Le blog de Claude Lelievre

BTS

BTS: une avancée et/ou un piège? ( 2 )

Alors que l’on estime généralement que les STS sont à leur façon des filières sélectives ( on y entre après sélection sur dossier ),  Sophie Orange  ( l‘auteure de la thèse sur « L’autre supérieur ; aspirations et sens des limites des étudiants de BTS » ) considère que si l’on en juge par son enquête, on se trouve en réalité le plus souvent face à une sélection certes, mais aux caractéristiques paradoxales. Elle soutient en premier lieu qu’il n’y a pas rupture avec le lycée et que les enseignants présentent le plus souvent le moment du choix  comme très peu exceptionnel. Lors des comités de sélection auxquels elle a eu l’occasion d’assister, il lui est apparu que les enseignants ont tendance à privilégier le critère du choix de la proximité par rapport à celui de la supériorité académique. « On va retenir les candidats les plus proches géographiquement ,dit-elle, ceux dont on est sûr qu’ils seront bien présents. Par exemple à Poitiers on pourra refuser les candidats de La Rochelle parce qu’il y a 3 villes avec des STS entre les deux villes ». Elle soutient aussi que les enseignants chargés de la sélection des candidats ont tendance à… Savoir plus >

BTS: une avancée et/ou un piège? ( 1 )

L’ouvrage de Sophie  Orange sur les BTS  ( « L’autre enseignement supérieur » ) dérange et interpelle : les BTS sont-ils une filière de promotion pour les ‘’nouveaux  bacheliers’’ ( généralement d’origines populaires ) et/ou une filière de relégation ( relative ) ? Cet ouvrage ( qui vient de paraître  ) devrait faire date, autant par les interpellations qu’il porte que par la démarche de recherche mise en œuvre dont il est le résultat. C’est en effet la mise en forme d’une thèse de doctorat en sociologie soutenue à Poitiers en novembre 2011 sous la direction de Stéphane Beau et Gilles Moreau ( avec la participation dans le jury de Christian Baudelot et d’Agnès Van Zanten ) : « L’autre supérieur. Aspirations et sens des limites des étudiants de BTS ». La principale des originalités du travail de recherche de Sophie Orange réside dans le fait qu’elle ne s’est pas contentée des séries statistiques existantes, mais qu’elle a au contraire construit ses propres données en interrogeant près d’un millier d’étudiants et en les suivant sur trois ans, dans une approche autant ethnographique que sociologique . Cela l’a conduit à faire apparaître la figure d’un enseignement supérieur dominé, à savoir «… Savoir plus >