Le blog de Claude Lelievre

Archives par auteur: Claude Lelièvre

L’agrégation en difficulté?

C’est ce qui peut être envisagé, si l’on en juge par le véritable cri d’alarme lancé par le Directeur de l’Ecole normale supérieure de Cachan.   Jean-Yves Mérindol, le directeur de l’école normale supérieure de Cachan, a adressé ce 25 novembre une lettre aux enseignants-chercheurs de l’Ecole, ainsi qu’aux membres de la commission Formation Recherche, et à ceux du Conseil scientifique et du Conseil d’administration, à propos des  » conséquences des réformes en cours sur l’agrégation « .    »  Le décret publié en juillet, souligne-t-il, modifie les conditions des diplômes exigés pour se préparer à l’agrégation externe. Il fallait jusqu’à présent un master 1, ou un diplôme équivalent, et il faudra à partir de la session 2011 un matser complet ( M2 ). Cette condition s’apprécie au moment de l’inscription, c’està dire vers octobre Le groupe chargé de travailler sur l’agrégation a fait plusieurs propositions, dont celle de revenir sur la condition de diplômes posée par ce décret. Les ministres viennent de faire savoir qu’ils ne retenaient pas a priori cette idée et que le concours 2011 se ferait bien dans les conditions fixées par le décret de juillet 2009. Les dates prévues pour les concours d’agrégation sont les suivantes : épreuves d’admissibilité… Savoir plus >

La naissance difficile du CNRS

Le CNRS a désormais soixante-dix ans. Mais cette vénérable institution n’est pas née d’un seul coup, ni sans à coups.   Le CNRS a été créé par un décret du président de la République Albert Lebrun le 19 octobre 1939. Le contexte doit retenir l’attention : la France est déjà en guerre, et la facilité avec laquelle la Wehrmacht – forte d’une supériorité technique redoutable – vient de disposer de la Pologne a frappé les esprits. La mobilisation du pays doit se faire, et la recherche – dans ces conditions – ne doit surtout pas faire exception : le CNRS doit organiser l’effort scientifique de guerre, et ses laboratoires doivent participer au premier chef à la lutte contre le Reich.   A vrai dire, le CNRS n’est pourtant pas une création ex nihilo, faite tout à coup et d’un seul coup. Depuis le début du XX° siècle, en effet, des caisses de financement et des offices de recherche ont été créés. Et, dans les années 1930, grâce aux initiatives de certains grands scientifiques ( au premier rang desquels le prix Nobel de physique Jean Perrin ), elles se sont multipliées. A la veille du conflit, la France s’est ainsi déjà dotée d’une… Savoir plus >

Un développement démenti de l’EPS dans le Supérieur?

Fin octobre, le SNEP a adressé à la ministre de l’enseignement supérieur une lettre pour s’inquiéter du décalage entre une politique de développement affirmée et les moyens envisagés.   Le rapport paru le 20 mai 2009 sur « Le développement du sport à l’université » rédigé par le professeur Gérard Auneau et le sportif Stéphane Diagana a mis l’accent ( p.123 ) sur le fait que le « rapport Fabre, commandé par Lionel Jospin, alors ministre de l’Education nationale, n’avait jamais connu de suite », tout en considérant que le contexte actuel « semble différent : la volonté politique de trois ministres [ Valérie Pécresse, Roselyne Bachelot et Bernard Laporte ] s’est matérialisée, se confirme et se traduira par des décisions concrètes ».   Trois mois plus tard, le 15 juillet 2009, Valérie Pécresse ( ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ), lors de son intervention devant le Conseil national de l’enseignement supérieur s’est prononcée on ne peut plus explicitement : «Je sais que pour réussir, nos étudiants ont besoin non seulement de s’épanouir sur le plan intellectuel, mais également sur le plan personnel. C’est pourquoi je serai particulièrement attentive à cette question au cours de l’année qui s’ouvrira bientôt. Deux questions me tiennent à cœur…. Savoir plus >

L’académie des sciences: les concours en fin de M1!

Dans un  » avis  » publié le 28 octobre, l’Académie des sciences vient de se prononcer pour que les épreuves d’admissibilité soient placées en fin de première année de master, à l’instar de la plupart des syndicats concernés.   On se souvient qu’une série de décrets ministériels ont été publiés le 29 juillet disposant que seuls les titulaires ou inscrits en M2 pourraient se présenter aux concours de recrutement des futurs enseignants. Une disposition approuvée certes par trois syndicats : le SNES, le SNALC et l’Autonome-SUP ( très attachés à renforcer les cursus des disciplines académiques ) ; mais condamnée par six autres syndicats : le SGEN, le SE-Unsa, Sup-Recherche-Unsa, le SNUipp, le SnesSup et l’UNEF ( qui ont écrit en commun le 16 octobre au ministre pour lui demander de mettre le concours de recrutement en fin de l’année de Master 1 ). Cf mon billet du 25 octobre :  » Tous ensemble ? « .   Alors qu’il est difficile d’imaginer que l’Académie des science ne se soucierait pas au premier chef du niveau académique des futurs enseignants, elle se prononce pourtant – de fait – sans ambiguïté non pas pour la position des trois premiers syndicats, mais pour celle des six autres. L’Académie observe en effet que… Savoir plus >

Tous ensemble?

Les syndicats du monde scolaire sont loin d’être unis, bien au contraire, si l’on excepte leurs oppositions aux choix budgétaires gouvernementaux et à la diminution qui se poursuit des postes d’enseignants On peut le mesurer dans deux dossiers d’actualité importants : celui de la réforme des lycées, et celui de la fixation du moment des concours de recrutement dans les cursus de masters.  Division foncière quant à l’annonce récente de la ‘’réforme’’ ( ou de simples ‘’changements’’ ? ) concernant le lycée On peut saisir combien la déception de certains syndicats enseignants ( SE-Unsa, Sgen-CFDT ) ou étudiants et lycéens ( UNEF, Confédération étudiante, UNL ) peut être grande en se rappelant le texte qu’ils avaient signé ensemble lorsque le premier projet de réforme avait été ‘’ajourné’’, en janvier 2009.   -l’organisation du lycée est modulaire : modules communs et modules d’exploration en  ) ) econde ; modules communs et modules de spécialisation progressive en cycle terminal.Les voies générales et technologiques sont fusionnées. -les modalités de la certification terminale ( baccalauréat ) tiennent compte de cette nouvelle organisation : les modules sont capitalisés après validation en cours de formation. En plus de cette capitalisation, le baccalauréat fait l’objet d’un nombre réduit d’épreuves terminales et d’une… Savoir plus >

Ségolène Royal: le bizutage est un délit

L’affaire de Poitiers La semaine dernière le parquet de Poitiers a ouvert une information judiciaire pour  » agression sexuelle en réunion « , et quatre lycéens internes de 17 ans ont été mis sous contrôle judiciaire à la suite d’une plainte des parents des jeunes victimes, âgées de 15 à 16 ans, et de la direction du lycée ‘’Bois-d’Amour’’. Le bizutage leur aurait imposé de siffler la Marseillaise pendant que leurs aînés leur compressaient les parties génitales et qu’un autre leur enfonçait un doigt entre les fesses. Le communiqué de Ségolène Royal Jeudi dernier, la présidente de la région Poitou-Charentes a publié un communiqué dans lequel elle a fait valoir que  » le devoir de protection dû à chaque élève interdit toute complaisance et toute loi du silence à l’égard de ces pseudos-rites d’intégration qui portent atteinte à la dignité et à l’intégrité des adolescents « . Et Ségolène Royal  » s’élève contre ces pratiques inadmissibles qui constituent un délit depuis la loi du 17 juin 1998 « , en rappelant qu’  » elle fut à son origine, en tant que Ministre de l’enseignement scolaire « . La ministre des enseignements scolaires et la loi de 1998 La loi du 17 juin 1998, évoquée dans son communiqué par Ségolène Royal,… Savoir plus >

Filières, hiérarchisations et dysfonctionnement

Mise en place de la différenciation par les filières Au début de la cinquième République, une différenciation dominante selon les filières a été instituée : création en 1963 du collège d’enseignement secondaire ( réunissant dans un même type d’établissement la ‘’voie longue’’ encadrée par des professeurs certifiés voire agrégés ; la ‘’voie courte’’ encadrée par des maîtres de cours complémentaires rebaptisés PEGC ; la voie ‘’transition-pratique’’ encadrée par des instituteurs spécialisés) ; et cette mise en filière du collège est prolongée dès 1965 par la mise en filières des lycées (filières générales A,B,C ; et filières technologiques F, G, H ).   Hiérarchisation quasi immédiate des filières     Les filières étaient présentées comme étant un cadre fonctionnel pour une bonne orientation qui tienne compte des aptitudes et des goûts des élèves afin de les préparer, dans des cursus adaptés, à des sorties diversifiées du système scolaire ( avant la vie active ou la poursuite d’études dans le supérieur ). Mais elles ont été presque aussitôt hiérarchisées entre elles, les filières générales étant placées au-dessus des filières technologiques, et la filière ‘’C’’ ( dite maths-sciences, rebaptisée depuis ‘’S’’ ) planant au-dessus des autres filières générales ( ‘’A’’, littéraire, rebaptisée ‘’L’’ ; et ‘’B’’, sciences économiques et… Savoir plus >

Confiance en soi et réussite des filles

Confiance et compétition dans les concours De multiples études montrent que, à réussite scolaire égale, les filles ont une moindre confiance en soi que les garçons, qui sont davantage préparés à la compétition . Or la confiance en soi et l’esprit de compétition se révèlent être un avantage, surtout lors des concours ( dont l’importance est particulièrement grande en France, on le sait ). C’est ce que démontre encore une étude récente à propos du concours d’entrée à HEC. Alors que les candidates ont eu en moyenne de meilleures mentions au bac, et qu’elles sont pratiquement aussi nombreuses à se présenter que les hommes, elles ne constituent pourtant qu’un peu plus de 46% des admises au concours d’entrée à HEC, et un peu moins de 46% des reçues.  Un bémol Mais il faut aussi remarquer que l’écart est en définitive plutôt faible : de l’ordre de 4 points. Surtout, si l’on prend l’exemple retenu, celui de HEC, il faut savoir qu’il y a trente ans, les filles ne représentaient qu’un quart des reçus, et les garçons les trois quarts. En moins d’une génération, on est presque arrivé à la parité, et ce n’est pas fini… Si l’on quitte le terrain des concours… Savoir plus >

Les bacs professionnels et l’entrée dans le supérieur

A l’origine, ces bacs ne sont pas conçus pour assurer une promotion sociale   Le 28 mai 1985, le ministre de l’Education nationale Jean-Pierre Chevènement précise que les  » baccalauréats professionnels  » sont créés afin de répondre en premier lieu aux besoins de modernisation du pays ( dans le cadre d’une concurrence internationale accrue ) en formant   des ouvriers de plus en plus qualifiés   » souvent au niveau du baccalauréat, quelquefois à un niveau supérieur encore « . L’objectif premier de cette création n’est donc pas de l’ordre de la promotion sociale. Le 8 octobre 1985, le ministre précise qu’il s’agit  » d’offrir, à l’issue de la classe de troisième, trois voies d’égale dignité  » : la voie générale, dans laquelle  » peuvent s’engager ceux qui ont les capacités de poursuivre des études aux niveaux les plus élevés de l’Université  » ; la voie technologique,  »  qui conduira la majorité des jeunes qui s’y engagent vers un niveau de technicien supérieur  » ; et la « voie  professionnelle, qui assure, après l’obtention d’une qualification de niveau V, une possibilité de poursuivre la formation jusqu’au niveau du baccalauréat et même vers un niveau plus élevé « . Il y a donc l’affirmation ( symbolique ) par le titre même de ‘’baccalauréat’’ d’une égalité de dignité, mais… Savoir plus >

Deux politiques à propos du  »noeud gordien »

Un ouvrage paru en septembre chez Magnard ( ‘’Faut-il plus de compétition à la Fac ?’’ ) donne l’occasion de comparer les réponses de deux jeunes politiques prometteurs : celles de Benoist Apparu ( 40 ans, UMP ; actuellement secrétaire d’Etat chargé au logement, mais qui a été aussi rapporteur de la loi sur l’autonomie des universités ) et Bruno Julliard ( 28 ans, ancien président de l’Unef, actuellement adjoint au maire de Paris chargé de la Jeunesse et secrétaire national à l’Education au Parti socialiste ).     Benoist Apparu    » L’urgence, c’est de permettre aux bacheliers technologiques de poursuivre dans le supérieur avec de vraies chances de réussite, c’est-à-dire de rejoindre les IUT qui sont faits pour eux. On pourrait même imaginer de créer des classes préparatoires de deux mois pendant l’été […]. Si l’on développe une politique de quotas des bacheliers technologiques dans les IUT, cela signifie qu’il faudra ouvrir de nouvelles places et surtout que plus de bacheliers généraux seront accueillis dans les premiers cycles classiques de l’université. Il faudra donc, parallèlement à ces quotas, rénover en profondeur l’entrée à l’université pour encourager les bacheliers généraux à choisir les premiers cycles universitaires. Pour ce faire, je crois indispensable d’intégrer… Savoir plus >