Le blog de Claude Lelievre

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Une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans?

Cette proposition a été annoncée par Najat Vallaud-Belkacem, le 17 septembre dernier, à un rassemblement socialiste à Lomme, près de Lille. « Aller plus loin sur l’Education lors du prochain quinquennat, c’est proposer, comme je le ferai, d’étendre la scolarité obligatoire de 3 ans à 18 ans », a-t-elle déclaré. Une déclaration dûment reprise sur son compte twitter. Une scolarité obligatoire à partir de 3 ans ne va certes pas de soi (car, depuis 1882, ce n’est pas la  »scolarisation » à proprement parler qui est obligatoire, mais  »l’instruction »). Cependant elle ne pose pas un problème majeur dans la mesure où, dans les faits, les plus de trois ans sont déjà quasiment tous  »scolarisés » (même si c’est de façon plus ou moins continue et effective). Il n’en va pas du tout de même pour les plus de 16 ans, car un pourcentage non négligeable d’entre eux ne sont pas du tout scolarisés (même en comptant ceux en apprentissage). En France, pour l’année scolaire 2014-2015, le taux de scolarisation des jeunes qui avaient atteint 17 ans révolus au 1er janvier 2015 a été de 91,6% et celui de ceux qui avaient atteint 18 ans révolus de 77,5%. En 2012, année où une vaste enquête… Savoir plus >

La réforme Fouchet du supérieur

Les deux décrets du 22 juin 1966 signés par le ministre de l’Education nationale Christian Fouchet ont modifié profondément la structure des enseignements littéraires et scientifiques à l’Université, il y a tout juste cinquante ans. Quelques années après la Libération, une année de « propédeutique » avait été créée, en sciences (1947) et en lettres (1948). Elle était suivie de deux années de licence. L’année de propédeutique avait été  instituée pour permettre aux étudiants de s’adapter aux méthodes du supérieur et de choisir leur discipline. Mais leur encadrement laissait à désirer. Et les novateurs disciplinaires reprochaient à la  »propédeutique » d’ignorer les disciplines émergentes, surtout en lettres. En lettres , la propédeutique se divisait en deux sections : classique et moderne. En sciences, elle était structurée en trois sections : mathématiques générales et physique (MGP), mathématiques, physique et chimie (MPC) et sciences physiques, chimiques et naturelles (SPCN). Le premier cycle littéraire, sanctionné par un diplôme universitaire d’études littéraires (DUEL) est structuré désormais en neuf sections (l’histoire de l’art, la psychologie et la sociologie conquérant en particulier leur autonomie). Le premier cycle scientifique n’est plus accessible qu’aux bacheliers scientifiques. Il distingue désormais mathématiques et physique (MP), physique et chimie (PC), biologie et géologie (BG). Le second… Savoir plus >

Le retour d’un grand ministère de l’Education nationale

  Benoît Hamon vient d’être nommé à la tête d’un grand ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Contrairement à ce que l’on croit souvent, cela a été la règle largement dominante depuis le début de la cinquième République, puisque la séparation entre le ministère de l’Education nationale d’une part, et le Supérieur et la Recherche d’autre part, n’a été effective que durant 12 ans sur les 56 ans qui nous séparent de mai 1958. Et cette séparation n’est pas non plus (autre idée répandue!) une réalité advenue récemment (ce qui serait le signe d’une  »modernité nécessaire »), puisqu’elle a eu lieu en trois périodes distinctes, dont deux assez anciennes.   Les moments où les enseignements supérieurs ont échappé à l’autorité du ministre de l’Education nationale ont été en effet plutôt sporadiques sur l’ensemble de la Cinquième République : trois ans d’avril 1978 à mai 1981 avec Saunier-Seïté ; deux ans d’avril 1993 à mai 1995 avec François Fillon ; sept ans de mai 2007 à avril 2014, avec Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez , puis Geneviève Fioraso ). Soit pas plus de 12 ans en tout sur 56 ans de Cinquième République en trois temps : ce qui fait 44 ans… Savoir plus >

Vers un  »pré-recrutement » d’enseignants à bac+3?

Lors d’une conférence de presse donnée le 15 décembre à Bondy ( Seine-Saint-Denis ) après une rencontre avec le collectif ‘’Stagiaire impossible’’, François Hollande s’est déclaré favorable à un « pré-recrutement » des enseignants au niveau licence. On le sait, les enseignants sont désormais recrutés  au niveau ‘’master’’ ( bac+5 ) depuis 2010, et cela s’est soldé ( entre autres raisons ) par une forte diminution des candidats aux concours ( cf  deux de mes billets de novembre : « Les postes aux concours de l’enseignement du second degré » et « La mystérieuse crise du recrutement des enseignants » ). On s’en doute, cet état de fait est tout particulièrement préoccupant pour ceux qui  ( à l’instar de François Hollande ) entendent non seulement que l’on en finisse avec la suppression de postes d’enseignants par milliers chaque année, mais que l’on recrute bien davantage que le nombre de postes libérés par les départs à la retraite ( 12000 postes en plus chaque année, essentiellement d’enseignants, selon la proposition réitérée de François Hollande ). C’est dans ce contexte que le candidat socialiste à la présidentielle propose de mettre en place un pré-recrutement pour ne « pas décourager les jeunes à… Savoir plus >

La licence: comment résoudre un problème qui perdure?

Cela fait très longtemps que les taux d’obtention de la licence sont faibles. Et la dernière note d’information publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche confirme l’étendue du problème. Propositions de la dernière conférence des présidents d’université. « Les résultats aux examens des trois dernières années montrent qu’à Paris 23% seulement des étudiants en lettres arrivent à obtenir leur licence trois ans après le baccalauréat ( dont le taux de réussite ne dépasse pas 60% des présentés ). 35% d’entre eux obtiennent leur licence en quatre ans, 22% en cinq ans et 10% en six ans » ( « Le Monde » du 6 octobre 1959 ). Quelques années plus tard, en novembre 1967, le ministre de l’Education nationale Alain Peyrefitte se montre très préoccupé par les résultats en licence des universités françaises comparés, par exemple, à ceux de Grande Bretagne : avec deux fois plus d’étudiants, il y aurait deux fois moins de diplômés : « Tout se passe comme si l’université organisait un naufrage pour repérer les nageurs qui échapperont à la noyade ». La récente note d’information ( 11-08 ) indique ( à partir de l’étude d’un groupe de 12000 lycéens ayant obtenu… Savoir plus >