Le blog de Claude Lelievre

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A l’Elysée pour sauver le château de Le Pelletier de Saint-Fargeau

Ce marquis régicide est connu pour avoir écrit un  »Plan d’éducation nationale » présenté par Robespierre et soutenu par Danton. Il a été déclaré  »martyr de la Révolution ». En ce jeudi 31 mai, Annie Roucoux (maire de la commune de Pont-Rémy où se trouve le château de Saint Fargeau) a été conviée à l’Elysée pour « une réception donnée par le président de la République en l’honneur des personnalités engagées pour le patrimoine ». Dans le cadre de la « mission d’identification de sauvegarde du patrimoine » dirigée par Stéphane Bern, le projet de sauvegarde du château de Saint-Fargeau a été sélectionné avec 270 autres dossiers (sur les 2000 adressés à la mission) et devrait recevoir 155000 euros. Selon Jean-Pierre Roucoux (l’époux d’Annie Roucoux, la maire de la commune de Saint Rémy) qui a fait des recherches approfondies dans les archives locales, le château de Saint-Fargeau est à l’origine un château-fort. Ce n’est qu’à l’issue du traité des Pyrénées en 1659 qu’il abandonne son rôle de « chien de garde du Ponthieu ». Il est racheté en 1720 par Michel Robert le Pelletier des Forts, comte de Saint Fargeau. Le père du marquis Louis Michel de Saint-Fargeau ( le régicide et l’auteur d’un « Plan d’éducation nationale »)  a… Savoir plus >

Une école maternelle obligatoire dès l’âge de 3 ans ou bien l’instruction?

Selon « Le Monde », l’âge de la scolarisation obligatoire va être abaissé, dès la rentrée 2019, à 3 ans, quand il ne débutait qu’à 6 ans actuellement. Selon l’Elysée, « la décision d’abaisser l’âge de l’instruction obligatoire à trois ans traduit la volonté du président de la République de faire de l’école le lieu de l’égalité réelle et une reconnaissance de l’école maternelle, qui ne doit plus être considérée comme un mode de garde universel ou comme la simple préparation à l’école élémentaire […] L’enjeu est d’affirmer l’identité propre de l’école maternelle comme une véritable école tournée vers l’acquisition du langage et de l’épanouissement de l’enfant ». Pour être clair, s’agit-il d’obliger les enfants à fréquenter régulièrement une école maternelle dès l’âge de trois ans  ? Ce serait une grande curiosité car les enfants, à partir de six ans, ne sont pas tenus de fréquenter régulièrement une école, mais sont soumis à l’obligation d’ « instruction dans une école publique ou une école privée, ou dans la famille ». Ou s’agit-il d’une « obligation d’instruction » (mais laquelle, définie comment et par qui?) Et ce serait une rupture effective de principe avec l’école maternelle  »à la française » fondée au moment de la troisième République triomphante sous Jules Ferry. L’arrêté… Savoir plus >

Macron : un  »gallo-romain », pas un  »Gaulois »

Face aux populismes qui jouent la carte  »identitaire » des  »irréductibles Gaulois » repliés sur eux-mêmes, Emmanuel Macron a mis en avant lors de son discours en Corse le  »monde méditerranéen » , comme passé et avenir communs. Ce faisant, Emmanuel Macron a repris à nouveaux frais la thèse qui a été développée par Ernest Lavisse (et ses épigones) à partir des débuts de l’Ecole républicaine de la troisième République dans les manuels d’histoire de l’enseignement primaire. On peut la retrouver , dans toute sa  »pureté » ( et sa  »simplicité ») dans les deux premières leçons du manuel d’ « Histoire de France » de Lavisse destiné au cours élémentaire « Autrefois notre pays s’appelait la Gaule. Vous voyez en haut et à droite de la page un Gaulois. Il a les cheveux très longs. Son manteau est fait d’une peau de bête. Si vous rencontriez un homme comme celui-là dans la rue, vous croiriez que c’est un sauvage. Le garçon va suivre son père à la chasse. Il n’ira pas à l’école pour une bonne raison : c’est qu’il n’y a pas d’école en Gaule. Vous, vous ne voudriez pas être ignorants comme ces petits-là » «Vous voyez maintenant une ville gauloise. Vous devez être étonné de voir une… Savoir plus >

Le fléau de l’Ecole: les parents?

Le 31 janvier, les députées Aurore Bergé et Béatrice Descamps ont sévèrement interpellé les enseignants devant la commission de la Culture et de l’Education de l’Assemblée nationale à partir de leur enquête sur le devenir des recommandations du rapport de 2014 à propos des relations entre l’école et les parents  .Les enseignants ont été accusés de  »diaboliser » les parents, d’écrire des   »remarques désobligeantes voire stigmatisantes dans les bulletins » . Et les deux députées ont mis en garde: « les familles ne peuvent plus être considérées comme suspectes et le temps de la Convention.a vécu » . Eh bien , elles n’y sont pas allées de main-morte ! Il est vrai que, contrairement à une idée répandue, les rapports entre les enseignants et les parents ont de longue date été loin d’être idylliques. Quelques exemples historiques, parmi bien d’autres possibles. « Les parents, ce fléau des écoles, sont convaincus du tort des maîtres. L’enfant indocile répond effrontément aux réprimandes que son maître lui adresse ; et s’il subit une punition ce n’est qu’en menaçant son maître et quelquefois en l’injuriant. Ses parents le soutiennent. Quand le maître, pour mettre une digue à tant d’insubordination veut sévir, l’enfant indocile lui répond fièrement : » je ne veux pas être puni, je… Savoir plus >

La dictée dictée par NVB : mon article du 19 septembre 2015

La ministre de l’Education nationale vient d’édicter une dictée quotidienne. Sans compter le calcul mental. 19 sept. 2015 Par claude lelièvre Blog : Histoire et politiques scolaires dans Médiapart  Quid de cette entrée en matière pour une réforme des programmes pensés en même temps depuis le cours préparatoire jusqu’à la troisième, par cycles, pour aller dans le sens de la continuité, de la progressivité et de la cohérence ? Chapeau, le Conseil supérieur des programmes!. A vrai dire, la façon de faire et de dire de Najat Vallaud-Belkacem en l’occurrence n’est pas sans rappeler celle de Jack Lang à la rentrée scolaire 2002 à propos des nouveaux programmes de l’enseignement primaire. « Aux oubliettes la méthode globale ! Place à un horaire spécial pour la grammaire, elle-même recentrée sur la relation entre le verbe et son sujet, et entre le verbe et les compléments. Place au retour de l’orthographe reposant sur l’intelligence de la syntaxe et du lexique. Place à la connaissance exigeante des conjugaisons et à la découverte du vocabulaire. Place aussi à l’écriture cursive et à la prise de notes personnelles au lieu et place de la photocopie. Autre nouveauté qui donnera chair et âme au voyage initiatique dans la langue :… Savoir plus >

Emmanuel Bonaparte et Jean-Michel Fontanes

Dans « Libération », et sous l’intitulé « Emmanuel Bonaparte », Laurent Joffrin a filé hier une longue comparaison plus ou moins métaphorique entre Macron et Bonaparte. Il a mis en valeur que notre chef de l’Etat, à l’instar de Napoléon, s’appuyait sur des « techniciens confirmés » (en citant au premier chef Jean-Michel Blanquer). L’alter ego de notre actuel ministre de l’Education nationale a été sous le Premier Empire Louis Fontanes, premier « Grand-maître de l’Université » (une sorte de chef d’un ministère de l’Instruction publique et des Cultes qui ne sera de plein exercice que plus tard, et qui se situe alors au sein du ministère de l’Intérieur car il y va avant tout de l’ordre, de la remise en ordre des esprits après la tourmente révolutionnaire et républicaine). Comme on dit à juste titre,  »comparaison n’est pas raison » (loin s’en faut parfois) ; mais cela peut être suggestif . On commencera par des extraits du texte – certes indicatif – de Wikipédia. « La brillante carrière d’un restaurateur (1799-1821) Louis Fontanes rentre à Paris, d’abord clandestinement, avant le coup d’État du 18 brumaire. ll gagne la faveur de Bonaparte, devenu Premier consul, qui le fait rayer de la liste des proscrits, et le rétablit dans son fauteuil… Savoir plus >

Un « Dictionnaire de pédagogie » ?

En ces temps d’incertitudes  »républicaines » et  »pédagogiques », la réédition (raccourcie) du célèbre  »Dictionnaire de pédagogie » dont le maître d’oeuvre a été Ferdinand Buisson est la bienvenue. Cette réédition (chez ‘‘Bouquins », un millier de pages, 32 euros) rassemble 250 textes signés des meilleurs spécialistes de l’époque (celle de la troisième République triomphante) L’historien Pierre Nora a accepté que l’article qu’il avait consacré au « Dictionnaire de pédagogie  de Ferdinand Buisson ; cathédrale de l’école primaire » dans le premier tome des « Lieux de mémoire » en 1984 soit reproduit intégralement en « guise de préface ». On se souvient du début : « A qui voudrait saisir, dans toute la rigueur de son enchaînement, mais aussi dans l’infinie richesse de ses constellations, le lien absolu qui unit tout droit la Révolution à la République, la République à la raison, la raison à la démocratie, la démocratie à l’éducation, et qui, de proche en proche, fait donc reposer sur l’instruction primaire l’identité même de l’être national, on conseillerait en définitive un ouvrage et, s’il fallait n’en élire qu’un seul celui-ci : « le Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand Buisson ». Un bon conseil à suivre… D’autant que Philippe Meirieu, dans un avant propos très à propos ( « De Ferdinand Buisson… Savoir plus >

Bac et entrée dans le supérieur selon le plan Plan  »Langevin-Wallon ».

Une réponse toujours d’avant-garde ? A méditer en tout cas, puisque Daniel Filâtre – rapporteur général de la concertation sur l’accès au supérieur – rend compte aujourd’hui des préconisations des onze groupes de travail. Il y a tout juste 70 ans (!) le célèbre (et mythique?) Plan Langevin-Wallon contenait les propositions ou observations suivantes. « Le baccalauréat permettra l’entrée dans l’enseignement pré-universitaire. Un stage probatoire de courte durée servira à diriger les étudiants vers les enseignements en rapport avec leurs aptitudes et, si besoin est, à éliminer les plus inaptes » « Les examens à tous les degrés devront être conçus sur un type nouveau qui dissocie les épreuves de connaissances et l’appréciation des aptitudes. Les examens de fin d’études [poursuivies obligatoirement jusqu’à 18 ans] doivent être un contrôle portant sur l’ensemble des études et ne doivent pas permettre la préparation spéciale d’un programme limité. Par des sondages multipliés on s’efforcera d’explorer l’ensemble des acquisitions et des aptitudes en éliminant le plus possible le hasard » Vingt ans après, en février 1967, le Bureau politique du parti communiste français publie dans un numéro spécial de sa revue « L’Ecole et la nation » des « propositions pour une réforme démocratique de l’enseignement » qui s’appuient beaucoup sur le Plan… Savoir plus >

Fillon: la posture de l’imposture du retrait des allocations familiales

Dans la ligne des rigueurs financières qu’il envisage pour les pauvres (mais pas pour lui-même), François Fillon vient de déclarer qu’il « rétablirait la loi sur la suspension des allocations familiales pour les familles n’assurant pas la présence de leurs enfants à l’école » Le 17 janvier 2013, la majorité de gauche du Parlement a définitivement adopté une proposition de loi qui supprimait la loi proposée par le député UMP Eric Ciotti et votée par la majorité de droite en septembre 2010. Mis effectivement en place en janvier 2011, le dispositif prévoyait, en cas d’absentéisme trop fréquent et non justifié, après une convocation des parents et un avertissement, que l’inspection d’académie puisse exiger de la Caisse d’allocations familiales (CAF) la suspension partielle des allocations. La ministre déléguée à la Réussite scolaire, George Pau-Langevin, a défendu la proposition d’abrogation. Elle a notamment jugé que la loi Ciotti était « injuste et inefficace dans plus de 80% des cas ». Il y aurait eu quelque 80 000 signalements notifiés lors de l’année scolaire 2011-2012 et 620  suspensions d’allocations décidées. Si l’on en juge par la proportion d’élèves  »absentéistes » les mois de janvier de 2011 à 2015 (le mois de janvier étant retenu comme élément de comparaison le plus… Savoir plus >

Modes de légitimation du financement public du privé

Dix ans après le vote de la loi Debré, on a pu trouver cette  »profession de foi » dans le « Bulletin du Secrétariat général à l’enseignement catholique » du 15 mai 1969 : « L’enseignement libre constitue un appoint indispensable à l’oeuvre éducative de l’Etat ; il gère une partie importante du service public d’enseignement. Partant de cette constatation, la loi Debré, dans cette grande ligne, ne fait que rependre, en les adaptant au domaine de l’enseignement, des techniques déjà employées avec succès dans d’autres secteurs : la sauvegarde de l’esprit d’initiative et de responsabilité conduit souvent à recourir au procédé de la gestion d’une activité d’intérêt général par une personne ou un organisme de droit privé. Au sein même du secteur public économique, le récent rapport Nora a préconisé l’accroissement de l’autonomie des entreprises publiques ou semi-publiques. Réconciliant l’intérêt général, l’action administrative, en un mot le service public avec la souplesse, l’autonomie et la liberté, cette formule (gestion des services publics par des personnes privées) est une forme authentique de participation. La loi Debré en est un bon exemple ». A bien des égards, la conférence de presse donnée mardi dernier par Pascal Balmand, le secrétaire général de l’enseignement catholique, s’est inscrite dans cette ligne historique (avec… Savoir plus >