Le blog de Claude Lelievre

lycée

Le bac et le monopole d’Etat de la collation des grades

  Le baccalauréat français dont toutes les étapes, depuis la conception, l’administration et la correction sont contrôlées par l’Etat – une exception en Europe – ne se comprend pas sans le monopole de la  »collation des gades » qui est dévolu à l’Etat, en raison de l’importance qu’a revêtue en France la question  »public-privé » et corrélativement l’affrontement entre l’école publique et les écoles catholiques.   Lors de sa création sous sa forme moderne en 1808, même si l’on est alors dans le cadre du Concordat, Napoléon I est engagé dans un bras de fer avec le Pape et l’Eglise. Le baccalauréat institué sous sa double face de sanction des études secondaires et de premier grade de l’enseignement supérieur permet d’établir le « monopole de l’Université » (une administration totalement publique, d’Etat) sur cet examen, ce  »grade ». Selon le décret du 17 mars 1808, seules les  »facultés » ( organismes de l’université) peuvent conférer les  »grades ». Par ailleurs, les candidats devront, pour se présenter à cet examen, être en possession d’un certificat d’études attestant qu’ils ont effectué leurs deux dernières années de scolarité dans un établissement reconnu par l’Université (une mesure qui montre bien quel est le sens du dispositif mis en place).   On… Savoir plus >

Une rentrée en août? Bouh!

  C’est ce qu’évoquent plus ou moins explicitement certains dirigeants syndicaux à propos de la  »pré-rentrée (ou de la rentrée) future.   Pour de nombreux enseignants, surtout ceux du secondaire, la fin des  »grandes vacances » ne saurait avoir lieu au mois d’août sans déroger à un ordre ancestral dont l’installation historique devrait garantir la légitimité et la pérennité. De fait, même si la durée et la place dans l’année de ces  »grandes vacances » ont sensiblement changé au cours des temps, il est vrai que leur  »fin » n’a jamais coïncidé avec le mois d’août. Au début du XIX° siècle, les ‘’grandes vacances’’ de l’enseignement secondaire allaient du 15 août au 1er octobre. A partir de l’établissement de la troisième République, ces ‘’grandes vacances’’ vont débuter de plus en plus tôt dans l’année ( et durer plus longtemps ). En 1875, il est décidé qu’elles commenceront désormais le 9 août ; puis, à partir de 1891, le 1er août. Il y a alors deux ‘’rentrées’’ en réalité : celle du 1er octobre ( qui perdure ) ; et celle de Pâques ( une vraie rentrée, car il restait environ quatre mois de classe avant les ‘’grandes vacances’’ ). D’où la coupure de 6 jours juste… Savoir plus >

Les agrégés en mouvement vers le lycée et le supérieur?

A défaut de le constater dans la réalité, c’est en tout cas ce que préconise la « Société des agrégés » qui a publié le 20 janvier son « rapport sur l’affectation des agrégés » où elle déplore «  l’injustice subie par les agrégés lors du mouvement : tandis que le texte réglementaire dispose que l’affectation en collège des agrégés reste exceptionnelle, ce sont près de 25% de titulaires et 33% des stagiaires qui sont affectés au collège sans l’avoir expressément demandé, voire sans avoir su qu’une telle affectation était possible ». Au printemps dernier, la Société des agrégés a posé 25 questions aux candidats à l’élection présidentielle. Et parmi celles-ci, on pouvait déjà remarquer tout particulièrement la question 16 qui marque la volonté très déterminée de la Société des agrégés de ‘’faire mouvement’’ vers le ‘’haut’’ ( le supérieur) en quittant la place du ‘’bas’’ ( le collège ) : « Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification, à leurs compétences et à leur statut ( c’est à dire, conformément aux textes en vigueur, dernières années du lycée et classes post-baccalauréat ) et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ? » . « De même,… Savoir plus >

Les professeurs du second degré et l’entreprise

    Un échantillon de 963 personnes représentatif de la population des professeurs du second degré a été interrogé à ce sujet par l’Institut Opinionway durant la première quinzaine de novembre 2013 (sur commande du « Réseau national des entreprises pour l’égalité des chances dans l’Education nationale »).   Il en ressort assez classiquement que l’Ecole est jugée par les professeurs du secondaire comme un lieu dont le rôle est avant tout de « former des gens à l’esprit critique » (76%), de « former des citoyens » (68%), de « donner le sens de la discipline et de l’effort », nettement avant « former les jeunes pour qu’ils trouvent un emploi » (44%). On sera sans doute plus surpris d’apprendre que 76% des professeurs du second degré déclarent avoir une « bonne opinion de l’entreprise » ( même si seulement 7% d’entre eux disent en avoir une « très bonne opinion »).   Un pourcentage d’entre eux important crédite l’entreprise de valeurs foncièrement positives: elle est porteuse d’ « innovation » pour 80% des professeurs du secondaire, d’ « épanouissement » pour 40% d’entre eux, ou de « convivialité » (38%).   Mais la vision qu’ils ont de l’entreprise reste aussi fréquemment associée à des caractéristiques nettement négatives : le « stress » (pour 90% des professeurs du second degré),l’ « exploitation » pour 62% d’entre eux,… Savoir plus >

Quelles destinations pour les bacheliers professionnels?

Selon Geneviève Fioraso, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « c’est une tuerie d’envoyer les bacs pros à l’université » ( cf Educpros du 11 janvier ). Un détour historique par le moment de la fondation des baccalauréats professionnels et l’évolution limitée qui a eu lieu depuis leur création permet sans doute de mieux comprendre la situation actuelle. Le 22 mai 1985, au cours de l’émission télévisée « Parlons France », le Premier ministre Laurent Fabius annonce que le gouvernement prépare « une loi-programme sur cinq ans pour l’ enseignement technique ». Il s’agit de favoriser « un gigantesque bond en avant, fondamental pour la modernisation du pays ». Laurent Fabius précise que cette loi permettra la création de nouveaux établissements scolaires, les « lycées professionnels », et la mise en place d’un nouveau baccalauréat, « le baccalauréat professionnel ». La loi-programme prévoit également « l’augmentation de 50% du nombre des instituts universitaires de technologie et la création de plusieurs universités de technologie ». Le Premier ministre indique par ailleurs que l’objectif du gouvernement est d’augmenter le nombre des bacheliers et de porter 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat en l’an 2000. Le 28 mai… Savoir plus >

Le ministre « pas hostile » à une part de contrôle continu au bac

Le ministre de l’Education nationale , Vincent Peillon, vient d’indiquer  lors d’un entretien sur RMC et BFMTV qu’il n’était « pas hostile » à l’introduction d’une part de contrôle continu au baccalauréat et que cette question ferait partie des « discussions de cet été ». Dans d’autres pays, cette question est réglée depuis longtemps. Pour citer ( en exemple ? ) un pays  dans l’actualité ( à savoir la Grèce ), l’enseignement secondaire se termine vers 17 ans, et les jeunes Grecs passent un examen final propre à chaque lycée, qui tient compte de leurs résultats durant toute l’année. Pour accéder à l’enseignement supérieur, ils doivent ensuite passer un examen national dans la discipline de leur choix. En Irlande ( pour citer un autre pays européen qui a défrayé en son temps la chronique dans le domaine financier et budgétaire ) les élèves, pour obtenir leur « Leaving Certificate », choisissent six matières ( dont l’anglais et les mathématiques qui sont obligatoires ) et deux ou trois niveaux pour chacune d’elles. Leurs notes dans chaque matière leur donnent un certain nombre de points qui leur permettent ( ou non ) d’entrer à l’université. En Allemagne ( pour prendre le pays… Savoir plus >

Bachotage et fraude: changer la forme des examens

Le principal syndicat des chefs d’établissement de l’enseignement secondaire ( le SNPDEN-UNSA )  a significativement donné pour titre à son communiqué du 9 juin : « L’évolution des techniques posera la question ». Et il a conclu : « Si les personnels de direction, chefs de centre d’examen, sont résolus à lutter contre la fraude, si difficile que cela soit dans les conditions où ils se trouvent, le SNPDEN-UNSA souligne que l’évolution prévisible des techniques posera inexorablement la question de la forme des examens : il devient nécessaire de cesser de contourner constamment cette question ». Comme quoi l’évolution des machines, en permettant certaines ‘’manipulations’’ nouvelles et rapides, pourrait être de nature à mettre en cause ce qu’il y a par trop de ‘’machinal’’ dans les examens. Serait-ce cela la ‘’ruse de la raison’’ ( technicienne ) ? Toujours est-il qu’il convient de se souvenir que la forme de l’examen du baccalauréat a été depuis très longtemps contestée ( c’est même dans une certaine mesure son ‘’péché originel’’ ) alors que l’on ne sait pas très bien où l’on en est aujourd’hui à cet égard. Ainsi, en mai 1880, Jules Ferry a tenté une réforme du baccalauréat ( qui concernait… Savoir plus >

Le numérique va-t-il révolutionner l’école?

Luc Chatel vient de déclarer au Salon de l’Education que « l’avenir de l’école ne s’écrira pas à la craie sur un tableau noir » et que «  le numérique doit maintenant révolutionner l’école ». Acceptons–en l’augure, mais avec quelques interrogations en prise avec un  passé pas si lointain. Le ministre a annoncé la mise en place d’un « responsable du numérique » dans chaque collège et lycée, un « grand portail ministériel réunissant toutes les ressources pédagogiques disponibles » et un « plan de formation disciplinaire au niveau du numérique ». Puis il a précisé que « dans, un budget contraint, seront redéployés 60 millions d’euros sur trois ans pour la formation et les ressources ». Ce n’est pas rien, mais on a connu encore mieux comme annonces dans le passé. On ne remontera pas  au plan « informatique pour tous » présenté le 25 janvier 1985 par le premier ministre Laurent Fabius pour un coût prévu de 2 milliards de francs ( dont 1,7 milliards pour l’équipement ), dont le bilan est dans toutes les mémoires. On se contentera de se focaliser sur  le  plan présenté près de 13 ans après, le 17 novembre 1997, par Claude Allègre… Savoir plus >

Le  »CPE »: contre-épreuve ou contre-exemple?

En ces temps de conflit sur les retraites, on invoque souvent le précédent du long conflit sur le  ‘’contrat première ébauche’’.  Il avait commencé – en mars 2006 – avec les étudiants, rejoints ensuite par les lycéens et les grandes centrales syndicales ; et il était destiné explicitement aux jeunes. Le conflit sur les retraites a commencé par les grandes centrales syndicales, rejointes ensuite par les lycéens ( et peut-être aussi par les étudiants ? ) ; et, avec l’apparition des jeunes dans la rue, est apparue également l’argumentation que la réforme était aussi faite pour eux ( voire d’abord pour eux ? ). Retours dans le passé pour y voir plus clair. Il y a eu d’abord, classiquement, contestation sur les chiffres de la mobilisation étudiante ( ou lycéenne ). Puis, dès avant la mi–mars 2006 le ministre de l’Education nationale du moment ( Gilles de Robien ) a tenté de déplacer le débat sur « les dérapages », tandis que le président de l’Unef d’alors ( Bruno Julliard ) affirmait que « l’objectif du gouvernement est qu’il y ait des débordements ». « Je sens une lame de fond – ajoutait-il. Ma seule inquiétude est d’éviter que les… Savoir plus >

Une nouvelle préparation aux concours?

Il serait finalement possible, pour les étudiants détenteurs d’un master et ayant échoué à un concours de recrutement d’enseignants, de s’inscrire une nouvelle fois en préparation au concours. Selon la présidente de la séance du 21 juin de la CNESER concernant la formation des enseignants, ces préparations aux concours, maintenues dans les universités, feraient l’objet d’une prise en compte dans le système d’attribution des moyens SYMPA. Selon le SNESUP, «  cette annonce […] traduit un changement de discours politique d’un ministère qui a dû finir par reconnaître le problème des étudiants reçus au master et collés au concours et qui n’ont aucune possibilité de préparer à nouveau  ce concours à l’université. Et le ministère a dû reconnaître implicitement l’impossibilité de mener de front une formation de master et une préparation au concours ». Devant l’importance potentielle de cette annonce, il a été demandé confirmation à Patrick Hetzel, directeur général de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’insertion professionnelle. Mais il a réservé sa réponse compte tenu de sa portée politique. Dans ces conditions la quasi totalité des organisations syndicales a voté une motion en vue de la suspension des travaux de la CNESER, en attente d’une réponse claire :… Savoir plus >