Le blog de Claude Lelievre

agrégation

La tyrannie des examens et des concours

Cette tyrannie aussi bien que l’étendue des programmes transforment la plupart des cours en épreuve de vitesse. Quand l’examen arrive, une sélection est déjà faite ; et la plupart des concurrents sont déjà hors de course. Méthode excellente, si l’on ne pense qu’à distribuer de bons emplois aux plus méritants. Méthode détestable, si l’on veut instruire le plus grand nombre. Si l’on croit que la culture de l’intelligence ne convient qu’à un petit nombre d’hommes bien doués, qui gouverneront ensuite les autres, alors oui il faut enseigner mal, et enseigner vite ; et c’est tant pis pour celui qui ne saura pas comprendre à demi-mot ; il apprendra, au cours de ses études, le respect qui est dû à l’élite ; et cela suffit, dans un régime aristocratique. A ce point de vue l’enseignement secondaire défie toute concurrence ; il possède l’art d’enseigner mal ce que l’on sait bien ; et ce n’est pas si facile qu’on le croirait. Mais si l’on considère que les esprits les plus lents, et qui sont quelquefois les plus riches, sont ceux qui ont le plus besoin de conseils et de leçons ; si l’on croit que des citoyens préparés à la réflexion et… Savoir plus >

Vers un  »pré-recrutement » d’enseignants à bac+3?

Lors d’une conférence de presse donnée le 15 décembre à Bondy ( Seine-Saint-Denis ) après une rencontre avec le collectif ‘’Stagiaire impossible’’, François Hollande s’est déclaré favorable à un « pré-recrutement » des enseignants au niveau licence. On le sait, les enseignants sont désormais recrutés  au niveau ‘’master’’ ( bac+5 ) depuis 2010, et cela s’est soldé ( entre autres raisons ) par une forte diminution des candidats aux concours ( cf  deux de mes billets de novembre : « Les postes aux concours de l’enseignement du second degré » et « La mystérieuse crise du recrutement des enseignants » ). On s’en doute, cet état de fait est tout particulièrement préoccupant pour ceux qui  ( à l’instar de François Hollande ) entendent non seulement que l’on en finisse avec la suppression de postes d’enseignants par milliers chaque année, mais que l’on recrute bien davantage que le nombre de postes libérés par les départs à la retraite ( 12000 postes en plus chaque année, essentiellement d’enseignants, selon la proposition réitérée de François Hollande ). C’est dans ce contexte que le candidat socialiste à la présidentielle propose de mettre en place un pré-recrutement pour ne « pas décourager les jeunes à… Savoir plus >

Les décrets de 1950 sur les maxima de service des professeurs

Les décrets du 25 mai 1950 fixent les maxima de service des professeurs pour le second degré et l’éducation physique ainsi que pour les enseignements professionnels. Ces décrets sont des ‘’Règlements d’administration publique’’, ce qui est à l’époque le degré le plus élevé du décret et implique qu’ils aient été approuvés obligatoirement par le Conseil d’Etat. Ces maxima sont des maxima de ‘’services hebdomadaires’’. Il s’agit ( sauf exception ) d’un service exclusivement d’enseignement ( quoique le terme ne soit pas employé : on parle de ‘’service hebdomadaire’’, et les réductions/majorations sont fondées essentiellement sur les effectifs ou ‘’niveaux’’ des classes ). Et il s’agit bien d’un ‘’service hebdomadaire’’ : le nombre de semaines correspondantes n’est pas indiqué. Dans la pratique, la durée de l’année scolaire est fixée par arrêté du ministre ( la loi d’orientation Jospin de 1989 indique 36 semaines minimum ), même si certaines activités débordent parfois ( la tenue du baccalauréat, notamment ). Dans le second degré, les maxima de service sont fixés à 15 H pour les agrégés, 18 H pour les non agrégés et 20 pour les professeurs d’art. Il y a obligation de compléter le service éventuellement dans d’autres établissements, voire en enseignant… Savoir plus >

Concours: pétition contre l’exigence du CLES2 et du C2i

Les syndicats FSU viennent de lancer une pétition contre l’exigence de ces deux certificats dans les concours de recrutement en dénonçant l’inégalité de traitement des candidats devant ces exigences après la publication par le ministère d’un avis exonérant du CLES2 certains étudiants en fonction de leurs cursus et validations obtenues ( cf mon billet du 10 novembre: « les échappatoires au CLES2 » ). La certification immédiate en langue et au C2i avaient déjà fait l’objet d’une pétition à l’initiative du SNES, du SNUipp, du SNEP, du SNES-SUP, du SNUEP,du SNETAP en vue d’un moratoire d’au moins cinq ans pour le CLES2 et le C2i ( cf mon billet du 19 février ). Concours d’enseignants Le CLES et le C2i2e ne doivent pas être exigés pour être recruté Signer la pétition –   Voir les signataires Contact: petition@moratoireclesc2i.org Version pdf pour impression et signatures sur papier Face à l’impossibilité de mettre en œuvre les conditions de certification imposées aux étudiants pour être nommés fonctionnaire stagiaire le gouvernement a finalement décidé de dispenser du CLES2[1] « tous les candidats, titulaires d’un master qui présentent un relevé de note qui atteste de la validation de crédits dans une langue vivante étrangère », à condition que ces crédits… Savoir plus >

Concours de recrutement: les échappatoires au CLES 2

Le ministère reconnaît enfin que, dans la situation actuelle, il était impossible que la plupart des candidats aux concours de recrutement d’enseignants puissent être préparés sérieusement au « Certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur 2° degré » ( CLES 2 ) qui était en principe exigé de tous les candidats pour être stagiarisé. Il a été amené sur ce point à suivre les recommandations du récent rapport Jolion sur la formation des enseignants qui pointait que cela était d’une part dissuasif pour certains ( alors même qu’il y a une baisse sensible du nombre de candidats aux concours ) et  d’autre part injuste ( certains pouvant être effectivement préparés, et d’autre pas selon les cursus empruntés et les universités fréquentées). Il est à noter que, une fois encore dans ce domaine pourtant très important du recrutement et de la formation des enseignants, la décision a été prise de façon impromptue, au dernier moment, quelques jours seulement  avant le début des CAPES qui auront lieu à partir du 15 novembre. Le pouvoir en place magnifie le rôle des ‘’chefs’’, en particulier dans les établissements ( cf la convention de l’UMP de mardi dernier ). On peut les féliciter !… Savoir plus >

Les postes aux concours de l’enseignement du second degré

Ils viennent d’être publiés au JO de ce 1° novembre. Pour l’enseignement public, 8347 postes aux concours externes ( contre 8600 postes proposés l’année dernière ) : agrégation, 1248 ; CAPES, 4847 ; CAPEPS, 600 ; CAPLP, 1357 ; COP, 50 ; CPE, 245. Plus les 1752 postes offerts aux concours internes : agrégation, 759 ; CAPES, 648 ( et 62 au deuxième concours ) ; CAPLP, 275 ; COP, 15 ; CPE, 55. Le nombre de contrats aux concours externes et aux troisièmes concours pour l’accès à des listes d’aptitude aux fonctions de maître dans les établissements d’enseignement privé sous contrat du second degré ( CAFEP et troisièmes CAFEP ) est fixé à 1100 . Il est fixé à 100 pour le concours interne donnant accès à l’échelle de rémunération des professeurs agrégés, et à 600 pour les concours internes donnant accès aux échelles de rémunération des professeurs certifiés, des professeurs d’éducation physique et sportive et des professeurs de lycée professionnel. Si l’on se focalise sur les disciplines du CAPES externes où tous les postes offerts n’avaient pas été pourvus à l’issue des concours l’année dernière, on peut faire les constatations  suivantes. En mathématiques et en anglais, le nombre… Savoir plus >

Des stagiaires écrivent à leur recteur

A la fin d’une assemblée générale, 80 stagiaires ont écrit une lettre à la rectrice d’Orléans-Tours où ils font part de leurs doléances et de leurs propositions. Un  »document » très circonstancié et détaillé qui mérite d’être publié dans son intégralité, et médité… Lettre ouverte à Madame le Recteur d’Orléans-Tours Par Stagiaire impossible le jeudi 19 mai 2011, 19:19 – Lien permanent Madame le Recteur, Professeurs stagiaires dans l’académie d’Orléans-Tours, nous avons formé en novembre, lors d’une Assemblée Générale où nous étions quatre-vingts stagiaires présents, un collectif à même de réagir à nos conditions d’entrée dans le métier. En cette fin d’année qui fut extrêmement éprouvante pour tous les professeurs stagiaires, nous nous sommes à nouveau réunis en Assemblée Générale afin de tirer les bilans de cette première année de stage mise en œuvre par la réforme de la formation des enseignants. Abandonnés devant les classes à temps plein et sans formation préalable, notre entrée dans le métier fut extrêmement difficile, la plupart d’entre nous n’ayant jamais enseigné auparavant. Et aux préparations de cours, aux 18 heures de présence devant les élèves et aux corrections de copies s’ajoute également le temps de formation. La surcharge de travail engendrée par cette addition a… Savoir plus >

« La professionnalisation des masters conduisant aux métiers de l’enseignement au coeur de l’action des ministres »?

C’est en tout cas ( face au mécontentement suscité par la première année de la ‘’mise en place’’ de la réforme entreprise ) ce que dit leur communiqué de presse du 23 mai, qui précise que « Luc Chatel a salué le travail mené conjointement par l’université de Cergy-Pontoise-en –Yvelines, l’université de Versailles Saint-Quentin et le rectorat de l’Académie de Versailles pour élaborer un dispositif de masters en alternance qui réponde à la demande qu’il avait formulée de plus grande professionnalisation du contenu de la formation, en augmentant notamment les périodes de stages dans les écoles et les établissements scolaires ». Mais c’est une toute autre partition qui est prévue pour la rentrée 2011 si on en juge notamment par le texte rendu public ce même 23 mai sur le site du ministère ( intitulé : « Les nouvelles conditions de recrutement des personnels enseignants et d’éducation » ). On comprend mieux alors les réactions des principaux syndicats enseignants, aussi bien ceux qui sont proches l’un de l’autre sur les points fondamentaux d’une réforme radicale de la formation des enseignants à entreprendre ( le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, le SNUipp-FSU ) que ceux qui en sont foncièrement éloignés ( le SNES… Savoir plus >

L’avenir du latin et du grec ( et de leurs professeurs ) en danger?

Plusieurs associations ont envoyé au ministre de l’Education nationale un texte mettant en cause la réforme de la seconde et le non respect des textes officiels  ( dans le contexte des diminutions de dotations horaires )  préjudiciables aux offres ( et aux choix ) d’enseignement du latin et du grec. « À la rentrée 2010, plus de 500 000 élèves, soit plus d’un sur cinq, étudient le latin et/ou le grec dans les établissements secondaires, malgré toutes les embûches qui se dressent sur leur chemin. Ils pourraient être beaucoup plus nombreux, la demande familiale et sociale ne diminuant pas. Mais au nom de contraintes budgétaires masquées derrière l’autonomie des chefs d’établissement, l’institution n’ouvre pas au collège, dès la 5ème, le nombre de groupes suffisants pour accueillir tous les volontaires : concurrence d’options présentées comme incompatibles au mépris des textes officiels, ou difficultés administratives attribuées commodément à l’informatique, sont monnaie courante. Des horaires dissuasifs et aberrants achèvent de décourager les plus persévérants. Aujourd’hui, la mise en place de la réforme du lycée à la rentrée 2010, par sa complexité et son opacité, cause encore une évaporation subreptice d’élèves qui souhaitaient suivre ces enseignements, et la rage d’économies qui préside à la… Savoir plus >

Concours: vers un moratoire pour le CLES et le C2i?

Concours d’enseignants : le CLES et le C2i sont sources d’inégalités ! Nous demandons un moratoire Signer la pétition –   Voir les signataires Contact: petition@moratoireclesc2i.org Aujourd’hui, le niveau de qualification exigé pour être recruté comme enseignant est le master. Le contenu de celui-ci doit intégrer, outre des connaissances scientifiques et professionnalisantes concernant l’exercice d’un métier d’enseignant, des exigences concernant la maîtrise des Langues Vivantes et celle des TICE. Le Master doit donc reconnaître une qualification des titulaires de ce diplôme en ces domaines. Contre de nombreux avis, le gouvernement a fait le choix d’imposer les certifications supplémentaires du CLES et du C2i pour valider les concours de recrutement (CRPE, CAPES, CAPEPS, CAPET, CAPLP, et CPE). Cette mesure est source de grandes inégalités entre les candidats : ces certifications, qui ne sont organisées que dans certaines universités, demandent des formations spécifiques qui ne sont pas actuellement dispensées par toutes les universités en licence ou en Master. Elles sont soumises à des droits d’inscription laissés à la libre décision (ou à la discrétion) de chaque université, et exigent donc des étudiants des dépenses qui ne sont pas accessibles à tous et aggravent ainsi les inégalités sociales. Cette mesure alourdit encore la charge… Savoir plus >