Le blog de Claude Lelievre

baccalauréat

Supérieur. Un engagement présidentiel: 3) VGE

Pour les universitaires de l’époque, le personnage de premier plan a été Alice Saunier-Seïté, d’abord secrétaire d’Etat aux universités puis ministre des Universités (un ministère de plein exercice, une innovation de VGE justement). Mais, derrière elle, il y avait la présence -décisive- du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. On peut le montrer en premier lieu par les divergences de vue qu’ils ont pu avoir, dont l’issue a été sans surprise dans le sens du Président. Alice Saunier-Seïté était foncièrement en faveur de la limitation de l’accès des bacheliers aux études supérieures. Mais, comme elle le rapporte elle-même, « Valéry Giscard d’Estaing rejetait catégoriquement l’idée de sélection à l’entrée dans les enseignements supérieurs. Quand je soulignais l’ampleur de la sélection par l’échec, la pire de toutes, il répondait qu’un passage à l’université, même non couronné par un diplôme, est tout de même un bain de culture et de science ». Par ailleurs, le premier combat que doit mener Alice Saunier-Seïté n’est ni de son chef ni véritablement le sien. La réforme du second cycle (dont le trait dominant est la  »professionnalisation’‘, et qui suscite manifestions et grèves prolongées des étudiants puis des professeurs durant le premier semestre 1976) a été préparée… Savoir plus >

Quelles destinations pour les bacheliers professionnels?

Selon Geneviève Fioraso, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « c’est une tuerie d’envoyer les bacs pros à l’université » ( cf Educpros du 11 janvier ). Un détour historique par le moment de la fondation des baccalauréats professionnels et l’évolution limitée qui a eu lieu depuis leur création permet sans doute de mieux comprendre la situation actuelle. Le 22 mai 1985, au cours de l’émission télévisée « Parlons France », le Premier ministre Laurent Fabius annonce que le gouvernement prépare « une loi-programme sur cinq ans pour l’ enseignement technique ». Il s’agit de favoriser « un gigantesque bond en avant, fondamental pour la modernisation du pays ». Laurent Fabius précise que cette loi permettra la création de nouveaux établissements scolaires, les « lycées professionnels », et la mise en place d’un nouveau baccalauréat, « le baccalauréat professionnel ». La loi-programme prévoit également « l’augmentation de 50% du nombre des instituts universitaires de technologie et la création de plusieurs universités de technologie ». Le Premier ministre indique par ailleurs que l’objectif du gouvernement est d’augmenter le nombre des bacheliers et de porter 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat en l’an 2000. Le 28 mai… Savoir plus >

Le ministre « pas hostile » à une part de contrôle continu au bac

Le ministre de l’Education nationale , Vincent Peillon, vient d’indiquer  lors d’un entretien sur RMC et BFMTV qu’il n’était « pas hostile » à l’introduction d’une part de contrôle continu au baccalauréat et que cette question ferait partie des « discussions de cet été ». Dans d’autres pays, cette question est réglée depuis longtemps. Pour citer ( en exemple ? ) un pays  dans l’actualité ( à savoir la Grèce ), l’enseignement secondaire se termine vers 17 ans, et les jeunes Grecs passent un examen final propre à chaque lycée, qui tient compte de leurs résultats durant toute l’année. Pour accéder à l’enseignement supérieur, ils doivent ensuite passer un examen national dans la discipline de leur choix. En Irlande ( pour citer un autre pays européen qui a défrayé en son temps la chronique dans le domaine financier et budgétaire ) les élèves, pour obtenir leur « Leaving Certificate », choisissent six matières ( dont l’anglais et les mathématiques qui sont obligatoires ) et deux ou trois niveaux pour chacune d’elles. Leurs notes dans chaque matière leur donnent un certain nombre de points qui leur permettent ( ou non ) d’entrer à l’université. En Allemagne ( pour prendre le pays… Savoir plus >

Que veut-on faire du bachot?

C’est la question que posait déjà de façon abrupte Georges Pompidou ( avant Nicolas Sarkozy et son fidèle héraut Luc Chatel ) il y a plus de 40 ans, dans un discours à Albi en avril 1970. « Que veut-on faire du bachot ? Ou bien c’est un examen d’enseignement supérieur qui vous ouvre toutes grandes les portes des facultés, qui vous donne un droit de poursuivre des études, alors il faut qu’il constitue une sélection. Je n’ai pas peur du mot. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas laisser aller vers des études prolongées des gens qui n’ont pas subi la préformation indispensable et nécessaire.[…]. Si par contre on considère que l’enseignement supérieur doit assurer lui-même son recrutement, eh bien alors le baccalauréat peut devenir un simple certificat stipulant que vous avez fait convenablement des études secondaires sans plus, et que vous ne vous dirigez pas obligatoirement vers des études prolongées ». Trois ans plus tard, le 16 janvier 1974, un conseil des ministres présidé par Georges Pompidou prend connaissance d’un projet de loi sur l’enseignement où le baccalauréat est dûment évoqué. Un communiqué annonce que, « afin de valoriser la fonction d’orientation du baccalauréat, celui-ci sera modifié selon… Savoir plus >

Le baccalauréat doit être aussi l’affaire du supérieur!

Il est pour le moins étonnant que, lorsqu’il s’agit de réformer ou de refonder ‘’le’’ baccalauréat, le ministère de l’enseignement supérieur ( et les organisations principales de son aire ) ne soit pas partie prenante, laissant de fait toute la place au ministère de l’Education nationale  ( avec notamment les organisations syndicales ou de spécialités disciplinaires de son aire, celles de l’enseignement secondaire ). En effet, ‘’le ‘’ baccalauréat  que nous connaissons en France ( et qui a été institué en 1808 par Napoléon I ) a la singularité de posséder la double face de sanction des études secondaires et de passeport pour l’entrée à l’Université.  Et cette double nature a encore été réaffirmée récemment puisque, comme le précise le dernier décret datant de 1997, le baccalauréat reste le premier grade universitaire alors même qu’il conclut la formation secondaire. L’article 22 du décret du 17 mars 1808 stipule que « pour être admis à subir l’examen du baccalauréat, il faudra être âgé au moins de seize ans et répondre sur tout ce qu’on enseigne dans les hautes classes des lycées », tandis que l’article 19 établit que l’examen du baccalauréat est sous la responsabilité pleine et entière de l’Université :… Savoir plus >

Bachotage et fraude: changer la forme des examens

Le principal syndicat des chefs d’établissement de l’enseignement secondaire ( le SNPDEN-UNSA )  a significativement donné pour titre à son communiqué du 9 juin : « L’évolution des techniques posera la question ». Et il a conclu : « Si les personnels de direction, chefs de centre d’examen, sont résolus à lutter contre la fraude, si difficile que cela soit dans les conditions où ils se trouvent, le SNPDEN-UNSA souligne que l’évolution prévisible des techniques posera inexorablement la question de la forme des examens : il devient nécessaire de cesser de contourner constamment cette question ». Comme quoi l’évolution des machines, en permettant certaines ‘’manipulations’’ nouvelles et rapides, pourrait être de nature à mettre en cause ce qu’il y a par trop de ‘’machinal’’ dans les examens. Serait-ce cela la ‘’ruse de la raison’’ ( technicienne ) ? Toujours est-il qu’il convient de se souvenir que la forme de l’examen du baccalauréat a été depuis très longtemps contestée ( c’est même dans une certaine mesure son ‘’péché originel’’ ) alors que l’on ne sait pas très bien où l’on en est aujourd’hui à cet égard. Ainsi, en mai 1880, Jules Ferry a tenté une réforme du baccalauréat ( qui concernait… Savoir plus >

La licence: comment résoudre un problème qui perdure?

Cela fait très longtemps que les taux d’obtention de la licence sont faibles. Et la dernière note d’information publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche confirme l’étendue du problème. Propositions de la dernière conférence des présidents d’université. « Les résultats aux examens des trois dernières années montrent qu’à Paris 23% seulement des étudiants en lettres arrivent à obtenir leur licence trois ans après le baccalauréat ( dont le taux de réussite ne dépasse pas 60% des présentés ). 35% d’entre eux obtiennent leur licence en quatre ans, 22% en cinq ans et 10% en six ans » ( « Le Monde » du 6 octobre 1959 ). Quelques années plus tard, en novembre 1967, le ministre de l’Education nationale Alain Peyrefitte se montre très préoccupé par les résultats en licence des universités françaises comparés, par exemple, à ceux de Grande Bretagne : avec deux fois plus d’étudiants, il y aurait deux fois moins de diplômés : « Tout se passe comme si l’université organisait un naufrage pour repérer les nageurs qui échapperont à la noyade ». La récente note d’information ( 11-08 ) indique ( à partir de l’étude d’un groupe de 12000 lycéens ayant obtenu… Savoir plus >

Bac pro en 3 ans: une nouvelle voie d’accès au supérieur?

C’est la conclusion ( provisoire et affirmée avec ‘’prudence’’ ) d’une enquête menée en octobre 2009 sur un ensemble de 465 élèves de seconde ‘’Bac Pro’’ en Loire-atlantique qui constituent un panel représentatif du public départemental. Les deux auteurs de l’étude ( les sociologues Pierre-Yves Bernard et Vincent Trojer ) concluent leur article particulièrement intéressant qui vient de paraître dans les « Notes du CREN n°3 » en soutenant que « la concordance entre les résultats de l’enquête par questionnaire et ceux des entretiens menés avec les publics et les personnels de lycée professionnel à propos de la nouvelle attractivité du bac pro en trois ans autorise à envisager un déplacement significatif des flux d’orientation en sortie de scolarité obligatoire au profit de la filière professionnelle. Le lycée professionnel ne serait plus utilisé exclusivement comme filière de consolation pour les éclopés du collège unique, mais il serait aussi choisi par des publics majoritairement populaires en raison de contenus de formation correspondant mieux à leur rapport au savoir et dans l’optique d’une accession au baccalauréat et à différentes formes d’enseignement supérieur, principalement technologiques ». Cette enquête s’avère importante car elle va dans un autre sens que la plupart des recherches qui… Savoir plus >

La « bataille de l’orthographe » à l’Université

« Nous avons lancé la bataille de l’orthographe » a déclaré lundi dernier Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Est-ce une première ? Pas si sûr. Réagissant à un article paru ce même lundi dans le journal « Le Parisien » ( « Les facs s’attaquent aux fautes d’orthographe. C’est un constat unanime : trop d’étudiants sont fâchés avec l’orthographe et, plus globalement, avec le français. Une vingtaine d’universités proposent désormais des cours de rattrapage » ), Valérie Pécresse a affirmé que « les universitaires font le constat que le niveau d’orthographe et d’expression écrite a singulièrement baissé depuis une dizaine d’années, alors que c’est une clé pour des études et une insertion professionnelle réussies ». Sans remonter très loin , on peut déjà constater que « la bataille de l’orthographe à l’université » avait déjà été annoncée un an avant, au même moment de la rentrée universitaire, par le même journal « Le Parisien » : « Les étudiants vont devoir renouer avec la dictée. Des milliers d’élèves de différents campus bénéficient cette année de cours d’orthographe. Une nécessité car les recruteurs apprécient peu les fautes des diplômés » ( 28 septembre 2009 ). Sans… Savoir plus >

 »Le » bac d’abord, et/ou la licence?

Le récent rapport de la Cour des comptes à propos du système éducatif français pose clairement le problème, alors que la réponse du ministère de l’Education nationale manque – pour le moins – d’ambition. On le sait, l’ambition ‘’européenne’’ qui a été proclamée dans le cadre des accords de Lisbonne est d’atteindre les 50% d’une classe d’âge diplômée à bac + 3 à l’horizon de l’an 2020. Nous en sommes encore loin, puisque les dernières données précises datant de 2006 indiquent qu’en 2006 nous en étions à 25% seulement de la classe d’âge au niveau de la licence ( ou plus ), et à 16% au niveau bac+ 2 ( DUT, BTS, enseignement paramédical et social ). Beaucoup d’autres pays font pourtant d’ores et déjà nettement mieux que nous en ce qui concerne le taux de diplômé sortant de l’enseignement supérieur au niveau de la licence et au-delà. Pour la tranche d’âge des 25 ans-34 ans, nombre de pays européens sont déjà au-delà de 30%  ( on peut citer la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande, la Suède, l’Irlande et la Pologne ). En revanche, la France se distingue dans cette enquête pour le taux de diplômés de l’enseignement… Savoir plus >