Le blog de Claude Lelievre

Capes

Concours de recrutement d’enseignants: le changement s’amplifie

Si on compare les nombres de candidats inscrits recensés pour les concours de 2016 et qu’on les compare à ceux des concours ( »Chatel ») de 2012 , on constate une augmentation de quelque 15% pour l’agrégation, de 52% pour le Capes et de 86% pour le concours externe des professeurs des écoles. Inscrits aux agrégations externes : 24846 pour 2016 contre 21648 pour 2012, soit 14,8% d’augmentation. Inscrits aux CAPES externes : 36779 pour 2016 contre 24134 en 2012, soit 52,4% d’augmentation. Inscrits aux concours externes des professeurs des écoles : 68816 pour 2016 contre 37018 pour 2012, soit 85,9% d’augmentation Bien sûr, cette augmentation ne s’est pas faite d’un seul coup. Mais elle est bien confirmée pour cette dernière année également. Et, surtout, il s’agit d’une augmentation du nombre des inscrits quasi généralisée. Ainsi le nombre de candidats aux concours externes de l’agrégation passe de 22397 inscrits pour la session 2015 à 24846 (soit une augmentation de 11%) pour la session 2016. Le nombre d’inscrits aux concours externes du CAPES pour la session de 2015 (33351) passe à 36779 pour celle de 2016 (soit une augmentation de 10%). Enfin le nombre de candidats au concours externe de professeurs des écoles passe de 61788… Savoir plus >

Elections professionnelles de  »l’immobilisme »?

Les déplacements en pourcentage des suffrages exprimés se limitent en tout à environ 5 %. Ce qui est peu, au total, dans le contexte actuel et en un moment de  »refondation ». Avec un taux de participation qui reste toujours préoccupant : 41,7 % (contre 38,6 % au Comité technique ministériel en 2011, mais plus de 60 % en 2008 et aux scrutins précédents). Il y a eu des moments historiques de déplacements de voix aux élections professionnelles sans commune mesure avec cela. Par exemple, dans l’enseignement secondaire, entre les élections de 1965 et celles de 1969. De 1965 à 1969, le SNES passe de 69% des suffrages exprimés à 58% ; le SGEN de 22% à 17% ; le SNALC de 8% à 16% ( sans compter un nouveau venu, le CNGA qui obtient 9%). Ou bien encore, par exemple, l’irruption du SNUipp à 28% en 1993 (lors de  »l’explosion » de la FEN) et sa progression très sensible lors des deux élections qui ont suivi ( 37% en 1996 puis 43% en 1999) changeant fortement le paysage syndical dans le primaire. On est loin de cela avec la progression de FO ( même si elle est sensible) au Comité technique ministériel  (13,6% en… Savoir plus >

CAPES externe 2014: comparaison public-privé

Les  »déficits » pour pourvoir tous les postes offerts (ou les contrats) ne se répartissent pas de la même façon selon les disciplines dans le public et dans le privé. Pourtant, globalement, on a sensiblement les mêmes taux de déficit pour la session du CAPES externe du public et celui du privé . Pour le CAPES externe public, 6062 postes étaient offerts, et 5177 ont été pourvus, soit un taux de déficit de14,6% ( avec un pourcentage d’admis de 24,2% par rapport au nombre de présents aux épreuves du concours). Pour le CAPES externe du privé, 988 contrats étaient proposés et 838 ont été pourvus, soit un taux de déficit de 15,2% (avec un pourcentage d’admis par rapport aux présents de 21,4%). Trois disciplines n’ont des déficits que dans le public : il s’agit de « langues étrangères anglais », de « lettres options classiques » et de « lettres options modernes ». En tout, 2270 postes étaient offerts pour ces trois disciplines, et seulement 1902 ont été pourvus, soit un taux de déficit de 16%. Cinq disciplines n’ont des déficits que dans le privé : il s’agit de « documentation », d’ « histoire-géographie », de « physique-chimie », de « sciences économiques et sociales » et de « sciences de la vie et de la terre ». En tout, 332… Savoir plus >

La  »non attractivité » du métier de professeur. Désintox.

  L’affaire serait pourtant entendue comme l’indique sans retenue le titre d’un récent article du « Figaro : « ces métiers dont personne ne veut : professeur, carrossier, psychomotricien ». Ce serait établi  »mathématiquement » par le baromètre Jobintree : « au 4ème trimestre 2013, le métier d’enseignant se retrouve en première place des métiers avec le moins de candidatures » . C’est du moins ce que met en avant ce site d’emploi après avoir analysé 75000 offres et 720000 actes de candidature sur la période octobre-décembre 2013, son directeur enfonçant le clou « le métier de professeur renvoie une mauvaise image, bien que ce soit un emploi dit  »secure » » .   Sur quelles bases de données (et recueillies dans quelles conditions) ? Mystère . Sans compter qu’affirmer que le rapport entre le nombre d’actes de candidature et le nombre d’offres est un indicateur d »’attractivité » relève d’un simplisme méthodologique terrifiant (ou d’une mauvaise foi patente) car bien d’autres  »facteurs » peuvent entrer en jeu dans ce type de rapport  »mathématique ».   Rappelons d’abord l’importance du  »vivier » existant pour tel ou rel type de concours et de disciplines. Car « l’emploi dit secure » de professeur s’obtient en principe par un concours que l’on doit préparer durant une année ( ce qui est tout autre chose que d’envoyer un… Savoir plus >

Concours: pas de certifications supplémentaires!

C’est du moins ce que demande la FSU  ( dans une lettre signée par Bernadette Groison ) aux ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur : le CES2 et le Ci2e ne doivent pas être exigés des enseignants stagiaires pour être titularisés. La FSU est fortement engagée sur ce dossier depuis plus d’un an et demi puisqu’elle  avait demandé dès la mi-février 2011 un ‘’moratoire’’ pour le CLES et le C2I ( cf mon billet de février 2011), qu’elle avait fait une relance à cet égard notamment via le SNES ( cf mon billet de juillet  2011 : « la certification en langue et C2i contestée » ) et lancée un grand mouvement de pétition en novembre de l’année dernière ( cf mon billet de novembre 2011 : «  pétition contre l’exigence du CLES2 et du C2i » ). Devant l ‘impossibilité de mettre en œuvre les conditions de certification imposées aux étudiants se destinant aux métiers d’enseignants ainsi qu’aux stagiaires, un arrêté avait été finalement publié dispensant jusqu’en 2014 « tous les lauréats titulaires d’un master ou d’un diplôme de l’enseignement supérieur obtenu en France et sanctionnant un cycle d’études d’au moins deux ans validant des enseignement comprenant… Savoir plus >

Du nouveau dans la formation des enseignants?

A la suite notamment des déclarations faites par Geneviève Fioraso – la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche – ce mercredi, on voit se dessiner quelques lignes essentielles acquises. Mais est-ce vraiment nouveau ? La ministre a annoncé que la formation des enseignants reposera sur trois principes : 1) enseigner est un métier 2) les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation seront des composantes universitaires 3) il y aura un cahier des charges national. Les ESPE auront une double accréditation ( MEN et MESR ) et seront dans une université ou un Etablissement public de coopération scientifique ( EPCS, ex ‘’P¨RES’’ ). Enfin les masters devraient fonctionner sur le ‘’modèle’’ des masters professionnels en alternance. On sait par ailleurs qu’il est très vraisemblablement acquis que le concours sera placé en M1, l’une des raisons majeures ayant présidé à ce choix étant les contraintes budgétaires ( même en recrutant au niveau de M1, il est prévu qu’un bon tiers des 60000 postes promis devront être affectés à la formation des personnels de l’éducation ). D’aucuns en concluent que cette formation reviendra pour l’essentiel à ce que l’on a connu avant la réforme Darcos-Sarkozy, et qu’il n’y aura pas… Savoir plus >

Les deux moutures originelles du CAPES

Au moment où se repose la question de la « refondation » de la formation des professeurs, il n’est sans doute pas sans intérêt de faire un retour sur la valse-hésitation qui a présidé à l’établissement du CAPES. Deux versions très différentes du CAPES nouvellement institué vont en effet se succéder en un temps très court, au début des années 1950. Jusqu’en 1950, les enseignants du secondaire ont été recrutés soit via l’agrégation, soit embauchés sur la base d’une licence puis titularisés sur leur poste à l’instar, en quelque sorte, de ce que l’on a appelé plus tard les « adjoints d’enseignement ». Le décret du 1° avril 1950 institue un certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public ( CAPES ), qui comprend deux parties : « Premièrement, une partie pratique dont les épreuves ne peuvent être subies qu’au cours de la seconde année d’un stage d’au moins deux années scolaires dans un collège ou un lycée ; deuxièmement, une partie théorique ». D’abord, donc, un stage pratique et son évaluation ; ensuite un examen écrit, qui ne doit pas être livresque mais directement professionnel : « Le stagiaire, pourvu de conseillers pédagogiques, apprend son métier ; c’est la preuve… Savoir plus >

Postes aux concours de recrutement du secondaire pour 2013

Ils viennent de paraître au BO, et ils sont en nette augmentation. Ainsi, 1589 postes sont proposés à l’agrégation contre 1248 en 2012 ( + 27% ), et  6135 postes sont offerts aux CAPES externes contre 4727 en 2012 ( + 27% également ). Même si on peut compter sur une certaine augmentation des inscrits ( et sans doute surtout des présents effectifs aux concours, en raison précisément de l’augmentation des postes offerts ) , il est loin d’être évident que tous les postes pourront être pourvus si l’on en juge par les ‘’déficits’’ dans certaines disciplines enregistrés en 2012, en particulier aux concours des CAPES externes. 1210 postes mis au concours du CAPES externe de mathématiques en 2013 ( contre 950 en 2012, et 652 reçus ) ; 200 en lettres classiques ( contre 170 en 2012, et 75 reçus ) ; 1000 en lettres modernes ( contre 733 en 2012, et 681 reçus ) ; 1050 en anglais ( contre 790 en 2012, et 679 reçus ) ; 270 en allemand ( contre 230 en 2012, et 184 reçus ) ; 200 en documentation ( contre 157 en 2012, et 105 reçus ).

 »Prérecrutements »: 18000  »emplois d’avenir professeur »

Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a obtenu 18000 postes, soit  6000 créations chaque année de  2013 à 2015 (  c’est à dire 12% des 150000 ‘’emplois d’avenir’’ qui vont être créés au total ). Le projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 29 août. Cela répond d’abord à une promesse de campagne de François Hollande, en particulier lors de son discours de février dernier à Orléans sur «  l’Ecole et la nation » : « Pour remédier à la crise de recrutement – qui est réelle tant les vocations ont été découragées […] nous ferons en sorte de financer des études longues, avec une filière de pré-recrutements, pour former des enseignants le plus vite possible, dès la licence, de façon à orienter les vocations et à aider les jeunes à financer leurs études ». L’article 2 du projet de loi sur les « emplois d’avenir  professeur » précise en effet que cela « est destiné en priorité aux jeunes effectuant leurs études dans les académies ou dans les disciplines connaissant des besoins particuliers de recrutement et résidant dans les zones urbaines sensibles […], ou ayant effectué tout ou partie de leurs études secondaires dans un… Savoir plus >

Les agrégés de la  »culture humaniste » au-dessus du panier

Près du tiers des membres du nouveau gouvernement ont enseigné. Parmi eux, un seul ancien instituteur ( François Lamy, ministre délégué à la Ville ), aucun certifié ou PLP, et sept agrégés ( dont l’un n’a pas enseigné, à savoir Laurent Fabius, agrégé de lettres, ministre des Affaires étrangères ). Une agrégée de lettres classiques ( Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication ), un agrégé de philosophie ( Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale ), deux agrégés d’histoire ( Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense ; et Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la famille  ), un agrégé d’allemand ( Jean-Marc Ayrault, Premier ministre ), une agrégée de sciences économiques et sociales ( Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la santé ). Si l’on excepte la création de l’agrégation de ‘’sciences’’ en 1821 ( qui se dédouble en celles de ‘’mathématiques’’ et de ‘’sciences’’ ‘’ en 1841, laquelle se scinde elle-même en celles de ‘’sciences physiques’’ et ‘’sciences naturelles’’ en 1885 ), on a l’ordre de création des agrégations, avec en tête celles de la ‘’culture humaniste’’ : lettres classiques ( en 1766 ), puis philosophie ( en 1825 ) et histoire ( en… Savoir plus >