTS est « meilleure » que celle de ceux entrant à l’université. Autrement dit que les équipes pédagogiques et les chefs d’établissement des lycées professionnels agissent,

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