Qui a dit? Et quand? Voyage dans le temps de  »l’autonomie »

1) Chaque parcelle des connaissances humaines tend naturellement à pénétrer dans l’enseignement , chaque spécialité – et avec raison- se trouve avoir des défenseurs. On finit ainsi par donner l’hospitalité à toute demande nouvelle dans les programmes. De la d’énormes compilations encyclopédiques, qui sont un peu comme les professions de foi électorales de l’enseignement secondaire; et l’enseignement secondaire ne tient pas et ne peut pas tenir toutes les promesses qu’il a faites »

2) « L’élève du secondaire passe à travers les classes comme un voyageur qui force les étapes pour arriver le plus vite au but. Et le professeur du secondaire est tellement habitué à être une sorte de bureaucrate qui a des heures fixes de travail en dehors desquelles il ne doit rien, que si on lui demande quelque chose en dehors de ce qui est strictement prescrit, il se croit lésé »

3) « Les jours où les professeurs auront appris à se considérer comme les membres d’une sorte de petite cité enseignante, ils cesseront d’être ce qu’ils sont trop souvent aujourd’hui, c’est à dire des fonctionnaires de passage. Aujourd’hui, ils sont les serviteurs dévoués de l’Etat ; mais ils ne se sentent pas attachés à leur établissement. Sous le nouveau régime envisagé […] ils seront désormais plus liés ; ils ne se contenteront pas de faire, comme aujourd’hui, leur classe consciencieusement, ils comprendront mieux qu’ils font partie d’un tout, qu’ils ont des devoirs communs à remplir et qu’ils collaborent à une oeuvre d’ensemble, au lieu de poursuivre des œuvres isolées ».

4) « Pour collaborer, il faut, par définition, avoir quelque chose à faire ensemble ; or, à l’heure actuelle, on n’a rien à faire ensemble pour la bonne raison que tout est prescrit[…]. Le régime des études, programmes, exercices scolaires, est réglé jusque dans les plus petits détails. Alors, quelle matière à collaboration ? A peu près rien. Des homme sérieux comme sont nos professeurs ne peuvent s’intéresser à des apparences »

5) « Il ne faudrait pas procéder par mesure générale, comme nous faisons toujours. Si l’on procède par mesure générale, bientôt l’innovation sera rapportée . C’est le défaut du secondaire. C’est une grande machine, puissamment organisée, où tout se tient, mais où les réformes sont d’une difficulté extrême »

PS : pour l’évaluation des réponses, j’hésite encore entre une notation sur 20, ou une échelle-lettres de A à E

Ce sont des réponses à l’enquête parlementaire dirigée par Alexandre Ribot de 1899.  Réponses de Raymond Poincaré ( ministre de l’Instruction publique en 1893 et 1895) pour 1 et 3; réponse de Gabriel Monod  professeur d’histoire à l’ENS puis au Collège de France) pour 2; réponse d’Ernest Lavisse, (l’auteur des célèbres manuels d’histoire du primaire) pour 4; réponse de Michel Bréal (inspecteur général) pour 5

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This entry was posted on Lundi, avril 6th, 2015 at 14:46 and is filed under Non classé, refondation de l'Ecole, services, syndicat. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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