Le blog de Claude Lelievre

évaluations

La dictée dictée par NVB : mon article du 19 septembre 2015

La ministre de l’Education nationale vient d’édicter une dictée quotidienne. Sans compter le calcul mental. 19 sept. 2015 Par claude lelièvre Blog : Histoire et politiques scolaires dans Médiapart  Quid de cette entrée en matière pour une réforme des programmes pensés en même temps depuis le cours préparatoire jusqu’à la troisième, par cycles, pour aller dans le sens de la continuité, de la progressivité et de la cohérence ? Chapeau, le Conseil supérieur des programmes!. A vrai dire, la façon de faire et de dire de Najat Vallaud-Belkacem en l’occurrence n’est pas sans rappeler celle de Jack Lang à la rentrée scolaire 2002 à propos des nouveaux programmes de l’enseignement primaire. « Aux oubliettes la méthode globale ! Place à un horaire spécial pour la grammaire, elle-même recentrée sur la relation entre le verbe et son sujet, et entre le verbe et les compléments. Place au retour de l’orthographe reposant sur l’intelligence de la syntaxe et du lexique. Place à la connaissance exigeante des conjugaisons et à la découverte du vocabulaire. Place aussi à l’écriture cursive et à la prise de notes personnelles au lieu et place de la photocopie. Autre nouveauté qui donnera chair et âme au voyage initiatique dans la langue :… Savoir plus >

Petit répertoire historique du bachotage

Dans « Le Parisien » d’aujourd’hui, le ministre de l’EN Jean-Michel Blanquer a déclaré : « on voit bien que le bac tel qu’il existe aujourd’hui est arrivé à la fin d’une époque et qu’il faut passer à autre chose. Il faut en finir avec le bachotage pour lui redonner du sens » Le moins que l’on puisse dire, c’est que la thématique du « bachotage », loin d’être une nouveauté ( pressante),  a une longue histoire. L’expression même de « bachotage » a fait le titre d’un livre paru il y a plus d’un siècle, en 1910, sous la plume d’un professeur de physique de l’université de Toulouse, Ernest Bouasse. Dès 1880, Jules Ferry lui-même tente une réforme de l’examen : « La question du baccalauréat, dit-il, s’est ainsi posée : arracher cet examen aux misères, aux écueils et aux mensonges de la préparation mnémonique et mécanique ». Après soixante-dix ans d’existence… Mais le résultat de sa réforme est pour le moins incertain car, quatre-vingts ans plus tard, au tout début de la cinquième République, il ne semble pas que l’on ait été beaucoup avancé si l’on en juge par le rapport motivant le décret du 18 août 1959 relatif au baccalauréat : « Il est normal qu’un examen de qualité incontestable sanctionne… Savoir plus >

Notation sur 20, compositions et prix

« Dans les compositions, chaque copie aura sa note chiffrée de 0 à 20 ». Cette première mention de ce type de notation est solidaire de la question des prix et accessits par le biais des  »compositions ». Elle figure à l’article 21 de l’arrêté du 5 juillet 1890 L’enseignement secondaire public (toujours payant, même après que les écoles communales soient devenues gratuites en 1882) était fréquenté alors presque exclusivement par la bonne bourgeoisie très friande des prix (et à défaut des accessits) pour ses enfants et de l’ostentation des remises de prix (dans un contexte de rivalité exacerbée avec les établissement privés après les lois Ferry). Il convient donc que les prix (et les accessits qui se multiplient) soient attribués de façon incontestable ( »mathématiqument »), d’où des notes chiffrées qui permettent des moyennes et même des moyennes de moyennes (avec  »classement général », par exemple, pour l’attribution du  »prix d’excellence ») en donnant l’impression qu’il existe en quelque sorte une  »unité de compte » puisque ce sont des  »chiffres »(et non pas des  »lettres » qui interdisent en principe l’établissement de moyennes). C’est cet ensemble (prix, compositions, notation sur 20) qui est remis en cause par le colloque d’Amiens de mars 1968 présidé par Alain Peyrefitte, puis par… Savoir plus >

L’évaluation: une vraie question politique

Dans Le Monde de vendredi, Maryline Baumard pose la question du « risque que prend la gauche en se saisissant d’une manière ostensiblement politique du dossier de l’évaluation des élèves », au lieu de s’appuyer sur une science (« la docimologie , cette science de la notation « ) ainsi que sur une formation initiale et continue ad hoc (sans compter les  »innovations » qui ont du mal à se propager). Il y a lieu de remarquer d’abord que si la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem reprend actuellement de façon fort décidée une initiative prise par son prédécesseur Benoît Hamon, cela s’inscrit en plein dans l’une des dimensions majeures (et incontournables) de la « refondation de l’Ecole » (formulée nettement dès le début de sa conception, et réitérée constamment depuis). . Dès juin 2012, le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon déclare au congrès des parents d’élèves de la Peep que l’évaluation, perçue comme une sanction, est source de souffrances. Et il plaide pour un « changement de pédagogie » afin de placer le « bien-être des élèves » au coeur du projet scolaire. En août 2012, il réitère qu’ « il faut qu’il y ait une évolution de la façon dont nous notons. […] La note doit pouvoir être aussi… Savoir plus >

Plans numériques: le passé peut-il nous donner quelques leçons?

A la toute fin du XX° siècle, la  »souris » et Internet ont offert l’occasion de donner un second souffle et un second départ à l’informatique dans le système scolaire. Un mouvement rapide d’équipements et de connexion de tous les établissements scolaires sur Internet s’amorce aux Etats-Unis en 1995, puis s’étend les années suivantes à la plupart des pays d’Europe de l’Ouest. 1997: Claude Allègre et Ségolène Royal ( ministre déléguée chargée de l’enseignement scolaire ) présentent un plan d’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication ( NTIC ) « de la maternelle à l’université ». Ils soulignent qu’il ne faut pas répéter les erreurs du passé et que leur plan a l’ambition d’une politique globale prenant en compte à la fois l’équipement, la production de logiciels et la formation des enseignants. L’Etat va dépenser « un peu plus d’un milliard de francs » chaque année pendant trois ans. Si l’on inclut la participation souhaitée des collectivités territoriales, la dépense peut être estimée à 15 milliards de francs. Six mois plus tard, les services du ministère estiment que le nombre des connexions a doublé : tous les établissements d’enseignement supérieur, 80% des lycées, 40% des collèges et 5% des écoles sont raccordés au réseau… Savoir plus >

Le livre phare de la rentrée en éducation (de Roger-François Gauthier)

Ce livre peut être en effet une carte et une boussole pour les deux principaux chantiers de la « refondation de l’Ecole » enfin à l’ordre du jour : les programmes et les évaluations. Car « Ce que l’école devrait enseigner » de R-G Gauthier (IG et membre du CSP), publié chez Dunod, mérite son sous-titre : « Pour une révolution de la politique scolaire en France ». La  »révolution » ce serait de mettre la question de « ce que l’école doit enseigner » (couplée avec celle de l’évaluation de ce que doivent et peuvent maîtriser effectivement les élèves) au centre de la politique scolaire. Et ce serait en effet une  »révolution copernicienne » si on en juge par l’état des lieux décapant effectué par Roger-François Gauthier. Les titres (interrogatifs) des chapitres peuvent donner un aperçu du chemin emprunté : « Les programmes scolaires sont-ils illisibles ? » ; « Est-il possible de s’entendre sur les savoirs à enseigner ?» ; « La finalité de l’école : question centrale ou superflue ? » ; « En quoi la machine à évaluer est-elle devenue folle ? » ; « Et si on faisait une place au libre désir d’apprendre » ?; « Les disciplines, qui sont la partie, doivent-elles commander au tout, qui est la culture de l’élève ? » ; « Contenus d’enseignement : à qui revient le pouvoir ? » ; « Quels enseignants ? » ; « Que faire en France (2014-2024) ? » Et, pour faire… Savoir plus >

Et si on recopiait la circulaire  »Edgar Faure » du 6 janvier 1969 sur les notes?

L’histoire ne repasse jamais les plats, dit-on. Et la tentative a échoué en son temps. Alors, ne copions pas ; mais relisons-là au moins pour ses  »attendus ». « Le développement des méthodes actives, des travaux d’équipe, ont rendu familiers des procédés de stimulation et d’émulation qui ne risquent pas d’engendrer un  »esprit d’âpreté » déplaisant, et surtout n’ont point sur les élèves qui ne figurent pas dans le » peloton de tête » les effets décourageants que maintes études psychopédagogiques ont mis en lumière [..]. C’est un texte ancien, l’arrêté du 5 juillet 1900, qui a prescrit que  »dans les compositions chaque copie aura sa note chiffrée de 0 à 20 ». Il en résulte un  »classement linéaire », les différences entre élèves se chiffrant par point ou même demi-point. Or les études docimologiques dont l’origine est antérieure à 1930 ne laissent aucun doute sur le caractère illusoire d’un tel raffinement dans la précision de la note et du classement obtenus. Le principe du classement lui-même a été contesté pour de fortes raisons […] .En vérité, ce qui importe ce sont les progrès de l’élève par rapport à lui même ; et leur constatation n’exige pas nécessairement une note chiffrée. Elle l’exige d’autant moins que l’importance de la… Savoir plus >

Doit-on supprimer les concours sur épreuves?

  Le bilan des avantages et des inconvénients des concours sur épreuves peut apparaître tellement mauvais que la seule solution jugée souhaitable soit celle de la suppression.   La formule favorise, quoique toute pression et toute partialité en sont absentes, et d’une façon automatique, un modèle de candidat qui n’est pas toujours celui qui a le plus de mérite, ni celui qui rendra le plus de services à la société dans les fonctions pour lesquelles il est sélectionné. C’est ainsi que les facteurs de réussite aux concours que constituent le brillant, la rapidité, une certaine aisance dans l’expression, favorisent de facto les candidats issus des classes aisées, plus cultivées, au détriment des milieux plus modestes. Et on préfère ne pas voir le facteur chance qui domine les concours pour ne retenir que leur impartialité, qui demeure cependant inopérante pour démocratiser le recrutement de nos grandes écoles. Le souci d’éviter des ressentiments, des mouvements de jalousie et la peur traditionnelle en France de l’arbitraire administratif aboutissent ainsi à lui substituer une règle où le hasard joue un rôle encore trop important. Cette prépondérance donnée à une apparence d’égalité sur l’efficacité réelle n’est pas admissible dans un grand pays développé moderne. Il… Savoir plus >

Vers une évolution du rôle pédagogique des inspecteurs?

Le CTM du 20 juin s’est prononcé en faveur de l’abrogation du décret ‘’Chatel’’ du 8 mai dernier sur l’évaluation des enseignants ( qui renforçait  considérablement le rôle des chefs d’établissement ). Mais il apparaît qu’il ne saurait être question de revenir au statu quo ante. Au même CTM du 20 juin, le nouveau ministre de l’Education nationale – Vincent Peillon – a indiqué qu’ « il faut reposer la question des missions des inspecteurs ( ils doivent être prioritairement dans les classes ) et des IGEN » en soulignant que « le décret Chatel confondait les missions de l’inspection et celles de l’administration ». On peut d’ailleurs sans doute soutenir que cette « confusion » est partie prenante d’une lente et longue évolution à l’œuvre au sein du système éducatif français. La séparation initiale entre la hiérarchie administrative et la hiérarchie pédagogique tend en effet à s’estomper. D’abord parce que la prise en charge des conditions matérielles des établissements scolaires par les collectivités territoriales ( en raison de la décentralisation ) a tendu à réduire l’importance du périmètre de pouvoir de la hiérarchie administrative. Ensuite parce que, dans le cadre de la déconcentration, de nombreux pouvoirs de gestion pédagogique… Savoir plus >

Que veut-on faire du bachot?

C’est la question que posait déjà de façon abrupte Georges Pompidou ( avant Nicolas Sarkozy et son fidèle héraut Luc Chatel ) il y a plus de 40 ans, dans un discours à Albi en avril 1970. « Que veut-on faire du bachot ? Ou bien c’est un examen d’enseignement supérieur qui vous ouvre toutes grandes les portes des facultés, qui vous donne un droit de poursuivre des études, alors il faut qu’il constitue une sélection. Je n’ai pas peur du mot. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas laisser aller vers des études prolongées des gens qui n’ont pas subi la préformation indispensable et nécessaire.[…]. Si par contre on considère que l’enseignement supérieur doit assurer lui-même son recrutement, eh bien alors le baccalauréat peut devenir un simple certificat stipulant que vous avez fait convenablement des études secondaires sans plus, et que vous ne vous dirigez pas obligatoirement vers des études prolongées ». Trois ans plus tard, le 16 janvier 1974, un conseil des ministres présidé par Georges Pompidou prend connaissance d’un projet de loi sur l’enseignement où le baccalauréat est dûment évoqué. Un communiqué annonce que, « afin de valoriser la fonction d’orientation du baccalauréat, celui-ci sera modifié selon… Savoir plus >