Le blog de Claude Lelievre

Supérieur. Un engagement présidentiel: 3) VGE

Pour les universitaires de l’époque, le personnage de premier plan a été Alice Saunier-Seïté, d’abord secrétaire d’Etat aux universités puis ministre des Universités (un ministère de plein exercice, une innovation de VGE justement). Mais, derrière elle, il y avait la présence -décisive- du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing.

On peut le montrer en premier lieu par les divergences de vue qu’ils ont pu avoir, dont l’issue a été sans surprise dans le sens du Président.

Alice Saunier-Seïté était foncièrement en faveur de la limitation de l’accès des bacheliers aux études supérieures. Mais, comme elle le rapporte elle-même, « Valéry Giscard d’Estaing rejetait catégoriquement l’idée de sélection à l’entrée dans les enseignements supérieurs. Quand je soulignais l’ampleur de la sélection par l’échec, la pire de toutes, il répondait qu’un passage à l’université, même non couronné par un diplôme, est tout de même un bain de culture et de science ».

Par ailleurs, le premier combat que doit mener Alice Saunier-Seïté n’est ni de son chef ni véritablement le sien. La réforme du second cycle (dont le trait dominant est la  »professionnalisation’‘, et qui suscite manifestions et grèves prolongées des étudiants puis des professeurs durant le premier semestre 1976) a été préparée par son prédécesseur Jean-Pierre Soisson. Et nombre d’observateurs de l’époque bien informés ont signalé que la nouvelle secrétaire d’Etat n’était pas personnellement très favorable à la réforme et à son opportunité . Mais le Président de la République y tenait.

Enfin, comme le souligne lui-même Valéry Giscard d’Estaing, le Président de la République suivait les évolutions des dossiers de près (une heure trente d’entretien en tête à tête chaque semaine ) avec des interventions décisives : « J’avais fixé à Alice Saunier-Seïté comme objectif d’améliorer la qualité de notre enseignement supérieur. […] Alice a pris le sujet à bras-le-corps, sans jamais perdre de vue la direction fondamentale indiquée. Certains de ses projets de réforme ont rencontré les réticences de l’entourage du Premier ministre Raymond Barre. Elle venait m’en parler [ …] Je lui conseillais de présenter différemment les choses, et j’en parlais ensuite à Raymond Barre. Celui-ci, comme tout universitaire consacré, ne me cachait pas son irritation devant des initiatives qu’il jugeait turbulentes et contre-productrices ». Mais l’appui du Président de la République (certains le surnommaient alors le  »pharaon ») l’emportait sur tout, en dépit de tout.

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