Le blog de Claude Lelievre

Un palier de plus dans l’entrisme du FN à l’Ecole

Marine Le Pen vient d’envoyer une « Lettre aux collèges de France » à destination des « proviseurs, professeurs et personnels de l’éducation ». Il s’agit d’ailleurs moins de se préoccuper du  »collège’‘ en tant que tel, que des  »collègues » que le Front national tente d’approcher en se fondant sur l’attachement traditionnel des professeurs de l’enseignement secondaire français aux disciplines.

Dans cette logique, on ne sera pas autrement surpris de la  »focale » de l’intervention de la présidente du Front national: « le point le plus consciencieusement dissimulé par le gouvernement, et certainement le plus dangereux, est la diminution massive des heures de cours consacrés aux enseignements disciplinaires ».

Marine Le Pen montre sa méconnaissance du dossier en prétendant que « la réforme du collège a été votée par le Conseil supérieur des programmes » (alors que ce dernier n’a fait que des propositions de programmes pour l’ensemble de l’école obligatoire, soumises actuellement à la discussion des enseignants ; et que « la réforme du collège » – avec ses dimensions structurelles et organisationnelles- a été, elle, le fait du ministère)…

La présidente du Front national avance finalement plusieurs propositions : « suppression du collège unique », « suppression du principe d’interdisciplinarité au collège et au lycée », «  redistribution des heures au profit des fondamentaux » ( « l’augmentation du volume horaire des enseignements non-disciplinaires allant accentuer les difficultés des élèves ayant déjà de graves lacunes en français, en mathématiques et en histoire-géographie »).

Ces choix prioritaires sont un constante au Front national, et viennent de loin... Il suffit pour s’en convaincre de relire les extraits consacrés à l’Ecole dans le discours où Jean-Marie Le Pen avait présenté au Bourget, le 12 novembre 2006, son « projet présidentiel » ( en vue des élections présidentielles du printemps 2007 ).

« Depuis 30 ans ils ont cassé l’Ecole qui n’aurait jamais du devenir le lieu de toutes les expérimentations pédagogiques, l’asile des délires d’apprentis sorciers, mais rester ce creuset où le jeune enfant apprenait à devenir Français et citoyen, et d’abord, bien sûr, à lire, à écrire et à compter. Jadis la France s’honorait d’une école formatrice, intégratrice, qui n’était pas ce lieu de marginalisation où des diplômes au rabais sont dispensés à tout va, comme autant de fausse monnaie, et qui voit un quart de ses effectifs sortir sans savoir ni lire ni écrire ! […].

L’école est le véritable et premier lieu où se forge l’égalité, celle des chances. Or la véritable sélection, j’ose le dire, est source de l’égalité véritable. Il nous faudra refaire de l’école le lieu privilégié de la transmission du savoir minimum sans lequel, dans notre société, nul ne peut survivre, s’insérer, s’élever dans l’échelle sociale. Lire, écrire, compter, connaître l’histoire et la géographie de son pays, sont des bases essentielles qui aujourd’hui manquent à un élève sur quatre en sortie du primaire ».

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