Le blog de Claude Lelievre

baccalauréat

Le ministre Blanquer n’a pas tenu l’engagement du candidat Macron de  »simplification » du bac

Il était pourtant  »simple » (en son principe) de simplifier le baccalauréat en prenant pour principe de base le  »vrai »contrôle continu. C’est d’ailleurs ce que vient de rappeler clairement le SGEN qui était partisan de cette réforme : « A ce jour, c’est 100% des notes données par les professeurs qui sont prises en compte pour l’affectation dans les filières sélectives de l’enseignement supérieur (CPGE, IUT, STS…). D’un côté on ferait confiance aux enseignants, d’un autre côté, on se méfierait de leur façon de noter. Les opposants au contrôle continu n’ont jamais remis en cause cette affectation sur les notes données par les professeurs des élèves… ». Or le ministre Blanquer n’a accordé que 10 % pour le baccalauréat à ce  »contrôle continu ». Pourtant, dans son interview parue dans « L’Etudiant » le 30 mars dernier, Emmanuel Macron avait été lui aussi très clair , et dans le même sens: « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l’entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s’agissait bien du  »contrôle continu » entendu comme l’ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes… Savoir plus >

Au nom du bac. Mais quel(s) bac(s)?

Le mot baccalauréat serait issu de l’altération du latin médiéval baccalarius, « jeune homme qui aspire à devenir chevalier » et de la reprise de laureare « couronner de lauriers »,  les universitaires parant le front des nouveaux bacheliers de baies de lauriers. Le terme serait apparu au sein de l’Université de Paris au XIIIe siècle, pour désigner un premier grade universitaire avant la maîtrise es Arts ou les doctorats en droit, en théologie et en médecine. On retiendra de ces épisodes que le terme  »baccalauréat » relève initialement du domaine de la noblesse, de la distinction, des lauriers. Et aussi et surtout de l’université. Au début du XXème siècle, un sociologue, Edmond Goblot , traite du baccalauréat sous le titre significatif :’‘la barrière et le niveau. » ; et il affirme que le baccalauréat est un  »brevet de bourgeoisie », une distinction culturelle sociale. Cela n’empêche pas, bien au contraire, que le baccalauréat soit célèbre voire populaire, comme le montre ses désignations raccourcies et familières . A l’instar du certificat de fin d’études primaires (l’autre examen emblématique en France) désigné par le terme de  »certif », voire  »certoche » , le baccalauréat est désigné par le terme raccourci  »bac », voire  »bachot. ». C’est ce qui permet d’aborder un autre thème récurrent quand on… Savoir plus >

Blanquer, ministre de l’hésitation nationale ? Une simplification du bac compliquée

A Jack Lang qui lui prédisait un  »Vietnam » en raison de son projet de réforme du lycée, Xavier Darcos avait répondu qu’il ne serait pas un  »ministre de l’hésitation nationale ». Dix ans après, cela va-t-il être le cas pour Jean-Michel Blanquer, en particulier pour le bac et le contrôle continu ? A priori, cela devait être clair et sans bavure. Et le 23 janvier dernier, j’écrivais sur  »’Médiapart «  le baccalauréat un nœud gordien à trancher ? Mais, pour accomplir cette tâche historique, il faudrait un Alexandre : Blanquer, ou Macron ? » En effet, Jean-Michel Blanquer (dans un livre) et Emmanuel Macron (dans ses déclarations de candidat à la présidence de la République) ont annoncé de longue date une solution de principe  »tranchante »  : « quatre épreuves terminales », et le reste en « contrôle continu ». Les tenants de ce type de proposition (ainsi que ses adversaires) ont toujours compris  »contrôle continu » dans le sens qu’il a dans l’une des propositions faites par la mission Mathiot. C’est d’ailleurs l’un des trois scénarios proposés : les matières autres que celles figurant dans les cinq épreuves terminales (à savoir les épreuves terminales anticipées de français dès la première ; les deux épreuves sur les deux disciplines choisies en  »majeure » au… Savoir plus >

Réforme du lycée et du bac: bis repetita et peau de chagrin?

 En lisant les conclusions de la mission dirigée par Pierre Mathiot, on peut se demander si le processus de réduction en peau de chagrin que l’on a connu lors de la réforme du lycée engagée il y a une dizaine d’années n’a pas d’ores et déjà recommencé. Et pour les mêmes raisons. Nicolas Sarkozy, président de la République nouvellement élu, proclame qu’il faudrait un lycée « où chacun pourrait, selon ses goûts, ses compétences et sans référence à une norme préétablie, construire un parcours qui lui ressemble ». Son ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, annonce en mai 2008 qu’il s’agit de bâtir « le lycée à la carte ». En juillet, il précise que l’emploi du temps des élèves serait composé de modules semestriels d’une cinquantaine d’heures dans l’esprit de ce qui se pratique à l’université. Mais les enseignants des diverses disciplines stabilisées dans les différentes filières s’inquiètent quant à la place (désormais non assurée) que leurs disciplines occuperont dans le nouveau dispositif. Et cela dans un contexte où l’annonce du non-remplacement d’un poste sur deux de fonctionnaires partant à la retraite induit une défiance a priori. D’autant que le chef de l’Etat avait indiqué en avril 2008 que ce n’est pas la… Savoir plus >

En attendant Mathiot : quid des 9 propositions du 15 janvier 2009 d’un collectif de 19 organisations ?

On devrait connaître au cours du mois de janvier les conclusions de la mission dévolue à Pierre Mathiot sur les réformes du lycée et du baccalauréat. Dans un contexte du même type (à savoir une mission « d’analyse, de compréhension, d’écoute et de proposition » sur la réforme du lycée confiée à Richard Descoings début janvier 2009 par Nicolas Sarkozy), un collectif de 19 organisations avait rendu publiques le 15 janvier 2009 neuf propositions pour réformer le lycée. Ce collectif regroupait notamment des syndicats d’enseignants (SE-Unsa, Sgen-CFDT), des syndicats lycéens ou étudiants (UNL, Unef, Confédération étudiante), des associations éducatives (Ligue de l’Enseignement), des mouvements pédagogiques (Crap-Cahiers pédagogiques) et des associations d’élus (Association des Régions de France). « 1) L’organisation du lycée est modulaire : modules communs et modules d’exploration en seconde ; modules communs et modules de spécialisation progressive en cycle terminal. 2) Les voies générales et technologiques sont fusionnées. 3) Les modalités de la certification terminale (baccalauréat) tiennent compte de cette nouvelle organisation : les modules sont capitalisés après validation en cours de formation. En plus de cette capitalisation, le baccalauréat fait l’objet d’un nombre réduit d’épreuves terminales et d’une épreuve intégrée représentative du parcours de l’élève. 4) Les modules sont définis… Savoir plus >

Entrées à l’université. L’Avis du Conseil d’Etat in extenso

22 novembre 2017 | Avis consultatif Projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants Le Gouvernement a décidé de rendre public l’avis du Conseil d’État sur le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants. > téléchargez au format pdf Conseil d’État Assemblée générale Séance du jeudi 16 novembre 2017 Section de l’intérieur Section sociale N° 393743 Extrait du registre des délibérations Avis sur un projet de loirelatif à l’orientation et à la réussite des étudiants 1. Le Conseil d’État a été saisi le 2 novembre 2017 d’un projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants. Ce texte a fait l’objet de deux saisines rectificatives le 14 novembre sur le projet de loi et les 14 et 16 novembre en ce qui concerne l’étude d’impact. 2. Ce projet de loi comporte sept articles qui définissent les conditions dans lesquelles les bacheliers sont inscrits dans une formation du premier cycle de l’enseignement supérieur, instaurent un accès prioritaire dans l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur public pour les meilleurs bacheliers dans chaque série et spécialité du baccalauréat, supprime le régime spécifique aux étudiants de prise en charge de leurs frais… Savoir plus >

Bac et post-bac: les lycées l’ont emporté sur les universités

On est d’abord passé de jurys d’universitaires hégémoniques à des jurys de professeurs de lycée hégémoniques. Mais cela fait si longtemps que l’on a tendance à l’oublier ; et à oublier l’importance et le sens de cet état de fait. A l’origine, les jurys d’examens du baccalauréat sont composés exclusivement d’universitaires, puisque c’est un examen d’entrée à l’université (même s’il porte sur la fin du secondaire). Au tout début du baccalauréat, une circulaire du 5 avril 1810 prescrivait que les examens universitaires devaient commencer le 1er août. Les aspirants au doctorat subissaient les premiers les épreuves. Puis venaient les aspirants au grade de la licence. Les candidats au baccalauréat étaient examinés les derniers. Les professeurs d’université ne pouvaient partir en vacances que lorsque tous les examens étaient terminés. Cette règle, respectée pour l’essentiel tout au long du XIX° siècle, va se heurter à la croissance du nombre des candidats qui devient relativement importante au début du XX° siècle. On va donc étoffer les jurys en y intégrant progressivement de plus en plus de professeurs du secondaire. D’abord des professeurs agrégés ou possédant le doctorat, directement choisis par le ministre. Puis le décret du 13 août 1931 fait passer du ministre au… Savoir plus >

Petit répertoire historique du bachotage

Dans « Le Parisien » d’aujourd’hui, le ministre de l’EN Jean-Michel Blanquer a déclaré : « on voit bien que le bac tel qu’il existe aujourd’hui est arrivé à la fin d’une époque et qu’il faut passer à autre chose. Il faut en finir avec le bachotage pour lui redonner du sens » Le moins que l’on puisse dire, c’est que la thématique du « bachotage », loin d’être une nouveauté ( pressante),  a une longue histoire. L’expression même de « bachotage » a fait le titre d’un livre paru il y a plus d’un siècle, en 1910, sous la plume d’un professeur de physique de l’université de Toulouse, Ernest Bouasse. Dès 1880, Jules Ferry lui-même tente une réforme de l’examen : « La question du baccalauréat, dit-il, s’est ainsi posée : arracher cet examen aux misères, aux écueils et aux mensonges de la préparation mnémonique et mécanique ». Après soixante-dix ans d’existence… Mais le résultat de sa réforme est pour le moins incertain car, quatre-vingts ans plus tard, au tout début de la cinquième République, il ne semble pas que l’on ait été beaucoup avancé si l’on en juge par le rapport motivant le décret du 18 août 1959 relatif au baccalauréat : « Il est normal qu’un examen de qualité incontestable sanctionne… Savoir plus >

Tournier le premier à débloquer Blanquer sur le bac ?

Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer s’est réfugié jusqu’alors dans la langue de bois à propos de la réforme du baccalauréat annoncée en se dissimulant derrière les métaphores :  »muscler »,  »épaississement », »tremplin »… Le secrétaire général du SNPDEN (principal syndicat des chefs d’établissement) Philippe Tournier s’est lâché – lui – jusqu’au bout, lors de sa conférence de presse (cf le compte-rendu suggestif qu’en a fait Erwin Canard dans Educpros) : « il n’y aurait dorénavant plus que deux solutions : « Soit on dit que le bac ne sert à rien, donc on le supprime, soit on lui redonne sa place d’examen d’entrée dans le supérieur. » Une place que l’examen occupe toutefois déjà aujourd’hui – au moins officiellement – puisqu’il tient lieu de premier grade universitaire. Si le SNPDEN admet ne pas avoir réfléchi aux modalités exactes du baccalauréat qu’il envisagerait, la philosophie est en revanche déterminée. Le premier syndicat des chefs d’établissement souhaite que le bac soit divisé en deux. « L’idée est qu’il y ait deux évaluations : une qui aurait valeur de certificat de fin d’études secondaires, et une autre qui donnerait le droit d’entrer dans l’enseignement supérieur« , précise Philippe Tournier » Il ne s’agit plus de  »muscler » ou d’  »épaississement », voire même de  »tremplin » ; mais de tout autre… Savoir plus >

2005 : échec d’une réforme du bac… à venir

A l’adresse d’abord du redoublant Jean-Michel Blanquer, afin qu’il n’échoue pas sur les obstacles qui ont mis François Fillon à genoux. La répétition est généralement mortifère. On n’y échappe pas en ignorant le passé (ce qui est souvent de l’ordre de la dénégation plus ou moins apeurée), mais au contraire en le connaissant au mieux. Au début de l’année 2005, la réforme du baccalauréat est inscrite dans le rapport annexé de la future loi d’orientation de l’éducation (dite loi  »Fillon »). Sa préparation est confiée à un « groupe de travail comprenant des représentants des personnels, des parents d’élèves et des lycéens ». Ses conclusions sont attendues pour le 15 avril. Et la réforme doit rentrer en vigueur dès la session 2007. Le ministre de l’Education nationale François Fillon fixe le cadre lors de l’installation du groupe de travail le 17 janvier : reprofilage de l’examen autour de six épreuves terminales (au lieu d’une douzaine) qui pourront être différentes selon les séries ; évaluation sous d’autres formes des autres matières (contrôle continu ou en cours de formation ) ; et préservation de la valeur nationale du diplôme. Pour justifier cette réforme, François Fillon met en avant « l’immense tâche » que représente chaque année l’organisation du baccalauréat, le… Savoir plus >