Le blog de Claude Lelievre

Le ministre Blanquer n’a pas tenu l’engagement du candidat Macron de  »simplification » du bac

Il était pourtant  »simple » (en son principe) de simplifier le baccalauréat en prenant pour principe de base le  »vrai »contrôle continu.

C’est d’ailleurs ce que vient de rappeler clairement le SGEN qui était partisan de cette réforme : « A ce jour, c’est 100% des notes données par les professeurs qui sont prises en compte pour l’affectation dans les filières sélectives de l’enseignement supérieur (CPGE, IUT, STS…). D’un côté on ferait confiance aux enseignants, d’un autre côté, on se méfierait de leur façon de noter. Les opposants au contrôle continu n’ont jamais remis en cause cette affectation sur les notes données par les professeurs des élèves... ». Or le ministre Blanquer n’a accordé que 10 % pour le baccalauréat à ce  »contrôle continu ».

Pourtant, dans son interview parue dans « L’Etudiant » le 30 mars dernier, Emmanuel Macron avait été lui aussi très clair , et dans le même sens: « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l’entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s’agissait bien du  »contrôle continu » entendu comme l’ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».

Le constat est sans appel : le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer n’a pas respecté l’engagement du candidat Emmanuel Macron qui était sans ambiguïté. On peut être étonné, en l’occurrence, que la plupart des observateurs passent le plus souvent sous silence cette ‘‘dérobade » qui ne relève pourtant en rien du détail. Et ils se laissent curieusement  »balader » par des points ou des considérations secondaires en regard de l’objectif initial proclamé.

Aura-t-on in fine une simplification du baccalauréat ? Là est la question, et nulle part ailleurs . On peut fortement en douter. Le SGEN le souligne avec raison : « La réforme du baccalauréat ne va pas simplifier son organisation dans les établissements, mais pourrait au contraire rendre l’examen encore moins lisible et surtout multiplier les situations d’examen tout au long du cycle terminal et ainsi fractionner le rythme des apprentissages ».

Les deux seuls syndicats qui ont voté le texte sur le  »contrôle continu » à la sauce Blanquer avancent d’ailleurs de curieux arguments pour le justifier (et qui ne sont pas dans le droit fil de  »la simplification » ). Le SNALC déclare que « c’est la fin du tout contrôle continu dans l’affectation. Le bac retrouve enfin son statut de premier grade universitaire, et son organisation incitera clairement les élèves à fournir un travail plus régulier en première et terminale ». Le prix de l’humour noir peut être accordé à la réaction du principal syndicat de chefs d’établissement, le SNDPEN, qui « accueille favorablement la nouvelle organisation du baccalauréat […], mais sera très attentif pour que la mise en œuvre des  »partiels » ne désorganise pas chroniquement les lycées »…

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Commentaire (1)

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