Le blog de Claude Lelievre

Capes

La mystérieuse crise du recrutement des enseignants

Si l’on en juge par un récent sondage IPSOS, la ‘’crise’’ paraît difficilement envisageable puisque 64% des Français encourageraient leur enfant  à devenir enseignant s’il le souhaitait ( 16% « tout à fait », 48% « plutôt », 29% « plutôt pas » et 6% « pas du tout » ). Quid, alors, de ce que l’on a pu constater ces derniers temps, en particulier cette année, quant à la forte diminution des candidats ( et plus encore de leur présence effective ) aux concours de recrutement ? Ce sondage IPSOS sur « Les  Français et l’école » ( réalisé fin juillet 2011 auprès d’un échantillon représentatif d’un millier de personnes pour le magazine « L’Histoire » ) est paru dans le Hors-Série Marianne-L’Histoire de samedi dernier. Il apparaît même que, selon les réponses faites par les sondés, 62% ont largement mis en tête parmi les 6 raisons proposées ( ils avaient à en choisir deux ) « le fait de transmettre des savoirs », largement devant « le rythme de travail : horaires, vacances… » ( 38% ), « la sécurité de l’emploi » ( 33% ) ou « le fait de travailler avec des enfants » ( 32%… Savoir plus >

CAPES internes : suppression de l’écrit d’admissibilité ?

La CNARELA (coordination nationale des associations régionales des enseignants de langues anciennes) proteste vigoureusement (en compagnie d‘autres associations du même champ) contre la disparition de l’écrit dans les épreuves d’admission du Capes interne, qui auront lieu à partir du mois de novembre de cette année. « La CNARELA, réunie en Assemblée Générale le 21 mai 2011 à Paris, dans les locaux de l’ENS, rue d’Ulm, exprime son indignation devant les nouvelles modalités du CAPES interne, publiées au Journal Officiel le 3 mai 2011. Ces dispositions, prises sans la moindre concertation, sous prétexte d’uniformiser les modalités de recrutement dans la fonction publique, remplacent l’épreuve écrite qui permettait de vérifier le niveau des candidats dans les disciplines concernées, par un dossier qui n’offre aucune garantie sérieuse. En tout état de cause, la publication de ces mesures intervient trop tardivement pour que les candidats à la prochaine session puissent se préparer dans des conditions satisfaisantes. La CNARELA demande donc instamment l’abandon immédiat d’un mode de recrutement qui nuirait à la crédibilité du concours, et l’ouverture d’une concertation impliquant toutes les instances concernées. Ce texte est approuvé par : – L’APL (Association des Professeurs de Lettres) – L’APLAES (Association des Professeurs de Langues Anciennes… Savoir plus >

Des stagiaires écrivent à leur recteur

A la fin d’une assemblée générale, 80 stagiaires ont écrit une lettre à la rectrice d’Orléans-Tours où ils font part de leurs doléances et de leurs propositions. Un  »document » très circonstancié et détaillé qui mérite d’être publié dans son intégralité, et médité… Lettre ouverte à Madame le Recteur d’Orléans-Tours Par Stagiaire impossible le jeudi 19 mai 2011, 19:19 – Lien permanent Madame le Recteur, Professeurs stagiaires dans l’académie d’Orléans-Tours, nous avons formé en novembre, lors d’une Assemblée Générale où nous étions quatre-vingts stagiaires présents, un collectif à même de réagir à nos conditions d’entrée dans le métier. En cette fin d’année qui fut extrêmement éprouvante pour tous les professeurs stagiaires, nous nous sommes à nouveau réunis en Assemblée Générale afin de tirer les bilans de cette première année de stage mise en œuvre par la réforme de la formation des enseignants. Abandonnés devant les classes à temps plein et sans formation préalable, notre entrée dans le métier fut extrêmement difficile, la plupart d’entre nous n’ayant jamais enseigné auparavant. Et aux préparations de cours, aux 18 heures de présence devant les élèves et aux corrections de copies s’ajoute également le temps de formation. La surcharge de travail engendrée par cette addition a… Savoir plus >

« La professionnalisation des masters conduisant aux métiers de l’enseignement au coeur de l’action des ministres »?

C’est en tout cas ( face au mécontentement suscité par la première année de la ‘’mise en place’’ de la réforme entreprise ) ce que dit leur communiqué de presse du 23 mai, qui précise que « Luc Chatel a salué le travail mené conjointement par l’université de Cergy-Pontoise-en –Yvelines, l’université de Versailles Saint-Quentin et le rectorat de l’Académie de Versailles pour élaborer un dispositif de masters en alternance qui réponde à la demande qu’il avait formulée de plus grande professionnalisation du contenu de la formation, en augmentant notamment les périodes de stages dans les écoles et les établissements scolaires ». Mais c’est une toute autre partition qui est prévue pour la rentrée 2011 si on en juge notamment par le texte rendu public ce même 23 mai sur le site du ministère ( intitulé : « Les nouvelles conditions de recrutement des personnels enseignants et d’éducation » ). On comprend mieux alors les réactions des principaux syndicats enseignants, aussi bien ceux qui sont proches l’un de l’autre sur les points fondamentaux d’une réforme radicale de la formation des enseignants à entreprendre ( le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, le SNUipp-FSU ) que ceux qui en sont foncièrement éloignés ( le SNES… Savoir plus >

Mastérisation: convergences syndicales dans le primaire?

Si l’on en juge par leurs prises de position publiques, le SE-Unsa, le Sgen-Cfdt et le SNUipp-FSU ont fait un accueil foncièrement positif au rapport ‘’Jolion’’ sur la mastérisation, alors même que les syndicats du secondaire appartenant à la FSU ( notamment le SNES ) ont fait bande à part. Quelques extrait significatifs. Le SE-Unsa ( article du 20 avril ) : « Jean-Michel Jolion pointe la place du concours qui rend difficile une vraie alternance, un cahier des charges de plus en plus intenable pour les étudiants dans le cadre d’un master, un concours de plus en plus inadapté car les contenus ne tiennent absolument pas compte de l’articulation nécessaire avec le master. Il s’insurge contre la non prise en compte de l’activité professionnelle en cours de formation et s’étonne que la discipline reste le point d’entrée principal pour l’ensemble des épreuves […] . Voilà donc un nouveau rapport qui apporte de l’eau au moulin du SE-Unsa qui revendique la réécriture des décrets sur la mastérisation afin d’aboutir […] à une formation professionnelle digne de ce nom ». Le Sgen-Cfdt ( communiqué du 15 avril ) : « Le Sgen-Cfdt se félicite de voir ses analyses et revendications confortées… Savoir plus >

L’avenir du latin et du grec ( et de leurs professeurs ) en danger?

Plusieurs associations ont envoyé au ministre de l’Education nationale un texte mettant en cause la réforme de la seconde et le non respect des textes officiels  ( dans le contexte des diminutions de dotations horaires )  préjudiciables aux offres ( et aux choix ) d’enseignement du latin et du grec. « À la rentrée 2010, plus de 500 000 élèves, soit plus d’un sur cinq, étudient le latin et/ou le grec dans les établissements secondaires, malgré toutes les embûches qui se dressent sur leur chemin. Ils pourraient être beaucoup plus nombreux, la demande familiale et sociale ne diminuant pas. Mais au nom de contraintes budgétaires masquées derrière l’autonomie des chefs d’établissement, l’institution n’ouvre pas au collège, dès la 5ème, le nombre de groupes suffisants pour accueillir tous les volontaires : concurrence d’options présentées comme incompatibles au mépris des textes officiels, ou difficultés administratives attribuées commodément à l’informatique, sont monnaie courante. Des horaires dissuasifs et aberrants achèvent de décourager les plus persévérants. Aujourd’hui, la mise en place de la réforme du lycée à la rentrée 2010, par sa complexité et son opacité, cause encore une évaporation subreptice d’élèves qui souhaitaient suivre ces enseignements, et la rage d’économies qui préside à la… Savoir plus >

Concours: vers un moratoire pour le CLES et le C2i?

Concours d’enseignants : le CLES et le C2i sont sources d’inégalités ! Nous demandons un moratoire Signer la pétition –   Voir les signataires Contact: petition@moratoireclesc2i.org Aujourd’hui, le niveau de qualification exigé pour être recruté comme enseignant est le master. Le contenu de celui-ci doit intégrer, outre des connaissances scientifiques et professionnalisantes concernant l’exercice d’un métier d’enseignant, des exigences concernant la maîtrise des Langues Vivantes et celle des TICE. Le Master doit donc reconnaître une qualification des titulaires de ce diplôme en ces domaines. Contre de nombreux avis, le gouvernement a fait le choix d’imposer les certifications supplémentaires du CLES et du C2i pour valider les concours de recrutement (CRPE, CAPES, CAPEPS, CAPET, CAPLP, et CPE). Cette mesure est source de grandes inégalités entre les candidats : ces certifications, qui ne sont organisées que dans certaines universités, demandent des formations spécifiques qui ne sont pas actuellement dispensées par toutes les universités en licence ou en Master. Elles sont soumises à des droits d’inscription laissés à la libre décision (ou à la discrétion) de chaque université, et exigent donc des étudiants des dépenses qui ne sont pas accessibles à tous et aggravent ainsi les inégalités sociales. Cette mesure alourdit encore la charge… Savoir plus >

Capes de Lettres classiques : l’inquiétude

Parmi la grande famille des disciplines d’enseignement dans l’inquiétude pour ce qui concerne les concours de recrutement et la formation professionnelle des professeurs , je prends encore la plus ancienne ( celle de Lettres classsiques ) et pour la cinquième fois ( cf mes billets du 9 février, 10 mars, 4 avril et 15 juillet 2010 ) LETTRE OUVERTE DE LA CNARELA À MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE Monsieur Le Ministre, Dans votre communiqué du 16 décembre 2010, vous constatez, malgré l’affirmation d’une satisfaction globale, que dans certaines disciplines, notamment en Mathématiques et en Lettres classiques, le manque de candidats au CAPES est inquiétant. Or nous savons comme vous que, dans l’immédiat, cette pénurie est en grande partie conjoncturelle : les dates de clôture des inscriptions fixées dans un premier temps le 13 juillet 2010, avant la proclamation des résultats de la session 2010, et l’application de la « mastérisation », imposant d’avancer les épreuves écrites au mois de novembre, ont empêché nombre d’étudiants de s’inscrire ou de se présenter aux épreuves. Il n’en reste pas moins que les besoins en enseignants sont réels et que, en particulier en Lettres classiques, nous manquons cruellement de professeurs, aussi bien pour… Savoir plus >

Vers des masters  »polyvalents »?

Le « plan sciences et technologies à l’Ecole » que vient de présenter Luc Chatel semble le confirmer si l’on tire toutes les conséquences de deux de ses préconisations. On se souvient ( cf mon billet précédent ) que lors de ses vœux « au monde de la connaissance », Nicolas Sarkozy ( en improvisant ) avait oublié de parler de la mise en place envisagée de « masters en alternance » et de « masters polyvalents » ; oubli immédiatement réparé par son entourage et par le ministre de l’Education nationale lui-même. Et il semble bien qu’il soit envisagé réellement d’aller dans cette direction, si l’on va jusqu’au bout de la logique de deux préconisations annoncées ( et ce n’est sans doute pas un hasard ) dans le « plan sciences et technologies à l’Ecole ». En premier lieu, celle qui a trait à une modification sensible du concours de recrutement des professeurs des écoles. Après avoir souligné que les trois quarts des professeurs des écoles ont suivi un cursus universitaire en sciences humaines et sociales ( un choix qui ne risque guère de changer, pour l’essentiel, dans un avenir proche ), le ministre Luc Chatel a annoncé qu’il… Savoir plus >

Formation des enseignants: les incertitudes s’accumulent

Et ce n’est pas la dernière déclaration de Nicolas Sarkozy (  foncièrement improvisée, comme l’a déjà souligné la journaliste du ‘’Monde’’ Maryline Baumard ), suivie de celle de Luc Chatel  qui peuvent les dissiper, bien au contraire. Depuis le démantèlement de l’ancien système de formation, on se trouve constamment dans l’improvisation et les propositions ( voire les décisions ) au coup par coup ; et on cherche vainement quel est le dessein d’ensemble alternatif en la matière ( qui, il est vrai, n’a nullement été – et pour cause –  au fondement de la suppression de l’ancien dispositif , une décision prise foncièrement pour des raisons d’économie de postes budgétaires matinées d’’’idéologie’’ sans que l’on se soit vraiment préoccupé de savoir où l’on voulait aller ). C’est ce qu’on appelle ‘’réformer’’ ! On avait déjà vu en avril dernier, lors des Etats généraux sur les violences scolaires, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel annoncer de façon impromptue la nécessité de mettre en place deux nouveaux  modules de formation pour tous les futurs enseignants ( l’un de ‘’gestion des conflits’’ et l’autre de ‘’tenue de la classe’’ ) alors même que le démantèlement de leur formation professionnelle était en marche… Savoir plus >