Le blog de Claude Lelievre

Reports de notes pour les redoublants au bac

Près d’un quart de siècle après une tentative du même ordre menée par Jack Lang, un projet de décret permettant aux candidats ayant échoué à l’examen du baccalauréat de bénéficier de la conservation de notes égales ou supérieures à 10 sur 20 pendant les cinq sessions suivantes a été voté le 2 juillet par le Conseil supérieur de l’éducation.

En 1989, au moment de la première « loi d’orientation » (celle de 1989), le ministre de l’Education nationale Lionel Jospin avait lancé le projet d’introduire le contrôle continu en cours de formation pour les baccalauréats. Mais devant les réactions très vives rencontrées (en particulier du SNES et du SNALC), il avait annoncé en juillet 1990 l’« ajournement » de ce projet.

En décembre 1992, son successeur, Jack Lang, a présenté à son tour une réforme prévoyant notamment que les élèves ayant échoué à l’examen du baccalauréat puissent conserver pendant cinq ans le bénéfice de leurs notes supérieures à la moyenne. Cette mesure, interprétée comme une façon d’ouvrir la voie à des formes d’évaluation par contrôle continu, fut finalement circonscrite à certains publics très spécifiques.

Le projet de décret adopté jeudi dernier par le Conseil supérieur de l’éducation indique que « pour l’examen du baccalauréat général et du baccalauréat technologique, les candidats ayant échoué à l’examen pourront demander à bénéficier de la conservation des notes égales ou supérieures à 10 sur 20, pendant les cinq sessions suivantes. La conservation des notes permet l’attribution d’une mention ».; Le vote a donné 36 pour (dont la FCPE, l’UNSA et la CFDT), 21 contre (dont le SNES et le SNALC) et 5 abstentions.

Le ministère de l’Education nationale estime que cette conservation des meilleures notes permettrait de lutter contre le décrochage scolaire. Il souligne que chaque année, près de 18.500 élèves quittent le système scolaire après avoir raté leur bac général ou technique. Ce système permettrait donc de dégager du temps libre pour que les élèves se consacrent à leurs points faibles.

Mais certains représentants syndicaux des professeurs objectent que moins d’heures de classe pour les redoublants comporterait un risque : en raison d’un emploi du temps clairsemé, les élèves redoublants pourraient être en réalité incités à ne plus prendre la peine de venir au lycée…
Par ailleurs, le SNES-FSU n’a pas hésité à condamner sans appel vendredi dernier sur Twitter le projet de décret : « Dispenser les redoublants de terminale de certains cours est démagogique et contre-productif pour la poursuite d’études supérieures ». On se demande d’ailleurs bien pourquoi, car ces reports de notes sont monnaie courante justement à l’université.

De toute façon, on n’est pas dans l’urgence. Si la mesure est effectivement mise en œuvre, les élèves redoublants auront jusqu’à Noël prochain, pour décider quelles notes garder en concertation avec leurs parents et leurs enseignants.

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Commentaire (1)

  1. JCLEON

    Le SNES et le SNALC sont contre !? ça devient une habitude.

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