Le blog de Claude Lelievre

mastérisation

Plans numériques: le passé peut-il nous donner quelques leçons?

A la toute fin du XX° siècle, la  »souris » et Internet ont offert l’occasion de donner un second souffle et un second départ à l’informatique dans le système scolaire. Un mouvement rapide d’équipements et de connexion de tous les établissements scolaires sur Internet s’amorce aux Etats-Unis en 1995, puis s’étend les années suivantes à la plupart des pays d’Europe de l’Ouest. 1997: Claude Allègre et Ségolène Royal ( ministre déléguée chargée de l’enseignement scolaire ) présentent un plan d’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication ( NTIC ) « de la maternelle à l’université ». Ils soulignent qu’il ne faut pas répéter les erreurs du passé et que leur plan a l’ambition d’une politique globale prenant en compte à la fois l’équipement, la production de logiciels et la formation des enseignants. L’Etat va dépenser « un peu plus d’un milliard de francs » chaque année pendant trois ans. Si l’on inclut la participation souhaitée des collectivités territoriales, la dépense peut être estimée à 15 milliards de francs. Six mois plus tard, les services du ministère estiment que le nombre des connexions a doublé : tous les établissements d’enseignement supérieur, 80% des lycées, 40% des collèges et 5% des écoles sont raccordés au réseau… Savoir plus >

Le recrutement des professeurs des écoles: une crise de croissance

Le nombre de candidats présents aux concours externes de 2013 a progressé de presque 10% par rapport à celui de 2012. Mais dans le même temps la progression des postes offerts s’est élevée à 72% . Après avoir augmenté de 2,7% en 2012, le nombre des présents aux concours externes de 2013 a augmenté encore de 9,8% . Mais, compte tenu de la très forte progression des postes mis au concours, le  »ratio » de candidats présentés pour un poste offert au concours est passé de 3,8 en 2012 à 2,4 en 2013. Et dans certaines académies, en particulier dans la plupart de celles où le nombre de postes offerts était nettement au-dessus de la moyenne en regard du nombre des effectifs en activité ( soit 2,2 sur le plan national) il a pu y avoir de réelles difficultés de recrutement comme en Guyane ( 4,4), à Créteil (4,4) ou à Paris (3,4) notamment. Il y a donc bien une  »crise de croissance », préoccupante à bien des égards ( et propre à créer des dysfonctionnements divers). Mais ce n’est pas à proprement parler une  »crise d’attractivité » ( comme certains le claironnent on ne sait trop pour quelles raisons et quels objectifs). Depuis… Savoir plus >

« Des grandes écoles vraiment pour tous. Allons plus loin dans l’ouverture sociale »

  C’est le titre d’une tribune parue dans « Le Monde » de ce jeudi 9 janvier que j’ai co-signé avec une douzaine d’autres personnes. C’est l’un de mes étudiants en  »master » lors de ma dernière année d’enseignement à Paris V qui m’a proposé de signer ce texte, Jean-Baptiste Mauvais (qui, après ses études à l’ENS de Lyon et l’obtention d’une agrégation d’allemand, avait choisi d’enseigner dans un dispositif –  »Nouvelles chances »- dédié aux décrocheurs scolaires en Seine Saint-Denis).   Jean-Baptiste Mauvais ne devrait pas être un inconnu pour certains, puisqu’il est déjà intervenu deux fois sur  »Educpros » : le 18 février 2011 (  »Un service civique obligatoire permettant d’éduquer les élèves des grandes écoles aux réalités sociales ») et le 6 février 2012, en tant que l’un des trois fondateurs du collectif « Responsabiliser les élites » dont le site internet s’est prononcé en faveur de la création d’un service civique (« De futures élites responsables ! Oui mais comment ?»). Dans ces conditions, on ne devrait pas s’étonner que le texte de la tribune publiée dans « Le Monde » aille résolument dans ce sens. Quelques extraits significatifs. « En se contentant de défendre par divers moyens l’ouverture et l’augmentation des chances d’accès aux filières prestigieuses, on occulte presque totalement… Savoir plus >

Formation des enseignants: les directeurs d’IUFM rassérénés

Fait exceptionnel, les 32 directeurs d’IUFM avaient adressé une lettre ouverte au président de la République fin novembre pour dire leurs vives préoccupations. Suite à la parution du projet de loi  et aux précisions apportées, ils se montrent foncièrement rassérénés, même s’ils s’apprêtent à être vigilants sur la mise en place et sur certains dossiers. A l’issue d’une séance de travail en plénière les 29 et 30 novembre,  les directeurs d’IUFM s’étaient certes félicités dans leur lettre ouverte au président de la République que dans le pré-projet de loi sur la « refondation de l’Ecole » tous les masters portent la même mention, MEEF  (pour « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation« ), que les futures ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation) voient leur statut renforcé, et que les concours de recrutement soient modifiés « dans le sens d’une professionnalisation affirmée« . Mais  ils redoutaient de voir se poursuivre « les mouvements engagés en 2009 […] dans le sens d’une déconstruction du potentiel de formation, d’une absence de professionnalisation des filières universitaires et d’une conception de la formation inadaptée aux enjeux de la refondation« . Dans sa toute dernière déclaration, la CDIUFM (la ‘’conférence des directeurs d’IUFM’’) considère désormais que le… Savoir plus >

Un lancement de campagne de recrutement ambitieux

Vincent Peillon vient de lancer une campagne de communication afin de faciliter la poursuite des objectifs ambitieux ( déjà fixés et ‘’budgétisés’’ ) de recrutement de professeurs . Par exemple, pas moins de 22 100 postes seront ouverts aux concours externes en 2013, contre 16 000 en 2012, et 21 350 en 2014. Ce n’est pas une première. On se rappelle sans doute la campagne de communication lancée par Jack Lang il y a une dizaine d’années : « Professeur. Et si l’avenir, c’était vous ? » ; ou la dernière, celle de Luc Chatel, où Julien trouvait « un poste à la hauteur de ses ambitions » et Laura « un poste à la hauteur de ses rêves ». Avec Vincent Peillon on a trois affiches où un jeune homme ou deux jeunes femmes lèvent la main pour répondre positivement à trois questions : « Qui veut étudier l’esprit libre ? », « Qui veut apprendre à apprendre ? ,  « Qui veut la réussite de tous ? ». « Nous avons besoin de bons professeurs. Professeur est un métier de talent, d’excellence », a déclaré Vincent Peillon dans le dernier  « Journal du Dimanche ». Pour attirer les… Savoir plus >

Concours: pas de certifications supplémentaires!

C’est du moins ce que demande la FSU  ( dans une lettre signée par Bernadette Groison ) aux ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur : le CES2 et le Ci2e ne doivent pas être exigés des enseignants stagiaires pour être titularisés. La FSU est fortement engagée sur ce dossier depuis plus d’un an et demi puisqu’elle  avait demandé dès la mi-février 2011 un ‘’moratoire’’ pour le CLES et le C2I ( cf mon billet de février 2011), qu’elle avait fait une relance à cet égard notamment via le SNES ( cf mon billet de juillet  2011 : « la certification en langue et C2i contestée » ) et lancée un grand mouvement de pétition en novembre de l’année dernière ( cf mon billet de novembre 2011 : «  pétition contre l’exigence du CLES2 et du C2i » ). Devant l ‘impossibilité de mettre en œuvre les conditions de certification imposées aux étudiants se destinant aux métiers d’enseignants ainsi qu’aux stagiaires, un arrêté avait été finalement publié dispensant jusqu’en 2014 « tous les lauréats titulaires d’un master ou d’un diplôme de l’enseignement supérieur obtenu en France et sanctionnant un cycle d’études d’au moins deux ans validant des enseignement comprenant… Savoir plus >

Du nouveau dans la formation des enseignants?

A la suite notamment des déclarations faites par Geneviève Fioraso – la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche – ce mercredi, on voit se dessiner quelques lignes essentielles acquises. Mais est-ce vraiment nouveau ? La ministre a annoncé que la formation des enseignants reposera sur trois principes : 1) enseigner est un métier 2) les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation seront des composantes universitaires 3) il y aura un cahier des charges national. Les ESPE auront une double accréditation ( MEN et MESR ) et seront dans une université ou un Etablissement public de coopération scientifique ( EPCS, ex ‘’P¨RES’’ ). Enfin les masters devraient fonctionner sur le ‘’modèle’’ des masters professionnels en alternance. On sait par ailleurs qu’il est très vraisemblablement acquis que le concours sera placé en M1, l’une des raisons majeures ayant présidé à ce choix étant les contraintes budgétaires ( même en recrutant au niveau de M1, il est prévu qu’un bon tiers des 60000 postes promis devront être affectés à la formation des personnels de l’éducation ). D’aucuns en concluent que cette formation reviendra pour l’essentiel à ce que l’on a connu avant la réforme Darcos-Sarkozy, et qu’il n’y aura pas… Savoir plus >

Postes au concours de recrutement des professeurs des écoles: chances et risques

La répartition de l’attribution par académie des 8600 postes offerts au concours 2013 montre que des choix délibérés ont été faits, qui sont certainement une chance pour les heureux bénéficiaires mais aussi  parfois un risque pris par l’administration de l’Education nationale ( car dans certains cas il sera sans doute difficile de les pourvoir ). Le nombre de postes offerts a presque doublé par rapport au concours externe de 2012 ( pour lequel 4600 postes avaient été offerts, et 17 385 candidats s’étaient effectivement présentés ; 8240 candidats ayant été finalement déclarés admissibles, et 4637 reçus ). Le taux au niveau national était donc à peu près d’un admissible sur deux présentés, et d’un admis sur deux admissibles ( soit environ un admis sur quatre présentés ). Comme le nombre de postes a presque doublé cette année, ces taux vont sans doute se resserrer sensiblement ( même si l’on peut penser que l’augmentation du nombre de postes offerts est susceptible d’avoir pour effet une certaine augmentation des présents effectifs au concours ; sans doute  peu sensible cependant dans la mesure où l’annonce de  cette augmentation  des postes mis au concours est récente ). Si l’on fait des ’’ratio’’ sur la… Savoir plus >

Recrutement: la crise n’est pas une spécificité française

Même si certaines des dimensions de cette crise en France peuvent avoir des traits spécifiques ( cf nombre de mes billets précédents ), elle n’est pas propre à la France comme vient de le souligner un récent rapport de la Commission européenne. Et il n’est pas inutile de le savoir, d’autant que cela peut ouvrir des pistes de réflexion et d’action auxquelles on ne songe pas toujours de prime abord. Selon Bernadette Forsthuber – coordinatrice éducation à la Commission européenne – « un grand nombre de pays connaissent des difficultés de recrutement ( dont l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche, la Norvège ) pour des raisons différentes ». Et elle cite pêle-mêle « les salaires souvent faibles au vu du niveau des diplômes, le manque d’accompagnement, l’absence de perspectives d’évolution des carrières ». Interrogés par Véronique Radier à la suite de la parution de ce rapport (http://tempsreel.nouvelobs.com/education ) certains experts donnent à réfléchir, en particulier Nathalie Mons qui identifie bien les ‘’spécificités’’ françaises et Pauline Musset – analyste à l’OCDE – qui ouvre sur des caractéristiques internationales : « au-delà des particularités propres à chaque Etat, si le métier ne plaît plus, c’est que les jeunes veulent aujourd’hui être ‘’utiles’’ : pour… Savoir plus >

Concours du CAPES externe: la crise de recrutement confirmée

Même s’il y a une très légère diminution du déficit des admis par rapport aux postes mis au concours en comparaison de l’année dernière, il apparaît que la crise du recrutement perdure et commence à s’installer dans la durée de façon alarmante. 706 postes sont restés vacants, soit presque 15% des postes à pourvoir. Ce déficit est particulièrement important dans certaines disciplines. En mathématiques, un poste sur trois est resté vacant (  652 reçus pour 950 postes ouverts ). En lettres classiques, cela va jusqu’à plus de la moitié des postes  ( 75 reçus pour 170 postes ). La situation est moins alarmante dans d’autres disciplines, mais reste préoccupante : 681 reçus pour 733 postes proposés en lettres modernes, 679 pour 790 en anglais, 184 pour 230 en allemand. Et le déficit concerne aussi sensiblement les documentalistes : 105 reçus pour 157 postes. On l’avait déjà noté ( dans des billets antérieurs ) : les résultats de l’admissibilité de la session 2012 ne présageait rien de bon. Comme le montraient les résultats, la proportion admissibles/postes était en effet restée faible ( voire s’était affaiblie ) pour 8 disciplines : lettres classiques ( 0,54 pour 2012 contre 0,57 en 2011 ),… Savoir plus >