Le blog de Claude Lelievre

La réforme Fouchet du supérieur

Les deux décrets du 22 juin 1966 signés par le ministre de l’Education nationale Christian Fouchet ont modifié profondément la structure des enseignements littéraires et scientifiques à l’Université, il y a tout juste cinquante ans.

Quelques années après la Libération, une année de « propédeutique » avait été créée, en sciences (1947) et en lettres (1948). Elle était suivie de deux années de licence. L’année de propédeutique avait été  instituée pour permettre aux étudiants de s’adapter aux méthodes du supérieur et de choisir leur discipline. Mais leur encadrement laissait à désirer. Et les novateurs disciplinaires reprochaient à la  »propédeutique » d’ignorer les disciplines émergentes, surtout en lettres.

En lettres , la propédeutique se divisait en deux sections : classique et moderne. En sciences, elle était structurée en trois sections : mathématiques générales et physique (MGP), mathématiques, physique et chimie (MPC) et sciences physiques, chimiques et naturelles (SPCN).

Le premier cycle littéraire, sanctionné par un diplôme universitaire d’études littéraires (DUEL) est structuré désormais en neuf sections (l’histoire de l’art, la psychologie et la sociologie conquérant en particulier leur autonomie).

Le premier cycle scientifique n’est plus accessible qu’aux bacheliers scientifiques. Il distingue désormais mathématiques et physique (MP), physique et chimie (PC), biologie et géologie (BG).

Le second cycle qui prolonge les premiers cycles littéraires ou scientifiques propose la préparation à l’enseignement avec une année de licence ou à la recherche avec une maîtrise en deux ans. En principe les deux filières devaient diverger ; en fait elles s’emboîteront.

Les facultés de lettres et de sciences avaient été conçues avant tout pour la formation académique des professeurs. Et la plupart de leurs diplômés travaillaient effectivement alors dans l’enseignement. Le ministre Christian Fouchet avait envisagé de substituer à l’organisation ancienne (une année de propédeutique plus deux ans de licence) deux années de licence suivies d’une année de formation professionnelle. Mais les recteurs et les doyens de faculté consultés se prononcent massivement contre une licence réduite à deux années juste après le baccalauréat. D’où finalement les deux décrets du 22 juin 1966. C’était il y a cinquante ans.

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