La fin du brevet?

 

Le Conseil supérieur des programmes envisage de supprimer le brevet et de ne garder que la validation du  »socle commun », les compétences étant appréciées domaine par domaine (quatre compétences par domaine, soit une vingtaine au total, quatre fois moins qu’actuellement dans le livret personnel de compétence  »allégé »).

 

Le  »brevet » n’ a jamais eu la place emblématique du baccalauréat ou du certificat d’études comme le montrent son histoire assez tourmentée et ses appellations et fonctionnement plutôt instables. Le « Diplôme national du brevet » actuel est le résultat de cette histoire foncièrement compliquée, une histoire qui s’est davantage encore ‘’emballée’’ ces dernières années au point que l’on a abouti à un montage tout à fait composite et intenable où différentes ‘’strates’’ se juxtaposent sans se conjuguer.

 

Au XIXème siècle, le « brevet » est d’abord et avant tout un « brevet de capacité » qui certifie que l’on est «  en capacité » de devenir maître ( ou maîtresse ) d’école, et plus généralement un examen qui est parfois requis ( directement ou indirectement ) pour être « en capacité » d’exercer certains métiers appartenant à ce que l’on appellerait maintenant la sphère des cadres ‘’intermédiaires’’ ( mais non ‘’supérieurs’’ ) que l’on n’hésitait pas alors à désigner sous les fortes métaphores de « sous-officiers de l’armée du travail » ( les « officiers » devant posséder – si possible – le « baccalauréat », détenu alors par moins de 2% d’une classe d’âge ; et les « hommes de troupe » disposant – au mieux – du « certificat de fin d’études primaires » généralisé par Jules Ferry et que l’on passait à l’âge de 12-13 ans, puis de 13-14 ans à partir du Front populaire ).

Au cours du temps, le lien du « brevet » avec l’accès à certaines professions s’est nettement distendu. En 1947, dès le début de la forte augmentation du taux de scolarisation dans l’enseignement secondaire qui commence sous la Quatrième République, le « brevet » est transformé en « brevet d’études du premier cycle du second degré » ( BEPC), son appellation nouvelle signant ce qu’il est devenu avant tout , à savoir un examen qui scande un cursus scolaire – celui du secondaire – désormais clairement constitué de deux ‘’’cycles’’. Mais ce n’est nullement une condition pour passer en classe de seconde.

 

Il est d’ailleurs décidé en 1978 que les élèves ayant fait l’objet d’une orientation vers le second cycle de l’enseignement secondaire n’ont pas besoin de passer les épreuves du brevet pour l’obtenir. A partir de 1981, le diplôme – désormais intitulé « brevet des collèges » – est attribué sans examen, au vu des seuls résultats scolaires.

 

En 1986, un « examen écrit » ( en mathématiques, français, histoire-géographie-éducation civique ) est réintroduit par le ministre de l’Education Jean-Pierre Chevènement avec le triple objectif annoncé de « revaloriser le diplôme », de « motiver » davantage les élèves, et de les « préparer » à aborder des examens ultérieurement.. Lors de sa première mouture, le taux de reçus ne dépasse pas 49%.

 

En 1988, pour l’essentiel sur cette base, le « diplôme national du brevet » est créé avec trois séries ( collège, technologiques et professionnelles ). En 2001, prise en compte d’options facultatives. En 2006, s’ajoute l’option « découverte professionnelle ». En 2007, ajout de la note de vie scolaire ; le « contrôle continu » ne porte que sur les notes de troisième et le sujet du brevet devient national ( auparavant, il y avait des sujets différents par région ; ils sont désormais nationaux, mais les barèmes de correction restent définis localement ). En 2008, l’obtention du brevet est aussi conditionnée par celle du Brevet informatique et internet ( B2I ) et du niveau A2 ( du Cadre européen de références pour les langues ) dans une langue vivante. En 2010, une nouvelle option facultative est ajoutée : l’histoire de l’art ( une épreuve orale devant un jury de 2 à 3 personnes, dont un professeur d’art plastique ou de musique ).

 

Depuis 2011, « l’attestation de maîtrise des connaissances et des compétences du socle commun au palier 3 » ( qui correspond à la fin de la classe de troisième ) est obligatoire. Cette attestation est renseignée dès la classe de quatrième par les professeurs principaux, après concertation avec les équipes pédagogiques lors d’un conseil de classe ou à tout moment approprié. En classe de troisième, lors du conseil de classe du troisième trimestre, le chef d’établissement valide ou non l’acquisition du socle commun. Fermons le ban !

 

 

 

 

 

 

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This entry was posted on Vendredi, juin 6th, 2014 at 15:23 and is filed under Brevet, collège. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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