Le blog de Claude Lelievre

évaluations

Plans numériques: le passé peut-il nous donner quelques leçons?

A la toute fin du XX° siècle, la  »souris » et Internet ont offert l’occasion de donner un second souffle et un second départ à l’informatique dans le système scolaire. Un mouvement rapide d’équipements et de connexion de tous les établissements scolaires sur Internet s’amorce aux Etats-Unis en 1995, puis s’étend les années suivantes à la plupart des pays d’Europe de l’Ouest. 1997: Claude Allègre et Ségolène Royal ( ministre déléguée chargée de l’enseignement scolaire ) présentent un plan d’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication ( NTIC ) « de la maternelle à l’université ». Ils soulignent qu’il ne faut pas répéter les erreurs du passé et que leur plan a l’ambition d’une politique globale prenant en compte à la fois l’équipement, la production de logiciels et la formation des enseignants. L’Etat va dépenser « un peu plus d’un milliard de francs » chaque année pendant trois ans. Si l’on inclut la participation souhaitée des collectivités territoriales, la dépense peut être estimée à 15 milliards de francs. Six mois plus tard, les services du ministère estiment que le nombre des connexions a doublé : tous les établissements d’enseignement supérieur, 80% des lycées, 40% des collèges et 5% des écoles sont raccordés au réseau… Savoir plus >

Le livre phare de la rentrée en éducation (de Roger-François Gauthier)

Ce livre peut être en effet une carte et une boussole pour les deux principaux chantiers de la « refondation de l’Ecole » enfin à l’ordre du jour : les programmes et les évaluations. Car « Ce que l’école devrait enseigner » de R-G Gauthier (IG et membre du CSP), publié chez Dunod, mérite son sous-titre : « Pour une révolution de la politique scolaire en France ». La  »révolution » ce serait de mettre la question de « ce que l’école doit enseigner » (couplée avec celle de l’évaluation de ce que doivent et peuvent maîtriser effectivement les élèves) au centre de la politique scolaire. Et ce serait en effet une  »révolution copernicienne » si on en juge par l’état des lieux décapant effectué par Roger-François Gauthier. Les titres (interrogatifs) des chapitres peuvent donner un aperçu du chemin emprunté : « Les programmes scolaires sont-ils illisibles ? » ; « Est-il possible de s’entendre sur les savoirs à enseigner ?» ; « La finalité de l’école : question centrale ou superflue ? » ; « En quoi la machine à évaluer est-elle devenue folle ? » ; « Et si on faisait une place au libre désir d’apprendre » ?; « Les disciplines, qui sont la partie, doivent-elles commander au tout, qui est la culture de l’élève ? » ; « Contenus d’enseignement : à qui revient le pouvoir ? » ; « Quels enseignants ? » ; « Que faire en France (2014-2024) ? » Et, pour faire… Savoir plus >

Et si on recopiait la circulaire  »Edgar Faure » du 6 janvier 1969 sur les notes?

L’histoire ne repasse jamais les plats, dit-on. Et la tentative a échoué en son temps. Alors, ne copions pas ; mais relisons-là au moins pour ses  »attendus ». « Le développement des méthodes actives, des travaux d’équipe, ont rendu familiers des procédés de stimulation et d’émulation qui ne risquent pas d’engendrer un  »esprit d’âpreté » déplaisant, et surtout n’ont point sur les élèves qui ne figurent pas dans le » peloton de tête » les effets décourageants que maintes études psychopédagogiques ont mis en lumière [..]. C’est un texte ancien, l’arrêté du 5 juillet 1900, qui a prescrit que  »dans les compositions chaque copie aura sa note chiffrée de 0 à 20 ». Il en résulte un  »classement linéaire », les différences entre élèves se chiffrant par point ou même demi-point. Or les études docimologiques dont l’origine est antérieure à 1930 ne laissent aucun doute sur le caractère illusoire d’un tel raffinement dans la précision de la note et du classement obtenus. Le principe du classement lui-même a été contesté pour de fortes raisons […] .En vérité, ce qui importe ce sont les progrès de l’élève par rapport à lui même ; et leur constatation n’exige pas nécessairement une note chiffrée. Elle l’exige d’autant moins que l’importance de la… Savoir plus >

Doit-on supprimer les concours sur épreuves?

  Le bilan des avantages et des inconvénients des concours sur épreuves peut apparaître tellement mauvais que la seule solution jugée souhaitable soit celle de la suppression.   La formule favorise, quoique toute pression et toute partialité en sont absentes, et d’une façon automatique, un modèle de candidat qui n’est pas toujours celui qui a le plus de mérite, ni celui qui rendra le plus de services à la société dans les fonctions pour lesquelles il est sélectionné. C’est ainsi que les facteurs de réussite aux concours que constituent le brillant, la rapidité, une certaine aisance dans l’expression, favorisent de facto les candidats issus des classes aisées, plus cultivées, au détriment des milieux plus modestes. Et on préfère ne pas voir le facteur chance qui domine les concours pour ne retenir que leur impartialité, qui demeure cependant inopérante pour démocratiser le recrutement de nos grandes écoles. Le souci d’éviter des ressentiments, des mouvements de jalousie et la peur traditionnelle en France de l’arbitraire administratif aboutissent ainsi à lui substituer une règle où le hasard joue un rôle encore trop important. Cette prépondérance donnée à une apparence d’égalité sur l’efficacité réelle n’est pas admissible dans un grand pays développé moderne. Il… Savoir plus >

Vers une évolution du rôle pédagogique des inspecteurs?

Le CTM du 20 juin s’est prononcé en faveur de l’abrogation du décret ‘’Chatel’’ du 8 mai dernier sur l’évaluation des enseignants ( qui renforçait  considérablement le rôle des chefs d’établissement ). Mais il apparaît qu’il ne saurait être question de revenir au statu quo ante. Au même CTM du 20 juin, le nouveau ministre de l’Education nationale – Vincent Peillon – a indiqué qu’ « il faut reposer la question des missions des inspecteurs ( ils doivent être prioritairement dans les classes ) et des IGEN » en soulignant que « le décret Chatel confondait les missions de l’inspection et celles de l’administration ». On peut d’ailleurs sans doute soutenir que cette « confusion » est partie prenante d’une lente et longue évolution à l’œuvre au sein du système éducatif français. La séparation initiale entre la hiérarchie administrative et la hiérarchie pédagogique tend en effet à s’estomper. D’abord parce que la prise en charge des conditions matérielles des établissements scolaires par les collectivités territoriales ( en raison de la décentralisation ) a tendu à réduire l’importance du périmètre de pouvoir de la hiérarchie administrative. Ensuite parce que, dans le cadre de la déconcentration, de nombreux pouvoirs de gestion pédagogique… Savoir plus >

Que veut-on faire du bachot?

C’est la question que posait déjà de façon abrupte Georges Pompidou ( avant Nicolas Sarkozy et son fidèle héraut Luc Chatel ) il y a plus de 40 ans, dans un discours à Albi en avril 1970. « Que veut-on faire du bachot ? Ou bien c’est un examen d’enseignement supérieur qui vous ouvre toutes grandes les portes des facultés, qui vous donne un droit de poursuivre des études, alors il faut qu’il constitue une sélection. Je n’ai pas peur du mot. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas laisser aller vers des études prolongées des gens qui n’ont pas subi la préformation indispensable et nécessaire.[…]. Si par contre on considère que l’enseignement supérieur doit assurer lui-même son recrutement, eh bien alors le baccalauréat peut devenir un simple certificat stipulant que vous avez fait convenablement des études secondaires sans plus, et que vous ne vous dirigez pas obligatoirement vers des études prolongées ». Trois ans plus tard, le 16 janvier 1974, un conseil des ministres présidé par Georges Pompidou prend connaissance d’un projet de loi sur l’enseignement où le baccalauréat est dûment évoqué. Un communiqué annonce que, « afin de valoriser la fonction d’orientation du baccalauréat, celui-ci sera modifié selon… Savoir plus >

Des agrégés interpellent les candidats

La Société des agrégés ( qui va fêter bientôt son centenaire ) vient de poser 25 questions aux candidats à l’élection présidentielle. Les réponses à ce questionnaire seront mises en ligne sur son site internet et feront l’objet d’une publication dans L’Agrégation, sa revue bimestrielle. Nombre de questions portent sur des domaines qui intéressent l’ensemble des professeurs ( statut de fonctionnaire, service, évaluation des professeurs, existence de concours de recrutement, évaluation des politiques éducatives ), mais d’autres sont spécifiques au recrutement des agrégés, à leur affectation, à leurs ‘’missions’’. Parmi celles-ci, on peut remarquer tout  particulièrement la question 16 qui marque la volonté très déterminée de la Société des agrégés de ‘’faire mouvement’’ vers le ‘’haut’’ ( le supérieur) en quittant la place du ‘’bas’’ ( le collège ) : « Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification, à leurs compétences et à leur statut (c’est-à-dire, conformément aux textes en vigueur, dernières classes du lycée et classes post-baccalauréat) et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?  À cette fin, en ce qui concerne l’enseignement secondaire, vous engagez-vous à faire appliquer strictement les textes… Savoir plus >

Des  »Assises de la pédagogie » extra-ordinaires?

Ce sont les troisièmes du nom. Mais elles associeront pour la première fois dans trois tables rondes des dirigeants de partis politiques : Pierre Laurent ( secrétaire général du PC ), Bruno Julliard ( secrétaire national de PS pour l’éducation ), Marie-Christine Blandin ( sénatrice EELV ), des responsables nationaux des grands syndicats du monde éducatif : Thierry Cadart ( SGEN ), Patrick Gonthier ( Unsa-Education ), Bernadette Groison ( FSU ), le président de la FCPE ( Jean-Jacques Hazan , ainsi que nombre de chercheurs ou praticiens actifs sur le terrain. Ces troisièmes ‘’Assises de la pédagogie’’ organisées par le CRAP-Cahiers pédagogiques ( en partenariat avec l’AFEV et Education et Devenir ) se tiendront à l’Ecole Boule du lundi matin 24 octobre au mardi 25 octobre. Par ailleurs les membres du CRAP, qui ont commencé à organiser ces Assises depuis plus d’un an, ont longuement préparés 12 propositions « pour une école juste et efficace ». 1) Favoriser le travail d’équipe. 2) Changer progressivement le service des enseignants 3) Modifier radicalement les modes d’évaluation 4) Prévenir le décrochage 5) Développer la responsabilisation de tous 6) Ouvrir l’école sur son environnement 7) Développer le partenariat localement 8) Redonner du poids… Savoir plus >

Evaluations : une lettre ouverte au nouveau ministre

Des chercheurs et enseignants chercheurs s’adressent au ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur pour attirer son attention sur le caractère tout à fait discutable de certains des critères que l’AERES a retenus pour procéder à l’évaluation de l’activité scientifique des équipes de recherche et des établissements universitaires. Ecrite par André Sirota et contresignée immédiatement par une bonne trentaine d’autres chercheurs ou enseignants chercheurs après quelques amendements, cette lettre ouverte sera sans doute signée par beaucoup d’autres (s’adresser à A.sirota@orange.fr ou sirota@u-paris10.fr). Juillet 2011 à Monsieur Laurent WAUQUIEZ Ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Monsieur le Ministre, Nous soussignés, chercheurs et enseignants chercheurs, nous adressons à vous pour attirer votre attention sur quelques-uns des critères que l’AERES a retenus pour procéder à l’évaluation de l’activité scientifique des équipes de recherche et des établissements universitaires. En effet, nous avons constaté que ces critères aboutissaient à la dévalorisation des équipes et des établissements, alors même que les plus hautes autorités de l’État affirment viser « l’excellence ». Tout d’abord, les chercheurs étant aujourd’hui désignés sous le terme de « produisants », bon nombre de chercheurs sont considérés comme improductifs alors qu’ils contribuent aux recherches de leur équipe et publient.

CAPES internes : suppression de l’écrit d’admissibilité ?

La CNARELA (coordination nationale des associations régionales des enseignants de langues anciennes) proteste vigoureusement (en compagnie d‘autres associations du même champ) contre la disparition de l’écrit dans les épreuves d’admission du Capes interne, qui auront lieu à partir du mois de novembre de cette année. « La CNARELA, réunie en Assemblée Générale le 21 mai 2011 à Paris, dans les locaux de l’ENS, rue d’Ulm, exprime son indignation devant les nouvelles modalités du CAPES interne, publiées au Journal Officiel le 3 mai 2011. Ces dispositions, prises sans la moindre concertation, sous prétexte d’uniformiser les modalités de recrutement dans la fonction publique, remplacent l’épreuve écrite qui permettait de vérifier le niveau des candidats dans les disciplines concernées, par un dossier qui n’offre aucune garantie sérieuse. En tout état de cause, la publication de ces mesures intervient trop tardivement pour que les candidats à la prochaine session puissent se préparer dans des conditions satisfaisantes. La CNARELA demande donc instamment l’abandon immédiat d’un mode de recrutement qui nuirait à la crédibilité du concours, et l’ouverture d’une concertation impliquant toutes les instances concernées. Ce texte est approuvé par : – L’APL (Association des Professeurs de Lettres) – L’APLAES (Association des Professeurs de Langues Anciennes… Savoir plus >