Le blog de Claude Lelievre

évaluations

Bachotage et fraude: changer la forme des examens

Le principal syndicat des chefs d’établissement de l’enseignement secondaire ( le SNPDEN-UNSA )  a significativement donné pour titre à son communiqué du 9 juin : « L’évolution des techniques posera la question ». Et il a conclu : « Si les personnels de direction, chefs de centre d’examen, sont résolus à lutter contre la fraude, si difficile que cela soit dans les conditions où ils se trouvent, le SNPDEN-UNSA souligne que l’évolution prévisible des techniques posera inexorablement la question de la forme des examens : il devient nécessaire de cesser de contourner constamment cette question ». Comme quoi l’évolution des machines, en permettant certaines ‘’manipulations’’ nouvelles et rapides, pourrait être de nature à mettre en cause ce qu’il y a par trop de ‘’machinal’’ dans les examens. Serait-ce cela la ‘’ruse de la raison’’ ( technicienne ) ? Toujours est-il qu’il convient de se souvenir que la forme de l’examen du baccalauréat a été depuis très longtemps contestée ( c’est même dans une certaine mesure son ‘’péché originel’’ ) alors que l’on ne sait pas très bien où l’on en est aujourd’hui à cet égard. Ainsi, en mai 1880, Jules Ferry a tenté une réforme du baccalauréat ( qui concernait… Savoir plus >

LA VAE, une affaire de filles?

On pourrait le croire  puisque, selon la note d’information du ministère de l’éducation nationale qui vient d’être publiée, les deux tiers des candidats sont des filles. Cela s’explique avant tout parce que la demande de validation par les acquis de l’expérience concerne en premier lieu des diplômes et des métiers où les femmes sont très nombreuses ( 90% des dossiers ont trait à des diplômes de la catégorie des services et, pour les deux tiers d’entre eux, il s’agit de diplômes appartenant aux secteurs très féminisés du travail social, du tertiaire administratif ou de la coiffure ) Sur les quelques 22000 dossiers qui ont été examinés en 2009, presque 3500 d’entre eux  relevaient du CAP petite enfance ( qui permet d’accéder à des emplois d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles ou ATSEM ), 1000 du baccalauréat professionnel secrétariat et 2500 du BTS assistant de direction ( introduisant à des emplois massivement investis par les femmes ). De façon plus générale, même si l’éventail des diplômes visés est très large en principe ( et même pour une part dans les faits, car les candidatures pour des VAE existent pour de très nombreux diplômes, même si souvent il s’agit de petits nombres,… Savoir plus >

 »PISA France »:très moyen et très inégalitaire

Ce ne sera pas le maelström que certains appréhendaient puisque les résultats des élèves français sont globalement dans la moyenne de l’OCDE, même s’il y a de très préoccupantes inégalités persistantes ( qui sont même en augmentation sensible dans le domaine le plus traité cette fois ci, à savoir la compréhension de l’écrit ). Les résultats des élèves français aux tests PISA 2009 sont globalement tout à fait moyens dans les trois domaines étudiés : 496 points en compréhension de l’écrit ( contre 493 pour la moyenne des pays de l’OCDE ), 498 en culture scientifique ( contre 501 ), 497  en mathématiques ( contre 496 ). Dans ce dernier domaine, celui des mathématiques, on avait enregistré une baisse de 15 points entre PISA 2003 ( 511 points de moyenne en France alors ) et PISA 2006 ( 496 points ) et nous en sommes à 497 en 2009. Nous avons donc bien quitté le groupe des pays les plus performants en mathématiques pour nous fondre dans celui qui regroupe ceux qui se situent autour de la moyenne. Finalement, nous sommes désormais tout juste moyens partout. Il n’y a pas de quoi s’en vanter ; mais ce n’est pas non… Savoir plus >

PISA: la France championne des résultats inégalitaires?

En attente des résultats de la dernière enquête PISA qui vont être rendus publics mardi prochain, il est sans doute bon d’avoir à l’esprit que la première enquête PISA, celle de 2000, nous situait parmi les pays aux résultats les plus contrastés, et que cela avait été encore confirmé lors de la dernière enquête, celle de 2006. Quid pour celle de 2009 ? Les comparaisons entre pays peuvent se faire à partir de la moyenne des résultats des élèves pour tel ou tel domaine. Et, jusqu’ici, la France s’est située autour de la moyenne des pays de l’OCDE pour les trois grand domaines ’’testés’’ : la compréhension de l’écrit, , les mathématiques, la culture scientifique. Mais on peut aussi analyser la dispersion des résultats, notamment en raison de l’origine socio-culturelle des élèves. Et là, la France est nettement parmi les pays aux résultats les plus dispersés, les plus ’’inégalitaires’’. Si l’on étudie, par exemple, les écarts de points à l‘enquête  PISA de 2006 entre les élèves dont le statut économique , social et culturel des parents est le plus élevé ( le quart le plus favorisé ) et ceux dont le statut économique, social et culturel est faible ( le… Savoir plus >

Réforme orthographique et francophonie…

  Il a fallu 20 ans pour qu’il soit révélé publiquement que la France est bonne dernière parmi les pays francophones dans l’application d’une mini-réforme orthographique qu’elle avait pourtant initiée et décidée. En 1990, l’Académie française a en effet approuvé un certain nombre de  » rectifications orthographiques  » proposées, à la demande du Premier ministre Michel Rocard, par le Conseil supérieur de la langue française. Il s’agit de régularisations sur quelques points : le trait d’union, le pluriel des mots composés, l’accent circonflexe, le participe passé et quelques anomalies diverses. Le rapport de septembre 2006 de la Délégation générale à la langue française indiquait déjà que  » si ces rectifications sont officiellement enseignées dans plusieurs pays francophones, elles restent en France même largement ignorées des enseignants, d’autant que le ministère de l’Education nationale n’a jamais publié de directive relative à leur enseignement « . Ce qui explique sans doute qu’une enquête menée en 2003 auprès d’étudiants de diverses universités francophones ( en Belgique, en France, au Québec et en Suisse ) montrait que les Français arrivaient en dernière position, loin après les autres, dans la connaissance de ces rectifications orthographiques . Ce n’est qu’en juin 2008 qu’elles ont été inscrites dans les programmes d’enseignement français. Mais l’on… Savoir plus >

La fraude aux examens universitaires

Plus de 4400 fraudes aux examens de juin 2009 ont été dûment enregistrés en Grande Bretagne  contre 4100 en 2008, selon le « Dayly Mirror » du 3 février. En France, seulement  quelque 200 à 220 cas du même genre ont été recensés annuellement par le ministère de l’Education nationale ces cinq dernières années. Le « Daily Mirror »  prend soin de préciser que le nombre de ces fraudes recensées en Grande Bretagne – vingt fois plus élevé qu’en France – ne concerne que 0,03 % des examens passés par les étudiants britanniques. Mais il n’y a pas lieu de s’en réjouir trop vite pour autant, si on a clairement à l’esprit certaines pages du rapport de l’Inspection générale sur « L’évaluation des étudiants à l’université : point aveugle ou point d’appui ? » qui a été remis à la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse en juillet 2007. Ce rapport indique noir sur blanc que « la mission d’inspection a constaté un écart important de perception du phénomène selon qu’elle interrogeait les professeurs et personnels administratifs ( qui la minimisaient ) ou les étudiants ( qui en faisaient une évocation inquiétante ) pour ce qui… Savoir plus >

Les évaluations mystérieuses

Certaines évaluations scolaires défrayent actuellement la chronique ; et on peut penser que ce n’est pas près de finir quand on prend connaissance de certains éléments aussi disparates qu’énigmatiques.   Le mieux est de partir d’un document certes accessibles, mais dont la lecture n’est pas le lot quotidien de la quasi totalité des intéressés. Il s’agit du  » Rapport national France 2009  » adressé à la Commission européenne ( Education et formation ) dans le cadre de la réalisation du programme de travail  » Education et formation 2010  » ( qui englobe toutes les actions en matière d’éducation et de formation au niveau européen ), lancé en 2001. Il faut se rappeler par ailleurs que la loi d’orientation ( dite ‘’Fillon’’ ) votée en avril 2005 stipule explicitement que  » le Gouvernement présente tous les trois ans au Parlement un rapport sur la manière dont les programmes prennent en compte le socle commun et sur la maîtrise de celui-ci par les élèves au cours de leur scolarité obligatoire « . Comme le décret d’application de cette loi date du 11 juillet 2006, ce rapport devait être adressé au Parlement en juillet 2009. Quid ? Mystère.   On apprend ( non sans surprise ) si l’on suit le  » Rapport national… Savoir plus >