Le blog de Claude Lelievre

Archives par auteur: Claude Lelièvre

Blanquer et la maladie imaginaire

Le ministre de l’Education nationale (  »l’inspecteur gadget » selon  »Marianne ») s’avère incorrigible en brandissant  son épouvantail à moineaux : la méthode globale. Qu’est-ce qui pourrait le guérir : une parodie méritée, le ridicule ? Blanquette.- Je vais de ville en ville, de province en province, pour chercher d’illustres matières à ma capacité, pour trouver des maladies dignes de m’occuper, capables d’exercer les grands et beaux secrets que j’ai trouvés. Je dédaigne de m’amuser à ce menu fatras de maladies ordinaires, à ces bagatelles de fiévrottes, à ces vapeurs, et à ces migraines. Je veux des maladies d’importance, de bonnes fièvres continues, avec des transports au cerveau, c’est là que je me plais, c’est là que je triomphe ; et je voudrais, Monsieur, que vous eussiez toutes les maladies que je viens de dire pour vous montrer l’excellence de mes remèdes, et l’envie que j’aurais de vous rendre service. Professeur des écoles Arguant- Je vous suis obligé, Monsieur, des bontés que vous avez pour moi. Blanquette.- Donnez-moi votre pouls. Ahy, je vous ferai bien aller comme vous devez. Hoy, ce pouls-là fait l’impertinent ; je vois bien que vous ne me connaissez pas encore. Quelle est votre grande référence ? Professeur des écoles Arguant.- Monsieur Roland Goigoux…. Savoir plus >

La dictée dictée par NVB : mon article du 19 septembre 2015

La ministre de l’Education nationale vient d’édicter une dictée quotidienne. Sans compter le calcul mental. 19 sept. 2015 Par claude lelièvre Blog : Histoire et politiques scolaires dans Médiapart  Quid de cette entrée en matière pour une réforme des programmes pensés en même temps depuis le cours préparatoire jusqu’à la troisième, par cycles, pour aller dans le sens de la continuité, de la progressivité et de la cohérence ? Chapeau, le Conseil supérieur des programmes!. A vrai dire, la façon de faire et de dire de Najat Vallaud-Belkacem en l’occurrence n’est pas sans rappeler celle de Jack Lang à la rentrée scolaire 2002 à propos des nouveaux programmes de l’enseignement primaire. « Aux oubliettes la méthode globale ! Place à un horaire spécial pour la grammaire, elle-même recentrée sur la relation entre le verbe et son sujet, et entre le verbe et les compléments. Place au retour de l’orthographe reposant sur l’intelligence de la syntaxe et du lexique. Place à la connaissance exigeante des conjugaisons et à la découverte du vocabulaire. Place aussi à l’écriture cursive et à la prise de notes personnelles au lieu et place de la photocopie. Autre nouveauté qui donnera chair et âme au voyage initiatique dans la langue :… Savoir plus >

Entrées à l’université. L’Avis du Conseil d’Etat in extenso

22 novembre 2017 | Avis consultatif Projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants Le Gouvernement a décidé de rendre public l’avis du Conseil d’État sur le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants. > téléchargez au format pdf Conseil d’État Assemblée générale Séance du jeudi 16 novembre 2017 Section de l’intérieur Section sociale N° 393743 Extrait du registre des délibérations Avis sur un projet de loirelatif à l’orientation et à la réussite des étudiants 1. Le Conseil d’État a été saisi le 2 novembre 2017 d’un projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants. Ce texte a fait l’objet de deux saisines rectificatives le 14 novembre sur le projet de loi et les 14 et 16 novembre en ce qui concerne l’étude d’impact. 2. Ce projet de loi comporte sept articles qui définissent les conditions dans lesquelles les bacheliers sont inscrits dans une formation du premier cycle de l’enseignement supérieur, instaurent un accès prioritaire dans l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur public pour les meilleurs bacheliers dans chaque série et spécialité du baccalauréat, supprime le régime spécifique aux étudiants de prise en charge de leurs frais… Savoir plus >

Emmanuel Bonaparte et Jean-Michel Fontanes

Dans « Libération », et sous l’intitulé « Emmanuel Bonaparte », Laurent Joffrin a filé hier une longue comparaison plus ou moins métaphorique entre Macron et Bonaparte. Il a mis en valeur que notre chef de l’Etat, à l’instar de Napoléon, s’appuyait sur des « techniciens confirmés » (en citant au premier chef Jean-Michel Blanquer). L’alter ego de notre actuel ministre de l’Education nationale a été sous le Premier Empire Louis Fontanes, premier « Grand-maître de l’Université » (une sorte de chef d’un ministère de l’Instruction publique et des Cultes qui ne sera de plein exercice que plus tard, et qui se situe alors au sein du ministère de l’Intérieur car il y va avant tout de l’ordre, de la remise en ordre des esprits après la tourmente révolutionnaire et républicaine). Comme on dit à juste titre,  »comparaison n’est pas raison » (loin s’en faut parfois) ; mais cela peut être suggestif . On commencera par des extraits du texte – certes indicatif – de Wikipédia. « La brillante carrière d’un restaurateur (1799-1821) Louis Fontanes rentre à Paris, d’abord clandestinement, avant le coup d’État du 18 brumaire. ll gagne la faveur de Bonaparte, devenu Premier consul, qui le fait rayer de la liste des proscrits, et le rétablit dans son fauteuil… Savoir plus >

Bac et post-bac: les lycées l’ont emporté sur les universités

On est d’abord passé de jurys d’universitaires hégémoniques à des jurys de professeurs de lycée hégémoniques. Mais cela fait si longtemps que l’on a tendance à l’oublier ; et à oublier l’importance et le sens de cet état de fait. A l’origine, les jurys d’examens du baccalauréat sont composés exclusivement d’universitaires, puisque c’est un examen d’entrée à l’université (même s’il porte sur la fin du secondaire). Au tout début du baccalauréat, une circulaire du 5 avril 1810 prescrivait que les examens universitaires devaient commencer le 1er août. Les aspirants au doctorat subissaient les premiers les épreuves. Puis venaient les aspirants au grade de la licence. Les candidats au baccalauréat étaient examinés les derniers. Les professeurs d’université ne pouvaient partir en vacances que lorsque tous les examens étaient terminés. Cette règle, respectée pour l’essentiel tout au long du XIX° siècle, va se heurter à la croissance du nombre des candidats qui devient relativement importante au début du XX° siècle. On va donc étoffer les jurys en y intégrant progressivement de plus en plus de professeurs du secondaire. D’abord des professeurs agrégés ou possédant le doctorat, directement choisis par le ministre. Puis le décret du 13 août 1931 fait passer du ministre au… Savoir plus >

Quid du libéralisme »avancé » et des deux recteurs ministres: Haby et Blanquer?

Six mois après l’élection d’Emmanuel Macron et la nomination du recteur Jean-Michel Blanquer à la tête du MEN, une comparaison s’impose avec VGE – le chantre du  »libéralisme avancé »- et son ministre de l’Education nationale, René Haby, un ancien recteur lui aussi. Le « libéralisme avancé » ( »libéral » sur le plan socio-économique, mais  » avancé » pour les femmes et pour les jeunes ; cf la loi sur l’IVG et l’âge de la majorité abaissé à 18 ans) a offert avec le « collège unique » une version française de « l’école de base » suédoise (social-démocrate), de la « comprehensive school » (travailliste), de la « Gesamtschule » (social-démocrate allemande). Valéry Giscard d’Estaing avait indiqué le 20 mai 1975 sur RTL : «la gauche, c’est un terme ambigu ; je veux dire qu’il y a dans la pensée de gauche des éléments positifs importants dont je compte bien m’inspirer ; ce qui fait que, dans l’action réformatrice libérale avancée, il y a beaucoup d’idées de gauche qui doivent être mises en œuvre ». C’est pourquoi, dans une tribune parue dans « Le Monde » du 21 octobre 1993 (et en réponse à l’aphorisme proféré par le ministre de l’Education nationale de cette année là, un certain François Bayrou : « collège unique, collège inique »), l’ex-ministre de l’Education nationale de VGE… Savoir plus >

Petit répertoire historique du bachotage

Dans « Le Parisien » d’aujourd’hui, le ministre de l’EN Jean-Michel Blanquer a déclaré : « on voit bien que le bac tel qu’il existe aujourd’hui est arrivé à la fin d’une époque et qu’il faut passer à autre chose. Il faut en finir avec le bachotage pour lui redonner du sens » Le moins que l’on puisse dire, c’est que la thématique du « bachotage », loin d’être une nouveauté ( pressante),  a une longue histoire. L’expression même de « bachotage » a fait le titre d’un livre paru il y a plus d’un siècle, en 1910, sous la plume d’un professeur de physique de l’université de Toulouse, Ernest Bouasse. Dès 1880, Jules Ferry lui-même tente une réforme de l’examen : « La question du baccalauréat, dit-il, s’est ainsi posée : arracher cet examen aux misères, aux écueils et aux mensonges de la préparation mnémonique et mécanique ». Après soixante-dix ans d’existence… Mais le résultat de sa réforme est pour le moins incertain car, quatre-vingts ans plus tard, au tout début de la cinquième République, il ne semble pas que l’on ait été beaucoup avancé si l’on en juge par le rapport motivant le décret du 18 août 1959 relatif au baccalauréat : « Il est normal qu’un examen de qualité incontestable sanctionne… Savoir plus >

Un « Dictionnaire de pédagogie » ?

En ces temps d’incertitudes  »républicaines » et  »pédagogiques », la réédition (raccourcie) du célèbre  »Dictionnaire de pédagogie » dont le maître d’oeuvre a été Ferdinand Buisson est la bienvenue. Cette réédition (chez ‘‘Bouquins », un millier de pages, 32 euros) rassemble 250 textes signés des meilleurs spécialistes de l’époque (celle de la troisième République triomphante) L’historien Pierre Nora a accepté que l’article qu’il avait consacré au « Dictionnaire de pédagogie  de Ferdinand Buisson ; cathédrale de l’école primaire » dans le premier tome des « Lieux de mémoire » en 1984 soit reproduit intégralement en « guise de préface ». On se souvient du début : « A qui voudrait saisir, dans toute la rigueur de son enchaînement, mais aussi dans l’infinie richesse de ses constellations, le lien absolu qui unit tout droit la Révolution à la République, la République à la raison, la raison à la démocratie, la démocratie à l’éducation, et qui, de proche en proche, fait donc reposer sur l’instruction primaire l’identité même de l’être national, on conseillerait en définitive un ouvrage et, s’il fallait n’en élire qu’un seul celui-ci : « le Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand Buisson ». Un bon conseil à suivre… D’autant que Philippe Meirieu, dans un avant propos très à propos ( « De Ferdinand Buisson… Savoir plus >

Bac et entrée dans le supérieur selon le plan Plan  »Langevin-Wallon ».

Une réponse toujours d’avant-garde ? A méditer en tout cas, puisque Daniel Filâtre – rapporteur général de la concertation sur l’accès au supérieur – rend compte aujourd’hui des préconisations des onze groupes de travail. Il y a tout juste 70 ans (!) le célèbre (et mythique?) Plan Langevin-Wallon contenait les propositions ou observations suivantes. « Le baccalauréat permettra l’entrée dans l’enseignement pré-universitaire. Un stage probatoire de courte durée servira à diriger les étudiants vers les enseignements en rapport avec leurs aptitudes et, si besoin est, à éliminer les plus inaptes » « Les examens à tous les degrés devront être conçus sur un type nouveau qui dissocie les épreuves de connaissances et l’appréciation des aptitudes. Les examens de fin d’études [poursuivies obligatoirement jusqu’à 18 ans] doivent être un contrôle portant sur l’ensemble des études et ne doivent pas permettre la préparation spéciale d’un programme limité. Par des sondages multipliés on s’efforcera d’explorer l’ensemble des acquisitions et des aptitudes en éliminant le plus possible le hasard » Vingt ans après, en février 1967, le Bureau politique du parti communiste français publie dans un numéro spécial de sa revue « L’Ecole et la nation » des « propositions pour une réforme démocratique de l’enseignement » qui s’appuient beaucoup sur le Plan… Savoir plus >

Il y a eu des  »pédagogistes » au ministère ! Jules Ferry contre Blanquer

La chasse au  »pédagogisme » voire aux  »pédagogistes » est ouverte. Et certains donnent de la voix et s’époumonent dans certaines gazettes. Ils montrent ce faisant surtout leur inculture (pédagogique et historique) abyssale. Qui a dit : « Nous voulons des éducateurs ! Est-ce là être trop ambitieux ? Non. Et je n’en veux pour preuve que la direction actuelle de la pédagogie, que les méthodes nouvelles qui ont pris tant de développement, ces méthodes qui consistent, non plus à dicter comme un arrêt la règle à l’enfant, mais à la lui faire trouver ; qui se proposent avant tout d’exciter la spontanéité de l’enfant, pour en diriger le développement normal au lieu de l’emprisonner dans des règles toutes faites auxquelles il n’entend rien, au lieu de l’enfermer dans des formules dont il ne retire que de l’ennui, et qui n’aboutissent qu’à jeter dans ces petites têtes des idées vagues et pesantes, et comme une sorte de crépuscule intellectuel». Qui a dit :« Les hommes d’ancien régime dans l’enseignement primaire sont un peu surpris de ce que nous entreprenons ; ils sont même un peu choqués […]. Mais, disent-ils, est-ce que, autrefois, avec les anciennes méthodes, avec le programme restreint à lire, à écrire et à compter, on ne faisait pas… Savoir plus >