Le blog de Claude Lelievre

Archives par auteur: Claude Lelièvre

Les bacs professionnels et l’entrée dans le supérieur

A l’origine, ces bacs ne sont pas conçus pour assurer une promotion sociale   Le 28 mai 1985, le ministre de l’Education nationale Jean-Pierre Chevènement précise que les  » baccalauréats professionnels  » sont créés afin de répondre en premier lieu aux besoins de modernisation du pays ( dans le cadre d’une concurrence internationale accrue ) en formant   des ouvriers de plus en plus qualifiés   » souvent au niveau du baccalauréat, quelquefois à un niveau supérieur encore « . L’objectif premier de cette création n’est donc pas de l’ordre de la promotion sociale. Le 8 octobre 1985, le ministre précise qu’il s’agit  » d’offrir, à l’issue de la classe de troisième, trois voies d’égale dignité  » : la voie générale, dans laquelle  » peuvent s’engager ceux qui ont les capacités de poursuivre des études aux niveaux les plus élevés de l’Université  » ; la voie technologique,  »  qui conduira la majorité des jeunes qui s’y engagent vers un niveau de technicien supérieur  » ; et la « voie  professionnelle, qui assure, après l’obtention d’une qualification de niveau V, une possibilité de poursuivre la formation jusqu’au niveau du baccalauréat et même vers un niveau plus élevé « . Il y a donc l’affirmation ( symbolique ) par le titre même de ‘’baccalauréat’’ d’une égalité de dignité, mais… Savoir plus >

Deux politiques à propos du  »noeud gordien »

Un ouvrage paru en septembre chez Magnard ( ‘’Faut-il plus de compétition à la Fac ?’’ ) donne l’occasion de comparer les réponses de deux jeunes politiques prometteurs : celles de Benoist Apparu ( 40 ans, UMP ; actuellement secrétaire d’Etat chargé au logement, mais qui a été aussi rapporteur de la loi sur l’autonomie des universités ) et Bruno Julliard ( 28 ans, ancien président de l’Unef, actuellement adjoint au maire de Paris chargé de la Jeunesse et secrétaire national à l’Education au Parti socialiste ).     Benoist Apparu    » L’urgence, c’est de permettre aux bacheliers technologiques de poursuivre dans le supérieur avec de vraies chances de réussite, c’est-à-dire de rejoindre les IUT qui sont faits pour eux. On pourrait même imaginer de créer des classes préparatoires de deux mois pendant l’été […]. Si l’on développe une politique de quotas des bacheliers technologiques dans les IUT, cela signifie qu’il faudra ouvrir de nouvelles places et surtout que plus de bacheliers généraux seront accueillis dans les premiers cycles classiques de l’université. Il faudra donc, parallèlement à ces quotas, rénover en profondeur l’entrée à l’université pour encourager les bacheliers généraux à choisir les premiers cycles universitaires. Pour ce faire, je crois indispensable d’intégrer… Savoir plus >

Le noeud gordien de l’entrée dans le supérieur

Quelques effets du paradoxe de la sélection dans l’enseignement supérieur   Il n’y a pas de sélection pour l’entrée à l’Université. Mais il y en a une ( sur dossiers ) pour accéder non seulement aux classes préparatoires aux grandes écoles, mais aussi pour entrer en IUT ou en STS. On voit le paradoxe : les filières courtes de l’enseignement supérieur ont une entrée sélective ( sur dossiers ), alors que les filières de l’Université ( en principe longues ) n’en ont pas. C’est pourquoi le résultat des entrées dans l’enseignement supérieur est finalement pour le moins baroque, sinon chaotique ou pervers. C’est ainsi que 20% des nouveaux bacheliers de 2006 de l’enseignement général se sont dirigés vers des filières courtes ( 8% dans des sections de techniciens supérieurs et 12% dans des Instituts universitaires de technologie ), en principe destinés aux bacheliers d’enseignements technologiques ( et ils occupent ainsi les deux tiers des places offertes en IUT, qui deviennent de fait des établissements foncièrement sélectifs, difficiles d’accès aux titulaires d’un bac technologique ). A l’inverse, même si une courte majorité des titulaires d’un baccalauréat technologique en 2006 se sont bien dirigés vers des filières courtes ( 42% en sections de techniciens supérieurs et… Savoir plus >

Des antédédents à la réforme du lycée?

 Les Ecoles centrales révolutionnaire Vers la fin de la période révolutionnaire, et avant le lycée institué par Napoléon I en 1802, des ‘’Ecoles centrales’’ ont été créées par la loi du 25 février 1795 au ‘’centre’’ de chaque département français selon un modèle qui peut nous paraître inédit en France puisque leurs élèves pouvaient très librement choisir leurs parcours ( selon un mode de fonctionnement que l’on qualifierait d’ ’’optionnel’’ voire ‘’modulaire’’ en termes contemporains ) . Création vraiment originale, les écoles centrales opérèrent certes fugitivement – elles ne durèrent que sept ans ! – mais réellement un bouleversement à la fois dans les matières enseignées et leur organisation générale. Alors que les collèges d’Ancien Régime avaient peu à peu créé les classes sinon d’âge, du moins de niveau, on y renonce en faveur de cours autonomes et facultatifs donnés d’année en année par le même professeur. Les élèves du même âge pouvaient donc suivre des sections différentes dans chacun des cours, à leur choix. C’était d’ailleurs une idée de Condorcet ( et même de Talleyrand ) qui avait pour elle  » l’autorité des hommes les plus considérables du XVIII°siècle « , celle des hommes des Lumières. Et pourtant, contrairement à ce que l’on… Savoir plus >