Et si on recopiait la circulaire  »Edgar Faure » du 6 janvier 1969 sur les notes?

L’histoire ne repasse jamais les plats, dit-on. Et la tentative a échoué en son temps. Alors, ne copions pas ; mais relisons-là au moins pour ses  »attendus ».

« Le développement des méthodes actives, des travaux d’équipe, ont rendu familiers des procédés de stimulation et d’émulation qui ne risquent pas d’engendrer un  »esprit d’âpreté » déplaisant, et surtout n’ont point sur les élèves qui ne figurent pas dans le » peloton de tête » les effets décourageants que maintes études psychopédagogiques ont mis en lumière [..].

C’est un texte ancien, l’arrêté du 5 juillet 1900, qui a prescrit que  »dans les compositions chaque copie aura sa note chiffrée de 0 à 20 ». Il en résulte un  »classement linéaire », les différences entre élèves se chiffrant par point ou même demi-point. Or les études docimologiques dont l’origine est antérieure à 1930 ne laissent aucun doute sur le caractère illusoire d’un tel raffinement dans la précision de la note et du classement obtenus.

Le principe du classement lui-même a été contesté pour de fortes raisons […] .En vérité, ce qui importe ce sont les progrès de l’élève par rapport à lui même ; et leur constatation n’exige pas nécessairement une note chiffrée. Elle l’exige d’autant moins que l’importance de la place est presque toujours surestimée […]. Les travaux scolaires les plus formateurs sont ceux où la préoccupation de la note s’efface : maître et élèves avancent ensemble dans la découverte d’un texte, d’un raisonnement, d’une expérience scientifique, d’une activité sportive, d’une donnée de géographie humaine, etc..[…]. Sans doute l’élève a-t-il besoin de voir son travail apprécié, ses efforts motivés et sa progression jalonnée. Sans doute les parents comme les autorités scolaires ont-ils besoin d’informations précises. Il faut cependant éluder l’obsession de la note, presque aussi pernicieuse que l’obsession de la  »place » […].

A cet effet, il est bon d’abord de prendre conscience de la relativité de la note, et par suite d’écarter les procédés dont la précision apparente est trompeuse. La notation chiffrée de 0 à 20 peut être abandonnée sans regret. Une échelle convenue d’appréciation, libérée d’une minutie excessive, sera moins prétentieuse. En indiquant la zone dans laquelle l’élève se situe, on cerne déjà la réalité d’assez près, on évite de multiplier systématiquement des différences qui ne seraient pas confirmées par d’autres correcteurs, ni par le même correcteur à une autre époque . Des appréciations globales telles que  »très satisfaisant »,  »satisfaisant » ,  »moyen »,  »insuffisant », « très insuffisant » auxquelles on peut faire correspondre, si on le juge bon, les symboles A, B, C, D, E, constituent donc un système non pas plus rudimentaire que le système traditionnel, mais plus rationnel et mieux adapté aux données. Il sera bien entendu utile à l’élève que cette appréciation globale s’accompagne d’annotations plus détaillées.

Ces modalités techniques de notation – pour lesquelles il n’existe pas de formule unique qu’il conviendrait d’imposer – ne doivent pas faire oublier la préoccupation essentielle : ramener la note à son rôle utile sans avoir à le payer par trop d’inconvénients ».

 

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