Le blog de Claude Lelievre

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Les deux moutures originelles du CAPES

Au moment où se repose la question de la « refondation » de la formation des professeurs, il n’est sans doute pas sans intérêt de faire un retour sur la valse-hésitation qui a présidé à l’établissement du CAPES. Deux versions très différentes du CAPES nouvellement institué vont en effet se succéder en un temps très court, au début des années 1950. Jusqu’en 1950, les enseignants du secondaire ont été recrutés soit via l’agrégation, soit embauchés sur la base d’une licence puis titularisés sur leur poste à l’instar, en quelque sorte, de ce que l’on a appelé plus tard les « adjoints d’enseignement ». Le décret du 1° avril 1950 institue un certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public ( CAPES ), qui comprend deux parties : « Premièrement, une partie pratique dont les épreuves ne peuvent être subies qu’au cours de la seconde année d’un stage d’au moins deux années scolaires dans un collège ou un lycée ; deuxièmement, une partie théorique ». D’abord, donc, un stage pratique et son évaluation ; ensuite un examen écrit, qui ne doit pas être livresque mais directement professionnel : « Le stagiaire, pourvu de conseillers pédagogiques, apprend son métier ; c’est la preuve… Savoir plus >

Postes aux concours de recrutement du secondaire pour 2013

Ils viennent de paraître au BO, et ils sont en nette augmentation. Ainsi, 1589 postes sont proposés à l’agrégation contre 1248 en 2012 ( + 27% ), et  6135 postes sont offerts aux CAPES externes contre 4727 en 2012 ( + 27% également ). Même si on peut compter sur une certaine augmentation des inscrits ( et sans doute surtout des présents effectifs aux concours, en raison précisément de l’augmentation des postes offerts ) , il est loin d’être évident que tous les postes pourront être pourvus si l’on en juge par les ‘’déficits’’ dans certaines disciplines enregistrés en 2012, en particulier aux concours des CAPES externes. 1210 postes mis au concours du CAPES externe de mathématiques en 2013 ( contre 950 en 2012, et 652 reçus ) ; 200 en lettres classiques ( contre 170 en 2012, et 75 reçus ) ; 1000 en lettres modernes ( contre 733 en 2012, et 681 reçus ) ; 1050 en anglais ( contre 790 en 2012, et 679 reçus ) ; 270 en allemand ( contre 230 en 2012, et 184 reçus ) ; 200 en documentation ( contre 157 en 2012, et 105 reçus ).

Postes au concours de recrutement des professeurs des écoles: chances et risques

La répartition de l’attribution par académie des 8600 postes offerts au concours 2013 montre que des choix délibérés ont été faits, qui sont certainement une chance pour les heureux bénéficiaires mais aussi  parfois un risque pris par l’administration de l’Education nationale ( car dans certains cas il sera sans doute difficile de les pourvoir ). Le nombre de postes offerts a presque doublé par rapport au concours externe de 2012 ( pour lequel 4600 postes avaient été offerts, et 17 385 candidats s’étaient effectivement présentés ; 8240 candidats ayant été finalement déclarés admissibles, et 4637 reçus ). Le taux au niveau national était donc à peu près d’un admissible sur deux présentés, et d’un admis sur deux admissibles ( soit environ un admis sur quatre présentés ). Comme le nombre de postes a presque doublé cette année, ces taux vont sans doute se resserrer sensiblement ( même si l’on peut penser que l’augmentation du nombre de postes offerts est susceptible d’avoir pour effet une certaine augmentation des présents effectifs au concours ; sans doute  peu sensible cependant dans la mesure où l’annonce de  cette augmentation  des postes mis au concours est récente ). Si l’on fait des ’’ratio’’ sur la… Savoir plus >

 »Prérecrutements »: 18000  »emplois d’avenir professeur »

Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a obtenu 18000 postes, soit  6000 créations chaque année de  2013 à 2015 (  c’est à dire 12% des 150000 ‘’emplois d’avenir’’ qui vont être créés au total ). Le projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 29 août. Cela répond d’abord à une promesse de campagne de François Hollande, en particulier lors de son discours de février dernier à Orléans sur «  l’Ecole et la nation » : « Pour remédier à la crise de recrutement – qui est réelle tant les vocations ont été découragées […] nous ferons en sorte de financer des études longues, avec une filière de pré-recrutements, pour former des enseignants le plus vite possible, dès la licence, de façon à orienter les vocations et à aider les jeunes à financer leurs études ». L’article 2 du projet de loi sur les « emplois d’avenir  professeur » précise en effet que cela « est destiné en priorité aux jeunes effectuant leurs études dans les académies ou dans les disciplines connaissant des besoins particuliers de recrutement et résidant dans les zones urbaines sensibles […], ou ayant effectué tout ou partie de leurs études secondaires dans un… Savoir plus >

Recrutement: la crise n’est pas une spécificité française

Même si certaines des dimensions de cette crise en France peuvent avoir des traits spécifiques ( cf nombre de mes billets précédents ), elle n’est pas propre à la France comme vient de le souligner un récent rapport de la Commission européenne. Et il n’est pas inutile de le savoir, d’autant que cela peut ouvrir des pistes de réflexion et d’action auxquelles on ne songe pas toujours de prime abord. Selon Bernadette Forsthuber – coordinatrice éducation à la Commission européenne – « un grand nombre de pays connaissent des difficultés de recrutement ( dont l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche, la Norvège ) pour des raisons différentes ». Et elle cite pêle-mêle « les salaires souvent faibles au vu du niveau des diplômes, le manque d’accompagnement, l’absence de perspectives d’évolution des carrières ». Interrogés par Véronique Radier à la suite de la parution de ce rapport (http://tempsreel.nouvelobs.com/education ) certains experts donnent à réfléchir, en particulier Nathalie Mons qui identifie bien les ‘’spécificités’’ françaises et Pauline Musset – analyste à l’OCDE – qui ouvre sur des caractéristiques internationales : « au-delà des particularités propres à chaque Etat, si le métier ne plaît plus, c’est que les jeunes veulent aujourd’hui être ‘’utiles’’ : pour… Savoir plus >

Concours du CAPES externe: la crise de recrutement confirmée

Même s’il y a une très légère diminution du déficit des admis par rapport aux postes mis au concours en comparaison de l’année dernière, il apparaît que la crise du recrutement perdure et commence à s’installer dans la durée de façon alarmante. 706 postes sont restés vacants, soit presque 15% des postes à pourvoir. Ce déficit est particulièrement important dans certaines disciplines. En mathématiques, un poste sur trois est resté vacant (  652 reçus pour 950 postes ouverts ). En lettres classiques, cela va jusqu’à plus de la moitié des postes  ( 75 reçus pour 170 postes ). La situation est moins alarmante dans d’autres disciplines, mais reste préoccupante : 681 reçus pour 733 postes proposés en lettres modernes, 679 pour 790 en anglais, 184 pour 230 en allemand. Et le déficit concerne aussi sensiblement les documentalistes : 105 reçus pour 157 postes. On l’avait déjà noté ( dans des billets antérieurs ) : les résultats de l’admissibilité de la session 2012 ne présageait rien de bon. Comme le montraient les résultats, la proportion admissibles/postes était en effet restée faible ( voire s’était affaiblie ) pour 8 disciplines : lettres classiques ( 0,54 pour 2012 contre 0,57 en 2011 ),… Savoir plus >

Les agrégés de la  »culture humaniste » au-dessus du panier

Près du tiers des membres du nouveau gouvernement ont enseigné. Parmi eux, un seul ancien instituteur ( François Lamy, ministre délégué à la Ville ), aucun certifié ou PLP, et sept agrégés ( dont l’un n’a pas enseigné, à savoir Laurent Fabius, agrégé de lettres, ministre des Affaires étrangères ). Une agrégée de lettres classiques ( Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication ), un agrégé de philosophie ( Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale ), deux agrégés d’histoire ( Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense ; et Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la famille  ), un agrégé d’allemand ( Jean-Marc Ayrault, Premier ministre ), une agrégée de sciences économiques et sociales ( Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la santé ). Si l’on excepte la création de l’agrégation de ‘’sciences’’ en 1821 ( qui se dédouble en celles de ‘’mathématiques’’ et de ‘’sciences’’ ‘’ en 1841, laquelle se scinde elle-même en celles de ‘’sciences physiques’’ et ‘’sciences naturelles’’ en 1885 ), on a l’ordre de création des agrégations, avec en tête celles de la ‘’culture humaniste’’ : lettres classiques ( en 1766 ), puis philosophie ( en 1825 ) et histoire ( en… Savoir plus >

« Le conseiller d’éducation »

Une bonne nouvelle qui intéressera les candidats aux concours de CPE ainsi que les personnels de direction : l’inspecteur général de la vie scolaire Jean-Paul Delahaye a totalement mis à jour les fiches et les informations de son ouvrage (deuxième édition chez Berger Levrault). Le métier de CPE (une particularité française) est généralement méconnu bien qu’important, car en évolution continue et à la jonction (problématique) entre différents ‘’mondes’’ qui ont bien du mal en entrer en synergie : la direction de chaque établissement secondaire, les enseignants, les élèves, les parents. Le CPE est en principe l’interlocuteur de tout le monde et de chacun Pour cette seconde édition, l’ouvrage de Jean-Paul Delahaye fait le point sur le conseiller principal d’éducation et la vie de l’établissement. Il prend en compte les derniers textes sur la lutte contre l’absentéisme, la réforme des procédures disciplinaires ou encore la lutte contre le harcèlement. Il met en évidence des faits peu connus comme la place des CPE dans l’éducation à la citoyenneté ou l’accompagnement personnalisé. Pour chaque question l’ouvrage propose à la fois une documentation poussée et à jour et 15 fiches pratiques qui aident à faire face aux nécessités du métier. On a ainsi des… Savoir plus >

Hollande: des recrutements et des dispositifs d’urgence pour la rentrée

Les concours de recrutement de professeurs et de CPE  ( au nombre de postes limités comme on le sait ) sont déjà déterminés voire terminés , et il n’est pas possible de revenir dessus. Mais pour éviter une « rentrée extrêmement difficile » François Hollande a déclaré qu’il créerait, s’il était élu « 4000 postes de personnels contractuels pris sur les emplois d’avenir déjà annoncés ». « Si nous n’intervenons pas avec du personnel contractuel, pas enseignant, de l’ordre de l’accompagnement de l’encadrement, la rentrée sera extrêmement  difficile ; d’où ma proposition » a-t-il précisé. Mercredi dernier, dans son discours à Rennes, il avait déjà annoncé qu’il recruterait «  à défaut de professeurs à ce stade puisqu’il n’y aura pas de concours, 2000 assistants d’éducation ». Par ailleurs l’équipe de Vincent Peillon ( chargé de l’éducation dans l’équipe de campagne de François Hollande ) a déclaré pouvoir prévoir trois heures de formation par semaine ( en décharge ) pour les professeurs stagiaires nouvellement recrutés : « Budgétairement, cela tient ».

La formation des enseignants selon Hollande-Peillon

Dès le début de son entrée en campagne, François Hollande a tenu à marquer toute l’attention qu’il portait à cette question. Finalement, les contours de ce qu’il envisage avec Vincent Peillon ( le responsable ‘’éducation ‘’ dans son équipe de campagne ) se dessinent peu à peu, même s’il reste encore des ‘’arbitrages’’ à faire et des précisions à apporter ( ce qui ne devrait pas surprendre, puisqu’il s’agit aussi de tenir compte notamment de l’avis des syndicats enseignants, qui peuvent avoir d’ailleurs des avis divergents sur certains points ), en particulier pour ce qui concerne le concours, sa place, sa nature et son moment. En mai 2011, François Hollande, candidat aux primaires organisées par le PS, souligne ( dans le cadre d’ « un nouveau pacte éducatif pour démocratiser la réussite » ) qu’ « il est indispensable de donner aux enseignants la formation initiale et continue nécessaire au bon exercice de leur fonction, et d’assurer une entrée progressive dans le métier ». En septembre 2011, il affirme avec vigueur qu’ « il faudra reprendre la question de la formation des enseignants, car ce qui a été fait sur ce plan par le gouvernement relève du vandalisme d’Etat. Après… Savoir plus >