Le blog de Claude Lelievre

Blanquer, un rythme d’enfer

Le ministre qui est déjà « fier de ne pas avoir donné son nom à une nouvelle loi » n’hésite pas à se précipiter pour concocter un décret sur les rythmes scolaires…

Le 8 juin, un texte de décret sera en effet l’objet d’un vote consultatif du Conseil supérieur de l’éducation. Auparavant, une commission préparatoire se sera réuni le 6 juin. En général, il y a deux semaines entre les deux réunions afin que les différentes parties consultées puissent réfléchir et proposer calmement des amendements. Là, il n’y aura que deux jours.

L’Association des maires de France s’est inquiétée du manque de concertation et a publié un communiqué pour demander des clarifications sur le sujet. Jean-Michel Blanquer a fait valoir que « les retours à quatre jours ne concerneront qu’une petite minorité de volontaires à la rentrée prochaine » et que « l’année 2017-2018 permettrait ensuite une réflexion sur le temps et l’espace de l’enfant ». Pourquoi alors se précipiter s’il s’agit d’ « une toute petite minorité » et qu’il est reconnu en principe qu’il faudrait prendre du temps « pour une réflexion sur le temps et l’espace de l’enfant » ? Mystère. Comme on dit, « l’enfer est pavé de bonnes intentions » (proclamées…).

Le plus étonnant est que le nouveau ministre de l’Education nationale a lancé la perspective (alors même que rien en ce sens n’a été évoqué sur ce point par le nouveau chef de l’Etat) « de ne pas seulement examiner le temps hebdomadaire des élèves, mais le calendrier scolaire annuel. Il y a dix ans, le plus innovant, c’était quatre jours avec début de l’année vers le 20 août. La discussion permettra la formule la plus adaptée » .

Il est vrai aussi que la perspective d’un fort changement du calendrier scolaire avait été inscrite dans le rapport de juillet 2011 rédigé par Odile Quintin et Christian Forestier à l’issue du travail du comité de pilotage sur les rythmes scolaires mis en place par le ministre de l’Education nationale Luc Chatel . « 38 semaines de classe. Une alternance régulière, la plus proche possible du rythme  »7+2 ». Une année de près de 190 jours ouvrables, y compris à l’école primaire, plus proche de la moyenne des autres pays […]. Vacances intermédiaires toutes portées à 2 semaines pleines. Vacances d’été réduite de deux semaines […]. Une période commune à toutes les zones : 13 juillet-16 août » (page 25 du rapport ).

Jean-Michel Blanquer était alors DGESCO (directeur général des enseignements scolaires) et Luc Chatel ministre de l’Education nationale. Luc Chatel, avec la détermination qu’on lui connaît, avait tout à fait approuvé les conclusions du rapport et …différé au quinquennat suivant le problème de leur réalisation. Jean-Michel Blanquer prendrait-il la responsabilité de reprendre à son compte (et de son fait) ce que son ministre Luc Chatel avait approuvé mais non réalisé ? Ce ne serait pas facile ; surtout si cela concernait – comme dans le projet initial – l’enseignement secondaire : les professeurs des lycées et collèges sont particulièrement opposés à une rentrée avant le 1er septembre ! Enfer et damnation ! Une piqûre  »sui generis » susceptible de déchaîner le Mammouth ?

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Commentaire (1)

  1. Drs. Henk Boonstra

    Je veux attirer votre attention sur les 4 articles concernant le livre de Blanquer « L’École de demain »:

    https://egalitedeschances.blogspot.fr

    Drs. Henk Boonstra
    (orthopédagogue/psychologue néerlandais)
    .

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