Le blog de Claude Lelievre

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Les fonts baptismaux peu républicains de l’agrégation

Ils ne sont pas particulièrement républicains, loin s’en faut. L’agrégation a été créée sous l’Ancien Régime, le 3 mai 1766. Elle a disparu lors de la première République, en 1793. Elle a été rétablie sous l’Empire, en 1808. Et elle a été vraiment restaurée sous la Restauration, en 1821. Mais elle dure depuis 250 ans. Dans le contexte de la soudaine expulsion des Jésuites décidée en 1764, un concours d’agrégation est institué par les lettres patentes des 3 mai et 10 août 1766 pour les trois classes: philosophie, belles lettres et grammaire de dix collèges de la faculté des arts de l’université de Paris. Les candidats doivent être maîtres ès arts. L’agrégation disparaît en même temps que le reste des institutions universitaires d’Ancien Régime en 1793, sous la première République. L’agrégation est recréée par le décret impérial du 17 mars 1808 qui organise ce qui est appelé alors  »l’Université » (c’est à dire essentiellement ce qu’on appelle aujourd’hui l’enseignement secondaire). On tient là sans doute l’origine de l’appellation « agrégé de l’Université ». De 1809 à 1821, les agrégés sont purement et simplement nommés par arrêté sur recommandation des recteurs d’académie ou des inspecteurs généraux, à la demande des proviseurs et en fonction… Savoir plus >

Concours de recrutement d’enseignants: le changement s’amplifie

Si on compare les nombres de candidats inscrits recensés pour les concours de 2016 et qu’on les compare à ceux des concours ( »Chatel ») de 2012 , on constate une augmentation de quelque 15% pour l’agrégation, de 52% pour le Capes et de 86% pour le concours externe des professeurs des écoles. Inscrits aux agrégations externes : 24846 pour 2016 contre 21648 pour 2012, soit 14,8% d’augmentation. Inscrits aux CAPES externes : 36779 pour 2016 contre 24134 en 2012, soit 52,4% d’augmentation. Inscrits aux concours externes des professeurs des écoles : 68816 pour 2016 contre 37018 pour 2012, soit 85,9% d’augmentation Bien sûr, cette augmentation ne s’est pas faite d’un seul coup. Mais elle est bien confirmée pour cette dernière année également. Et, surtout, il s’agit d’une augmentation du nombre des inscrits quasi généralisée. Ainsi le nombre de candidats aux concours externes de l’agrégation passe de 22397 inscrits pour la session 2015 à 24846 (soit une augmentation de 11%) pour la session 2016. Le nombre d’inscrits aux concours externes du CAPES pour la session de 2015 (33351) passe à 36779 pour celle de 2016 (soit une augmentation de 10%). Enfin le nombre de candidats au concours externe de professeurs des écoles passe de 61788… Savoir plus >

CAPES externe 2014: comparaison public-privé

Les  »déficits » pour pourvoir tous les postes offerts (ou les contrats) ne se répartissent pas de la même façon selon les disciplines dans le public et dans le privé. Pourtant, globalement, on a sensiblement les mêmes taux de déficit pour la session du CAPES externe du public et celui du privé . Pour le CAPES externe public, 6062 postes étaient offerts, et 5177 ont été pourvus, soit un taux de déficit de14,6% ( avec un pourcentage d’admis de 24,2% par rapport au nombre de présents aux épreuves du concours). Pour le CAPES externe du privé, 988 contrats étaient proposés et 838 ont été pourvus, soit un taux de déficit de 15,2% (avec un pourcentage d’admis par rapport aux présents de 21,4%). Trois disciplines n’ont des déficits que dans le public : il s’agit de « langues étrangères anglais », de « lettres options classiques » et de « lettres options modernes ». En tout, 2270 postes étaient offerts pour ces trois disciplines, et seulement 1902 ont été pourvus, soit un taux de déficit de 16%. Cinq disciplines n’ont des déficits que dans le privé : il s’agit de « documentation », d’ « histoire-géographie », de « physique-chimie », de « sciences économiques et sociales » et de « sciences de la vie et de la terre ». En tout, 332… Savoir plus >

Le recrutement des professeurs des écoles: une crise de croissance

Le nombre de candidats présents aux concours externes de 2013 a progressé de presque 10% par rapport à celui de 2012. Mais dans le même temps la progression des postes offerts s’est élevée à 72% . Après avoir augmenté de 2,7% en 2012, le nombre des présents aux concours externes de 2013 a augmenté encore de 9,8% . Mais, compte tenu de la très forte progression des postes mis au concours, le  »ratio » de candidats présentés pour un poste offert au concours est passé de 3,8 en 2012 à 2,4 en 2013. Et dans certaines académies, en particulier dans la plupart de celles où le nombre de postes offerts était nettement au-dessus de la moyenne en regard du nombre des effectifs en activité ( soit 2,2 sur le plan national) il a pu y avoir de réelles difficultés de recrutement comme en Guyane ( 4,4), à Créteil (4,4) ou à Paris (3,4) notamment. Il y a donc bien une  »crise de croissance », préoccupante à bien des égards ( et propre à créer des dysfonctionnements divers). Mais ce n’est pas à proprement parler une  »crise d’attractivité » ( comme certains le claironnent on ne sait trop pour quelles raisons et quels objectifs). Depuis… Savoir plus >

La  »non attractivité » du métier de professeur. Désintox.

  L’affaire serait pourtant entendue comme l’indique sans retenue le titre d’un récent article du « Figaro : « ces métiers dont personne ne veut : professeur, carrossier, psychomotricien ». Ce serait établi  »mathématiquement » par le baromètre Jobintree : « au 4ème trimestre 2013, le métier d’enseignant se retrouve en première place des métiers avec le moins de candidatures » . C’est du moins ce que met en avant ce site d’emploi après avoir analysé 75000 offres et 720000 actes de candidature sur la période octobre-décembre 2013, son directeur enfonçant le clou « le métier de professeur renvoie une mauvaise image, bien que ce soit un emploi dit  »secure » » .   Sur quelles bases de données (et recueillies dans quelles conditions) ? Mystère . Sans compter qu’affirmer que le rapport entre le nombre d’actes de candidature et le nombre d’offres est un indicateur d »’attractivité » relève d’un simplisme méthodologique terrifiant (ou d’une mauvaise foi patente) car bien d’autres  »facteurs » peuvent entrer en jeu dans ce type de rapport  »mathématique ».   Rappelons d’abord l’importance du  »vivier » existant pour tel ou rel type de concours et de disciplines. Car « l’emploi dit secure » de professeur s’obtient en principe par un concours que l’on doit préparer durant une année ( ce qui est tout autre chose que d’envoyer un… Savoir plus >

Doit-on supprimer les concours sur épreuves?

  Le bilan des avantages et des inconvénients des concours sur épreuves peut apparaître tellement mauvais que la seule solution jugée souhaitable soit celle de la suppression.   La formule favorise, quoique toute pression et toute partialité en sont absentes, et d’une façon automatique, un modèle de candidat qui n’est pas toujours celui qui a le plus de mérite, ni celui qui rendra le plus de services à la société dans les fonctions pour lesquelles il est sélectionné. C’est ainsi que les facteurs de réussite aux concours que constituent le brillant, la rapidité, une certaine aisance dans l’expression, favorisent de facto les candidats issus des classes aisées, plus cultivées, au détriment des milieux plus modestes. Et on préfère ne pas voir le facteur chance qui domine les concours pour ne retenir que leur impartialité, qui demeure cependant inopérante pour démocratiser le recrutement de nos grandes écoles. Le souci d’éviter des ressentiments, des mouvements de jalousie et la peur traditionnelle en France de l’arbitraire administratif aboutissent ainsi à lui substituer une règle où le hasard joue un rôle encore trop important. Cette prépondérance donnée à une apparence d’égalité sur l’efficacité réelle n’est pas admissible dans un grand pays développé moderne. Il… Savoir plus >

Un lancement de campagne de recrutement ambitieux

Vincent Peillon vient de lancer une campagne de communication afin de faciliter la poursuite des objectifs ambitieux ( déjà fixés et ‘’budgétisés’’ ) de recrutement de professeurs . Par exemple, pas moins de 22 100 postes seront ouverts aux concours externes en 2013, contre 16 000 en 2012, et 21 350 en 2014. Ce n’est pas une première. On se rappelle sans doute la campagne de communication lancée par Jack Lang il y a une dizaine d’années : « Professeur. Et si l’avenir, c’était vous ? » ; ou la dernière, celle de Luc Chatel, où Julien trouvait « un poste à la hauteur de ses ambitions » et Laura « un poste à la hauteur de ses rêves ». Avec Vincent Peillon on a trois affiches où un jeune homme ou deux jeunes femmes lèvent la main pour répondre positivement à trois questions : « Qui veut étudier l’esprit libre ? », « Qui veut apprendre à apprendre ? ,  « Qui veut la réussite de tous ? ». « Nous avons besoin de bons professeurs. Professeur est un métier de talent, d’excellence », a déclaré Vincent Peillon dans le dernier  « Journal du Dimanche ». Pour attirer les… Savoir plus >

Concours: pas de certifications supplémentaires!

C’est du moins ce que demande la FSU  ( dans une lettre signée par Bernadette Groison ) aux ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur : le CES2 et le Ci2e ne doivent pas être exigés des enseignants stagiaires pour être titularisés. La FSU est fortement engagée sur ce dossier depuis plus d’un an et demi puisqu’elle  avait demandé dès la mi-février 2011 un ‘’moratoire’’ pour le CLES et le C2I ( cf mon billet de février 2011), qu’elle avait fait une relance à cet égard notamment via le SNES ( cf mon billet de juillet  2011 : « la certification en langue et C2i contestée » ) et lancée un grand mouvement de pétition en novembre de l’année dernière ( cf mon billet de novembre 2011 : «  pétition contre l’exigence du CLES2 et du C2i » ). Devant l ‘impossibilité de mettre en œuvre les conditions de certification imposées aux étudiants se destinant aux métiers d’enseignants ainsi qu’aux stagiaires, un arrêté avait été finalement publié dispensant jusqu’en 2014 « tous les lauréats titulaires d’un master ou d’un diplôme de l’enseignement supérieur obtenu en France et sanctionnant un cycle d’études d’au moins deux ans validant des enseignement comprenant… Savoir plus >

« Sciences médico-sociales »: une nouvelle agrégation

L’arrêté du 14 septembre 2012 ajoute à l’article 1er de l’arrêté du 28 décembre fixant les sections et les modalités d’organisation des concours de l’agrégation l’alinéa suivant : « Section sciences médico-sociales ». Cette nouvelle ( et dernière ) agrégation se situe dans la longue  procession historique des créations d’agrégations : en premier les agrégations de la ‘’culture humaniste’’ ( grammaire, lettres classiques, philosophie, histoire ), puis celles du domaine des mathématiques et des sciences ( qui vont se diversifiant ) , sans compter celles de langues vivantes ( en plusieurs étapes temporelles ). Et enfin les dernières venues, dont l’ordre d’apparition n’est pas non plus sans signification : en 1962, création d’une agrégation de techniques économiques et de gestion ( transformée en 1980 en économie et gestion) ; suivent celles de mécanique en 1968, de génie civil, de génie électrique, de génie mécanique en 1975. L’agrégation d’éducation musicale apparaît en 1974, celle d’arts plastiques en 1975. En 1977 est créée une agrégation de sciences sociales. L’éducation physique et sportive ( créée en 1982 ) fermait jusqu’alors la marche de  la reconnaissance des excellences disciplinaires ( à l’exception de la création de l’agrégation d’une dernière langue vivante – le japonais… Savoir plus >

Les deux moutures originelles du CAPES

Au moment où se repose la question de la « refondation » de la formation des professeurs, il n’est sans doute pas sans intérêt de faire un retour sur la valse-hésitation qui a présidé à l’établissement du CAPES. Deux versions très différentes du CAPES nouvellement institué vont en effet se succéder en un temps très court, au début des années 1950. Jusqu’en 1950, les enseignants du secondaire ont été recrutés soit via l’agrégation, soit embauchés sur la base d’une licence puis titularisés sur leur poste à l’instar, en quelque sorte, de ce que l’on a appelé plus tard les « adjoints d’enseignement ». Le décret du 1° avril 1950 institue un certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public ( CAPES ), qui comprend deux parties : « Premièrement, une partie pratique dont les épreuves ne peuvent être subies qu’au cours de la seconde année d’un stage d’au moins deux années scolaires dans un collège ou un lycée ; deuxièmement, une partie théorique ». D’abord, donc, un stage pratique et son évaluation ; ensuite un examen écrit, qui ne doit pas être livresque mais directement professionnel : « Le stagiaire, pourvu de conseillers pédagogiques, apprend son métier ; c’est la preuve… Savoir plus >